<html> <head> <title>FRANCE - SPIRITUALIT&Eacute;S : &quot;Rose-Croix et Utopie&quot;, Entrevue avec Robert Vanloo, fonctionnaire international et spcialiste de la Rose-Croix</title> <meta http-equiv="content-type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="owner" content="webmaster@france-spiritualites.com"> <meta name="author" content="France-Spiritualits"> <meta name="copyright" content="France-Spiritualits"> <meta name="revisit-after" content="7 days"> <meta name="robots" content="index, follow, all"> <meta name="language" content="fr."> <meta name="page-type" content="portail sotrique"> <meta name="keywords" content="Robert Vanloo,L'Utopie Rose-Croix du XVIIe sicle  nos jours,Rose-Croix,rosicrucien,rosicruciens,Christian Rosenkreutz,Christian Rosencreutz,Christian Rosenkreuz,Valentin Andreae,Comenius,Studion,Jean-Baptiste van Helmont,spiritualit,spiritualite,mysticisme,mystiques,mystique,esoterisme,sotrisme,esoterique,sotrique,hermetisme,hermtisme,hermetique,hermtique,occultisme,occultistes,occulte,sciences occultes,Tradition"> <meta name="description" content="Site France-Spiritualits : 'Rose-Croix et Utopie', Entrevue avec Robert Vanloo, fonctionnaire international et spcialiste de la Rose-Croix (aot 2002)."> <link rev="made" href="mailto:webmaster@france-spiritualites.com"> <base target="_self">   <style type="text/css"> A{color:FF0000; text-decoration:none; font-weight:bold; font-family:Arial, sans-serif} A:hover{color:FF0000; font-weight: bold; font-family:Arial, sans-serif} A:visited{color:FF0000; text-decoration:none; font-weight:bold; font-family:Arial, sans-serif} td{font-family:Arial, sans-serif; font-weight:normal; color:000000} </style> </head>  <body bgcolor=FFFFFF text=000000 link=FF0000 alink=FF0000 vlink=FF0000 background="IBack.jpg"> <div style="position:absolute; width:640px; z-index:1; left:0px; top:0px; height:181px">   <table width=640 border=0 cellspacing=0 cellpadding=6><tr align=center>        <td>         <div align=justify><font face="Arial, sans-serif" style="font-size:12px;" color=000000><b><font color=660099>            <center>             <img src="ITInterviewRobertVanloo.gif" width=414 height=26 alt="Entrevue avec Robert Vanloo : 'Rose-Croix et Utopie'"><br>             <br>             <a href="PMenuArchivesInterviews.html">Menus Interviews</a> &nbsp;l              &nbsp; &quot;<a href="PExtraitLutopierosecroix.htm"><i>L'Utopie Rose-Croix              du XVIIe si&egrave;cle &agrave; nos jours</i></a>&quot; (extrait)<br>             &quot;<a href="PFPLutopierosecroix.htm"><i>L'Utopie Rose-Croix du XVIIe          si&egrave;cle &agrave; nos jours</i></a>&quot; (fiche de pr&eacute;sentation)<br>           </center>           <br>           <br>           <img src="IDRobertVanlooasatabledetravail.jpg" width=302 height=183 align=left border=1 alt="Robert Vanloo  sa table de travail">&nbsp;            &nbsp; &nbsp; La Rose-Croix, Fraternit&eacute; myst&eacute;rieuse et            insaisissable &agrave; bien des &eacute;gards, fait l'objet, depuis            le XVIIe si&egrave;cle, d'une attention curieuse, attirant souvent sur            elle les fantasmes et les projections de personnes en mal de sensationnel,            et fournissant &agrave; certains illumin&eacute;s -- dans le mauvais            sens du terme -- une couverture s&eacute;duisante.<br>           &nbsp; &nbsp; &nbsp; C'est en chercheur &eacute;rudit et en historien            que Robert Vanloo, l'un des tout meilleurs sp&eacute;cialistes actuels            de l'histoire de la Rose-Croix, propose dans son ouvrage <a href="PFPLutopierosecroix.htm"><i>L'Utopie            Rose-Croix du XVIIe si&egrave;cle &agrave; nos jours</i></a> (Dervy)            une remarquable &eacute;tude de &quot;l'Auguste Fraternit&eacute;&quot;            sous tous ses aspects, dissipant au passage bien des id&eacute;es pr&eacute;con&ccedil;ues.            C'est avec beaucoup de gentillesse qu'il a bien voulu nous accorder            une entrevue sur ce sujet passionnant.</font><br>           <br>           <br>           <br>           <center>             <font face="Elephant, Arial, sans-serif" style="font-size:16px;" color=FF3333>ROSE-CROIX              ET UTOPIE</font>            </center>           <br>           <br>           <a href="PFPLutopierosecroix.htm"><img src="ICLutopierosecroix1.jpg" width=80 height=131 align=right alt="Extrait en ligne de 'L'Utopie Rose-Croix du XVIIe sicle  nos jours', de Robert Vanloo - Editions Dervy (2001)" border=2></a><font color=660099>France-Spiritualit&eacute;s            : Robert Vanloo, bonjour et merci de nous accorder cette entrevue. Pourriez-vous,            dans un premier temps, nous expliquer comment vous avez &eacute;t&eacute;            amen&eacute; &agrave; vous int&eacute;resser &agrave; l'histoire de            la Rose-Croix ?