<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/REC-html40/loose.dtd">  <html lang="fr"> <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html;charset=iso-8859-1">  <title>Hache: Sbastien D. Gendron: Je dtiens Rose Divina Pita</title>  <link rel="stylesheet" href="/hache/prose.css" type="text/css"> <style>  </style>  <script language="JavaScript" type="text/javascript"> <!--  window.name = "currentWindowName";  var newWin; function popUp(page, name, details) {   newWin=window.open(page, name, details);   newWin.focus();   return false; } var newWin2;   function PopupCentrer(page,largeur,hauteur,options) {   var top=(screen.height-hauteur)/2;   var left=(screen.width-largeur)/2;   newWin2= window.open(page,"","top="+top+",left="+left+",width="+largeur+",height="+hauteur+","+options);   newWin2.focus();    return false; } //-->  </script> </head>  <body>  <div class="logo"><a href="/hache/"><img border="0" alt="RETOUR A HACHE" src="/hache/images/petit-hache.gif" /></a> </div>  <div class="tete">  <table width="97%" cellpadding="15"> <tr> <td valign="top"> <!-- # 6 sur 0 Sbastien D. Gendron --> <span class="position"> Du&nbsp;mme&nbsp;auteur&nbsp;chez&nbsp;Hache&nbsp;: </span> <br> <span class="boutons"> <a href="/hache/gendron/gendron7.html">Suivant</a>&nbsp;<a href="/hache/gendron/gendron5.html">Prcdent</a>&nbsp;<a href="/hache/parauteur.html#gendron">Tous</a><br><br><a href="/hache/envoyer.php?serie=gendron&num=6" onClick="return popUp('/hache/envoyer.php?serie=gendron&num=6','Envoyer','width=400,height=400,resizable=yes')">Envoyer ce texte</a> </span>  </p> </td>  <td valign="top"> <div class="papier">Ce texte fait partie du volume&nbsp;: <a href='/hache/commande.html#gendron-margot'><b>&nbsp;Le&nbsp;jour&nbsp;o&nbsp;on&nbsp;a&nbsp;tu&nbsp;Margot&nbsp;(et&nbsp;autres&nbsp;textes)&nbsp;</b></a> <font size='-1'>  <p>  <i>Je redresse le museau et je regarde Margot. Elle a l&#8217;air de rien, juche l-bas comme une imbcile sur ses chasses trop fines pour son poids. J&#8217;ai envie de chier alors je me vide en avanant comme une barrique de purin, en partie sur mes chausses. Ca fait toujours marrer les mmes d&#8217;milien. J&#8217;aimerais les voir, ces abrutis, tout dsinhibs et sans sphincter, ils feraient srement moins les malins.</i> </p>    </p>    <p>  Trois nouvelles rapides, lgres, trash et tendres, avec, dans l&#8217;ordre d&#8217;entre en scne, une vache pleine de mort (<i>Le jour o on a tu Margot</i>), un &#171;&nbsp;bon petit gars un peu pouss  la dbrouille malhonnte&nbsp;&#187; (<i>Je dtiens Rose Divina Pita</i>), enfin l&#8217;liminateur parisien Richard Lapelouse et son (imprvisible) flirt floridien Miss Acapulco (<i>Le feu est une invention de gonzesse, les vrais hommes vivent dans le noir</i>). Publies en ligne par Hache respectivement en mars, juin et septembre 2001. </p>    <p>  Sbastien Gendron est n en 1970 prs de Bordeaux. Il vit  Paris. </p>    </font> <p align='right'><a href='/hache/commande.html#gendron-margot'><b>Commander&nbsp;en&nbsp;ligne...</b></a></p></div> </td> </tr> </table>  </div>  <center> <table class="tableTexte" width="520" border="0" cellpadding="2" cellspacing="0" > <tr> <td class="tableCadre">  <table width="100%" border="0" cellpadding="34" cellspacing="0"> <tr> <td class="cellTexte"> <h2 class="titre">Je dtiens Rose Divina Pita</h2> <p class="apropos"><a href="/hache/parauteur.html#gendron">Sbastien D. Gendron</a><br>  juin 2001<br> <i>indit</i> </p>   <p><br><br><br> <hr>  <p>  Au dpart, je suis dans la merde&nbsp;: </p>   <p>  Le tlphone sonne au moment o le 59 du rveil passe au 00 de l&#8217;heure  venir. La banque. Pas une probabilit, une certitude. Et pour quatre bonnes raisons. Nous sommes mardi matin&nbsp;; le lundi l&#8217;agence est ferme&nbsp;; dimanche, le distributeur du boulevard a refus ma carte&nbsp;; hier, chez Champion, la connasse de la caisse 3 a mme pas voulu que je paye par chque tellement sa machine bippait. Je pose un pied dans mon cendrier qui tangue et se renverse sur la moquette. Des mgots se coincent entre mes orteils. Je dcide de rester assis sur le bord du lit pour me rassurer. J&#8217;enroule ma couette autour de mon cul et je dcroche le tlphone. </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>  Oui.</p>   <p>  Monsieur Bernadot. Bonjour, c&#8217;est Monsieur Lefrais de la BNP.