<html> <head> <title>toxicomanie chez des migrants de seconde g&eacute;n&eacute;ration</title> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" TEXT="#660000" LINK="#996633" ALINK="#FF0000" VLINK= "#8F3939"> <p align="left">&nbsp; </p> <div align="right">    <table width="92" border="1" height="26">     <tr>        <td><b><font face="New York" size=5><font color="#660102" size="7" face="Verdana"><img src="logocentregris.jpg" width="140" height="33"></font></font></b></td>     </tr>   </table> </div> <p align="left"><font size="+1" face="Verdana"><BR>   </font></p> <p align="left">&nbsp; </p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="center"><font color="#8A0103" size="+3" face="Verdana"><b><font size="7">La    toxicomanie : <br>   un r&eacute;seau ultra-court</font></b></font> </p> <p align="center"><font size="+1" color="#8A0103" face="Verdana"><i><font size="+2"><br>   par <br>   </font></i></font></p> <div align="center">    <table border="1" width="32%">     <tr>        <td width="50%" height="120"><font size="+1" color="#8A0103"><i><font size="+2"><img src="cath.jpg" width="105" height="119"></font><font size="+1" color="#870408"><font size="+2"><i>          </i></font></font></i></font></td>       <td width="50%" height="120"><img src="toto.jpg" width="107" height="121">        </td>     </tr>     <tr>        <td width="50%">          <p><font size="+1" color="#8A0103"><i><font size="+2" face="Verdana">Catherine            </font></i></font></p>         <p><font size="+1" color="#8A0103" face="Verdana"><i><font size="+2">Grandsard</font></i></font><font size="+1" color="#0000ff" face="Verdana">            <a href="#fn0" name="fnB0">[1]</a></font></p>       </td>       <td width="50%">          <p><font size="+1" color="#870408"><font size="+2"><i><a href="TobieNathan.htm"><font face="Verdana">Tobie            </font></a></i></font></font></p>         <p><font size="+1" color="#870408" face="Verdana"><font size="+2"><i><a href="TobieNathan.htm">Nathan</a></i></font></font><font face="Verdana"><a href="TobieNathan.htm"><font size="+1" color="#0000ff">            </font></a><font size="+1" color="#0000ff"><a href="#fn1" name="fnB1">[2</a></font></font><font size="+1" color="#0000ff"><a href="#fn1" name="fnB1">]</a></font></p>       </td>     </tr>   </table> </div> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font face="Verdana">[Texte &agrave; para&icirc;tre "Les Cahiers    de Prospective Jeunesse", num&eacute;ro de mars]</font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font size="+2" color="#0000ff" face="Verdana"><b><font color="#850002">Karim</font></b></font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Karim porte le poids du monde sur    ses &eacute;paules. Laconique, les sourcils fronc&eacute;s, il garde les yeux    riv&eacute;s au sol pendant tout la dur&eacute;e du premier entretien. Il a    trente ans ; il est toxicomane depuis l&#146;&acirc;ge de 16 ans. Il a bien    tent&eacute; d&#146;"arr&ecirc;ter" une dizaine de fois mais &agrave; chaque    fois, au bout de quelque temps, il s&#146;est in&eacute;luctablement "replant&eacute;    dans la came". Depuis quelque mois, il a cess&eacute; de s&#146;injecter de    l&#146;h&eacute;ro&iuml;ne et consomme une bo&icirc;te de N&eacute;ocodion&reg;<a href="#fn2" name="fnB2">[3]</a>    par jour et des comprim&eacute;s de Seresta&reg; pour dormir. Il habite chez    ses parents avec un de ses fr&egrave;res, mais seule sa m&egrave;re lui adresse    encore la parole. Il n&#146;a aucune activit&eacute; ; pour lui, le monde est    &quot;vide&quot;.</font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><i>Rupture</i><b>&#9;</b></font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Le p&egrave;re de Karim, Kabyle    d&#146;Alg&eacute;rie, est venu travailler seul en France &agrave; la fin des    ann&eacute;es 40, o&ugrave; il a rencontr&eacute; sa future femme, une Fran&ccedil;aise,    catholique non pratiquante, originaire de Lorraine, orpheline de guerre et sans    famille. Le couple a eu neuf enfants ; Karim est le huiti&egrave;me, le dernier    des six gar&ccedil;ons. Hormis une visite ponctuelle d&#146;un oncle, Karim    n&#146;a jamais eu de contact avec sa famille paternelle et en ignore tout.    