<br>           <br>           Robert Vanloo :</font> Tout d'abord, je vous remercie vivement pour            m'avoir accord&eacute; cette entrevue. Je tiens &eacute;galement &agrave;            profiter de cette occasion pour f&eacute;liciter toute l'&eacute;quipe            de France-Spiritualit&eacute;s concernant la qualit&eacute; de son site            et de son magazine, qui t&eacute;moignent d'une objectivit&eacute; et            d'un s&eacute;rieux de bon aloi dans un domaine o&ugrave; l'on rencontre            parfois beaucoup de futilit&eacute;. Je ne doute pas que les chercheurs            en qu&ecirc;te de v&eacute;ritable spiritualit&eacute; y trouveront            en ce d&eacute;but de nouveau mill&eacute;naire des pistes s&ucirc;res            de r&eacute;flexion sur les diff&eacute;rents courants d'une tradition            dont notre Europe est si riche.<br>           &nbsp; &nbsp; &nbsp; Pour r&eacute;pondre &agrave; votre question, je            dois avouer que la Rose-Croix est un sujet qui me passionne depuis mon            adolescence. Nous &eacute;tions alors au Coll&egrave;ge un petit groupe            de camarades fort int&eacute;ress&eacute;s par les recherches sur la            tradition et l'herm&eacute;tisme. C'&eacute;tait l'&eacute;poque o&ugrave;            venait de para&icirc;tre <font color=660099><i>Le Matin des Magiciens</i></font>            de Pauwels et Bergier et o&ugrave; l'on trouvait la revue &quot;<i>Plan&egrave;te</i>&quot;            dans tous les kiosques, autant de publications qui suscitaient bien            des questionnements au milieu de cette euphorie insouciante des &quot;<i>golden            sixties</i>&quot;. Depuis, ma route a crois&eacute; celle de bien d'autres            chercheurs, membres ou non d'organisations fraternelles, qui m'ont permis            d'approfondir ces questions et incit&eacute; &agrave; poursuivre mes            propres recherches, notamment en ce qui concerne l'histoire de la Rose-Croix.            C'est finalement gr&acirc;ce &agrave; <a href="PSergeCaillet.html">Serge            Caillet</a> que je me suis d&eacute;cid&eacute; &agrave; livrer aux            lecteurs les r&eacute;sultats de mes premiers travaux, qui ont fait            l'objet de l'ouvrage <font color=660099><i>Les Rose-Croix du Nouveau            Monde. Aux sources du rosicrucianisme moderne</i></font>, paru aux Editions            Claire Vigne en 1996 et maintenant &eacute;puis&eacute;.<br>           <br>           <br><font color=660099><img src="IDUnedespremieresRCVignette.jpg" width=262 height=164 align=left border=1 alt="Une des premires Rose-Croix - Document grcieusement fourni par Robert Vanloo">           F.-S. : Vos recherches vous am&egrave;nent-elles            &agrave; l'histoire de la Rose-Croix ou aux courants rosicruciens ?<br>           <br>           R. V. :</font> Il existe une Rose-Croix essentielle qui n'appartient            &agrave; aucune organisation. Celle-ci a vu le jour au d&eacute;but            du XVIIe si&egrave;cle gr&acirc;ce &agrave; la foi de quelques chr&eacute;tiens            passionn&eacute;s qui, tel un Paracelse, un Studion, un Andre&aelig;,            un Maier, un Comenius (<a href="PComeniusPortrait.htm">portrait</a>)            ou un <a href="PRobertFludd.htm">Fludd</a>, r&ecirc;vaient d'un monde            meilleur o&ugrave; chacun pourrait pratiquer librement la forme de spiritualit&eacute;            qui lui convenait, y compris dans le cadre d'une doctrine herm&eacute;tique            ou kabbalistique. Elle implique un n&eacute;cessaire travail sur soi            de r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration afin de devenir ce &quot;<i>re-natus</i>&quot;            dont parle la Tradition ou bien un chr&eacute;tien &quot;<i>cosmox&egrave;ne</i>&quot;            pour reprendre le terme d'Andreae, ainsi que des vertus d'amour et de            compr&eacute;hension de son prochain. Mais nous ne pouvons provoquer            seuls cette r&eacute;g&eacute;n&eacute;ration ou r&eacute;int&eacute;gration            en notre &eacute;tat divin d'avant la chute adamique : elle est en fin            de compte un don de l'Esprit-Saint.<br>           &nbsp; &nbsp; &nbsp; Cet id&eacute;al de la Rose-Croix a inspir&eacute;            depuis bien des chercheurs et a &eacute;t&eacute; &agrave; l'origine            de tr&egrave;s nombreux courants rosicruciens, sans oublier bien s&ucirc;r            la franc-ma&ccedil;onnerie qui fut fortement influenc&eacute;e (voyez            &agrave; cet &eacute;gard les tr&egrave;s belles pages consacr&eacute;es            au degr&eacute; Rose-Croix par Alain Pozarnik dans <font color=660099><i>Le            Secret de la Rose. De la perfection &agrave; l'amour</i></font>, paru            chez Dervy). On ne peut donc effectivement &eacute;tudier la Rose-Croix            sans faire r&eacute;f&eacute;rence aux courants rosicruciens auxquels            elle donna lieu par la suite. Comme je l'indiquais dans la r&eacute;ponse            