<html> <head> <title>AMINA Warner Vieyra</title> </head> <BODY  BGCOLOR="#FFFFFF" background = "images/titreSideAmina.gif"> <ul> <p align=center> <img alt="Article AMINA Warner Vieyra" src="images/titreAMINA.gif" width=513 height=161> </p> <ul>  <a name="top"> <center> <hr><b>Interview de<br> Myriam Warner Vieyra par  Simon Kiba <br>publi&eacute;e dans Amina en aout 1982.</b> <hr> <p>  <font size=+2><b>Myriam Warner Vieyra</b></font>  <p> <font size=+3  color="#0000ff"><u>Un livre &agrave; succ&egrave;s:<br> &#171;Le Quimboiseur l'avait dit...&#187;,</u></font> <p>  <Table bgcolor="#eee8aa" cellpadding=4> <tr width=90% > <td>   Venant de sa Guadeloupe natale, Mme Vieyra ne s'est pas content&eacute;e de se marier &agrave; un africain tr&egrave;s connu, un des &#171;anc&ecirc;tres&#187; du cin&eacute;ma africain: Paulin Soumanou Vieyra: Elle a voulu que l'Afrique connaisse certains aspects de la vie &agrave; la Guadeloupe. Elle nous fait entrer d&egrave;s le d&eacute;but de son roman, &eacute;dit&eacute; par Pr&eacute;sence Africaine, dans la vie, disons plut&ocirc;t dans le drame, d'une jeune fille des &icirc;les: Suzette Destinville dite Z&eacute;tou. A 16 ans elle se rem&eacute;more sa courte vie alors qu'elle se  trouve en France dans une clinique psychiatrique.<br> Elle est n&eacute;e dans  petit village de p&ecirc;cheurs avec cocotiers et belles plages pour touristes. Sa m&egrave;re n'est pas tr&egrave;s noire et elle part en France avec Roger Milan, qui lui est un blanc (comme le comprennent les sud-africains). Elle a laiss&eacute; ses quatre enfants, Z&eacute;tou comprise. La couleur de la peau a suffi &agrave; cr&eacute;er un drame. Mais d&eacute;j&agrave;  sa grand-m&egrave;re, jeune fille, avait eu une &#171;bosse par devant&#187; gr&acirc;ce &agrave; un fils de la maison o&ugrave; ele &eacute;tait bonne &agrave; tout faire. Une maison  de blancs &eacute;videmment.<br> Dans son village appel&eacute; &#171;cocotier&#187; elle veut &eacute;tudier pour sortir de la condition qu'elle pressent. Sa m&egrave;re revient demander le divorce et la ram&egrave;ne &agrave; Paris o&ugrave; commencent les d&eacute;boires. Elle suit des cours par correspondance qui ne la m&egrave;neront nulle part. Et les malheurs commencent.<br> -Elle est offerte comme fianc&eacute;e &agrave; un vieux monsieur dont elle ne veut pas.<br> -Elle est viol&eacute;e par Roger Milan, le mari blanc de sa m&egrave;re.<br> -Elle apprend que son petit ami de la Guadeloupe s'est fianc&eacute; &agrave; une autre.<br> Ce qui la bouleversera et la fera chavirer dans la folie ce sera d'apprendre que sa m&egrave;re est au courant de sa liaison avec son blanc de mari et qu'elle l'approuve. Et aussi d'apprendre par une lettre la mort accidentelle de son ami Charles, l&agrave;-bas, &agrave; la Guadeloupe.<br>  L'auteur du livre &#171;Le Quimboiseur l'avait dit...&#187; vit &agrave; Dakar. Un second livre doit bient&ocirc;t para&icirc;tre dont le titre est &#171;Juletane&#187;. Nous avons rencontr&eacute; Mme Myriam W. Vieyra pour lui poser quelques questions.  </td> </tr> </table>  </center>  <hr noshade> <p>  <Font color="#ff0000"><b>Peut-on dire que vous avez &eacute;crit votre premier livre pour mieux faire conna&icirc;tre la Guadeloupe aux Africains?</b></font><p> Je dois avouer qu'en &eacute;crivant &#171; Le Quimboiseur l'avait dit...&#187;, je pensais d'abord et surtout au plaisir d'&eacute;crire, et tout &agrave; fait accessoirement &agrave; des lecteurs &eacute;ventuels, ne sachant pas du reste, alors,  si mon livre allait &ecirc;tre publi&eacute;.<p> Mais ceci dit, bien que r&eacute;sidant en Afrique, mon propos &eacute;tait de peindre un aspect pas tr&egrave;s sympathique mais qui me tenait &agrave; coeur, le drame d'une adolescente prenant conscience du monde qui l'entoure, de sa diff&eacute;rence. Montrer comment les complexes de couleur peuvent pousser une m&egrave;re &agrave; des extr&eacute;mit&eacute;s frisant le sadisme. Ce t&eacute;moignage s'adresse d'abord aux Antillais. Si j'avais voulu &eacute;crire sp&eacute;cialement pour les africains, sans cacher certaines r&eacute;alit&eacute;s, j'aurais pu parler d'une m&egrave;re antillaise totalement diff&eacute;rente, car la majorit&eacute; des femmes antillaises sont de bonnes m&egrave;res, de v&eacute;ritables &#171;lionnes&#187; pour leurs enfants, pour utiliser l'expression d'une de mes compatriotes qui a &eacute;t&eacute; choqu&eacute;e par l'image que je donne de la m&egrave;re de Z&eacute;tou. <p> <Font color="#ff0000"><b>Pensez-vous que, bien que bien qu'&eacute;loign&eacute;es les unes des autres, les femmes africaines et Guadeloup&eacute;enes se rencontrent dans leur fa&ccedil;on de vivre, dans leurs joies et dans leurs peines?