Il ne comprend ni la langue kabyle ni l&#146;arabe et ne s'est jamais rendu    en Alg&eacute;rie. Dans sa famille, aucune pratique ou &eacute;ducation religieuse    &#150; malgr&eacute; cela, sept des neuf enfants portent des pr&eacute;noms    arabes et les gar&ccedil;ons ont tous &eacute;t&eacute; circoncis selon la coutume    alg&eacute;rienne. Mais la circoncision de Karim, telle qu&#146;il la raconte,    demeure probl&eacute;matique : il soutient que pour lui, une nouvelle technique    a &eacute;t&eacute; appliqu&eacute;e, consistant &agrave; tremper son sexe dans    un produit sp&eacute;cial, une esp&egrave;ce d&#146;acide, afin que son pr&eacute;puce    se r&eacute;tracte. Peut-&ecirc;tre s&#146;agissait-il l&agrave; d&#146;une    technique de circoncision par caut&eacute;risation dont nous savons qu&#146;il    en existe aujourd&#146;hui. Mais il est aussi possible que Karim ait construit    ce &quot;souvenir&quot; &agrave; partir de plusieurs &eacute;v&eacute;nements    (infection, traitement d&#146;une verrue, etc...).</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Le p&egrave;re de Karim est un homme    taciturne qui n&#146;a jamais parl&eacute; du pass&eacute; ni de sa famille.    Mais il semble qu&#146;il ait pens&eacute; que ses enfants seraient naturellement    kabyles comme lui. C&#146;est en tout cas le sentiment de Karim, car lorsque    sa s&#156;ur a&icirc;n&eacute;e fit savoir qu&#146;elle fr&eacute;quentait un    &quot;&nbsp;Fran&ccedil;ais&nbsp;&quot; &#150; qu&#146;elle a d&#146;ailleurs    &eacute;pous&eacute; par la suite&#150;, au grand &eacute;tonnement de toute    la fratrie, le p&egrave;re de Karim saisit une ceinture pour la battre... </font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><i>D&eacute;rive</i></font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Karim se souvient que vers l&#146;&acirc;ge    de 14 ans, &quot;&nbsp;&ccedil;a n&#146;allait pas&nbsp;&quot; mais il ne parvenait    pas &agrave; exprimer son mal &ecirc;tre. Il sentait une &eacute;nergie, une    pr&eacute;sence aupr&egrave;s de lui qui le terrorisait. Un cauchemar r&eacute;current    le taraudait : un avion en flammes mena&ccedil;ait de s&#146;&eacute;craser    sur lui. Sa m&egrave;re n&#146;&eacute;tait plus jeune et il se pr&eacute;occupait    de sa sant&eacute;, veillait &agrave; ce qu&#146;elle ne se fatigu&acirc;t pas    trop. Son p&egrave;re attendait de ses fils qu&#146;ils s&#146;occupent de leurs    parents et Karim r&ecirc;vait de travailler pour leur payer une maison de campagne.    Ayant abandonn&eacute; les &eacute;tudes d&egrave;s seize ans, un de ses fr&egrave;res    le fit entrer comme vacataire dans une administration. Au travail, il &eacute;tait    mal &agrave; l&#146;aise. </font></p> <dir>    <dir>      <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><i>&quot;&nbsp;Le monde du travail        m&#146;a fait peur ; je ne me sentais pas &agrave; la hauteur ni capable        d&#146;assurer tous les jours.&nbsp;&quot;</i></font></p>   </dir> </dir> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">A la m&ecirc;me &eacute;poque Karim    d&eacute;couvre les Evangiles et se sent attir&eacute; par le christianisme.    Mais il n&#146;ose concr&eacute;tiser cet int&eacute;r&ecirc;t par peur de d&eacute;plaire    &agrave; son p&egrave;re. C&#146;est &agrave; cette &eacute;poque qu&#146;il    rencontre l&#146;h&eacute;ro&iuml;ne<i>. </i></font></p> <dir>    <dir>      <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><i>&quot;&nbsp;Au d&eacute;but,        l&#146;h&eacute;ro m&#146;aidait &agrave; &#145;&ecirc;tre normal&#146;,        mais petit &agrave; petit je n&#146;arrivais plus &agrave; assurer et j&#146;ai        fini par d&eacute;missionner.