pr&eacute;c&eacute;dente, mon &eacute;tude des courants rosicruciens            commen&ccedil;a d'abord par ce qu'on appelle les &quot;r&eacute;surgences&quot;            modernes de la Rose-Croix, dont la plupart nous sont venues des Etats-Unis            au d&eacute;but du si&egrave;cle dernier. J'ai pu mettre &agrave; jour            de nouveaux documents in&eacute;dits sur l'origine de ces mouvements,            gr&acirc;ce &agrave; de patientes recherches ; &eacute;videmment, cela            a donn&eacute; lieu &agrave; quelques controverses, heureusement en            cours d'apaisement, car certaines de ces r&eacute;surgences n'&eacute;taient            pas pr&ecirc;tes &agrave; admettre que l'on mette en cause leur histoire            &quot;<i>officielle</i>&quot;, patiemment construite et polie au fil            des d&eacute;cennies. J'estime que, dans ce domaine, il vaut mieux reconna&icirc;tre            les erreurs du pass&eacute; et reconstruire sur des bases saines, plut&ocirc;t            que vouloir &agrave; tout prix revendiquer des filiations mirifiques            depuis &laquo; <i>la plus haute antiquit&eacute;</i> &raquo; ou bien            d'exceptionnelles mais hypoth&eacute;tiques rencontres qu'aucun chercheur            s&eacute;rieux ne voudra jamais prendre en consid&eacute;ration.<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Que pensez-vous des r&eacute;flexions de            Ren&eacute; Gu&eacute;non sur ce sujet ?<br>           <br>           R. V. :</font> Gu&eacute;non a eu le grand m&eacute;rite de la rigueur            et d'imposer des crit&egrave;res stricts dans l'approche du ph&eacute;nom&egrave;ne            traditionnel. Il est clair, en ce sens, et compte tenu de ce que je            disais pr&eacute;c&eacute;demment, qu'aucune organisation ne peut s'approprier            la Rose-Croix. On peut dire qu'il existe des mouvements rosicruciens            qui parlent de la Rose-Croix. Ils peuvent &ecirc;tre utiles &agrave;            certaines personnes au cours de leur qu&ecirc;te int&eacute;rieure et            offrent l'avantage de nombreux contacts fraternels, ce qui peut &ecirc;tre            une aide dans une soci&eacute;t&eacute; fort individualiste. Mais ces            mouvements ne constituent pas en eux-m&ecirc;mes la voie vers la r&eacute;int&eacute;gration,            et il convient donc de ne pas confondre une m&eacute;thode avec le but            &agrave; atteindre. La voie dont il est ici question est un cheminement            solitaire. Krishnamurti, longtemps membre de la Soci&eacute;t&eacute;            Th&eacute;osophique et qui refusa de devenir le nouveau &quot;messie&quot;            qu'on voulait faire de lui, l'a suffisamment r&eacute;p&eacute;t&eacute;            tout au long de ses conf&eacute;rences : &laquo; <i>ll n'y a pas de            chemin qui conduise &agrave; la v&eacute;rit&eacute;. La v&eacute;rit&eacute;            doit &ecirc;tre d&eacute;couverte, mais il n'y a pas de formule pour            cette d&eacute;couverte. Ce qui est mis en formules n'est pas vrai.            Vous devez vous lancer sur la mer inconnue, et cette mer inconnue n'est            autre que vous-m&ecirc;me. Vous devez partir &agrave; la d&eacute;couverte            de vous-m&ecirc;me, mais non pas selon un plan d&eacute;termin&eacute;,            ou en suivant l'exemple de quelqu'un, car alors il n'y a pas de d&eacute;couverte...            La connaissance de soi est le commencement de la sagesse dans la tranquillit&eacute;            et le silence de l'incommensurable</i> &raquo; (extrait de <font color=660099><i>Commentaires            sur la Vie</i></font>). A cet &eacute;gard, je pense que les critiques            que l'on adresse &agrave; Krishnamurti d'&ecirc;tre contre la &quot;Tradition&quot;            ne sont pas totalement justifi&eacute;es. Ce que rejette avant tout            Krishnamurti, c'est la structure trop souvent surann&eacute;e et d&eacute;pass&eacute;e            de mouvements traditionalistes, qu'ils soient d'Orient ou d'Occident,            qui privil&eacute;gient la &quot;forme&quot; au d&eacute;triment du            &quot;cheminement int&eacute;rieur&quot; proprement dit, cette structure            servant parfois de pr&eacute;texte aux responsables de ces mouvements            pour exercer un pouvoir sans partage aupr&egrave;s de leurs disciples            (notion de &quot;ma&icirc;tre&quot;, de &quot;guru&quot; ou de &quot;mouvement&quot;            en dehors duquel l'individu n'est plus en mesure de trouver seul ses            propres rep&egrave;res et de vivre sans limitations, par lui-m&ecirc;me,            sa propre exp&eacute;rience int&eacute;rieure).<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Quel regard portez-vous sur l'&#156;uvre            de Frances A. Yates ?