<HTML> <HEAD>   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 2.0 Win">   <TITLE>slnazf</TITLE> </HEAD> <BODY TEXT="#000080" BGCOLOR="#ffffff" LINK="#68f7c8">  <P><B>ARCHITECTURE ET NATIONALISME</B></P>  <P>L'architecture des grandes capitales que sont Berlin, Rome ou Washington D.C. semble montrer une possibilit&eacute; de transmettre les objectifs politiques d'une puissance &agrave; travers son art officiel. Le Corbusier [1936] parle de la Rome antique comme visant &laquo; &agrave; conqu&eacute;rir et contr&ocirc;ler le monde &raquo;, et retrouve cette id&eacute;ologie dans l'ordre de son architecture. Il n'y a alors aucune surprise &agrave; retrouver les nations industrialis&eacute;e d'Europe construire leur empire en prenant le chemin de leur plus puissant anc&ecirc;tre : les romains. <BR> Le fasciste ancre son r&eacute;gime dans une architecture colossale et massive, et revendique la grandeur romaine de son pass&eacute; : &laquo; Dans les cinq ans qui viennent, Rome doit frapper l'imagination des autres nations du monde comme &eacute;tant source de puissance : immense, bien organis&eacute;e, puissante, comme elle l'&eacute;tait du temps de l'Empire d'Auguste [...] Toutes ces choses qui ont envahies ces monuments durant des si&egrave;cles de d&eacute;cadence doivent &ecirc;tre supprim&eacute;es &raquo; [Mussolini 1925-1926] Le Duce veux faire ressurgir les symboles de la Rome antique pour refonder en personne le nouvel empire romain, qui incarnera l'esprit h&eacute;ro&iuml;que du peuple italien. L'architecture Mussolinienne devient ce lien qui montre la permanence de la grandeur romaine. Le fascisme revendique une puissance absolue et l'exprime dans son architecture, et les rites c&eacute;l&eacute;bratifs qui l'acompagnent. On pr&eacute;voit la construction au centre de Rome d'un forum gigantesque qui doit abriter une statue colossale de Mussolini en Hercule. Mussolini d&eacute;crit les axes majeurs de Rome qui doivent lui redonner sa splendeur antique. Les ornements antiques : arches, colonnes, d&ocirc;mes, l'utilisation de mat&eacute;riaux nobles comme le marbre et le granit, et le renouveau de la mosa&iuml;que renforcent le liens entre ces deux empires. Comme Mussolini, Hitler admire la Rome antique dont l'efficacit&eacute; et la puissance militaire ont permis de conqu&eacute;rir la M&eacute;diterran&eacute;e. Si l'Allemagne avait gagn&eacute; la guerre (ce a qu'elle n'&eacute;tait pas loin de faire) et r&eacute;ussi &agrave; dominer le monde, le r&eacute;am&eacute;nagement de Berlin aurait pu &ecirc;tre men&eacute; &agrave; bien. Et les g&eacute;n&eacute;rations futures, pourraient regarder d'ici quelques si&egrave;cles, les ruines de Berlin comme nous regardons aujourd'hui celles de Rome. Hitler aimait &agrave; dire que &laquo; le but de ces b&acirc;timents &eacute;tait de transmettre son &eacute;poque et son esprit &agrave; la post&eacute;rit&eacute; [... ils] doivent parler &agrave; la conscience des g&eacute;n&eacute;rations futures d'allemand &raquo; [Speer 1969]. Berlin, pour devenir la capitale de l'Empire mondiale, doit se v&ecirc;tir de monuments capables de surpasser ceux de la capitale Romaine. La Chancellerie est construite d&egrave;s l'accession d'Hitler au pouvoir en 1933. Il trouve alors que le vieux Reichskanzlei ressemble &agrave; une fabrique de savon [spear 1969] et est incapable accueillir le futur ma&icirc;tre du monde. Il demande donc &agrave; l'architecte Albert Spear de reconstruire un empire majestueux, des b&acirc;timents pourvu de pi&egrave;ces immenses et intimidantes, de &laquo; cr&eacute;er une rh&eacute;torique tangible