<HTML> 	<HEAD> 		<META HTTP-EQUIV="content-type" CONTENT="text/html;charset=iso-8859-1"> 		<META NAME="generator" CONTENT="GoLive CyberStudio"> 		<TITLE>Le requin nous sauvera-t-il du cancer? - Nathalie Mousseau</TITLE> 	</HEAD> 	<BODY BGCOLOR="#FFFFFF" ALINK="#1A277F" LINK="#1A277F" VLINK="#000000"> 		<CENTER> 			<BLOCKQUOTE> 				<P><FONT FACE="face1,face2," SIZE="4"><IMG SRC="images/logo_eureka.jpg" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Eureka! 1999" ALIGN="top" width="448" height="98"></FONT></P> 			</BLOCKQUOTE> 		</CENTER> 		<!--<P><FONT SIZE="4"><IMG SRC="marge.gif" WIDTH="1" HEIGHT="528" ALIGN="left" NATURALSIZEFLAG="0">--> <CENTER><TABLE WIDTH="728" BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING="10">  			<TR> 				<TD COLSPAN="2" VALIGN="TOP" BGCOLOR="#FFF3AE"> 				<P><B STYLE="background:#F5F5F5"><FONT FACE="Arial,Helvetica" SIZE="6" COLOR="#FF000F">Le requin nous sauvera-t-il du cancer?<BR> 				</FONT></B><SPACER TYPE="horizontal" SIZE="50"><B>Nathalie Mousseau</B></P> 				<P><FONT SIZE="4"><TABLE BORDER="0" CELLPADDING="3" CELLSPACING="2" WIDTH="701">  					<TR> 						<TD COLSPAN="2" BGCOLOR="#FFF4D5"> 						<BLOCKQUOTE> 							<P><FONT FACE="Arial,Helvetica" COLOR="#FFF3AE"><SPACER TYPE="horizontal" SIZE="80"></FONT><FONT FACE="Arial,Helvetica" COLOR="#051473">Dans l&#146;imaginaire populaire, le requin est un animal f&eacute;roce et 							sanguinaire. Pourtant, c&#146;est peut-&ecirc;tre gr&acirc;ce &agrave; lui que nous parviendrons 							&agrave; vaincre un des fl&eacute;aux les plus meurtriers de notre &eacute;poque : 							le cancer. Cette terrible maladie a emport&eacute; pas moins d&#146;un million 							de Qu&eacute;b&eacute;cois ces 25 derni&egrave;res ann&eacute;es. Une r&eacute;alit&eacute; bien plus effrayante 							que <I>Les dents de la mer!</I> Comment le requin pourrait-il nous sauver la vie? En mettant 							&agrave; notre disposition des substances contenues dans son cartilage, 							pour bloquer un processus physiologique essentiel au d&eacute;veloppement 							du cancer.</FONT></P> 						</BLOCKQUOTE> 						<P>Ce processus, c&#146;est l&#146;angiogen&egrave;se, c&#146;est-&agrave;-dire la formation de 						nouveaux capillaires sanguins. Ces tout petits vaisseaux sanguins 						naissent du bourgeonnement de capillaires pr&eacute;existants, comme 						de nouvelles pousses sur un arbre. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne survient tout 						&agrave; fait normalement lorsque de nouvelles cellules ont besoin de 						se reproduire, par exemple lorsqu&#146;un embryon se d&eacute;veloppe ou lorsqu&#146;une 						blessure cicatrise. Les nouveaux capillaires servent alors &agrave; alimenter 						les cellules en oxyg&egrave;ne et en nutriments. B&eacute;n&eacute;fique dans ces situations, 						l&#146;angiogen&egrave;se devient redoutable quand elle permet &agrave; des cellules 						tumorales de se reproduire ou lorsqu&#146;elle entra&icirc;ne la formation 						de m&eacute;tastases.