<br>           <br>           R. V. :</font> L'&#156;uvre de Frances A. Yates a constitu&eacute; un            tournant dans l'approche d'une meilleure connaissance des origines de            la Rose-Croix. Cette universitaire britannique a en effet consacr&eacute;            toute son existence &agrave; mieux faire conna&icirc;tre, non seulement            &agrave; ses &eacute;tudiants, mais aussi &agrave; un large public,            la p&eacute;riode si complexe et si riche du r&egrave;gne de la Reine            Elisabeth I&egrave;re d'Angleterre. Son ouvrage sur <font color=660099><i>La            Lumi&egrave;re des Rose-Croix</i></font> constitue &agrave; cet &eacute;gard            un document exceptionnel, car elle fut la premi&egrave;re &agrave; oser            parler d'une signification politique quant &agrave; l'&eacute;mergence            du ph&eacute;nom&egrave;ne rosicrucien. Certes, elle a un peu &quot;sur&eacute;valu&eacute;&quot;            le r&ocirc;le qu'aurait pu jouer l'herm&eacute;tiste et cosmopoliticien            John Dee dans la gen&egrave;se du mythe Rose-Croix, comme je le montre            dans mon dernier livre paru chez Dervy sur <font color=660099><i>L'utopie            Rose-Croix</i></font>, mais la recherche a pu grandement progresser            gr&acirc;ce &agrave; ses travaux, qui ont permis de montrer que l'aspect            &quot;initiatique&quot; de la Rose-Croix, au sens o&ugrave; on l'entend            aujourd'hui, &eacute;tait finalement fort secondaire et accessoire lorsqu'on            entendit parler pour la premi&egrave;re fois de l'Auguste Fraternit&eacute;.<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Que pensez-vous de la th&egrave;se de Roland            Edighoffer, <i>Rose-Croix et Soci&eacute;t&eacute; id&eacute;ale. Johann            Valentin Andre&aelig;</i>, publi&eacute;e aux Editions Arma Artis en            1982 ?<br>           <br>           R. V. :</font> Tout comme les travaux de Yates, ceux de Roland Edighoffer            ont permis de mieux apprendre &agrave; conna&icirc;tre la Rose-Croix            des origines et &agrave; comprendre le r&ocirc;le &eacute;minent jou&eacute;            par le pasteur luth&eacute;rien Johann Valentin Andre&aelig; dans la            cr&eacute;ation du personnage &eacute;ponyme de Christian Rose-Croix            et, par cons&eacute;quent, du mythe rosicrucien. L'ouvrage en question            est un monument, que toute personne int&eacute;ress&eacute;e par l'histoire            de la Rose-Croix devrait lire, car il explique parfaitement ce climat            si particulier qui r&eacute;gnait en Allemagne au d&eacute;but du XVIIe            si&egrave;cle, fait non seulement de rivalit&eacute;s doctrinales entre            calvinistes et luth&eacute;riens, mais aussi et surtout de mise en cause            de l'h&eacute;g&eacute;monie du pape &agrave; Rome. Je fais d'ailleurs            tr&egrave;s souvent r&eacute;f&eacute;rence, dans mon propre ouvrage,            aux travaux d'Edighoffer, les documents que j'ai pu mettre &agrave;            jour venant appuyer la th&egrave;se d&eacute;fendue par lui d&egrave;s            le d&eacute;but des ann&eacute;es 80 concernant la volont&eacute; manifeste            d'un renouveau politique, social et culturel en Europe, ainsi que voulu            par les &eacute;lites de la nouvelle foi &eacute;vang&eacute;lique,            en opposition au conservatisme catholique romain.<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Selon vous, la <i>Fama Fraternitatis</i>            peut-elle &ecirc;tre r&eacute;ellement attribu&eacute;e &agrave; Johann            Valentin Andre&aelig; ?<br>           <br>           R. V. :</font> L'opinion commun&eacute;ment admise de nos jours est            qu'Andre&aelig; a bien cr&eacute;&eacute; lui-m&ecirc;me le personnage            de Christian Rose-Croix, tel que celui-ci est pr&eacute;sent&eacute;            dans les <font color=660099><i>Noces Chymiques de Christian Rosenkreuz</i></font>,            ce texte constituant &agrave; mon sens une all&eacute;gorie dont le            sens politique para&icirc;t &eacute;vident ainsi que je le montre, preuves            &agrave; l'appui, dans <font color=660099><i>L'Utopie Rose-Croix</i></font>.            La r&eacute;daction des <font color=660099><i>Noces</i></font> serait            ant&eacute;rieure &agrave; celle de la <font color=660099><i>Fama</i></font>            et de la <font color=660099><i>Confessio</i></font> rosicruciennes,            le jeune Andreae s'&eacute;tant ouvert de ses pr&eacute;occupations            politiques, quelques ann&eacute;es apr&egrave;s avoir cr&eacute;&eacute;            ce &quot;<i>Chr&eacute;tien Rose-Croix</i> &quot;, &agrave; ses amis            Hesz et H&ouml;lzel, tous deux fortement influenc&eacute;s par l'&#156;uvre            proph&eacute;tique de Simon Studion, d'o&ugrave; le projet dans la <font color=660099><i>Fama</i></font>            de constituer sous l'&eacute;gide du personnage charismatique de C.R.