<html>  	<head> 		<meta name="generator" content="Adobe GoLive 5"> 		<title>Art des jardins</title> 	</head>  	<body bgcolor="#ffffff"> 		<p><font face="Verdana" size="4" color="#000099"><b>LEurope en herbe</b></font><font face="Verdana" size="2"><br> 				<br> 				<b>Sil existe une chose universelle et ancestrale, cest bien lart du jardin. Image du paradis sur terre, les hommes lui ont vou&eacute; d&egrave;s lAntiquit&eacute; un int&eacute;r&ecirc;t certain. Clos puis ouvert, il fut, est et restera un lieu privil&eacute;gi&eacute; symbolisant lesprit dune &eacute;poque. L&eacute;t&eacute; &agrave; nos portes, ne ratons pas loccasion daller faire le tour des jardins qui font la fiert&eacute; de lEurope, et d&eacute;couvrons les diff&eacute;rentes influences issues dartistes dont les mains, bien vertes, nen &eacute;taient pas moins m&ucirc;res et expertes.</b> <br> 				 <br> 			</font><font face="Verdana" size="2" color="#000099"><b>Le jardin, une v&eacute;ritable uvre dart</b></font><font face="Verdana" size="2">	 <br> 				Lieux de repos pour les uns, de d&eacute;foulement pour les autres, les jardins sont en r&eacute;alit&eacute; beaucoup plus que de simples espaces verts. Certains ont une dimension historique et constituent de v&eacute;ritables uvres dart &agrave; part enti&egrave;re. De grands auteurs ont m&ecirc;me dissert&eacute; sur la question, multipliant th&eacute;ories et essais &agrave; travers les si&egrave;cles. Lart des jardins est alors devenu un sujet de r&eacute;flexion artistique. Il a vu sa cons&eacute;cration en 1981, avec la Charte de Florence de lIcomos*. Celle-ci d&eacute;finit le jardin historique comme &laquo; une composition architecturale et v&eacute;g&eacute;tale qui, du point de vue de lhistoire ou de lart, pr&eacute;sente un int&eacute;r&ecirc;t public et qui, comme telle, doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme un monument &raquo;. Forte de cette conscience aig&uuml;e de lart, lUE va donc prendre soin de son patrimoine vert. En 1993, elle d&eacute;cide doctroyer une aide pour la restauration des jardins historiques. Le but est bien s&ucirc;r de faire rena&icirc;tre lesprit dune &eacute;poque. Mais tr&egrave;s souvent, un jardin comporte plusieurs &eacute;l&eacute;ments dinfluences diverses. Par exemple, il peut &ecirc;tre de style classique mais avoir une statuaire baroque. Pour compliquer les choses, on a m&ecirc;me parfois affaire &agrave; un m&eacute;lange de restauration, de reconstitution, dinterpr&eacute;tation libre, voire de reconstruction totale. Alors pour simplifier, s&eacute;parons les jardins en deux cat&eacute;gories : dun c&ocirc;t&eacute; les jardins architecturaux, et de lautre les jardins paysagers, en r&eacute;f&eacute;rence &agrave; leur aspect romantique et pictural.<br> 				<br> 			</font><font face="Verdana" size="2" color="#000099"><b>Calme et volupt&eacute;<br> 				</b></font><font face="Verdana" size="2">Les jardins historiques sont des uvres dart, des uvres dart qui ont du sens. T&eacute;moins de leur temps, ils refl&egrave;tent les mentalit&eacute;s dun pays. Ils sont de v&eacute;ritables livres ouverts. Ils sont m&ecirc;me plus que des r&eacute;cits, ils sont des po&eacute;sies. Car cest avec le langage des fleurs quils racontent une histoire, celle dune &eacute;poque, dun pays, ou dun grand personnage. Nourri dinfluences diff&eacute;rentes, chacun affiche son ou ses identit&eacute;s, des &eacute;vocations m&eacute;di&eacute;vales &agrave; linfluence paysag&egrave;re &agrave; langlaise en passant par le classique-Renaissance, le baroque ou le rococo. Les secrets de leurs charmes tiennent en quelques mots : beaut&eacute; et esth&eacute;tique, pour le plaisir des yeux ; recueillement, pour la paix de l&acirc;me ; intimit&eacute;, pour les jeux de lamour courtois ; d&eacute;mesure, pour satisfaire la soif de pouvoir des monarques ; savoir-faire, technique et qu&ecirc;te de perfection, pour les artistes amateurs de d&eacute;fis<br> 				<br> 			</font><font face="Verdana" size="2" color="#000099"><b>Les jardins monastiques, lieux