&nbsp;&quot;</i></font></p>     <p align="left">&nbsp;</p>   </dir> </dir> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Une fois &quot;dedans&quot;, la    seule pr&eacute;occupation de Karim consistait &agrave; trouver l&#146;argent    et / ou le dealer pour obtenir sa prochaine dose. Il y consacrait tout son temps    : il &eacute;tait pass&eacute; ma&icirc;tre en &quot;syst&egrave;me D&quot;,    ma&icirc;tre en &quot;tchatche&quot;. Il avait aussi appris &agrave; obtenir    ce qu&#146;il voulait aupr&egrave;s des assistantes sociales, des m&eacute;decins,    des pharmaciens &#150; et cela par la piti&eacute;, la menace &#150; le plus    souvent &quot;&agrave; l&#146;usure&quot;...</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">R&eacute;guli&egrave;rement, Karim    prend la r&eacute;solution de tout arr&ecirc;ter mais d&egrave;s qu&#146;il    parvient &agrave; se sevrer, son mal &ecirc;tre revient : il se renferme, ne    parle plus. Certaines questions l&#146;obs&egrave;dent : qui est-il ? Un Arabe    ou un Fran&ccedil;ais ? Il ne supporte ni les groupes d&#146;Arabes, ni les    groupes de Fran&ccedil;ais. Peut-&ecirc;tre devrait-il apprendre l&#146;arabe    ? Mais que faire ? Sevr&eacute;, il a le sentiment d&#146;&ecirc;tre un b&eacute;b&eacute;,    incapable de faire face aux exigences du quotidien. Dans ces moments, pour lui,    le temps et la vie n&#146;ont jamais commenc&eacute;s. Et puis, lorsqu&#146;il    demande de l&#146;aide aux professionnels du dispositif de soins sp&eacute;cialis&eacute;    en toxicomanie, il arrive toujours un moment o&ugrave; il a la conviction que    ceux-l&agrave; m&ecirc;mes qui pr&eacute;tendent vouloir l&#146;aider ont l&#146;intention    de l&#146;exploiter, et il s&#146;enfuit. Et, &agrave; chaque fois, in&eacute;vitablement,    il &quot;&nbsp;replonge &quot; dans un r&eacute;seau dont il a appris &agrave;    ma&icirc;triser les r&egrave;gles, dont il manipule les forces ne serait-ce    qu&#146;<i>a minima</i>, un r&eacute;seau o&ugrave; toutes ces questions ne    se posent plus. </font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Suite au d&eacute;c&egrave;s de    son p&egrave;re, survenu quelque temps apr&egrave;s le d&eacute;but de nos entretiens,    les fr&egrave;res et s&#156;urs de Karim ont d&eacute;cid&eacute; de l&#146;expulser    de l&#146;appartement parental, dont ils avaient en outre d&eacute;cid&eacute;    de r&eacute;silier le bail. Tr&egrave;s vite, Karim s&#146;est retrouv&eacute;    &agrave; l&#146;h&ocirc;pital psychiatrique o&ugrave; il a s&eacute;journ&eacute;    dix jours, avant de prendre la fuite. Peu de temps apr&egrave;s sa sortie, les    membres d&#146;un groupe de chr&eacute;tiens &eacute;vang&eacute;listes lui    ont propos&eacute; une aide qu&#146;il s&#146;est empress&eacute; d&#146;accepter.    L&#146;&eacute;glise est devenu son point de chute : il pouvait y manger, y    &ecirc;tre h&eacute;berg&eacute;, trouver de la compagnie. Il entreprend de    lire la Bible, se prend d&#146;une sympathie particuli&egrave;re pour l&#146;Eccl&eacute;siaste.    Il tombe amoureux d&#146;une jeune femme pure et pieuse, qu&#146;il r&ecirc;ve    de conqu&eacute;rir &#150; sans trop d&#146;espoir, n&eacute;anmoins. Il accepte    de &quot;&nbsp;reconna&icirc;tre J&eacute;sus&nbsp;&quot;, non par foi mais    &quot;&nbsp;parce que ces gens sont sympas&nbsp;&quot; avec lui. Il consid&egrave;re    sa relation avec cette &eacute;glise comme &quot;&nbsp;un jeu d&#146;&eacute;chec&nbsp;&quot;    : qui en sortira vainqueur ? R&eacute;ussiront-ils &agrave; le convertir v&eacute;ritablement    ? R&eacute;guli&egrave;rement, les pri&egrave;res de l&#146;homme qui l&#146;h&eacute;berge    lui &quot;&nbsp;prennent la t&ecirc;te&nbsp;&quot; et il veut tout laisser tomber,    partir en famille d&#146;accueil. &Agrave; d&#146;autres moments, il se prend    au jeu et r&eacute;cite avec conviction de longs passages des Evangiles. Un    jour, alors qu&#146;il distribue les Evangiles dans la rue avec un membre du    groupe, un Musulman refuse avec v&eacute;h&eacute;mence en s&#146;exclamant    : &quot;&nbsp;C&#146;est quoi votre Dieu ? Il est en trois morceaux !&nbsp;&quot;.    