du pouvoir, un pan&eacute;gyrique architectural de la revendication imp&eacute;rial &agrave; l'omniscience &raquo; [Isler 1972]. Le 30 janvier 1937, Spear est officiellement responsable de reconstruire Berlin. La capital doit &ecirc;tre redessin&eacute;e par de grands axes traversant la ville et se coupant &agrave; angle droit. Au nord un forum massif de 35 hectares est pr&eacute;vu, &agrave; l'ouest le nouveau palais et la nouvelle chancellerie, &agrave; l'est le nouveau haut commandement des forces arm&eacute;es... tout une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de b&acirc;timents gigantesques qui d&eacute;limiterons le coeur de la nouvelle capitale mondiale : Germania.<BR> La capital des &Eacute;tats Unis Am&eacute;rique : Washington D.C., pr&eacute;sente elle aussi la grandeur d'une nation &agrave; travers son architecture. Au d&eacute;but du si&egrave;cle, et plus particuli&egrave;rement dans les ann&eacute;es 30, la plupart des &eacute;difices publiques de la &laquo; Capital City &raquo; ont &eacute;t&eacute; construits dans un style classique. A partir de 1935, les immeubles n&eacute;oclassiques soulignent les contours nord de la croix form&eacute;e par les 5 principaux monuments de la ville : La maison blanche, le monument de washington, le m&eacute;morial de Jefferson, le m&eacute;morial de Lincoln, et bien sur le capitol qui abrite le congr&egrave;s, tous dans un style visant &agrave; ressembler aux temples romains. Union Station, la gare, si proche du capitol, v&eacute;rifie le vieil adage selon lequel &laquo; la gare est &agrave; la ville moderne, ce qu'&eacute;tait la porte &agrave; la ville dans les cit&eacute;s antiques &raquo; [Meeks 1956]. Sa fa&ccedil;ade ressemble &agrave; l'arc de triomphe de Constantin &agrave; Rome [Ziolkowski 1988], alors que sa salle des pas perdus singe les bains de Diocletian et la place en face de la piazza dei Termini [Meeks 1956]. Le m&ecirc;me genre de remarque peut s'appliquer au Federal Triangle ainsi qu'&agrave; la majorit&eacute; de ses b&acirc;timents. Ces options de grandeur architecturale affich&eacute;es sont li&eacute;es &agrave; la nature particuli&egrave;re de Washington, Cit&eacute;-capitale, qui peut compter sur une manne d'imp&ocirc;ts sans pour autant avoir &agrave; s'assurer de l'approbation des Washingtoniens [Ziolkowski 1988]. Elle est comme ces grandes cit&eacute;s domin&eacute;es &agrave; travers les si&egrave;cles par des rois, des empereurs, des papes ou des dictateurs : despotes &eacute;clair&eacute;s, faisant le bien du peuple malgr&egrave;s lui.<BR> L'architecture de toutes ces capitales ce ressemblent, son but est le m&ecirc;me. Les dimensions colossales de ses &eacute;difices font ressortir l'insignifiance de l'individu, noy&eacute; dans l'immensit&eacute; [Scobie 1990]. On trouve dans cette architecture classique ou n&eacute;o-classique ce qu'en disait Rousseau : un sentiment de respect, se trouvant comme un insecte dans une immensit&eacute;, si petit qu'il se demandait pourquoi il n'&eacute;tait pas n&eacute; romain [Rousseau 1789]. </P>  <P>L'architecture de Washington diff&egrave;re de l'architecture Nazi car elle ne peut pas revendiquer une continuit&eacute; de tradition. Mais Quelle diff&eacute;rence existe t'il vraiment? Washington est n&eacute;e d&eacute;mocratie comme Rome ou l'Allemagne Nazie (1933) et est maintenant contr&ocirc;l&eacute;e par une oligarchie financi&egrave;re. Son ing&eacute;rence mondiale n'a d'autre but officiel que d'essayer de porter &laquo; la civilisation au reste du monde barbare &raquo;? <BR> </P>  <P><B>Justin Veuthey</B> </BODY> </HTML> 