<BR> 						Sans vaisseaux, une tumeur en croissance est, en effet, incapable 						de s&#146;approvisionner en compos&eacute;s nutritionnels. Elle lance alors 						un signal de d&eacute;tresse aux capillaires environnants. Cet &laquo; appel 						&agrave; l&#146;aide &raquo; est suivi d&#146;une s&eacute;rie de r&eacute;actions biochimiques ordonnant 						en bout de ligne le bourgeonnement du capillaire vers la source 						du signal, soit la tumeur elle-m&ecirc;me. Cette &laquo; n&eacute;ovascularisation 						&raquo; lui permet alors d&#146;&ecirc;tre nourrie, donc de cro&icirc;tre. Ainsi, une 						tumeur inoffensive n&#146;exc&eacute;dant pas 1 mm<SUP>3</SUP> (la taille d&#146;une t&ecirc;te d&#146;&eacute;pingle) grossit peu &agrave; peu jusqu&#146;&agrave; devenir 						maligne. Pire : ces capillaires servent de routes aux cellules 						tumorales, qui peuvent quitter leur foyer initial pour aller s&#146;implanter 						ailleurs dans l&#146;organisme. C&#146;est ainsi que le cancer se g&eacute;n&eacute;ralise...<BR> 						Pour enrayer la maladie, les scientifiques ont mis au point une 						nouvelle strat&eacute;gie : s&#146;attaquer aux cellules endoth&eacute;liales constituant 						les capillaires plut&ocirc;t qu&#146;aux cellules tumorales elles-m&ecirc;mes... 						Bien que le but ultime de cette approche consiste indirectement 						&agrave; d&eacute;truire enti&egrave;rement la tumeur, les &eacute;tudes actuelles se limitent 						surtout au pouvoir anesth&eacute;siant sur la tumeur d&#146;une absence de 						vascularisation. On cherche &agrave; endormir la tumeur... pour l&#146;emp&ecirc;cher 						de grossir et de s&#146;&eacute;tendre partout dans l&#146;organisme. Et pour qu&#146;elle 						demeure b&eacute;nigne.<IMG SRC="images/requin1.jpg" HSPACE="5" ALIGN="left" ALT="requin" width="350" height="369"><BR> 						L&#146;id&eacute;e n&#146;est pas r&eacute;cente. L&#146;hypoth&egrave;se du r&ocirc;le des vaisseaux sanguins 						dans l&#146;entretien des tumeurs revient au m&eacute;decin am&eacute;ricain Judah 						Folkman. Elle date de 1971, mais, aussi surprenant que cela puisse 						para&icirc;tre, il aura fallu vingt ans avant que le raisonnement de 						ce scientifique ne soit accept&eacute; par ses acolytes. &Agrave; l&#146;&eacute;poque, 						les chercheurs trouvaient inconcevable l&#146;id&eacute;e de rendre coupables 						de simples vaisseaux sanguins. Ils ne voyaient pas non plus comment 						on pourrait parvenir &agrave; cibler uniquement les capillaires dirig&eacute;s 						vers la tumeur sans d&eacute;truire tout le syst&egrave;me vasculaire. Enfin, 						on &eacute;tait aussi convaincu que la chimioth&eacute;rapie constituait la 						panac&eacute;e pour d&eacute;truire toute masse tumorale. On avait donc baiss&eacute; 						les bras.<BR> 						Mais loin de se laisser abattre, le Dr Folkman continua sa qu&ecirc;te 						et r&eacute;ussit &agrave; amasser suffisamment de r&eacute;sultats (et de fonds !) 						pour prouver son hypoth&egrave;se. Des &eacute;tudes subs&eacute;quentes ont vite permis 						de voir que l&#146;architecture des vaisseaux nouvellement form&eacute;s diff&eacute;rait 						&agrave; plusieurs &eacute;gards de celle des autres. Le ciblage des n&eacute;ocapillaires 						devenait donc possible. Par ailleurs, entre temps, des cellules 						tumorales avaient r&eacute;ussi &agrave; d&eacute;velopper une r&eacute;sistance &agrave; la chimioth&eacute;rapie. 						Adieu la th&eacute;rapie id&eacute;ale... Les r&eacute;ticences des sceptiques sont 						alors vite tomb&eacute;es : aujourd&#146;hui, on ne compte plus les laboratoires 						engag&eacute;s dans cette nouvelle voie d&#146;offensive contre le cancer 						! Il est d&eacute;sormais prouv&eacute; que le degr&eacute; de malignit&eacute; d&#146;une tumeur 						est directement associ&eacute; au taux de vascularisation. Par ailleurs, 						on chuchote que le pers&eacute;v&eacute;rant Dr Folkman pourrait bien recevoir 						un prix Nobel...