</p>   <p>  Monsieur Lefrais. Comment allez-vous&nbsp;? J&#8217;allais vous appeler.</p>   <p>  J&#8217;espre bien, Monsieur Bernadot. Parce qu&#8217;on va avoir quelques petits problmes tous les deux. </p>   <p>  Oui, je sais. Combien&nbsp;?</p>   <p>  On approche les dix mille, Monsieur Bernadot. Et je vois qu&#8217;il y a encore un chque de trois mille  l&#8217;criture ce matin et un autre de neuf cent cinquante-trois francs. Je ne peux plus encaisser, l, c&#8217;est plus possible. Vous en avez beaucoup qui tranent encore&nbsp;?</p>   <p>  Non.</p>   <p>  C&#8217;est quoi votre prochaine rentre d&#8217;argent, Monsieur Bernadot&nbsp;? </p>   <p>  Ben,  les Assedic ont d tomber, mais c&#8217;est un virement, a prend du temps.</p>   <p>  Non, Monsieur Bernadot. Vos Assedic ont t encaisses la semaine dernire dj.</p>   <p>  Eh ben alors&nbsp;?</p>   <p>  Vous ne comprenez pas, Monsieur Bernadot. Votre dcouvert s&#8217;lve  9&nbsp;872,56 francs Assedic comprises et je dois encore dbiter 4&nbsp;000 francs. Et a n&#8217;est pas possible.</p>   <p>  Attendez, Monsieur Lefrais. Je suis chez vous depuis combien de temps&nbsp;?</p>   <p>  Deux ans, Monsieur Bernadot. Et vous cumulez 583 jours de dcouvert pour un crdit annuel d&#8217; peine cent cinquante kF. Vous comprendrez&#8230;</p>   <p>  KF&nbsp;?</p>   <p>  Kilo francs, Monsieur Bernadot. Cent cinquante mille francs, par an.</p>   <p>   &#8230;</p>   <p>  Comment on fait&nbsp;?</p>   <p>  coutez, encaissez ces deux chques et je trouve de quoi combler d&#8217;ici la fin de la journe.</p>   <p>  Je ne peux pas encaisser ces deux chques, Monsieur Bernadot. </p>   <p>  Pourquoi&nbsp;? Puisque je vous dis que j&#8217;aurai la somme d&#8217;ici la fin de la journe.</p>   <p>  Je ne peux pas. C&#8217;est numriquement impossible. Vous avez une autorisation de dcouvert  cinq mille francs et nous sommes  dix mille. Je ne peux pas faire plus si vous n&#8217;alimentez pas votre compte avant. </p>   <p>  Putain, ca va, merde&nbsp;! N&#8217;en rajoutez pas, s&#8217;il vous plat.</p>   <p>  Je n&#8217;en rajoute pas, Monsieur Bernadot, je tente juste de vous informer que si ces chques sont refuss, ce qui va fatalement tre le cas, c&#8217;est l&#8217;interdit bancaire.</p>   <p>  J&#8217;aimerais bien voir a, espce d&#8217;encul&nbsp;! </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>  Je ne pense pas que ce soit le meilleur moyen d&#8217;apaiser l&#8217;esprit de Monsieur Lefrais, mais je raccroche violemment le combin en couinant cette dernire grossiret. Et au moment o je me lve, j&#8217;entends la concierge glisser le courrier sous mon paillasson. Je projette de prendre une douche et de boire un caf avant d&#8217;aller ouvrir la porte. En fin de compte j&#8217;poussette mon pied, les mgots rebondissent sous mon lit, je me lve et vais ouvrir. Deux lettres. Dont une du syndic qui m&#8217;avertit&nbsp;: malgr leurs nombreuses lettres de relance je n&#8217;ai toujours pas rgl les quatre mois de loyer de l&#8217;appartement, ils auraient prfr que nous n&#8217;en arrivions pas  cette solution mais pass la date du 20 mars il pourra tre procd  mon expulsion. Nous sommes le 4. Qu&#8217;est-ce que ces foutus connards s&#8217;imaginent&nbsp;? Je loue plus cher leurs dix mtres carrs &#8212; avec des chiottes  la turque escamotables en douche grce  un caillebotis amovible &#8212; qu&#8217;une btisse du 16<sup>e</sup> sicle ceinte par 4 hectares de terrain aux fin fond du Bordelais. Je ferme la porte, essaye de me distraire avec l&#8217;irritant dilemme douche-ou-caca-d&#8217;abord, choisis la douche sans que a m&#8217;ait beaucoup distrait et puis prpare un caf en allumant France Info et son contingent d&#8217;histoires drles. </p>   <p>  Je l&#8217;ai fait trop fort. En avalant la premire gorge, je me brle la langue et je me trouve misrable. Je pense au confort qui existe dans l&#8217;autoapitoiement. Ma s&#156;ur ane m&#8217;a dit un jour que je n&#8217;tais pas intelligent. Comme mon regard c&#8217;est instantanment voil, elle s&#8217;est reprise&nbsp;: il ne faut pas se faire d&#8217;illusion m&#8217;a-t-elle confi, il y a finalement assez peu de gens intelligents&nbsp;; cela dit, a-t-elle ajout, il y a bien d&#8217;autres formes d&#8217;intelligence&nbsp;: moi par exemple, j&#8217;ai une intelligence, disons, pratique&nbsp;; je me dbrouille avec ce que j&#8217;ai&nbsp;; je suis capable de me sortir de bien des situations qu&#8217;elle mme ne saurait pas grer. Ma s&#156;ur est thsarde, elle a crit un machin biscornu sur un concept de communication infra-bordel-je-sais-pas-quoi et on l&#8217;a publi. Pour ma s&#156;ur, il y a d&#8217;un ct les mdaills et de l&#8217;autre le reste du monde. L&#8217;intelligence est mdaille, les autres se dbrouillent avec ce qu&#8217;ils ont.  </p>   <p>   la radio, entre un train franais qui s&#8217;crase contre un autre en Italie et la reprise des hostilits dans la bande de Gaza, ils annoncent qu&#8217;on est toujours sans nouvelle de la comdienne Rose Divina Pita, disparue il y a deux jours au cours d&#8217;une promenade en solitaire dans la campagne dordognaise o elle passait des vacances chez ses parents. Un numro vert est mis  la disposition d&#8217;ventuels tmoins. La famille refuse l&#8217;hypothse d&#8217;un enlvement, hypothse que la police, elle, n&#8217;carte pas. Et puis, la bande de Gaza. Sans que j&#8217;aie  beaucoup y rflchir, mes yeux glissent vers la table de chevet sur laquelle repose le livre que j&#8217;ai termin cette nuit&nbsp;: <i>La mort viendra, petite</i> de Thompson. Dans les minutes qui suivent, le plan se met en place dans ma tte, preuve de mon intelligence pratique.  </p>    <p>  J&#8217;entre au cyber-caf de la Goutte d&#8217;Or. Au fond, un seul ordinateur est libre. Je me colle devant sans savoir m&#8217;en servir. Sur l&#8217;cran, un amas incomprhensible d&#8217;informations clignotantes qui ne m&#8217;invite pas  la curiosit. Des loteries, des bordels pour &#171;&nbsp;enlarge your penis&nbsp;&#187;, des quincailles pour faire reluire votre entreprise, des feux d&#8217;artifice de conneries qui sautent aux yeux et me fatiguent trs vite. Pourtant, il va falloir que je m&#8217;y attelle. Je repre une case recherche. Alors  tout prendre, je pose ma main sur la souris et m&#8217;y reprends  huit fois avant de pouvoir m&#8217;immobiliser sur la case. Je suis gaucher. Je clique mais a ne marche pas.  chaque fois, un petit cran gris apparat avec des mots cochs  l&#8217;intrieur. Mais rien d&#8217;autre ne se produit. Finalement, je me rends compte que la souris a un autre bouton. </p>   <p>  La plaisanterie me prend deux heures. Je m&#8217;embrouille pendant deux heures avec la machine et je bois des cafs trop forts qui me foutent les nerfs en bout de Bic. Avant de sortir, je m&#8217;embrouille aussi avec le tlier qui n&#8217;accepte pas les paiements par chque. Mais en sortant, je sais plein de choses et mon plan prend de l&#8217;ampleur. En plus de la cafine, l&#8217;excitation du chasseur fabriquant son pige commence  me vriller l&#8217;intestin. En fait, c&#8217;est parce que j&#8217;ai faim. Je remonte la rue Christiani et m&#8217;arrte  La Chope. Je fume trois cigarettes en attendant mon couscous royal et j&#8217;coute un couple bronz raconter  un mec ple leurs vacances dans l&#8217;eau turquoise. Le type bronz dit que lui aussi au dpart, il tait pas super partant, que a faisait genre carte postale niaise mais qu&#8217;une fois l-bas, putain, mec, sans dconner.  ct, sa nana fait des grands yeux et piaffe qu&#8217;il a hyper raison, que c&#8217;tait vraiment trop norme, que c&#8217;tait vraiment trop de la balle. En face, le type ple a l&#8217;air de s&#8217;en foutre mais ne le montre pas et regarde  toute vitesse les photos que ses copains ont faites, quatre pochettes de trente six pauses. Je jette un &#156;il  l&#8217;un des cent cinquante clichs et c&#8217;est comme ils disent&nbsp;: du sable blanc, on voit mme pas la flotte tellement elle est transparente et au-dessus, le ciel bleu marine. Merde. Je crois que j&#8217;ai jamais vu ce genre de paysage d&#8217;aussi prs. C&#8217;est vrai, d&#8217;habitude, je vois a sur des couvertures de magazines, chez le toubib et encore, j&#8217;y fais mme pas gaffe tellement c&#8217;est dans le contexte. Mais l,  la Chope, au milieu de la fume des clopes et de l&#8217;odeur des friteuses, a vous a une gueule autrement plus palpable. </p>    <p>   Et a vous a cot combien&nbsp;? </p>    <p>   La nana me regarde bizarrement. Le type qui s&#8217;en fout aussi. Mais le mec bronz est d&#8217;emble beaucoup plus sympa.  </p>    <p>   C&#8217;est pas trs cher en fait. C&#8217;est vrai. Les gens, en vacances, ils vont se concentrer sur les cinquante mtres de plages surveills, le sable qui vole dans les sandwiches, le parasol qui part avec le vent et qui va crever le poumon d&#8217;un vieux qui fume plus. Pour cinq mille balles, tu prends un avion, tu fais un quart du tour de la plante et voil. T&#8217;as personne, il fait chaud, les gens t&#8217;emmerdent pas et le seul boulot de la journe, c&#8217;est de suivre rgulirement l&#8217;ombre du gommier pour pas te faire cramer. Le reste du temps, tu t&#8217;en fous, t&#8217;es dans l&#8217;eau et t&#8217;as les poissons qui te matent. </p>    <p>  Avant de rentrer, je passe dans l&#8217;agence de voyage de la rue Poulet rcuprer tous les catalogues sur la couvertures desquels j&#8217;aperois une plage de sable blanc. Je repars avec une quinzaine de volumes sous l&#8217;&#156;il mauvais de la guichetire  qui je ne dis ni bonjour, ni au revoir.  </p>   <p>   Assis sur mon lit, j&#8217;allume une cinquime cigarette avec le mgot de la quatrime et j&#8217;achve un croquis ultra prcis de mon plan sur un bloc-notes  spirale qui me servait jusqu&#8217;ici  caler le pied de mon tagre Confo. Je refais le tour du problme six fois en fumant jusqu&#8217;au filtre et j&#8217;allume la radio pour prendre les dernires nouvelles. Et puis, je repasse mon blouson et je ressors. Dans la rue, je ne suis concentr que sur le plan, j&#8217;avance avec des &#156;illres, je traverse le nord du 18<sup>e</sup> sans regarder ailleurs que le bout de mes 42 qui passent sans cesse l&#8217;une devant l&#8217;autre et j&#8217;entre dans une cabine tlphonique quelque part du ct de la cit des Fleurs sans prendre le temps de me dsobir. Je dcroche, pose le combin sur le ct de l&#8217;appareil, sors ma carte  l&#8217;effigie du sourire de Julia Roberts et un vieux chronomtre du mme ge que mon carnet  spirales. Je compose le numro de tlphone que j&#8217;ai mis un quart d&#8217;heure  mmoriser et au bout de huit sonneries, une femme dcroche. Je dclenche le chrono. 00:00:01. </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   All&nbsp;?</p>   <p>   Je dtiens Rose Divina Pita. Ne prvenez pas la police. Je vous rappellerai demain en dbut de matine pour fixer le montant de la ranon&#8230;</p>   <p>   Laissez-moi lui parler&#8230;</p>   <p>   &#8230;</p>   <p>   Je vous en prie, ma petite fille.</p>   <p>   Je vous rappellerai demain en dbut de matine. Ne prvenez pas la police si vous tenez  la revoir vivante.</p>   <p>   Ma petite&#8230; </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   00:00:13. Je raccroche. Je suis en nage. Je sors de la cabine tlphonique comme si elle venait de prendre feu et je refais le chemin inverse en pensant  cet embarrassant imprvu&nbsp;: la voix de Rose Divina Pita. Aussitt, je dvie de mon parcours et passe par la rue Lamarck. Au 120, je ne me souviens plus du code. Je trouve une autre cabine et appelle Virginie qui est intermittente du spectacle et dort  cette heure-ci.  </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   Tu fais chier&nbsp;! Qu&#8217;est-ce tu veux&nbsp;?</p>   <p>   C&#8217;est bon, il est quinze heures, excuse-moi&nbsp;!</p>   <p>   Qu&#8217;est-ce tu veux&nbsp;? Si c&#8217;est de la tune, tu peux courir.</p>   <p>   J&#8217;ai besoin de ta voix. </p>   <p>   Quoi&nbsp;?</p>   <p>   J&#8217;ai peut-tre un bon plan pour toi, mais il faut que je voie.</p>   <p>   C&#8217;est quoi ces conneries&nbsp;? </p>     <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   Je finis par monter chez elle. Et par redescendre avec une cassette en poche. Ca m&#8217;a cot un peu de salive et un poil pubien coinc entre deux molaires que je tente d&#8217;extraire avec ma langue tout au long du retour. Mais je me sens rassur. Je pense que je tiens le bon bout. Il est seize heures et j&#8217;ai dj couvert un quart de mon plan, quelque chose qui chez moi frise une certaine perfection, quelque chose qui en moi fait natre un sentiment d&#8217;extrme soulagement. Comme de remettre une paire de chaussures de ville aprs un huit kilomtres d&#8217;endurance et un bain tide. Je consulte les programmes de cinma, c&#8217;est dire. </p>   <p>   dix-neuf heures quarante-cinq, je ressors de l&#8217;Entrept o j&#8217;ai revu pour la quatorzime fois Diamants sur canap. Je trouve un taxi qui accepte les chques, ce qui me prend vingt minutes et je rentre en pensant  Rose Divina Pita qui n&#8217;aura jamais la classe d&#8217;Audrey Hepburn. Trop de seins. Trop latine. Pas assez amricaine. </p>   <p>  Couch dans mon lit, la radio en sourdine, je me paluche en pensant aux gros seins de Rose Divina Pita. Et je m&#8217;endors en pensant  mon banquier.  