Karim est saisi d&#146;une envie de jeter les Evangiles et de suivre l&#146;homme,    mais il n&#146;est pas seul ; il n&#146;ose pas... Peu de temps apr&egrave;s,    sa bien-aim&eacute;e le repousse gentiment et, d&eacute;pit&eacute;, il quitte    l&#146;&eacute;glise, pour &quot;&nbsp;replonger&nbsp;&quot; une nouvelle fois    : l&#146;h&eacute;ro&iuml;ne, le crack, les cachets... et tout particuli&egrave;rement    l&#146;Artane&reg;<a href="#fn3" name="fnB3">[4]</a>. Consomm&eacute; &agrave;    haute dose, ce m&eacute;dicament procure une &quot;&nbsp;d&eacute;fonce&nbsp;&quot;    et, en toute logique, cette d&eacute;fonce a fini par mener Karim &agrave;...    l&#146;h&ocirc;pital psychiatrique. Apr&egrave;s un mois d&#146;hospitalisation,    il a d&eacute;cid&eacute; de partir en province dans un centre de postcure o&ugrave;    il se trouve actuellement.</font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font size="+2" color="#0000ff" face="Verdana"><b><font color="#870002">Sylvie</font></b></font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Sylvie a<b> </b>vingt ans. Petite    jeune femme plut&ocirc;t joviale et jolie, elle consulte car elle se sent "mal    dans sa peau" : elle se trouve b&ecirc;te, "fait des complexes", n&#146;arrive    pas &agrave; parler &agrave; ses parents. Elle est en terminale mais a peu d&#146;espoir    d&#146;obtenir son bachot et craint la r&eacute;action de son p&egrave;re. Son    petit ami, Eric, un Breton de 45 ans, ancien toxicomane devenu hindouiste, a    d&eacute;cid&eacute; il y a deux ans de remettre Sylvie &quot;&nbsp;dans le    droit chemin&nbsp;&quot;. Or, Eric recueille r&eacute;guli&egrave;rement chez    lui des jeunes femmes maghr&eacute;bines toxicomanes ou prostitu&eacute;es qu&#146;il    tente de sortir d&#146;affaire et qu&#146;il oriente parfois vers des centres    de soin. C&#146;est ainsi que Sylvie lui a subtilis&eacute; les coordonn&eacute;es    de l&#146;association<a href="#fn4" name="fnB4">[5]</a>, destin&eacute;es en    fait &agrave; une autre de ses "prot&eacute;g&eacute;es".</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Le p&egrave;re de Sylvie est n&eacute;    en Alg&eacute;rie en 1954 dans une famille kabyle. Lorsqu&#146;il &eacute;tait    encore petit, ses parents se sont install&eacute;s en France avec leurs enfants.    Mari&eacute; tr&egrave;s jeune "au bled" avec une cousine qu&#146;il devait    faire venir en France, au grand dam de ses parents, il abandonne rapidement    cette femme pour s&#146;installer avec la m&egrave;re de Sylvie qui avait dix-neuf    ans et qui se trouvait enceinte de lui. Sa nouvelle femme est n&eacute;e en    France, de parents eux aussi immigr&eacute;s de Kabylie. Ainsi naquit Sylvie.    Deux autres enfants arriv&egrave;rent par la suite, dont un gar&ccedil;on qui    fut circoncis. Le fr&egrave;re et la s&#156;ur de Sylvie portent des pr&eacute;noms    arabes. Comme dans la famille de Karim, la circoncision et les pr&eacute;noms    sont les seules marques perceptibles des origines de la famille. Sylvie, elle,    a re&ccedil;u deux pr&eacute;noms : le premier, fran&ccedil;ais, donn&eacute;    par son p&egrave;re, et un autre, Zahia, donn&eacute; par sa m&egrave;re qui    ma&icirc;trise mal la langue kabyle. Dans la famille, on a toujours parl&eacute;    le fran&ccedil;ais et Sylvie ne conna&icirc;t pas un seul mot de kabyle ni d&#146;arabe.    Petite, elle a &eacute;t&eacute; plac&eacute;e en nourrice. Elle se souvient    que sa m&egrave;re la frappait et que ses parents se disputaient souvent. Son    p&egrave;re, tout comme ses oncles, buvaient &agrave; l&#146;exc&egrave;s, mais    suite &agrave; une crise d&#146;asthme particuli&egrave;rement s&eacute;v&egrave;re,    il a cess&eacute; de boire &#150; Sylvie avait huit ans. Aujourd&#146;hui encore,    les parents de Sylvie se disputent souvent, parfois violemment. Sylvie constate    qu&#146;ils ne se parlent qu&#146;&agrave; travers elle : &quot;&nbsp;je suis    leur couple&nbsp;&quot; affirme-t-elle. Sa famille forme un isolat qui entretient    peu de relations avec l&#146;ext&eacute;rieur.