-C.            d&eacute;j&agrave; dessin&eacute; dans les <font color=660099><i>Noces            chymiques</i></font> une confr&eacute;rie chr&eacute;tienne qui aurait            pu pr&eacute;parer la voie &agrave; la nouvelle foi &eacute;vang&eacute;lique.<br>           &nbsp; &nbsp; &nbsp; Le texte de la <font color=660099><i>Fama</i></font>            serait donc bien dans ce cas une uvre coll&eacute;giale, et les copies            manuscrites du premier manifeste Rose-Croix auraient commenc&eacute;            &agrave; &ecirc;tre diffus&eacute;es en 1610 afin de sonder les r&eacute;actions            qu'une telle initiative pouvait entra&icirc;ner en Europe. Inform&eacute;            par ses divers agents de l'existence du manuscrit de la <font color=660099><i>Fama</i></font>,            le landgrave Maurice de Hesse-Cassel, f&eacute;ru d'herm&eacute;tisme,            aurait alors per&ccedil;u rapidement l'int&eacute;r&ecirc;t de ce texte            dans le cadre du projet d'Union &eacute;vang&eacute;lique, au sein de            laquelle il entendait jouer un r&ocirc;le d&eacute;cisif, d'o&ugrave;            l'&eacute;dition imprim&eacute;e de la <font color=660099><i>Fama</i></font>            en 1614 &agrave; Cassel aupr&egrave;s de son &eacute;diteur attitr&eacute;,            Wessel, accompagn&eacute;e de la <font color=660099><i>Reformatio</i></font>            de Boccalini et d'une introduction significative, afin de servir les            desseins politiques de l'Union protestante. Je renvoie vos lecteurs            int&eacute;ress&eacute;s par cette question &agrave; mon livre, o&ugrave;            tous ces aspects sont clairement expliqu&eacute;s, car il n'est pas            possible d'entrer ici dans trop de d&eacute;tails.<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Quelle place accordez-vous &agrave; Tommaso            Campanella dans l'histoire de la Rose-Croix ?<br>           <br>           R. V. :</font> Certes, l'utopie rosicrucienne n'est pas nouvelle en            soi et puise &agrave; des mod&egrave;les plus anciens, tel notamment            celui de Thomas More, qui imagina une &icirc;le gouvern&eacute;e par            des sages, o&ugrave; chacun partagerait son temps entre travail et culture,            mod&egrave;le qui s'inscrit cependant dans une perspective r&eacute;solument            conservatrice, puisque par exemple l'&eacute;conomie sociale se fonde            sur l'esclavagisme, qui trouve ici une justification m&eacute;taphysique.            La <font color=660099><i>Cit&eacute; du Soleil</i></font> de Campanella            n'&eacute;chappe pas &agrave; ce m&ecirc;me mod&egrave;le et maintient,            autre exemple, la femme &agrave; l'&eacute;cart de la vie de la cit&eacute;.            D'ailleurs, le simple fait pour elle de se farder implique une condamnation            &agrave; mort ! Campanella a donc une vision tr&egrave;s &eacute;litiste            et totalitaire de cette nouvelle soci&eacute;t&eacute;. Autre exemple            : afin d'am&eacute;liorer la race des Solariens, strictement tri&eacute;s            sur base de leur profil astrologique, Campanella n'exclut pas l'eug&eacute;nisme            et l'euthanasie... La caste dirigeante, que l'auteur compare &agrave;            celle des brahmanes de l'Inde, est constitu&eacute;e de pr&ecirc;tres,            v&eacute;ritables interm&eacute;diaires entre le monde c&eacute;leste            et le monde des hommes, qui d&eacute;cident des r&egrave;gles de la            cit&eacute;. L'autorit&eacute; spirituelle et le pouvoir temporel ne            font qu'un, et le citoyen est compl&egrave;tement soumis &agrave; cette            autorit&eacute; et &agrave; ce pouvoir, sans aucun recours possible.            La &quot;Christianopolis&quot; ou cit&eacute; utopique chr&eacute;tienne            de Johann Valentin Andre&aelig; se d&eacute;marque assez peu dans sa            forme des utopies pr&eacute;c&eacute;dentes, et elle se pr&eacute;sente            &eacute;galement sous l'aspect d'une &icirc;le o&ugrave; les habitants            vivent en autarcie. Tous les citoyens d&eacute;pendent d'une classe            aristocratique dirigeante et travaillent pour la communaut&eacute;.            Mais il n'y a plus d'absolutisme &agrave; proprement parler comme dans            la <font color=660099><i>Cit&eacute; du Soleil</i></font> de Campanella,            &#156;uvre &agrave; l'&eacute;gard de laquelle Andre&aelig; &eacute;tait            assez critique, m&ecirc;me s'il s'en inspire sur certains points.