de salut <br> 				</b></font><font face="Verdana" size="2">D&egrave;s le IX&egrave;me si&egrave;cle, et partout en Europe, le cadre monastique influen&ccedil;a le d&eacute;veloppement du jardin. Les religieux, isol&eacute;s du monde ext&eacute;rieur, devaient subvenir eux-m&ecirc;mes &agrave; leurs besoins. Chaque monast&egrave;re disposait donc denclos rassemblant le n&eacute;cessaire : on distinguait un jardin de plantes m&eacute;dicinales (fenouil, sauge, menthe, aneth, romarin), un potager (salade, l&eacute;gumes, oignon, c&eacute;leri, radis, poireau, ail, panais), et un verger. Un puits, une fontaine ou un vivier occupait le centre du clo&icirc;tre servant &agrave; la promenade. Le jardin monastique a une importance symbolique. Clos, il est un espace propice &agrave; la m&eacute;ditation, un lieu de salut pour le corps et pour lesprit. Il est un souvenir du jardin de lEden, un paradis perdu. Quand les symboles de vertus chr&eacute;tiennes que sont le lys et la rose blanche sugg&egrave;rent la puret&eacute; de lImmacul&eacute;e Conception, la rose rouge, elle, rappelle la passion du Christ et celle des martyrs.<br> 				<br> 			</font><font face="Verdana" size="2" color="#000099"><b>Des vergers damour pour faire la cour</b></font><font face="Verdana" size="2"> <br> 				Le contact direct avec dautres civilisations a engendr&eacute; in&eacute;vitablement des &eacute;volutions. Au XII&egrave;me si&egrave;cle,  les crois&eacute;s vont rapporter de leurs exp&eacute;ditions le go&ucirc;t pour la civilisation raffin&eacute;e des Arabes, notamment dans leur art des jardins. Cette culture, conjugu&eacute;e avec lapparition de lamour courtois en France, donne naissance, &agrave; la fin du Moyen-Age et au d&eacute;but de la Renaissance, aux jardins des 5 sens puis aux vergers damour. Cest lapparition du jardin dornement attenant au ch&acirc;teau, lieu dagr&eacute;ment et de bien-&ecirc;tre, inspir&eacute; du jardin oriental. Le jardin andalou en sera le meilleur exemple : enclos plus ou moins ouvert, arbres verts, charmilles, parfois labyrinthes, rosiers, all&eacute;es ombrag&eacute;es, bancsTout est pr&eacute;vu pour r&eacute;veiller nos sens : lou&iuml;e se d&eacute;cuple avec les fontaines de marbre, les plans deau et les voli&egrave;res, la teinte des plantes fait cligner les mirettes, le go&ucirc;t se cultive par les fruits et les l&eacute;gumes, la texture des plantes vari&eacute;e offre au toucher sa part de sensualit&eacute; et les fleurs odorif&eacute;rantes donnent limpression de respirer un nuage de parfum. Rien d&eacute;tonnant &agrave; ce que les amants en aient fait leur lieu privil&eacute;gi&eacute;. Combien de chevaliers ont profit&eacute; des charmes de cet endroit pour, justement, <br> 				&laquo; compter fleurette &raquo; &agrave; leurs dames, s&eacute;duits par cette atmosph&egrave;re m&eacute;di&eacute;vale envo&ucirc;tante. <br> 				A partir du XV&egrave;me si&egrave;cle, les grandes d&eacute;couvertes et le changement des mentalit&eacute;s vont renouveler les entreprises artistiques de la Renaissance. D&egrave;s lors, celles-ci vont sattacher &agrave; essayer de dompter la nature. La rigueur est de mise. La priorit&eacute; est donn&eacute;e aux lignes droites, aux courbes r&eacute;guli&egrave;res, &agrave; la perspective et &agrave; la g&eacute;om&eacute;trie, &agrave; la sobri&eacute;t&eacute; des surfaces et de la d&eacute;coration. Cest la naissance du classicisme.<br> 				<br> 			</font><font face="Verdana" size="2" color="#000099"><b>La Rome antique, inspiration du jardin classique<br> 				</b></font><font face="Verdana" size="2">Linfluence italienne dans lart des jardins europ&eacute;ens est ind&eacute;niable. D&egrave;s le XVI&egrave;me si&egrave;cle, la noblesse italienne con&ccedil;ut le jardin comme un prolongement de la r&eacute;sidence. Les architectes adapt&egrave;rent sa conception aux terrains irr&eacute;guliers dItalie. Le jardin se d&eacute;veloppa en terrasses, escaliers monumentaux et jeux deau soulignant les transitions entre les diff&eacute;rents &eacute;tages