</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">La scolarit&eacute; de Sylvie a    pos&eacute; probl&egrave;me d'embl&eacute;e. D&egrave;s le cours pr&eacute;paratoire,    qu&#146;elle a d&#146;ailleurs redoubl&eacute;, elle se met &agrave; mentir,    tricher, voler. Par la suite, elle s&#146;applique surtout &agrave; intercepter    toute communication entre l&#146;&eacute;cole et ses parents (carnet de liaison,    billets d&#146;absence, etc.) par crainte des col&egrave;res de son p&egrave;re    qui pousse tous ses enfants &agrave; r&eacute;ussir dans les &eacute;tudes.    Adolescente, elle sollicite une assistante sociale pour d&eacute;noncer le comportement    incestueux de son p&egrave;re &agrave; son &eacute;gard. Rapidement, elle se    r&eacute;tracte. Elle dit aujourd&#146;hui qu&#146;elle a d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment    menti parce que son p&egrave;re &eacute;tait trop s&eacute;v&egrave;re. Parce    qu'elle supposait que l'intervention des services sociaux &eacute;carterait    l&#146;&eacute;tau, lui donnerait un peu plus de libert&eacute;. Puis, &agrave;    l&#146;insu de ses parents, elle se met &agrave; fr&eacute;quenter les caf&eacute;s    l&#146;apr&egrave;s-midi, &agrave; boire,&nbsp;&agrave; fumer du cannabis, &agrave;    "coucher avec n&#146;importe qui". Elle raconte &agrave; qui lui demande que    sa famille est italienne. De fait, elle met en place une vie parall&egrave;le    &agrave; sa vie familiale, une vie imaginaire. </font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Sylvie d&eacute;crit sa rencontre    avec Eric comme une aubaine : gr&acirc;ce &agrave; lui, elle a &eacute;vit&eacute;    de se perdre compl&egrave;tement. Il est un ma&icirc;tre pour elle et c&#146;est    d&eacute;sormais chez lui qu&#146;elle passe ses apr&egrave;s-midi, ses week-ends,    toujours &agrave; l&#146;insu de ses parents. Il l&#146;initie &agrave; l&#146;hindouisme,    lui confie une photo de son gourou qu&#146;elle garde dans son sac. Mais d&egrave;s    qu&#146;elle se trouve face &agrave; plusieurs personnes, Sylvie perd tous ses    moyens. Elle est en proie &agrave; de v&eacute;ritables crises d&#146;angoisse,    l&#146;amenant parfois &agrave; s&#146;enfermer dans les toilettes de son lyc&eacute;e    jusqu'&agrave; se ressaisir. Elle ne supporte pas les groupes, dit-elle, car    elle ne sait pas &agrave; quel groupe elle appartient elle-m&ecirc;me. Elle    observe les filles kabyles de sa classe avec int&eacute;r&ecirc;t mais n&#146;ose    les fr&eacute;quenter. Lorsqu&#146;Eric re&ccedil;oit d&#146;autres personnes    chez lui, elle n&#146;arrive pas &agrave; parler, se trouve idiote, fait des    sc&egrave;nes de jalousie apr&egrave;s leur d&eacute;part. Lors d&#146;un tel    &eacute;pisode, Eric lui lance qu&#146;elle devrait voir un psy et c&#146;est    pour cela qu&#146;elle a pris les coordonn&eacute;es du centre qu&#146;il avait    obtenues pour une autre jeune femme qu&#146;il avait prise sous son aile. Elle    n&#146;a pas inform&eacute; ses parents de sa d&eacute;marche.</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">A consid&eacute;rer le parcours    de Sylvie, son &eacute;garement d&#146;abord, ensuite sa rencontre avec Eric    &#150; ancien toxicomane &#156;uvrant toujours dans le r&eacute;seau en qualit&eacute;    de &quot;repenti&quot; (sans doute au nom d&#146;un autre r&eacute;seau, hindouiste    cette fois-ci) et enfin sa demande de th&eacute;rapie dans un CSST, il semblerait    que pour sortir de l&#146;impasse dans laquelle elle se trouvait, elle se soit    reli&eacute;e au r&eacute;seau &quot;toxico&quot; &#150; dont le dispositif    de soin fait partie int&eacute;grante &#150; sans pour autant passer par l&#146;usage    des substances elles-m&ecirc;mes.</font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font size="3" color="#0000ff" face="Verdana"><font color="#870101"><i>Commentaires</i></font></font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Dans le travail de recherche que    nous menons sur les syst&egrave;mes th&eacute;rapeutiques, nous avons progressivement    d&eacute;couvert l'importance des <i>choses</i> <a href="#fn5" name="fnB5">[6]</a>.    Par "chose", nous entendons des objets, des substances, des syst&egrave;mes&#133;,    cr&eacute;&eacute;s par un groupe, et "fabriquant" &agrave; leur tour les personnes.    