<HTML>   <HEAD>   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 3.0 Mac">   <TITLE>Dossier: L'&Eacute;COLE ROSE FAVORISE-T-ELLE LES FILLES&nbsp;? </TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#ffffff">  <H2><CENTER><TABLE WIDTH="99%" BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING="0" HEIGHT="28">   <TR>     <TD WIDTH="100%" HEIGHT="27" BGCOLOR="#99cccc"><B><FONT SIZE="-2"        FACE="C Helvetica Condensed">R&Eacute;SEAU</FONT></B><FONT SIZE="-2"        FACE="C Helvetica Condensed"> HIVER 2002 / Magazine de l'Universit&eacute;       du Qu&eacute;bec<BR>       Reproduction autoris&eacute;e avec la mention de l'auteur et       de la source.</FONT></TD>    </TR> </TABLE></CENTER></H2>  <P><B><FONT COLOR="#000000" SIZE="-1">Illustration&nbsp;: Philippe Brochard</FONT></B></P>  <P><FONT COLOR="#000000" SIZE="-2"><IMG SRC="dosles%20gars%2C%20les%20filles.jpg" WIDTH="200" HEIGHT="258" ALIGN="LEFT" BORDER="2" NATURALSIZEFLAG="2" ALT="Illustration"></FONT><TABLE WIDTH="23%" BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING="0">       <TR>     <TD WIDTH="100%" BGCOLOR="#000000">       <P><CENTER><B>&nbsp;<FONT COLOR="#ffffff">DOSSIER</FONT></B></CENTER></TD>   </TR> </TABLE><FONT COLOR="#ff0000" SIZE="-2"><IMG SRC="dosl%27ecole.jpg" WIDTH="180" HEIGHT="55" ALIGN="MIDDLE" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="L'&eacute;cole"></FONT></P>  <P><FONT COLOR="#333333"><IMG SRC="dosRose.jpg" WIDTH="144" HEIGHT="60" ALIGN="MIDDLE" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="rose"></FONT></P>  <H1><I><FONT COLOR="#333333" SIZE="+4">FAVORISE-T-ELLE</FONT></I></H1>  <H1><I><FONT COLOR="#333333" SIZE="+4">LES FILLES&nbsp;?</FONT></I></H1>  <P><B><FONT SIZE="+2">Soudain, la situation devient pr&eacute;occupante. L'&eacute;cart entre la r&eacute;ussite scolaire des gar&ccedil;ons et celle des filles se creuse de plus en plus au fil des ans, et ce, &agrave; tous les niveaux du parcours p&eacute;dagogique. Avis d'experts, &eacute;tudes scientifiques, enqu&ecirc;tes m&eacute;diatiques se multiplient. M&ecirc;me le ministre Legault s'inqui&egrave;te du d&eacute;crochage des gar&ccedil;ons au secondaire et entend instituer des mesures pour le contrer. Quelles sont les causes et la port&eacute;e du ph&eacute;nom&egrave;ne&nbsp;? Et comment y rem&eacute;dier tout en continuant de favoriser le succ&egrave;s des filles&nbsp;? De d&eacute;licates et troublantes questions auxquelles tentent de r&eacute;pondre des sp&eacute;cialistes du r&eacute;seau de l'UQ.</FONT></B></P>  <P><TABLE WIDTH="167" BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING="0">   <TR>     <TD WIDTH="100%" BGCOLOR="#000000">       <P><CENTER><B><FONT COLOR="#ffffff">PAR CAROLE SCHINCK</FONT></B></CENTER></TD>   </TR> </TABLE></P>  <P><B><IMG SRC="dosTraverse.jpg" WIDTH="75" HEIGHT="72" ALIGN="LEFT" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="2" ALT="Pancarte">&Agrave; l'&eacute;cole, les filles raflent tout. </B>Ou presque. &Agrave; preuve, deux gar&ccedil;ons redoublent ou sont en difficult&eacute; d'apprentissage pour une fille, tant au primaire qu'au secondaire. Soixante-dix neuf pour cent des filles obtiennent leur dipl&ocirc;me d'&eacute;tudes secondaires avant l'&acirc;ge de vingt ans contre 65&nbsp;% des gar&ccedil;ons. Une situation &agrave; l'avantage croissant des filles depuis quelques ann&eacute;es. En 1995, trois fois plus d'hommes (22&nbsp;%) que de femmes (7,1&nbsp;%) d&eacute;crochaient sans DES. Et la diff&eacute;rence entre les taux de r&eacute;ussite au baccalaur&eacute;at s'amplifie depuis 1987, passant de 3,5&nbsp;% en faveur des femmes &agrave; 10,8&nbsp;% en 1994-1995.