de la composition. Les artistes puis&egrave;rent leurs id&eacute;es dans la Rome Antique et sa litt&eacute;rature, sinspirant des descriptions de Pline le Jeune ou de lobservation de vestiges tels que ceux de la villa dHadrien. La nature et les dieux de cette &eacute;poque furent c&eacute;l&eacute;br&eacute;s avec enthousiasme par nombre de symboles et r&eacute;f&eacute;rences all&eacute;goriques. Les nymph&eacute;es (fontaines abrit&eacute;es par une grotte ou une pi&egrave;ce d&eacute;di&eacute;e aux nymphes), grottes, loggias (terrasses en retrait de fa&ccedil;ade, ferm&eacute;es sur les c&ocirc;t&eacute;s), pergolas (poutrelles reposant sur des poteaux et supportant des vignes, rosiers ou plantes sarmenteuses, afin doffrir une promenade ombrag&eacute;e) et machines hydrauliques devinrent des &eacute;l&eacute;ments incontournables du d&eacute;cor classique. Les Villa dEste, de Lante ou Farnese (Caprarola) en t&eacute;moignent. Ce jardin &agrave; litalienne sera le pr&eacute;curseur du jardin &agrave; la fran&ccedil;aise dans lequel on retrouvera, au XVII&egrave;me si&egrave;cle, lart topiaire (taille des buis, ifs et charmes en forme g&eacute;om&eacute;trique), les fontaines, les bassins et la statuaire. La touche fran&ccedil;aise sillustrera par lordonnancement quasi-militaire des jardins, rompant avec le c&ocirc;t&eacute; humain des uvres v&eacute;g&eacute;tales italiennes.<br> 				Linfluence italienne saffirma &eacute;galement avec lart baroque qui gagna la plupart des pays dEurope. Son extravagance, sa libert&eacute; dans les formes, sa surcharge ornementale et son aspect th&eacute;&acirc;tral contraste avec la recherche d&eacute;quilibre et dharmonie qui caract&eacute;rise le style Renaissance. Sen suivi linfluence rococo d&eacute;rivant &agrave; la fois du style baroque italien et du d&eacute;cor rocaille auquel il doit son nom. Caract&eacute;ris&eacute; par des ornements contourn&eacute;s, des lignes courbes, des rocailles (assemblages de pierres, stalactites, coquillages), il sest d&eacute;velopp&eacute; principalement dans la seconde moiti&eacute; du XVIII&egrave;me en Espagne, en Italie et surtout en Allemagne.<br> 			</font><font face="Verdana" size="2" color="#000099"><b><br> 					Les jardins fran&ccedil;ais, expression de labsolutisme royal<br> 				</b></font><font face="Verdana" size="2">Cest la r&eacute;alisation de Vaux le Vicomte, par Andr&eacute; Le N&ocirc;tre, qui donna au jardin fran&ccedil;ais ses lettres de noblesse. Par la suite, Versailles fut pour l'Europe, et pendant plus d'un si&egrave;cle, le mod&egrave;le de ce que devait &ecirc;tre une r&eacute;sidence royale. Lam&eacute;nagement des jardins devait c&eacute;l&eacute;brer la gloire du grand monarque, exprimer le pouvoir du roi sur la nature, en dautres termes, symboliser labsolutisme royal. On y retrouve lart topiaire, les parterres g&eacute;om&eacute;triques, les nombreux plans deau et les sculptures,  tous r&eacute;pondant &agrave; une volont&eacute; de domestiquer la nature. Cest ainsi que lart des jardins participa &agrave; la mise en place du syst&egrave;me politique de Louis XIV. Le style de Le N&ocirc;tre essaima dans lEurope toute enti&egrave;re, devenant la premi&egrave;re expression paysag&egrave;re internationale. Cet architecte finit par se trouver &agrave; la t&ecirc;te dune v&eacute;ritable agence. Il travailla ainsi aux plans dam&eacute;nagement de Greenwich en Angleterre et forma des &eacute;l&egrave;ves qui r&eacute;alis&egrave;rent des jardins en Su&egrave;de, en Prusse (Charlottenburg), en Autriche (Sch&ouml;nbrunn), en Russie (Peterhof) et en Espagne (La Granja). <br> 				<br> 			</font><font face="Verdana" size="2" color="#000099"><b>Les jardins &agrave; langlaise ou le retour du naturel sur lordre</b></font><font face="Verdana" size="2"><br> 				En r&eacute;alit&eacute;, d&egrave;s la fin du XVII&egrave;me, les &eacute;changes commerciaux ont amen&eacute; leur petite note dexotisme. La Chine et ses attributs urbains en s&eacute;duirent plus dun. Les Anglais y puis&egrave;rent les sources