<html><!-- #BeginTemplate "/Templates/articles_2.dwt" --> <head> <!-- #BeginEditable "doctitle" -->  <title>La Case du commandeur, de Glissant</title> <!-- #EndEditable -->  <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <script language="JavaScript"> <!-- function MM_reloadPage(init) {  //reloads the window if Nav4 resized   if (init==true) with (navigator) {if ((appName=="Netscape")&&(parseInt(appVersion)==4)) {     document.MM_pgW=innerWidth; document.MM_pgH=innerHeight; onresize=MM_reloadPage; }}   else if (innerWidth!=document.MM_pgW || innerHeight!=document.MM_pgH) location.reload(); } MM_reloadPage(true); // --> </script> <!-- #BeginEditable "keywords" -->  <meta name="keywords" content="Glissant, La case du commandeur, Yves Chemla"> <!-- #EndEditable -->  </head><body bgcolor="#FFFFFF">">   <div id="entete" style="position: absolute; left: 8px; top: 11px; width: 750px; height: 30px; z-index: 1; background: #999999">    <p align="center"><font size="4" color="#FFFFFF" face="Arial, Helvetica, sans-serif">yves      chemla</font></p> </div> <div id="simbi" style="position: absolute; left: 13px; top: 111px; width: 95px; height: 173px; z-index: 3">    <p align="center"><a href="../index.html"><img src="../IMAGES/BOUT_SIMBI_CLAIR.JPG" width="61" height="101" border="0" name="Image1"></a></p>   <p>&nbsp;</p>   <p align="center"><a href="mailto:yves.chemla@wanadoo.fr?Subject=Envoi depuis le site&CC=yves.chemla@ac-creteil.fr &body=Merci de ne pas modifier le sujet"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1">Ecrire</font></a></p> </div> <div id="titresection" style="position:absolute; width:750px; height:30px; z-index:7; left: 8px; top: 46px">    <p align="center"><!-- #BeginEditable "Titre%20de%20la%20section" --><font color="#000066" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="3"><b>Notice</b>      </font><!-- #EndEditable --></p> </div> <div id="texte" style="position:absolute; left:112px; top:82px; width:646px; height:429px; z-index:11">    <table width="99%" border="0">     <tr>        <td rowspan="7" bgcolor="#CCCCCC" width="2">&nbsp;</td>       <td width="1">&nbsp;</td>       <td width="302" align="left" valign="top">          <p align="left"><font color="#666666"><b><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">Titre            de l'article</font></b></font></p>       </td>       <td rowspan="2" width="3" bgcolor="#CCCCCC">&nbsp;</td>       <td width="261" align="left" valign="top">          <p align="left"><font color="#666666"><b><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2">date            et lieu de parution</font></b></font></p>       </td>       <td width="3">&nbsp;</td>     </tr>     <tr>        <td width="1">&nbsp;</td>       <td width="302" align="left" valign="top"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="2"><!-- #BeginEditable "titraarticle" --><i><font size="1">La          Case du commandeur</font></i><!-- #EndEditable --></font></font></td>       <td width="261" align="left" valign="top">          <p align="left"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif"><font size="1"><!-- #BeginEditable "refarticle" --><i>Dictionnaire            des Oeuvres des litt&eacute;ratures de langue fran&ccedil;aise </i>(Couty            et Beaumarchais)<i>,</i> Paris, Bordas, 1994 <!-- #EndEditable --></font></font></p>       </td>       <td width="3">&nbsp;</td>     </tr>     <tr>        <td colspan="4">          <hr>       </td>       <td width="3">&nbsp;</td>     </tr>     <tr>        <td width="1" height="313">&nbsp;</td>       <td colspan="3" align="left" valign="top">          <p align="left"><!-- #BeginEditable "texte_courant" --><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="2"><br>           de l'&eacute;crivain martiniquais Edouard Glissant (n&eacute; en 1928),            &eacute;dit&eacute; en 1981 (Seuil).