ma russite.  l&#8217;htel en bord de plage que j&#8217;ai trouv, page sept du catalogue Vacances Turquoises, le Lemuria Resort sur Palm Island, dans les Carabes&nbsp;: 560 dollars la nuit.  </p>    <p>   J&#8217;appelle chez Mme Divina Pita,  Nontron, Dordogne,  9&nbsp;h&nbsp;00, d&#8217;une cabine du 5<sup>e</sup>. Elle dcroche  la troisime sonnerie. Sa voix sent le sommeil perdu et le caf trop fort. Je dclenche mon chrono&nbsp;: </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   All&nbsp;?</p>   <p>   Rose Divina Pita vous sera rendue dans quarante-huit heures  compter de maintenant contre la somme de deux millions de francs. Si vous prvenez la police, votre fille sera excute, si vous dpassez le dlai de quarante-huit heures, votre fille sera excute. Je vous recontacterai demain en fin de journe pour fixer le rendez-vous. Est-ce que vous avez compris&nbsp;?</p>   <p>   Laissez-moi lui parler, je vous en supplie&#8230;</p>   <p>   Maman&nbsp;?</p>   <p>   Ma petite fille&#8230;</p>   <p>   Maman, je vais bien. </p>   <p>   O tu es ma petite f&#8230;</p>   <p>   Maman, fais ce qu&#8217;ils te disent, je t&#8217;en supplie&nbsp;!</p>   <p>   Qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils t&#8217;ont fait&nbsp;?</p>   <p>   Aide-moi, maman, je t&#8217;en supplie&nbsp;! Aide-moi&nbsp;!</p>   <p>   Roooose&#8230;</p>   <p>   Je vous recontacterai demain. Nous voulons la somme en petites coupures de cent, cinquante et vingt. Deux millions et votre fille vit. </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   00:00:30. Je raccroche, remballe le ghetto-blaster dans mon sac  dos et quitte les lieux prcipitamment. Je disparais sous terre et remonte  Barbs o je cours m&#8217;enfermer chez moi pour respirer. Caf-douche-caca, dans l&#8217;ordre, et en me brossant les dents je regarde mon rpondeur clignoter sur 1 sans rien faire pour entendre piailler Monsieur Lefrais et ses menaces rigolotes et drisoires. Puis je sors, mon chquier et la brochure de Vacances Turquoises  la main et j&#8217;entre dans l&#8217;agence de voyage de la rue Poulet </p>    <p>   Bonjour. Je voudrais aller l. Combien a cote&nbsp;? </p>    <p>   Je laisse un chque qui va faire ricaner la BNP quand j&#8217;aurai vendu l&#8217;affaire Divina Pita et je rentre avec un billet Paris-Fort-de-France-Union A/R pour dans deux jours. Je dcroche mon tlphone et compose le numro de Marie-Pierre. Mon rpondeur clignote  deux, maintenant. Il est dix heures et demi. Je me sens dans une forme canine. Gnral cinq toiles d&#8217;une meute de licaons, en chasse sur la piste d&#8217;un jeune gnou  peine sorti du placenta. J&#8217;en salive. </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   Ouais.</p>   <p>   Marie-Pierre&nbsp;?</p>   <p>   Ouais.</p>   <p>   C&#8217;est Guillaume.</p>   <p>   Ouais.</p>   <p>   Dis-donc&#8230;</p>   <p>   Non&nbsp;!</p>   <p>   Attends. C&#8217;est bon, j&#8217;en ai juste besoin ce matin et demain matin. Je vais jusqu&#8217;au bois avec et je reviens te la garer l o elle est.</p>   <p>  Tu m&#8217;emmerdes, Guillaume. La semaine dernire, c&#8217;est encore moi qu&#8217;a fait le plein. Et j&#8217;ai une rayure sur la portire, j&#8217;te signale.</p>   <p>  Attends, Mapy, j&#8217;y peux rien&#8230;</p>   <p>  T&#8217;y peux jamais rien&nbsp;: tu taxes, tu rends tout prave, t&#8217;en as rien  cirer et tu reviens tout smile redemander qu&#8217;on te reprte c&#8217;que t&#8217;as  moiti dglingu.</p>   <p>  OK&nbsp;! J&#8217;arrive. </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>  J&#8217;arrive chez Marie-Pierre avec un bouquet de dix roses jaunes et les meilleurs intentions. J&#8217;en repars avec les cls de sa Renault 5 et les couilles qui me lancent. Marie-Pierre m&#8217;a fait le coup du viens-pas-dans-moi, viens-pas-sur-moi, d&#8217;ailleurs viens-nulle-part-et-barre-toi. Je m&#8217;investis pleinement mais je sais que c&#8217;est payant. On fait souvent des choses dsagrables dans la vie qu&#8217;on n&#8217;aura pas le temps de regretter tellement elles deviendront vite bnfiques. J&#8217;inscris Marie-Pierre dans la colonne des profits, juste  ct de Virginie, de la R5, du sound-blaster et de mon chrono. Je prends des actions dans une vaste entreprise de russite, pour le meilleur, pour me faire la belle comme on construit un bicoque en rondins au bord d&#8217;un lac canadien.  </p>    <p>  Je dgotte l&#8217;endroit parfait, derrire Rolland Garros, une aire goudronne tranquille o passent suffisamment de voitures pour pas tre repr et pas assez pour tre emmerd. Je reste dans la place le temps de refaire le schma mental du programme de rcupration des fonds mais rien ne me parat improbable. Ca flaire la grande logique&nbsp;: j&#8217;arrive une demi-heure en avance, je me planque  cent mtres pour guetter les mouvements et j&#8217;attends que la mre Pita apparaisse. Elle arrive  l&#8217;heure, au volant de sa propre voiture immatricule 24 et se gare  l&#8217;endroit indiqu. Je la laisse mariner trois minutes trente et je passe en voiture. Arriv  son niveau, je ralentis, je baisse ma vitre et je demande la direction de la Dfense ou une connerie similaire qui paye. Panicarde, sa raction trahit immdiatement si elle est seule ou non. Si elle commence  bredouiller une indication, je lui demande de me passer le sac de sport doucement, par la vitre, en me regardant droit dans les yeux. Je rcupre le sac sans embrouille, prends le temps de l&#8217;ouvrir pour vrifier le contenu, dcouvre les liasses du dessous pour vrifier qu&#8217;elles ne sont pas en papier journal et puis je lui dis de pas bouger, qu&#8217;une voiture va passer dans six minutes exactement pour dposer Rose. Six minutes, c&#8217;est le temps pour rejoindre le priph direction Roissy-Charles de Gaulle. Le vol est  12&nbsp;h&nbsp;59, l&#8217;enregistrement une heure avant. J&#8217;arrive  Fort-De-France  19&nbsp;h&nbsp;00 heure locale le lendemain et rdecolle du Lamantin  20&nbsp;h&nbsp;00 pour Union. A 22&nbsp;h&nbsp;00, je pose mes deux sacs dans la paillote 6 du Lemuria Resort et je ressors boire le banana cow offert dans le forfait. On me demande si je dsire dner, je rponds que oui mais lger parce que je suis jet-lagu et que je n&#8217;ai pas un trs gros apptit. Pendant qu&#8217;ils me font cuire une simple langouste au citron vert, je vais me glisser dans la mer tide et je nage au-dessus des coraux et des balistes endormis. Je rentre dans ma paillote, il est 23&nbsp;h&nbsp;17, je me couche et m&#8217;endors aussi sec sans penser  rien, pour une fois. C&#8217;est simple, concis et infaillible. </p>   <p>   Sur le retour, je crochte tranquillement par le Cin 13 pour voir <i>L&#8217;homme qui tua Liberty Vallance</i> mais le projectionniste fait une attaque crbrale  la huitime minute et fauche la bande flottante en s&#8217;effondrant dans sa cabine. James Stewart se fige sur l&#8217;cran et la salle se rallume sur les cinphiles qui rlent  l&#8217;unisson. </p>   <p>   Dans la voiture, j&#8217;coute les infos&nbsp;: Rose Divina Pita est battue par la Bande de Gaza et la coupe de France, on annonce  la fin des titres qu&#8217;on est toujours sans nouvelle, qu&#8217;une brigade entire de la gendarmerie fouille le Prigord riche en failles et que la famille et la profession toute entire se rongent les sangs. Je gare la R5 dans le garage de Marie-Pierre et rentre  pied. Dans mon lit, je me paluche en pensant au cul de Marie-Pierre qu&#8217;elle a maigre et j&#8217;en fous plein les draps  cause de mon cot interrompu de ce matin.  </p>    <p>   Dans une cabine du 16<sup>e</sup> sud, je donne mes dernires indications, chrono en main, doigt sur la touche play de la voix de Virginie. </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   All&nbsp;?</p>   <p>   &#8230;</p>   <p>   All&nbsp;?</p>   <p>   &#8230;</p>   <p>   Je vous en prie&#8230;</p>   <p>   Maman&#8230;</p>   <p>   Ma chrie, o tu es&nbsp;?</p>   <p>   &#8230; j&#8217;ai peur&#8230;</p>   <p>  Rose&#8230;</p>   <p>   Vous avez l&#8217;argent&nbsp;?</p>   <p>   Oui, j&#8217;ai tout, je n&#8217;ai pas prvenu la police et je&#8230;</p>   <p>   Si nous apercevons le moindre intrus au moment de l&#8217;change, nous tuons Rose, est-ce que c&#8217;est clair&nbsp;?</p>   <p>   Oh&nbsp;! Mon Dieu, non, je vous en supplie&#8230;</p>   <p>   Est-ce que c&#8217;est clair, Mme Divina Pita&nbsp;?