</P>  <P>Qu'on se rassure. Au chapitre de l'&eacute;cart gar&ccedil;ons-filles, le Qu&eacute;bec ne fait pas cavalier seul. Une &eacute;tude de l'OCDE publi&eacute;e en 1997 r&eacute;v&eacute;lait, en effet, que les taux d'acc&egrave;s &agrave; l'universit&eacute; sont plus &eacute;lev&eacute;s chez les femmes dans la plupart des pays d&eacute;velopp&eacute;s.</P>  <P>Mais les chiffres se corsent quand on aborde la question des troubles de comportement. Il y a, en effet, de quoi s'alerter &agrave; l'id&eacute;e que cinq fois plus de gar&ccedil;ons que de filles en souffrent. Dans la foul&eacute;e, un autre triste record s'ajoute &agrave; la liste&nbsp;: sur cinq petits qui se voient prescrire du Ritalin, quatre sont des gar&ccedil;ons. Au-del&agrave; de cette cascade de statistiques, il y a les enfants. Des enfants qui risquent la disqualification sociale, dans une &eacute;conomie du savoir qui misera de plus en plus sur la formation universitaire. Et pour qui on se doit d'agir.</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">Deux sexes, deux r&eacute;alit&eacute;s</FONT></B></P>  <P>Nombreux sont ceux qui attribuent en grande partie les r&eacute;sultats sup&eacute;rieurs des filles aux caract&eacute;ristiques de genre. <I>Pour une meilleure r&eacute;ussite scolaire des gar&ccedil;ons et des filles,</I> l'Avis au minist&egrave;re publi&eacute; par le Conseil sup&eacute;rieur de l'&eacute;ducation en octobre 1999, en r&eacute;pertorie tout un ensemble, notamment&nbsp;: des r&ocirc;les sociaux de sexe bien distincts&nbsp;; un rythme de maturation diff&eacute;rent&nbsp;; des modes d'interaction presque aux antipodes (plus coop&eacute;ratif pour la fille, plus comp&eacute;titif pour le gar&ccedil;on)&nbsp;; des styles cognitifs dissemblables, etc.</P>  <P><B><IMG SRC="dosBouffard.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="104" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Th&eacute;r&egrave;se Bouffard"><FONT  COLOR="#666699" SIZE="+2">L'&eacute;cole, pour filles seulement&nbsp;?</FONT></B></P>  <P><B>Th&eacute;r&egrave;se Bouffard,</B> professeure titulaire au D&eacute;partement de psychologie de l'UQAM, a sa propre opinion sur le sujet&nbsp;: &laquo;&nbsp;On dit que l'&eacute;cole est plus adapt&eacute;e aux filles, en ce qu'on exige des enfants des comportements et des attitudes conformes, attendus, et que les filles r&eacute;pondent mieux &agrave; ces attentes. Or, &agrave; ma connaissance, on a toujours voulu que les &eacute;l&egrave;ves soient attentifs et travaillants. C'&eacute;tait du moins le cas quand j'&eacute;tais jeune. Aujourd'hui, par contre, l'&eacute;cole m'appara&icirc;t convenir beaucoup mieux aux enfants&nbsp;: on privil&eacute;gie souvent le travail par projets, en groupes&nbsp;; les jeunes peuvent bouger sans avoir &agrave; plancher pendant quatre heures sur des exercices de math&eacute;matiques. Selon moi, si le milieu scolaire a chang&eacute;, c'est pour mieux s'adapter aux enfants.