Ainsi, les langues, la cuisine, ou les objets th&eacute;rapeutiques figurent    parmi ce type de &quot;choses&quot;. Expliquons-nous. Si l'on admet une telle    d&eacute;finition, la langue est effectivement une des premi&egrave;res "choses"    que rencontre un individu. On peut de fait<font color="#0000ff"> </font>consid&eacute;rer    la langue comme un syst&egrave;me "externe" au sujet ; mais l'on doit &eacute;galement    admettre que ce syst&egrave;me contribue de mani&egrave;re intense et significative    &agrave; la construction interne du sujet. Il n'est pas indispensable de se    prononcer sur des probl&egrave;mes ind&eacute;cidables tels que "existe-t-il    une pens&eacute;e hors la langue ?" ou "toute langue est-elle traduisible en    telle autre ?" pour constater l'importance de la langue dans la constitution    d'un individu. Or, il est &eacute;vident que les langues sont fabriqu&eacute;es    par les groupes et non par les personnes. Les langues sont m&ecirc;me l'exemple    incontournable prouvant la cr&eacute;ativit&eacute; sp&eacute;cifique des groupes.    &Agrave; la question : "qui a invent&eacute; la langue fran&ccedil;aise", on    ne peut r&eacute;pondre que "le groupe des locuteurs du fran&ccedil;ais". L'on    peut m&ecirc;me ajouter que la cr&eacute;ation de ce type d'objets est quotidiennement    renouvel&eacute;e et ajust&eacute;e. On dit alors que "la langue fran&ccedil;aise    &eacute;volue". Il serait plus juste de dire que la langue fran&ccedil;aise    est cr&eacute;&eacute;e tous les jours. Si l'on admet un tel point de vue, son    corollaire s&#146;impose : les humains sont tous semblables, et c'est pr&eacute;cis&eacute;ment    pour cette raison qu'ils sont culturellement distincts. En simplifiant : tous    les humains sont fabriqu&eacute;s par des langues &#150; en cela, ils sont semblables    &#150; mais les langues sont radicalement diff&eacute;rentes les unes des autres    &#150; c'est pourquoi ils sont culturellement si distincts. </font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Nous avons pris le cas des langues    comme exemple paradigmatique. Mais si, dans la diff&eacute;renciation culturelle,    la langue est un objet majeur, elle n'est pas le seul, loin de l&agrave; ! La    cuisine en est &eacute;videmment un autre, tout aussi discriminant, dont l'influence    sur la construction de la personne pourrait &ecirc;tre r&eacute;sum&eacute;e    de la mani&egrave;re suivante : "l'on est ce que l'on mange". Facile de faire    d&eacute;couler de ce constat la compr&eacute;hension des usages culinaires,    et surtout l'importance des interdits alimentaires servant &agrave; distinguer    les groupes culturels, les sous-groupes, les clans ou les familles. Ce second    exemple nous donne une explication suppl&eacute;mentaire : c'est en entrant    dans la personne que la "chose" acquiert cette importance cruciale dans sa construction.    Mais les choses n'existent que pour autant qu'un groupe structur&eacute; les    produit ; que pour autant que des r&eacute;seaux complexes les maintiennent.    Pour que les Musulmans de France puissent manger de la viande <i>hallal </i>,    c'est-&agrave;-dire "licite", il faut que tout un r&eacute;seau soit mis en    place allant de l'abattage rituel &agrave; la distribution dans les boucheries.    </font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Un troisi&egrave;me exemple est    certainement plus significatif encore : celui fourni par les objets produits    au c&#156;ur des syst&egrave;mes th&eacute;rapeutiques. Pour un patient d'origine    antillaise, prendre des "th&eacute;s" (des tisanes) ou des "bains de feuillages",    implique &eacute;videmment qu'il puisse se procurer les ingr&eacute;dients de    base indispensables &agrave; la fabrication des rem&egrave;des ; pr&eacute;suppose    donc qu'il existe un r&eacute;seau allant de la culture ou de la r&eacute;colte    des plantes &agrave; leur distribution dans une grande m&eacute;tropole occidentale.    