<br>           &nbsp; &nbsp; &nbsp; Concernant l'utopie rosicrucienne proprement dite,            telle qu'elle transpara&icirc;t de la <font color=660099><i>Fama</i></font>            et de la <font color=660099><i>Confessio</i></font>, il convient de            relever que, tout comme l'honn&ecirc;te homme de la Renaissance, les            Rose-Croix ne semblent pas conna&icirc;tre de fronti&egrave;res physiques            ou &eacute;tatiques. Ainsi, de retour d'Orient, Christian Rose-Croix            propose d'abord son programme de r&eacute;forme aux Espagnols -- qui            ne peuvent &eacute;videmment que le refuser puisqu'&eacute;tant gouvern&eacute;s            par un pouvoir catholique peu ouvert aux changements -- avant d'essayer            de le mettre en &#156;uvre en Allemagne, patrie du fondateur de la Confr&eacute;rie.            On constate &agrave; cet &eacute;gard que tous les protagonistes ayant            eu &agrave; voir de pr&egrave;s ou de loin avec l'affaire Rose-Croix            sont des Europ&eacute;ens convaincus : ils en ont fr&eacute;quent&eacute;            les routes et les universit&eacute;s, du Septentrion jusqu'au Midi,            comme cela &eacute;tait pratique courante pour tous les lettr&eacute;s            en Europe depuis le Moyen-Age.<br>           &nbsp; &nbsp; &nbsp; Quant &agrave; la confusion entre autorit&eacute;            spirituelle et pouvoir temporel, il convient de se r&eacute;f&eacute;rer            &agrave; Paracelse, auquel les fondateurs de la Rose-Croix vouaient            un respect tout particulier et dont les propos se d&eacute;marquent            tr&egrave;s clairement de ceux de Campanella : &laquo; <i>Louez tous            Dieu, vous qui vivez dans une bergerie, pour ce que l'un ne doit pas            &ecirc;tre plus que l'autre. Et comme le b&eacute;lier qui est un mouton            &agrave; la t&ecirc;te du troupeau et conduit les autres, ainsi est            l'empereur... Et de m&ecirc;me que le b&eacute;lier doit se salir comme            les autres moutons, se nourrir de la m&ecirc;me p&acirc;ture qu'eux,            de m&ecirc;me qu'il n'a pas une meilleure situation qu'eux, de m&ecirc;me            l'empereur. Donc chacun reste l'&eacute;gal de l'autre et on ne trouvera            pas parmi nous de pouvoirs temporel et spirituel ou d'autres charges            semblables. C'est pourquoi nous louons le nom de Dieu. Car il est si            bon qu'il l'a voulu ainsi et qu'il a fait en sorte qu'aucun homme ne            soit m&eacute;pris&eacute;.</i> &raquo;<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Dans votre dernier ouvrage, intitul&eacute;            <i>L'utopie Rose-Croix, du XVIIe si&egrave;cle &agrave; nos jours</i>,            vous citez &agrave; plusieurs reprises l'Ordre de la Jarreti&egrave;re.            Pensez-vous que celui-ci puisse avoir un lien avec l'Ordre de la Rose-Croix            ?<br>           <br>           R. V. :</font> L'Ordre de la Jarreti&egrave;re utilise dans sa tradition            et dans son d&eacute;corum de nombreux symboles en relation avec l'alchimie,            en particulier la rose, l'embl&egrave;me de l'Ordre &eacute;tant une            rose rouge surmont&eacute;e de la devise &laquo;<i>Honni soit qui mal            y pense</i> &raquo;. Yates a la premi&egrave;re abord&eacute; cette            question de la relation &eacute;ventuelle entre l'Ordre de la Jarreti&egrave;re            et la naissance du mythe rosicrucien. Elle remarque qu'il est possible            que Johann Valentin Andre&aelig; ait pu &ecirc;tre influenc&eacute;            par les imposantes c&eacute;r&eacute;monies qui se d&eacute;roul&egrave;rent            en 1605 &agrave; Stuttgart et dans le W&uuml;rtemberg &agrave; l'occasion            de la r&eacute;ception du duc Fr&eacute;d&eacute;ric dans l'Ordre. Ce            point n'est certes pas &agrave; n&eacute;gliger, le jeune Johann Valentin            &eacute;tant certainement encore plus attentif &agrave; cette question            qu'il portait lui-m&ecirc;me des roses dans ses armoiries. En fait,            tous les principaux princes soutenant l'Union &eacute;vang&eacute;lique            contre Rome avaient &eacute;t&eacute; faits chevaliers dans l'Ordre            de la Jarreti&egrave;re par la reine Elizabeth d'Angleterre, en particulier            le jeune &eacute;lecteur palatin Fr&eacute;d&eacute;ric V. Mais ce jeune            &quot;<i>lion du Palatinat</i>&quot; marqu&eacute; du signe de la rose,            dont Studion et Hesz pr&eacute;voyaient dans leurs calculs la victoire            en 1620, ne fut que le &quot;<i>lion d'un hiver</i>&quot; -- celui de            son court r&egrave;gne sur la Boh&ecirc;me -- qui entra&icirc;na la            fin de tous les espoirs &eacute;vang&eacute;liques quant &agrave; un            changement politique prochain dans l'Empire.