&nbsp;&raquo;</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">La r&eacute;ussite&nbsp;: aux gar&ccedil;ons intelligents, aux filles travaillantes</FONT></B></P>  <P>Soit. Mais d'o&ugrave; viennent alors les &eacute;carts&nbsp;? Th&eacute;r&egrave;se Bouffard poursuit&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je crois plut&ocirc;t que tout cela a &agrave; voir avec le discours dominant sur l'excellence et avec la socialisation de la r&eacute;ussite qui a une port&eacute;e diff&eacute;rente chez les gar&ccedil;ons et chez les filles. On socialise les petits gar&ccedil;ons par l'attribution de l'intelligence.&quot;&nbsp;Si tu as bien r&eacute;ussi, c'est que tu es intelligent.&nbsp;&quot;&nbsp; Tandis que le succ&egrave;s des petites filles est associ&eacute; au travail, &agrave; l'effort. Mis &agrave; part les deux ou trois meilleurs, les trente autres gar&ccedil;ons de la classe comprennent vite qu'ils ne pourront aspirer &agrave; l'excellence puisqu'ils ne sont pas suffisamment intelligents. &Agrave; quoi bon s'acharner&nbsp;? Les filles, elles, savent une chose&nbsp;: si elles travaillent fort, elles vont r&eacute;ussir. Les gar&ccedil;ons s'en tirent donc sans trop de peine. C'est vrai jusqu'&agrave; la fin du secondaire, o&ugrave; la r&eacute;alit&eacute; les rattrape et les &eacute;carts se creusent. L&agrave; se pose un s&eacute;rieux probl&egrave;me de pr&eacute;servation de l'image de soi. En r&eacute;ponse les gar&ccedil;ons ont d&eacute;velopp&eacute; une strat&eacute;gie d&eacute;fensive, pour sauver la face. R&eacute;sultat : nos gar&ccedil;ons sont d&eacute;motiv&eacute;s.&nbsp;&raquo;</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">Apprendre pour le plaisir ou pour avoir l'air intelligent?</FONT></B></P>  <P><IMG SRC="dosVallerand.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="106" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Robert Vallerand"><B>Robert Vallerand,</B> professeur et directeur du Laboratoire de recherche sur le comportement social de l'UQAM, apporte un autre &eacute;clairage sur le sujet&nbsp;: &laquo;&nbsp;Une vingtaine d'&eacute;tudes montrent que le profil motivationnel des filles est plus autod&eacute;termin&eacute;. Elles apprennent davantage par choix, par plaisir, tandis que les gar&ccedil;ons veulent avoir l'air intelligent et visent un bon emploi, un salaire &eacute;lev&eacute;. En r&egrave;gle g&eacute;n&eacute;rale, gar&ccedil;ons et filles montrent les m&ecirc;mes aptitudes &agrave; apprendre. Mais les filles sont plus matures, plus autonomes, tant sur le plan social que cognitif. La motivation des gar&ccedil;ons est plus fragile. Ce qui explique leur propension plus grande &agrave; abandonner d&egrave;s que se pr&eacute;sente un probl&egrave;me. Pourtant, la motivation se cultive. Et cela, d&egrave;s la maternelle.&nbsp;&raquo;</P>  <P>Faut-il comprendre que l'&eacute;cole s'adapte mal au rythme de d&eacute;veloppement des enfants&nbsp;? <B><FONT COLOR="#666699">&laquo;&nbsp;On reconna&icirc;t volontiers que les filles sont rapidement plus r&eacute;flexives, qu'elles peuvent s'arr&ecirc;ter et pr&ecirc;ter attention plus longtemps, pr&eacute;cise Th&eacute;r&egrave;se Bouffard. Tandis que les gar&ccedil;ons montrent davantage d'impulsivit&eacute;, qu'ils ont besoin plus longtemps de jouer, de bouger. Ces diff&eacute;rences s'inscrivent dans le d&eacute;veloppement normal des individus. Pourquoi, par exemple, ne pas permettre aux gar&ccedil;ons de commencer l'&eacute;cole un an plus tard&nbsp;?&nbsp;&raquo;</FONT></B></P>  <P><B><IMG SRC="dosPotvin.