<br>           <br>           Si dans <i>Le Quatri&eacute;me Si&eacute;cle</i>, Glissant renouait            les fils t&eacute;nus de la m&eacute;moire pour parvenir au marron primordial,            c'est aux conditions de la transmission de cette histoire qu'il s'attache            dans <i>La Case du Commandeur</i>. En remontant la g&eacute;n&eacute;alogie            de Marie Celat, la compagne de Mathieu B&eacute;luse -et non plus en            descendant celle des Longou&eacute; et des B&eacute;luse-, traquant            les moindres lambeaux de signes de cette histoire, il ouvre la qu&ecirc;te            d'une identit&eacute; fond&eacute;e sur une trahison &agrave; la fois            oubli&eacute;e et maintenue dans la m&eacute;moire gr&acirc;ce &agrave;            des contes, celle d'un homme qui a guid&eacute; les n&eacute;griers            vers son village, pensant ainsi s'approprier la femme de son fr&eacute;re.<br>           Les dates de naissance des personnages sont indiqu&eacute;es en parenth&eacute;se.            Le roman est encadr&eacute; par deux coupures de presse concernant la            folie de Marie et faisant un &eacute;loge de l'asile o&ocirc; elle a            &eacute;t&eacute; intern&eacute;e.<br>           <br>           <b>I La t&ecirc;te en feu.</b> La jeune Marie Celat (1928) adopte une            position de retrait vis &agrave; vis des pr&eacute;tentions humaniste            de ses ma&icirc;tres d'&eacute;cole. Son p&eacute;re Pythagore Celat            (1902), mari&eacute; &agrave; Cinna Chim&eacute;ne (1911), poursuit            une qu&ecirc;te des souvenirs de la traite, d&eacute;clench&eacute;e            par un cri dont il ne connait pas le sens : Odono ! Ses souvenirs &eacute;taient            pr&eacute;sents dans un conte de son p&eacute;re, Ozonzo. Tous les deux            ont trouv&eacute; vers 1916 la jeune Cinna Chim&eacute;ne sur un chemin.            Celle-ci consultera Papa Longou&eacute;, le quimboiseur qui lui r&eacute;v&eacute;lera            des pratiques li&eacute;es au vaudou. Le p&eacute;re d'Ozonzo, Augustus            (1850) est mari&eacute; &agrave; Adoline Alphonsine (1848), fille d'un            commandeur n&eacute;gre Euloge, qui est parti dans les mornes, lors            de l'abolition de l'esclavage (1848). Lui m&ecirc;me est mari&eacute;            &agrave; une femme qui n'a pas de nom, qui parle sans cesse au pass&eacute;,            de la trahison originelle. Cette histoire &eacute;tait d&eacute;j&agrave;            pr&eacute;sente dans les paroles d'Anatolie Celat (1850), p&eacute;re            d'Augustus, qui la racontait par morceaux &agrave; ses nombreuses ma&icirc;tresses,            poursuivies &eacute;galement par le planteur. Libert&eacute; Longou&eacute;,            la fille de Melchior &eacute;pouse Anatolie, et explique &agrave; ce            dernier ce qu'il ne conna&icirc;t pas de l'&quot;histoire rapi&eacute;c&eacute;e&quot;,            la trahison primordiale.<br>           <br>           <b>II Mitan du temps.</b> Cette partie est celle des pi&eacute;ces de            la m&eacute;moire des origines. Le chef des marrons, Aa, lie amiti&eacute;            avec les derniers Indiens. Dans la montagne, un homme commet un inceste            avec une de ses filles, qui deviendra par la suite la femme sans nom,            la femme d'Euloge. Des r&eacute;cits li&eacute;s &agrave; la vie quotidienne            des B&eacute;luse prennent des allures de l&eacute;gendes. Une femme            d&eacute;port&eacute;e et viol&eacute;e met au monde un enfant qu'elle            &eacute;touffe avant de se suicider. Aa est captur&eacute;, tortur&eacute;            puis ex&eacute;cut&eacute;. Il s'appelle Odono, de son vrai nom.<br>           <br>           <b>III Le premier des animaux.