</b></font><p> Oui, surtout quand il s'agit de la femme en milieu rural, dans les deux cas les activit&eacute;s sont les m&ecirc;mes, aussi p&eacute;nibles pour les unes que pour les autres. En ce qui concerne les joies et les peines, je pense quelles sont les m&ecirc;mes bien souvent pour toutes les femmes dans le monde, leur vie &eacute;tant dans la majorit&eacute; des cas conditionn&eacute;e par l'homme.<p> <Font color="#ff0000"><b>Qu'est-ce qui vous a le plus frapp&eacute;e quand vous &ecirc;tes entr&eacute;e en contact avec les S&eacute;n&eacute;galaises?</b></font><p> D'abord leur &eacute;l&eacute;gance, mais aussi, et peut &ecirc;tre une des cons&eacute;quences de cette &eacute;l&eacute;gance, leur propension &agrave; la d&eacute;pense sans aucun souci de l'&eacute;pargne. <p> <Font color="#ff0000"><b>On peut dire que votre h&eacute;ro&iuml;ne, Z&eacute;tou, a &eacute;t&eacute; &eacute;lev&eacute;e mais pas &eacute;duqu&eacute;e. Pouvez-vous esquisser ici les principes d'une bonne &eacute;ducation pour lesfilles, telle que vous la concevez?</b></font><p> Il me semble qu'il y a autant de modes d'&eacute;ducation que de soci&eacute;t&eacute;s et je ne crois pas qu'il existe un principe d'&eacute;ducation  mod&egrave;le, valable pour tous. Je ne crois pas non plus d&eacute;tenir une m&eacute;thode d'&eacute;ducation de la fille. J'ai une fille &acirc;g&eacute;e de dix huit ans, peut-&ecirc;tre qu'elle pourrait dire ce qu'elle pense de l'&eacute;ducation qu'elle a re&ccedil;ue. Pour ma part, je l'entoure d'affection, j'agis toujours selon mon coeur et ce qui me semble d&eacute;couler du bon sens plut&ocirc;t que d'essayer d'appliquer un mode sp&eacute;cial d'&eacute;ducation.<p> <Font color="#ff0000"><b>Vous &ecirc;tes pr&eacute;sidente d'un club f&eacute;minin. On doit y parler d'&eacute;galit&eacute; avec l'homme, de lib&eacute;ration de la femme. Que pensez-vous de tout cela?</b></font><p> Je suis pr&eacute;sidente du Zonta club de Dakar qui est l'un des mille sept cent clubs du Zonta international dans le monde. Le Zonta International a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; en 1919 &agrave; Buffalo U.S.A. par un groupe de femmes professionnelles de haut niveau, dont le but &eacute;tait de s'unir pour faire respecter leurs droits face &agrave; la supr&eacute;matie des hommes dans le monde des affaires. Les membres des clubs  Zonta sont g&eacute;n&eacute;ralement des femmes ayant des r&eacute;sponsabilit&eacute;s professionnelles qui mettent leur talent et leur disponibilit&eacute; au service de leurs soeurs plus d&eacute;munies et au service de la communaut&eacute;. Notre devise  est d'ailleurs,   &#171;Partager avec les autres et servir avec amour&#187;. C'est dire que je suis tr&egrave;s attentive aux probl&egrave;mes de lib&eacute;ration de la femme sur le plan &eacute;conomique et sur celui du bien-&ecirc;tre social. <p> <i>La critique africaine a tr&egrave;s bien accueilli le premier livre de Mme Vieyra. En effet, elle a montr&eacute; dans ce livre un don exceptionnel d'observation. Elle sait maintenir le lecteur dans un int&eacute;r&ecirc;t sans cesse grandissant. Et son style est plaisant. Aussi &agrave; la Guadeloupe et en Afrique on attend impatiemment le second livre de Mme Vieyra.</i>   <p> <hr> Simon Kiba. &#171;Un livre &agrave; succ&egrave;s: Le Quimboiseur l'avait dit...Un nom...Myriam Warner Vieyra&#187;, <cite>Amina</cite> 117 (aout 1982), p. 27<br> <strong>&#169; AMINA 1982. Toute reproduction interdite sans l'autorisation des ayants droit.</strong>      <hr> <font size=+1> <p> <a href="WarnerVieyraMyriam.html">Retour &agrave; la page  de Madame Warner-Vieyra</a> <b>|</b> <a href="FEMECamina.html">Autres interviews publi&eacute;es par AMINA</a> <b>|</b> <a href="FEMECalphabetique.html">Retour &agrave; la liste g&eacute;n&eacute;rale des auteurs</a> <b>|</b> <a href="FEMEChome.html">Retour &agrave; la page d'accueil</a> <b>|</b> <a href="#top">Retour au haut de la page</a> </font> <p> <hr> Editor (<A HREF="mailto:jvolet@cyllene.uwa.edu.au">jvolet@cyllene.uwa.edu.au</A>)<br> The University of Western Australia/French Studies<br> Created: 22 May 96<br> Last Modified: 10 June 99 <BR>http://www.arts.uwa.edu.au/AFLIT/AMINAWarnerVieyra.html </TT> </BODY>  </HTML>       