de ce que lon conna&icirc;t aujourdhui sous le nom de &laquo; jardins anglo-chinois &raquo;, ces espaces v&eacute;g&eacute;tales o&ugrave; se c&ocirc;toient pavillons, ponts et pagodes. Ainsi, &agrave; partir du si&egrave;cle des Lumi&egrave;res, se substituent aux alignements classiques et parterres bien ordonn&eacute;s, les parcs paysagers &laquo; &agrave; langlaise &raquo;, plus libres dans leur composition. Lignes sinueuses, asym&eacute;trie, bosquets et lacs pittoresques, rompirent avec les conventions du classicisme n&eacute;es de la Renaissance. Que ce soit linfluence anglo-chinoise, exotique, pittoresque ou paysag&egrave;re, le naturel domine dans ces jardins, pour la plus grande joie des r&ecirc;veurs et des adeptes de la m&eacute;ditation. Il est devenu un art qui c&eacute;l&egrave;bre la victoire du sentiment sur la raison, la souverainet&eacute; de la nature sauvage sur lordre. Non &agrave; l&eacute;quilibre du classicisme, oui &agrave; limaginaire, &agrave; l&eacute;motionnel et au romantisme avec un grand R.<br> 				Ce style de jardin s&eacute;panouit en Europe sous limpulsion des anglais Capability Brown et Humphrey Repton. Kew et Stowe sont les jardins les plus c&eacute;l&egrave;bres outre-Manche. En France se distingue celui dErmenonville. Le marquis de Girardin est le premier &agrave; cr&eacute;er un jardin de style anglais en France, t&acirc;che quil confiera &agrave; larchitecte Jean-Marie Morel. Les jardins allemands de la premi&egrave;re moiti&eacute; du XVIII&egrave;me font preuve dune certaine originalit&eacute; comme ceux de Weikersheim, Karlsruhe, Benrath, Schwetzingen. Parmi les architectes paysagistes de ce mouvement, citons Friedrich Ludwig von Sckell, Peter Joseph Lenn&eacute;, et le Prince von Hermann P&uuml;ckler-Muskau. Datant du XIX&egrave;me si&egrave;cle, les premiers parcs publics (Munich et Francfort) furent r&eacute;alis&eacute;s selon le go&ucirc;t anglais.<br> 				<br> 			</font><font face="Verdana" size="2" color="#000099"><b>Les jardins dexposition florale</b></font><font face="Verdana" size="2"><br> 				Plus r&eacute;cemment, sous la pression des p&eacute;pini&eacute;ristes et du secteur horticole, de grandes expositions florales et d'am&eacute;nagement paysager se sont d&eacute;roul&eacute;es en Europe, en particulier en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Pour la plupart, ce sont des jardins ou des parcs &eacute;ph&eacute;m&egrave;res, n&eacute;anmoins transform&eacute;s en parc public. Un des plus beaux est sans conteste celui de Keukenhof situ&eacute; &agrave; Lisse, en Hollande. D&egrave;s le printemps, il ouvre ses portes &agrave; pas moins de 800 000 visiteurs. Ces derniers ont de quoi admirer : 7 millions de bulbes r&eacute;partis sur 32 hectares ! Le jardin de la musique, le jardin naturel, celui des senteurs et celui des couleurs donneront de linspiration aux jardiniers amateurs. A noter aussi, le d&eacute;veloppement des jardins japonais dont les europ&eacute;ens appr&eacute;cient lesprit zen et la simplicit&eacute;. Aucun doute, lart du jardin est r&eacute;ellement devenu une cause europ&eacute;enne. Sa richesse y est pour quelque chose. Le  patrimoine &eacute;cologique et culturel est en effet une v&eacute;ritable m&eacute;moire vivante, un mus&eacute;e v&eacute;g&eacute;tal de souvenirs historiques. Cest pourquoi les jardins m&eacute;ritent d&ecirc;tre d&eacute;couverts et red&eacute;couverts, ne serait-ce que pour r&eacute;veiller nos sens, r&eacute;galer nos yeux et chatouiller nos narines ! Et pour ceux qui se sentent l&acirc;me jardini&egrave;re, ils pourraient m&ecirc;me susciter des vocations ! <br> 				<br> 				Fabienne Onfroy<br> 				<br> 				Mondes et Merveilles Voyages  organise des s&eacute;jours sur le th&egrave;me des jardins<br> 				www.european-garden-tour.com<br> 				*Conseil international des monuments et des sites.<br> 				<br> 				<a href="http://www.hit-parade.com/hp.asp?site=p81802"><img src="../../../../images/hitparade.gif" width="30" height="15" border="0"></a><br> 			</font></p> 	</body>  </html> 