</b> L'histoire revient &agrave; Marie            Celat et &agrave; ses amis &eacute;voqu&eacute;s dans *La Lezarde. Elle            rend visite &agrave; Papa Longou&eacute;, comme Mathieu. La soci&eacute;t&eacute;            martiniquaise se transforme apr&eacute;s la guerre et sombre dans la            d&eacute;cadence, la d&eacute;ch&eacute;ance, l'alcolisme, l'urbanisation            et la banalit&eacute;. Le groupe d'amis se disperse. A la mort de Papa            Longou&eacute;, Mathieu et Marie se marient. Leur fille, Ida B&eacute;luse,            est &eacute;lev&eacute;e par sa grand-m&eacute;re paternelle. Mathieu            part. Marie a deux fils d'un autre homme, Patrice et Odono. Patrice            meurt dans un accident de moto, Odono se noie. Prostr&eacute;e, Marie            est enferm&eacute;e dans un asile, d'o&ocirc; elle s'&eacute;chappe.            Mathieu revient peu apr&eacute;s sa sortie. Marie retrouve Pythagore            et Cinna Chim&eacute;ne. Elle ne peut que songer &agrave; rassembler            &quot;ces moi disjoints&quot;.<br>           <br>           La soci&eacute;t&eacute; &eacute;miett&eacute;e de la Martinique, telle            qu'elle est repr&eacute;sent&eacute;e dans le roman semble &agrave;            chaque g&eacute;n&eacute;ration marqu&eacute;e par la folie et la perte            de la communication. Au sein de la prostration ou de la parole d&eacute;lirante,            le seul lien qui soit assur&eacute; est encore compos&eacute; des bribes            des souvenirs, eux-m&ecirc;mes aliment&eacute;s par le souvenir de contes            et de l&eacute;gendes qui parfois prennent l'allure de mythes fondateurs            (I,2). En m&ecirc;me temps, le lecteur ne peut qu'&ecirc;tre d&eacute;rout&eacute;            par le sujet de l'&eacute;nonciation : le narrateur est un nous qui            tout au long du roman, accompagne les personnages, les contemple, et            surtout rapporte leurs paroles, participant lui-m&ecirc;me &agrave;            cette recherche, &agrave; chaque pallier de la g&eacute;n&eacute;alogie,            s'emparant de la langue fran&ccedil;aise et m&eacute;nageant cet espace            linguistique auquel les esclaves n'on jamais eu droit. La langue originelle            -une des langues-, en effet, est vou&eacute;e &agrave; l'oubli : les            mots africains qui se sont transmis sont d&eacute;form&eacute;s et &quot;il            ne vaut pas d'en &eacute;claircir le sens &quot; (Glossaire).<br>           Or, d&eacute;s la premi&eacute;re partie, la langue fran&ccedil;aise            &eacute;tait r&eacute;cus&eacute;e par Marie dans son fonctionnement            &quot;civilisationnel&quot; (I,2), impossible &agrave; contredire en            soi. <br>           Il faut en revanche parvenir &agrave; la &quot;travailler&quot; de l'int&eacute;rieur,            briser ce qu'elle accepte de carcans qui lui interdisent de comprendre            l'autre : la preuve en est donn&eacute;e lorsque la femme du planteur            tente de reconstituer le r&eacute;cit d'Anatolie, et de le mettre par            &eacute;crit. L'histoire qu'elle obtient (I,4) n'a aucun sens, et le            texte r&eacute;dig&eacute; disparaitra avec l'habitation. En revanche,            le nous du narrateur, en ouvrant les limites de la phrase, en l'&eacute;tirant            &agrave; ses ultimes possibles, int&eacute;grant sans cesse les discours            des uns et des autres, parvient &agrave; accueillir la diversit&eacute;            des paroles, des r&eacute;cits et des bribes, adoptant m&ecirc;me des            points de vue multiples : ainsi, dans une m&ecirc;me s&eacute;quence,            peuvent &ecirc;tre trait&eacute;s conjointement les rapports de Pythagore            et Cinna Chim&eacute;ne, le souvenir de la trahison, et la n&eacute;cessaire            r&eacute;f&eacute;rence &agrave; ce &quot;constell&eacute; de terres            -les Iles- dont les histoires partent en d&eacute;rive sur son eau&quot;            (I,1). Ce n'est qu'&agrave; ce prix qu'elle parvient &agrave; retrouver            et &agrave; entendre, au del&agrave; des r&eacute;cits transform&eacute;s,            le cri original, le cri primordial du marron tortur&eacute;, auquel            on a mis fin, en lui plantant &quot;un brandon enflamm&eacute; dans            la bouche&quot; (II,3). <br>           En renouvellant ainsi cette qu&ecirc;te ouverte par <i>La Lezarde</i>,            Glissant retisse encore la longue anamn&eacute;se des paroles qui parviennent            &agrave; faire comprendre ce qui est proprement insens&eacute;, le refoulement            de l'esclavage et de la traite, par les Antillais eux-m&ecirc;mes.</font><br>           <!-- #EndEditable --></p>         <p align="left">&nbsp;</p>         <p align="left">&nbsp;</p>       </td>       <td width="3" height="313">&nbsp;</td>     </tr>     <tr>        <td colspan="5" align="left" valign="top">          <hr>       </td>     </tr>     <tr>        <td width="1">&nbsp;</td>       <td width="302" align="left" valign="top" height="5 px"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1" color="#333333">Mise          &agrave; jour le :          <!-- #BeginDate format:Fr1 -->18/06/02<!-- #EndDate -->         </font> </td>       <td width="3">&nbsp;</td>       <td width="261">&nbsp;</td>       <td width="3">&nbsp;</td>     </tr>     <tr>        <td width="1">&nbsp;</td>       <td colspan="3" align="center" valign="top">          <div align="center"><font size="2"><a href="mailto:yves.chemla@wanadoo.fr"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1">Ecrire</font></a></font>            <font size="2"><a href="../index.html"><font size="1" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">Accueil</font></a>            <a href="../liensyc.html"><font size="1" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">Liens</font></a>            <a href="../copyright.html"><font size="1" face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">Copyright</font></a></font></div>       </td>       <td width="3">&nbsp;</td>     </tr>   </table> </div> <!-- #BeginEditable "texte" --> <!-- #EndEditable -->  <p align="center">&nbsp;</p> <p align="left">&nbsp;</p> <!-- #BeginLibraryItem "/Library/menuinit.lbi" --> <div id="menugauche" style="position:absolute; left:13px; top:289px; width:92px; height:265px; z-index:8; overflow: visible">    <table width="95%" border="0">     <tr>        <td><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1" color="#333333"><a href="../dom_prof_01.html">professionnel</a></font></td>     </tr>     <tr>        <td><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1" color="#333333"><a href="../critique01.html">critique</a></font></td>     </tr>     <tr>        <td><font face="Geneva, Arial, Helvetica, san-serif" size="1"><a href="../listearticles.html"><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif">liste          g&eacute;n&eacute;rale</font></a></font></td>     </tr>     <tr>        <td><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><a href="../ARTICLES/listhaiti.html">Ha&iuml;ti</a></font></td>     </tr>     <tr>       <td><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><a href="../autre/abstract_general.html">Recherche</a></font></td>     </tr>     <tr>        <td><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><a href="../liensyc.html">liens</a></font></td>     </tr>     <tr>        <td><font face="Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif" size="1"><a href="../copyright.html">copyright</a></font></td>     </tr>   </table>   <p align="left">&nbsp;</p>   <p>&nbsp;</p> </div> <!-- #EndLibraryItem --></body> <!-- #EndTemplate --></html> 