De m&ecirc;me, pour un patient d'origine malienne qui absorbe des poudres d'&eacute;corce    d'arbres ou de diff&eacute;rentes substances min&eacute;rales, l'on doit &eacute;videmment    supposer l'existence d'un r&eacute;seau semblable. Mais l'existence de tels    r&eacute;seaux n'est possible qu'&agrave; condition que le groupe soit relativement    stable et structur&eacute; autour d'objets centraux. Ces objets, nous le savons,    existent bien &#150; f&eacute;tiches d'un village ou d'une famille (<i>bolis</i>),    pour ce qui concerne les patients maliens, par exemple, objets rituels, parfois    singuliers, autour desquels est constitu&eacute;e la chapelle du <i>quimboiseur</i>    ou du <i>gad&eacute;dzaff&egrave;</i> antillais.</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Au del&agrave; des grands principes    et des id&eacute;ologies, ce que l'on d&eacute;signe g&eacute;n&eacute;ralement    sous le terme abstrait d'<i>appartenance </i> est en fait lentement structur&eacute;    par des r&eacute;seaux complexes de "choses" &#150; langues, plats cuisin&eacute;s,    plantes, objets de cultes, actes rituels&#133;</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Or, les deux patients &eacute;voqu&eacute;s    ici, Karim et Sylvie, sont &agrave; la fois conscients depuis l'enfance de ce    que l'on pourrait d&eacute;signer comme une "obligation d'appartenance" &#150;    le p&egrave;re de Karim s'attend &agrave; ce que son fils soit "naturellement"    kabyle ; le p&egrave;re de Sylvie &agrave; ce que ses enfants adh&egrave;rent    spontan&eacute;ment &agrave; la philosophie qui a organis&eacute; son existence.    Mais les enfants n'ont pas &eacute;t&eacute; progressivement inclus dans les    r&eacute;seaux de choses &#150; ni la langue, ni la cuisine, ni les objets th&eacute;rapeutiques.    Seuls deux registres leur sont spontan&eacute;ment accessibles : les pr&eacute;noms    et les marques corporelles (circoncision). Il faut croire que ces deux "choses"    sont trop isol&eacute;es ; qu'elles n'ont pas &eacute;t&eacute; suffisamment    relay&eacute;es par des "choses" quotidiennes, des habitudes, des paroles, qui    seraient venues les <i>asseoir dans les personnes.</i> L'on peut alors imaginer    que l'acc&egrave;s &agrave; la toxicomanie vienne &agrave; la fois remplacer    et barrer l'acc&egrave;s aux r&eacute;seaux d&eacute;sormais devenus impossibles    &agrave; p&eacute;n&eacute;trer. </font></p> <p align="left"><font size="3" color="#333300" face="Verdana">L'on pourrait alors    parvenir &agrave; une sorte de formule : l'obligation d'appartenance ajout&eacute;e    &agrave; l'impossibilit&eacute; d'acc&eacute;der aux r&eacute;seaux de choses    produit une sorte d'app&eacute;tence envers les r&eacute;seaux ultra-courts,    c'est-&agrave;-dire qui conduisent <i>en tr&egrave;s peu de temps de la chose    au r&eacute;seau.</i> C'est certainement le cas des drogues qui, partant des    "choses" (les substances), incluent quasi imm&eacute;diatement les personnes    dans des groupes impliquant langage propre, habitudes, savoir faire, types de    liens, etc.</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Le traitement des toxicomanies a    essentiellement &eacute;t&eacute; pens&eacute; &agrave; partir des sujets &#150;    fonction du sympt&ocirc;me dans l&#146;&eacute;conomie psychique du sujet ou    dans les relations familiales. Or, ces derni&egrave;res ann&eacute;es, l&#146;av&egrave;nement    des traitements de substitution et l&#146;apparition de nouveaux produits (<i>l&#146;Ecstasy</i>    par exemple) ont boulevers&eacute; aussi bien les pratiques des professionnels    de soin que les usages des consommateurs. A travers l&#146;esquisse du parcours    d&#146;un toxicomane av&eacute;r&eacute; et d&#146;une jeune femme en danger    de le devenir, nous souhaitions illustrer l&#146;int&eacute;r&ecirc;t qu&#146;il    y aurait &agrave; penser la question &agrave; partir des substances elles-m&ecirc;mes    et des r&eacute;seaux constitu&eacute;s autour de ces substances. Il nous semble    en effet qu&#146;une telle approche pourrait rendre compte de l&#146;ensemble    du ph&eacute;nom&egrave;ne &#150; tant du point de vue des consommateurs que    des professionnels sans cesse contraints &agrave; modifier les dispositifs de    soin aux gr&eacute; des produits et des usages ayant cours &#150;, et d&eacute;boucher    sur de nouvelles propositions de prise en charge.