<br>           &nbsp; &nbsp; &nbsp; Pourtant, dans l'imagerie populaire, le nom de            Fr&eacute;d&eacute;ric V et de son &eacute;pouse Elisabeth resteront            d&eacute;finitivement associ&eacute;s &agrave; celui des calvinistes            et des Rose-Croix. En effet, pour le public, l'amalgame &eacute;tait            assez facile &agrave; faire entre le calvinisme et la rose puisque le            jeune Fr&eacute;d&eacute;ric arborait partout son insigne de l'Ordre            de la Jarreti&egrave;re, y compris sur les actes officiels de son nouveau            royaume, et que tous ceux qui se r&eacute;clamaient de la Rose-Croix            soutenaient &agrave; l'&eacute;vidence le projet de r&eacute;forme &eacute;vang&eacute;lique,            m&ecirc;me s'ils d&eacute;sapprouvaient certainement les exc&egrave;s            calvinistes. D'ailleurs, j'ai r&eacute;cemment d&eacute;couvert que,            sur les champs de bataille d'Europe, en 1620 et plus tard, le comte            Ernest de Mansfeld, un des trois g&eacute;n&eacute;raux de l'Union &eacute;vang&eacute;lique            avec Christian d'Anhalt et le comte de Thurn, qui se pr&eacute;sentait            comme &laquo; <i>l'Attila des pr&ecirc;tres et traqueur des J&eacute;suites</i>            &raquo;, faisait chanter en allemand par ses soldats : &laquo; <i>Nous            sommes les enfants de la Croix et de la Rose, les d&eacute;fenseurs            d'une juste cause</i> &raquo; !<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Pourquoi avoir utilis&eacute; le mot &quot;<i>utopie</i>&quot;            dans le titre de votre dernier ouvrage, pr&eacute;c&eacute;demment cit&eacute;            ?<br>           <br>           R. V. :</font> A vrai dire, quand j'ai mis en chantier le livre en 1996,            j'envisageais comme titre : <font color=660099><i>L'herm&eacute;tisme            politique des Rose-Croix</i></font>. Lorsque nous avons approch&eacute;            du nouveau mill&eacute;naire, la question d'un renouveau de l'utopie            s'est pos&eacute;e dans tous les media -- quel projet de soci&eacute;t&eacute;            pour le XXIe si&egrave;cle ? -- et la Biblioth&egrave;que Nationale            de France a consacr&eacute; une importante exposition &agrave; ce sujet,            qui s'est tenue sur le site Fran&ccedil;ois-Mitterrand du 4 au 9 juillet            2000 (voir le magnifique catalogue en couleurs de 368 pages publi&eacute;            &agrave; cette occasion par la BNF en collaboration avec la maison d'&eacute;dition            Fayard, intitul&eacute; <font color=660099><i>Utopie, la qu&ecirc;te            de la soci&eacute;t&eacute; id&eacute;ale en Occident</i></font>). Comme            il &eacute;tait beaucoup question dans mon travail de l'utopie politique            et sociale des Rose-Croix, j'ai estim&eacute; que ce titre serait plus            parlant que celui pr&eacute;c&eacute;demment retenu, &eacute;tant entendu            que j'accorde &agrave; l'utopie une dimension largement positive, ainsi            que signal&eacute; par l'&eacute;pigraphe de Lamartine au d&eacute;but            de mon livre : &laquo; <i>Les utopies ne sont souvent que des id&eacute;ologies            pr&eacute;matur&eacute;es</i> &raquo;.<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Trouve-t-on, selon vous, des traces de cette            utopie Rose-Croix dans la grande aventure de la construction europ&eacute;enne            ?<br>           <br>           R. V. :</font> Oui, bien s&ucirc;r ! Dans une r&eacute;ponse pr&eacute;c&eacute;dente,            j'ai montr&eacute; de quelle fa&ccedil;on l'utopie rosicrucienne &eacute;tait            beaucoup plus proche des id&eacute;es sociales et politiques de Paracelse            que de celles fort conservatrices d'un Campanella. Plusieurs herm&eacute;tistes            au d&eacute;but du si&egrave;cle dernier, qui se r&eacute;clamaient            de la tradition rosicrucienne, voire martiniste, furent eux aussi des            Europ&eacute;ens convaincus. Je pense en particulier &agrave; Saint-Yves            d'Alveydre (<a href="PSaintyvesdalveydrePortrait.htm">portrait</a>),            un proche de <a href="PPapus.html">Papus</a>, dont le projet synarchique            correspond tr&egrave;s pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; la fa&ccedil;on            dont s'est construite l'Europe depuis la Communaut&eacute; du Charbon            et de l'Acier, puis le March&eacute; Commun, au d&eacute;but des ann&eacute;es            cinquante, apr&egrave;s les douloureuses &eacute;preuves de la Seconde            Guerre Mondiale. Sans oublier Fran&ccedil;ois Jollivet-Castelot, qui            fut un des premiers militants en faveur de la cr&eacute;ation des Etats-Unis            d'Europe. Tout ceci est expliqu&eacute; de fa&ccedil;on d&eacute;taill&eacute;e            dans le livre. Qui aurait pu penser, il y a seulement cinquante ans,            que nous disposerions au d&eacute;but du XXIe si&egrave;cle d'un trait&eacute;            d'Union europ&eacute;enne et d'une monnaie unique, l'euro ? Quel changement            dans les mentalit&eacute;s en un laps de temps finalement assez court            au regard de l'histoire...<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Quels rapports a-t-il exist&eacute; entre            les Rose-Croix et les premiers Francs-Ma&ccedil;ons ?