</p>   <p>   Il n&#8217;y aura personne, je vous jure, je n&#8217;ai prvenu personne&#8230; </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   00:00:23. Je raccroche et sors. Un pont plus loin, j&#8217;entre dans le 15<sup>e</sup> et une nouvelle cabine. Je dballe mes affaires et reprends ma petite comdie. </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   All&nbsp;?</p>   <p>   L&#8217;change aura lieu demain  9 heures,  Paris, dans le Bois de Boulogne. Vous viendrez avec votre voiture personnelle. Qu&#8217;est-ce que vous avez comme voiture&nbsp;?</p>   <p>   Euh&nbsp;!&#8230; Une Saab.</p>   <p>   Quel modle&nbsp;? Quelle couleur&nbsp;?</p>   <p>   C&#8217;est une Saab 9000, elle&#8230; elle est vert olive, avec une capote noire.</p>   <p>   Immatricule o&nbsp;?</p>   <p>   24, Dordogne. </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   00:00:19. Je raccroche et sors. Je traverse la rue, descends dans une station de mtro, saute dans une rame de la 10 et remonte  terre au terminus, 20 minutes plus tard, Gare d&#8217;Austerlitz.  </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   All&nbsp;?</p>   <p>   Vous resterez en stationnement  l&#8217;endroit que je vais vous indiquer et vous ne sortirez jamais de votre voiture sous aucun prtexte. Une personne viendra  pied rcuprer l&#8217;argent que vous aurez mis dans un sac de voyage en toile noire. L&#8217;homme qui viendra rcuprer l&#8217;argent portera un impermable vert et arrivera par le ct passager. Une fois qu&#8217;il aura rcupr l&#8217;argent, il repartira et vous ne devrez pas bouger de votre vhicule. Votre fille vous sera rendue dans les minutes suivantes. Est-ce que vous m&#8217;avez bien compris&nbsp;?</p>   <p>   Oui&nbsp;! </p>    <br><p style='text-align:center;'>&nbsp;</p>    <p>   00:00:31. Merde&nbsp;! Je raccroche et je grince des dents sous le seul rayon de soleil de la journe. On dirait Mel Gibson. Je change  nouveau de quartier et rappelle cette mre plore pour lui transmettre les coordonnes exactes de notre lieu de rendez-vous et je me perds dans Paris, traversant le fleuve en divers endroit pour dire adieu  ma ville pendant qu&#8217;il fait encore jour. Le mois d&#8217;avril meurt sous la pluie annonant un mai chiant et pollinis pendant lequel j&#8217;aurais refait des allergies, ternuements, crises d&#8217;asthmes, ventoline. L-dessus, un t suffocant nous aurait mis les poumons comme des sacs  zouine et l&#8217;automne aurait graiss le priph pour tuer quelques livreurs.  Non, vraiment, partir est la meilleure chose  faire, je crois avoir fait un choix intelligent. </p>   <p>  Je m&#8217;arrte  la salle Wagram pour voir <i>Les Forbans de la nuit</i> et la fin dans Londres  l&#8217;aube avec Widmark tentant d&#8217;chapper aux bourreaux qu&#8217;il s&#8217;est coll au train  force de magouilles, me rassure. Il meurt et tombe dans la Tamise sous l&#8217;&#156;il des forbans qui guettent sur le parapet du Tower Bridge. Putain, ce que c&#8217;est bien. Je m&#8217;endors comme un bb rose, en travers de mon lit, le radiorveil sur TSF  6&nbsp;h&nbsp;00, la ququette molle, sans penser  rien. Et  six heures, le quartet Ice Pick Mike me rveille en s&#8217;excitant sur <i>So What</i>. Je suis vite sous ma douche, j&#8217;ai vite ingr mon caf bouillant et trop fort et mon sac est fait que sept heures sonnent  peine. Je rcupre la voiture et file sur le priph. Au bois, je m&#8217;installe  cent mtres du rendez-vous et je regarde autour de moi comme un hibou. Je ne sais mme pas si quelque chose m&#8217;inquite dans ce programme. Je suis d&#8217;une nature anxieuse mais ngligente. Une fois la liste des galres probables liquide, je me repose sur mes lauriers, ce qui calme mes angoisses. Je regarde ma montre qui indique 8&nbsp;h&nbsp;37 et remarque que le trafic est nul ce matin dans cette partie du bois. Je me dis qu&#8217;au moins a me permettra de reprer rapidement l&#8217;arrive de Divina Pita Mre sur le sol parisien et entre-temps, les ventuels mouvements suspects du voisinage.  