</P> 						<P><B><FONT COLOR="#FF000F">&Agrave; l&#146;attaque ! - </FONT></B>Maintenant que nous tenons le coupable, comment le condamner ? 						Les &eacute;tapes menant au processus d&#146;angiogen&egrave;se sont complexes, et 						sa r&eacute;gulation est un v&eacute;ritable casse-t&ecirc;te ! N&eacute;anmoins, les chercheurs 						disposent aujourd&#146;hui d&#146;une vaste gamme de possibilit&eacute;s d&#146;assaut 						contre les cellules endoth&eacute;liales. Une &eacute;quipe de scientifiques 						du laboratoire de m&eacute;decine mol&eacute;culaire du centre de canc&eacute;rologie 						Charles-Bruneau de l&#146;H&ocirc;pital Ste-Justine de Montr&eacute;al a choisi 						de s&#146;attaquer &agrave; la pr&eacute;servation de la matrice extracellulaire 						(MEC). Ce r&eacute;seau de tissu solide compos&eacute; de prot&eacute;ines d&#146;ancrage 						et de soutien, sert &agrave; supporter <IMG SRC="images/requin2.jpg" BORDER="1" HSPACE="5" VSPACE="5" ALIGN="right" ALT="Angiog&eacute;n&egrave;se" width="390" height="333">les cellules formant les organes ou les vaisseaux. La MEC constitue 						en quelque sorte la fondation de base essentielle au bon maintien 						de l&#146;organe, comme les murs d&#146;une maison. Si on cherche &agrave; b&acirc;tir 						une pi&egrave;ce adjacente &agrave; cette maison, on devra la doter d&#146;une porte. 						On utilisera donc des outils pour cr&eacute;er une ouverture dans le 						mur. De m&ecirc;me, si un vaisseau cherche &agrave; bourgeonner vers la tumeur, 						la matrice sous-tendant les cellules endoth&eacute;liales devra elle 						aussi &ecirc;tre perc&eacute;e, ainsi que celle entourant les cellules tumorales. 						Dans ce cas, la &laquo; perceuse &raquo;, ce sont les m&eacute;talloprot&eacute;inases de 						la matrice extracellulaire, ou MMP pour les intimes. Ce n&#146;est 						que r&eacute;cemment que ces enzymes ont &eacute;t&eacute; isol&eacute;es, et leur caract&eacute;risation 						est loin d&#146;&ecirc;tre termin&eacute;e. On d&eacute;nombre jusqu&#146;&agrave; maintenant pas moins 						de vingt types de MMP chez l&#146;humain et il ne serait pas surprenant 						de voir la liste s&#146;allonger. Jusqu&#146;&agrave; ce jour, on estime que deux 						d&#146;entre elles, la MMP-2 et la MMP-9, sont fortement associ&eacute;es 						&agrave; la malignit&eacute; d&#146;une tumeur.<BR> 						Comment inhiber ces MMP pour que la matrice ne puisse &ecirc;tre perc&eacute;e? 						C&#146;est l&agrave; que le requin intervient. En effet, on a constat&eacute; il 						y a plusieurs ann&eacute;es qu&#146;aucun vaisseau ni aucune tumeur ne pouvaient 						se d&eacute;velopper dans le cartilage de cet animal. Diverses &eacute;tudes 						portant sur cet intrigant tissu ont vite montr&eacute; qu&#146;il &eacute;tait dot&eacute; 						de substances capables d&#146;emp&ecirc;cher la n&eacute;ovascularisation et l&#146;angiogen&egrave;se 						tumorale. Aujourd&#146;hui, il est clair que la ou les mol&eacute;cules inhibitrices 						pr&eacute;sentes dans une solution de cartilage de requin agissent entre 						autres sur les MMP. Le groupe de chercheurs montr&eacute;alais travaille 						en &eacute;troite collaboration avec &AElig;terna, une jeune entreprise qu&eacute;b&eacute;coise 						qui a mis au point une technique d&#146;enrichissement des facteurs 						actifs du cartilage de requin capables d&#146;inhiber l&#146;action des 						MMP. &AElig;terna a nomm&eacute; cette solution le N&eacute;ovastat. <BR> 						&Agrave; Sainte-Justine, on cherche &agrave; isoler la mol&eacute;cule inhibitrice 						qui donne ses vertus th&eacute;rapeutiques au N&eacute;ovastat. Des dizaines 						de chercheurs et d&#146;&eacute;tudiants unissent leurs efforts pour arriver 						&agrave; p&ecirc;cher dans le N&eacute;ovastat la mol&eacute;cule qui emp&ecirc;che les MMP de 						vaquer &agrave; leur occupation. &Agrave; l&#146;int&eacute;rieur du laboratoire, o&ugrave; flotte 						une &laquo; douce &raquo; odeur de poisson de mer, on sent une f&eacute;brilit&eacute; hors 						du commun. C&#146;est que cette mol&eacute;cule pourrait s&#146;apparenter aux 						TIMP (inhibiteurs tissulaires des m&eacute;talloprot&eacute;inases), des inhibiteurs 						naturels des MMP. D&#146;ailleurs, le fait pour un humain de d&eacute;velopper 						ou non des m&eacute;tastases &agrave; la suite de l&#146;apparition de cellule canc&eacute;reuses 						serait reli&eacute; &agrave; un d&eacute;s&eacute;quilibre entre les taux sanguins de MMP 						et de TIMP, en faveur des MMP. Si la substance antitumorale du 						m&eacute;dicament se rapproche d&#146;un inhibiteur naturel, les effets ind&eacute;sirables 						et nocifs du traitement peuvent se r&eacute;v&eacute;ler nuls! Tout un avantage 						compar&eacute; &agrave; la chimioth&eacute;rapie...</P> 						<P><B><FONT COLOR="#FF000F">L&#146;espoir et la mer - </FONT></B>Au cours de sa vie, une personne sur trois vivra avec un cancer. 						Sur ce nombre, la moiti&eacute; en mourront. La position peu enviable 						que d&eacute;tient le cancer dans le palmar&egrave;s des maladies du XXe si&egrave;cle 						se maintiendra-t-elle au cours du prochain mill&eacute;naire? Avec des 						m&eacute;dicaments anti-angiog&eacute;niques, on pourrait incessamment faire 						la vie dure &agrave; cette maladie, semble-t-il. Des &eacute;tudes cliniques 						employant le N&eacute;ovastat sont en cours chez l&#146;humain et les r&eacute;sultats 						sont plus qu&#146;encourageants. Notre ennemi d&#146;hier, le requin, risque 						fort bien de devenir notre ami de demain, et pourquoi pas, le 						meilleur ami de l&#146;homme! </P> 						<P><I><FONT SIZE="2"> 						<HR> 						</FONT></I></P> 						<P><B><I><FONT SIZE="2">R&eacute;f&eacute;rences</FONT></I></B><FONT SIZE="2"><I><BR> 						Institut national du cancer du Canada, Statistiques canadiennes 						sur le cancer 1998, Toronto, Canada, 1998.<BR> 						Gingras D., B&eacute;liveau R. &laquo; L&#146;angiog&eacute;n&egrave;se tumorale : une nouvelle 						cible th&eacute;rapeutique anticanc&eacute;reuse &raquo;, <BR> 						Med. Sci., 1997, vol. 13, pages 1428-35.</I></FONT></P> 						<P>&nbsp;</TD> 					</TR> 				</TABLE> 				</FONT></TD> 			</TR>  			<TR HEIGHT="17"> 				<TD VALIGN="TOP" HEIGHT="17"><A HREF="eureka99.html">Retour &agrave; la table des mati&egrave;res</A></TD> 				<TD VALIGN="TOP" HEIGHT="17" BGCOLOR="#FFF3AE"><A HREF="gauchers.htm">Article suivant</A> </TD> 			</TR> 		</TABLE> 		</FONT></P> 		<CENTER> 			<P><FONT SIZE="4"> </FONT></P> 		</CENTER> 	</BODY> </HTML> 