<br>           <br>           R. V. :</font> La Rose-Croix du d&eacute;but du XVIIe si&egrave;cle            a eu une influence consid&eacute;rable sur les origines de la franc-ma&ccedil;onnerie            anglo-saxonne, gr&acirc;ce notamment &agrave; Comenius qui connaissait            parfaitement les manifestes rosicruciens et fut en relation avec Johann            Valentin Andre&aelig;. Certains historiens allemands de la Rose-Croix,            tel Hans Schick, ont de ce fait cru pouvoir d&eacute;celer dans l'&#156;uvre            de Comenius l'origine des id&eacute;aux de fraternit&eacute; et de d&eacute;mocratie            au sein de la franc-ma&ccedil;onnerie anglaise naissante, ce dernier            &eacute;tant pr&eacute;sent&eacute; comme une sorte d'interm&eacute;diaire            privil&eacute;gi&eacute; entre la pens&eacute;e rosicrucienne d'Andreae            et de son cercle d'amis, et ceux qui parrain&egrave;rent la naissance            de la franc-ma&ccedil;onnerie symbolique en Angleterre, comme Hartlib            et Dury : &laquo; <i>En r&eacute;sum&eacute;, nous devons constater            que, non seulement par ses &eacute;crits, mais aussi gr&acirc;ce &agrave;            ses plans organisationnels et &agrave; son influence personnelle, Comenius            a permis &agrave; l'h&eacute;ritage spirituel d'Andre&aelig; -- c'est-&agrave;-dire            l'id&eacute;al d'une am&eacute;lioration du monde sur une base pansophique            -- de se r&eacute;pandre en Angleterre et d'y trouver une terre propice.            Il constitue le lien le plus important et le plus direct aussi bien            entre le p&egrave;re de la pens&eacute;e Rose-Croix, J. V. Andre&aelig;,            et les instigateurs et amis des premi&egrave;res loges en Angleterre,            qu'entre l'id&eacute;ologie rosicrucienne authentique et la franc-ma&ccedil;onnerie            anglaise.</i> &raquo;<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Derni&egrave;re question : avez-vous d'autres            ouvrages en pr&eacute;paration ?<br>           <br>           R. V. :</font> Je travaille actuellement &agrave; un projet de roman            historique retra&ccedil;ant la vie du c&eacute;l&egrave;bre m&eacute;decin            herm&eacute;tique braban&ccedil;on Jean-Baptiste van Helmont (1579-1644),            qui se retira pendant sept ann&eacute;es &agrave; Vilvorde afin de pouvoir            se consacrer enti&egrave;rement &agrave; la recherche de la <a href="POccultaPierrephilosophale.html">Pierre            philosophale</a> sous sa forme liquide, l'<a href="POccultaAlkaest.html">Alkahest</a>,            ainsi qu'&agrave; la mise au point de nouveaux traitements ou proc&eacute;d&eacute;s            destin&eacute;s &agrave; mieux soigner les maux de ses contemporains.            Il est consid&eacute;r&eacute; comme l'un des pr&eacute;curseurs de            la chimie moderne : on lui doit notamment la d&eacute;couverte du gaz.            Ce roman, qui se trouve &agrave; un stade d&eacute;j&agrave; bien avanc&eacute;,            permettra au lecteur de d&eacute;couvrir au fil des pages la vie quotidienne            &agrave; Bruxelles et aux Pays-Bas espagnols dans la premi&egrave;re            moiti&eacute; du XVIIe si&egrave;cle, sous le r&egrave;gne des archiducs            Albert et Isabelle, o&ugrave; l'Inquisition restait plus vigilante que            jamais. Ses conceptions sur le magn&eacute;tisme animal valurent d'ailleurs            au m&eacute;decin d'&ecirc;tre arr&ecirc;t&eacute; et d'&eacute;chapper            de peu &agrave; un emprisonnement &agrave; vie pour cause d'h&eacute;r&eacute;sie.            Cette &#156;uvre sera &eacute;galement porteuse d'un enseignement philosophique            sur la n&eacute;cessit&eacute; du &laquo; <i>connais-toi toi-m&ecirc;me</i>            &raquo; et la valeur intrins&egrave;que de l'intuition, Van Helmont            expliquant comment lui-m&ecirc;me est parvenu &agrave; atteindre cet            &eacute;tat de compr&eacute;hension int&eacute;rieure et dissertant            longuement sur les origines et la destin&eacute;e de l'&acirc;me...            J'envisage &eacute;galement &agrave; plus long terme un ouvrage sur            le symbolisme herm&eacute;tique de la Rose-Croix, sous le double aspect            historique et herm&eacute;neutique.<br>           <br>           <br>           <font color=660099>F.-S. : Robert Vanloo, merci beaucoup d'avoir pris            le temps de nous accorder cette interview.</font></b></font></div>       <font face="Arial, sans-serif" style="font-size:12px;"><b><br><br><br>         &copy; 2000-2003 &nbsp;<a href="mailto:webmaster@france-spiritualites.com">France-Spiritualit&eacute;s</a><br>         Tous droits r&eacute;serv&eacute;s - Reproduction int&eacute;grale ou          partielle interdite</b></font></td>     </tr>   </table>  </div> </body> </html> 