neuf heures, j&#8217;ai dj fum quatre cigarettes dont j&#8217;ai pris soin de garder les mgots, les stockant dans le cendrier vide et neuf de Marie-Pierre. Je ne me focalise maintenant plus que sur la place que devrait dj occuper la Saab 9000 vert olive. Je tourne le bouton de la radio qui est branche sur France Info et coute distraitement les nouvelles en ne regardant que devant moi. On cogne  ma vitre au moment o le journaliste de garde annonce qu&#8217;on a retrouv dans la nuit le cadavre de Rose Divina Pita. Juste  la sortie de Nontron, au fond d&#8217;un ravin, cach sous une boulis de pierres, cause sans doute de la chute puis de la mort de la comdienne qui n&#8217;tait ge que de 29 ans. L&#8217;homme qui me regarde de l&#8217;autre ct de la vitre de la R5 n&#8217;a pas l&#8217;air aimable, ni particulirement heureux d&#8217;tre l. Il dgouline sous le crachin du bois et porte un k-way dfrachi sur un t-shirt  bretelle et un flottant en nylon rouge. Je crois que c&#8217;est un de ces cons de joggers qui font le tour du bois en avalant les hydrocarbures par les narines mais il tient un talkie-walkie dans la main droite et celle qui lui a servi  frapper au carreau porte une arme  feu de taille importante. Ma main droite  moi se perd un court instant dans les pattes de la vache qui sert de porte-cls  Marie-Pierre mais je finis par dmarrer en premire. La voiture cahote sur dix mtres mais finit par se lancer. Je ne regarde que devant moi et le chemin le plus rapide pour rejoindre l&#8217;A1 et Roissy. Aprs tout, j&#8217;ai mon billet et d&#8217;ici  l&#8217;embarquement, je peux toujours me planquer dans les chiottes du terminal. Au bout de l&#8217;avenue, une voiture grise me barre la route et je n&#8217;ai pas le temps de freiner. </p>    <p>    la fin, je suis dans la merde&nbsp;: </p>   <p>   Un homme se prsente  moi comme tant mon avocat et tient  ce que je lui raconte mon histoire. Personne ne cherche  m&#8217;accuser de la mort de Rose Divina Pita, tout le monde est bien conscient qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un stupide accident, que c&#8217;tait son heure et que quand c&#8217;est votre heure eh bien. Ce qu&#8217;a bien compris mon avocat &#8212; parce qu&#8217;il a dj rencontr pas mal de gens de mon entourage&nbsp;: Monsieur Lefrais, Marie-Pierre, Virginie, Monsieur Lapierre du syndic, des amis loquaces et acquis &#8212; c&#8217;est que je suis un bon petit gars, plein de bonne volont mais un peu pouss  la dbrouille malhonnte par un enchanement malencontreux de faits plus ou moins accidentels. Tel est, me dit-il, la ligne de dfense que nous devons adopter pour faire face,  l&#8217;audience,  la partie adverse, qui m&#8217;accuse de profit morbide et d&#8217;un prjudice moral considrable caus  la famille Divina Pita. Matre Colin ne me cache pas que tout ceci peut tout de mme encourir une peine de prison de deux ans mais qu&#8217;en appel, on peut toujours obtenir une dfection. </p>   <p>  Le jour de la dlibration du jury, un enfant de cinq ans est enlev dans le Jura et les ravisseurs demandent une ranon de cinq millions de francs. Rsultat, je prends cinq ans, comme a, juste pour l&#8217;exemple. </p>     </td> </tr>  </table> </td> </tr> </table>  <p> <!-- autre table pour appeler a participation + papier -->  <table class="tableTexte" width="600" border="0" cellpadding="1" cellspacing="0" > <tr> <td class="tableCadre">  <table width="100%" border="0" cellpadding="30" cellspacing="0"> <tr> <td class="cellInvite"> <div class="piedpapier"></div><br> <p class='porte'><a href=http://www.dtext.com/porte/article.php?sid=149 target=_blank><img alt='ractions et discussion sur ce texte, sur La porte' align=middle border=0 src=/hache/images/petit-porte.gif></a><br> Offrez vos impressions de lecture dans<br> <a href=http://www.dtext.com/porte/article.php?sid=149 target=_blank>la discussion consacre  ce texte</a><br> sur La porte, portail de littrature nouvelle.<br><a href=http://www.dtext.com/porte/article.php?sid=149 target=_blank><b>(dj 11 commentaires)</b></a> </p>  </td> </tr>  </table> </td> </tr> </table>  <!-- fin deuxime table -->  </center>  <hr>  <!-- gendron 7 5 --> <!-- 6 --> <!-- Texte 6 sur 0 --> <!-- Sbastien D. Gendron -->  <div class="pied">   <p><br> <span class="position"> Du mme auteur chez Hache : </span>  <br>  <span class="boutons"> <a href="/hache/gendron/gendron7.html">Suivant</a>&nbsp;<a href="/hache/gendron/gendron5.html">Prcdent</a>&nbsp;<a href="/hache/parauteur.html#gendron">Tous</a> </span> </p>   <p><br><a href="/hache/"><img border="0" alt="HACHE" src="/hache/images/petit-hache.gif" /></a></p>  <p class="colophon"> <span class="contact"> <a href="/contact.html">Contact</a><br> Ralisation : <a href="/services.html">dtext.com</a></span><br> </p>  </div>  <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; <p>&nbsp; </body> </html>  