</font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font size="+2" color="#0000ff" face="Verdana"><b><font color="#850105">Abstract</font></b></font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">A partir de l&#146;esquisse du parcours    d&#146;un toxicomane av&eacute;r&eacute; et d&#146;une jeune femme en danger    de le devenir, les auteurs proposent de penser la question de la toxicomanie    &agrave; partir des drogues elles-m&ecirc;mes et des r&eacute;seaux constitu&eacute;s    autour de ces subsances. Ils fondent leur argument sur les r&eacute;sultats    de recherches men&eacute;es sur les syst&egrave;mes th&eacute;rapeutiques d&#146;o&ugrave;    ressort l&#146;importance des &quot;choses&quot; (langues, cuisine, objets th&eacute;rapeutiques...)    et des r&eacute;seaux qu&#146;elles produisent dans la construction des personnes.</font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font size="+2" color="#0000ff" face="Verdana"><b><font color="#870108">Mots    cl&eacute;s</font></b></font> </p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana">Toxicomanie. Substances (drogues).    R&eacute;seaux. Appartenance. Ethnopsychiatrie</font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <hr align="left"> <h2 align="left"><font size="+2" color="#870103" face="Verdana">Notes</font><font size="+1" face="Verdana">    </font></h2> <p align="left"></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><a href="#fnB0" name="fn0">[1]</a>    . Psychologue clinicienne, Association La Corde Raide (Paris), charg&eacute;es    de cours, Universit&eacute; de Paris 8.</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><a href="#fnB1" name="fn1">[2]</a>.    Professeur de Psychologie clinique et pathologique  l'Universit&eacute; de    Paris 8.</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><a href="#fnB2" name="fn2">[3]</a>.Comprim&eacute;s    antitussifs cod&eacute;&iuml;n&eacute;s, en vente libre.</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><a href="#fnB3" name="fn3">[4]</a>.    Correcteur antiparkinsonien destin&eacute; &agrave;att&eacute;nuer les effets    secondaires de certains neuroleptiques.</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><a href="#fnB4" name="fn4">[5]</a>.    Association <i>La Corde Raide</i>, Centre de soins sp&eacute;cialis&eacute;    en toxicomanie, Paris.</font></p> <p align="left"><font size="3" face="Verdana"><a href="#fnB5" name="fn5">[6]</a>.    Recherches men&eacute;es au <i>Centre Georges Devereux,</i> Universit de Paris    8. Cf Tobie Nathan, "&Eacute;l&eacute;ments de psychoth&eacute;rapie" in T.    Nathan, A. Blanchet, S. Ionescu, N. Zajde, <i>Psychoth&eacute;rapies </i>, Paris,    Odile Jacob, 1998.</font></p> <p align="left">&nbsp;</p> <p align="left"><font color="#A32701" size="3" face="Verdana"><i><font color="#8A0301">Si    vous souhaitez &eacute;crire aux auteurs : </font></i></font><font size="3" face="Verdana"><b><strong><a href="mailto:cgrandsard@aol.com">Catherine    Grandsard </a>; <a href="mailto:tobinathan@aol.com">Tobie Nathan</a></strong></b>    .</font></p> <dir>   <dir>     <dir>       <dir>         <blockquote>           <p>&nbsp;</p>         </blockquote>       </dir>     </dir>   </dir> </dir> <blockquote>    <p><font face="Verdana"><font size="+1"><b>Droits de diffusion et de reproduction      r&eacute;serv&eacute;s &copy; 1999, Centre Georges Devereux</b></font></font>    </p>   <p>&nbsp;</p>   <p>&nbsp;</p> </blockquote> <dir>    <dir>      <dir>        <dir>          <blockquote>            <p align="right">&nbsp;</p>         </blockquote>       </dir>     </dir>   </dir> </dir> <div align="right">    <blockquote>&nbsp; </blockquote> </div> <blockquote>    <p align="right"><font size="+1" face="Verdana"><a href=../>&lt;&#151;</a></font><font color="#FFF707" size="+1" face="Verdana"><a href=../>      <img src="minisite.gif" width="99" height="80"></a></font><font size="+1" face="Verdana"><a href=../>retour</a></font><font face="Verdana">      </font></p> </blockquote> <p align="left">&nbsp; </p> </body> </html> 