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="108" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Pierre Potvin"></B>&Agrave; la bougeotte des gars s'ajoute par ailleurs l'aptitude des filles &agrave; mieux ma&icirc;triser la lecture et l'&eacute;criture. &laquo;&nbsp;Il est vrai que, d&egrave;s leur entr&eacute;e &agrave; l'&eacute;cole, les filles montrent d&eacute;j&agrave; plus de comp&eacute;tences sur le plan du langage, admet <B>Pierre Potvin,</B> directeur du Laboratoire de recherche sur les jeunes en difficult&eacute; d'adaptation de l'UQTR. &laquo;&nbsp;Et comme la langue fait partie des pr&eacute;alables &agrave; l'apprentissage, il y aurait &agrave; cet &eacute;gard des dispositions facilitantes pour les filles.&nbsp;&raquo;</P>  <P>Certes, les gar&ccedil;ons &laquo;&nbsp;compensent &raquo; encore avec de meilleurs r&eacute;sultats en sciences et en math&eacute;matiques. Bien s&ucirc;r, on a d&eacute;montr&eacute; que l'&eacute;cart enregistr&eacute; entre gar&ccedil;ons et filles dans l'apprentissage de la lecture et de l'&eacute;criture ne se r&eacute;percute pas sur l'apprentissage des autres mati&egrave;res. Il reste, toutefois, que les difficult&eacute;s &eacute;prouv&eacute;es en fran&ccedil;ais, comme en maths, sont &laquo;&nbsp;les deux motifs principaux qui m&egrave;nent &agrave; l'identification d'un &eacute;l&egrave;ve comme &eacute;tant en difficult&eacute; d'apprentissage ou encore sur lesquels les autorit&eacute;s scolaires vont s'appuyer pour justifier une d&eacute;cision de redoublement&nbsp;&raquo;, selon l'Avis du Conseil. Quand on sait que les gar&ccedil;ons redoublent deux fois plus que les filles, il y a l&agrave; mati&egrave;re &agrave; r&eacute;flexion.</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">Fragilit&eacute; biologique des gar&ccedil;ons...</FONT></B></P>  <P><IMG SRC="dosDugre.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="95" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Suzanne Dugr&eacute;">Et comme si ce n'&eacute;tait pas assez, les gar&ccedil;ons d&eacute;crochent par-dessus le march&eacute; la palme au chapitre des troubles de comportement. Comme de plus en plus d'intervenants en &eacute;ducation et en psychologie, <B>Suzanne Dugr&eacute;,</B> psycho&eacute;ducatrice et professeure au D&eacute;partement des sciences du d&eacute;veloppement humain et social de l'UQAT, avance la th&egrave;se de la fragilit&eacute; biologique des gar&ccedil;ons&nbsp;: <B><FONT COLOR="#666699">&laquo;&nbsp;Ils pr&eacute;sentent plus de troubles moteurs, de dyslexie, d'hyperkin&eacute;sie, d'hyperactivit&eacute;.&nbsp;&raquo;</FONT></B> Dans un article de Ren&eacute;e Nolet, intitul&eacute; <I>&Eacute;chec scolaire&nbsp;: que sont nos gar&ccedil;ons devenus&nbsp;?</I> et paru dans la revue <I>Convergences </I>de l'UQAT en octobre 1999, elle pr&eacute;cisait&nbsp;: &laquo;&nbsp;La fragilit&eacute; biologique des gar&ccedil;ons est tr&egrave;s bien document&eacute;e partout dans le monde. Zazzo, notamment, soutient que de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale la sup&eacute;riorit&eacute; des filles ne repose pas, comme on le laisse souvent entendre, sur leur docilit&eacute; et leur conformisme, mais plut&ocirc;t sur leur d&eacute;veloppement plus harmonieux et mieux assur&eacute;. Plus r&eacute;sistantes, moins affect&eacute;es par les accidents de naissance, les filles sont mieux arm&eacute;es pour affronter les contraintes de l'environnement.&nbsp;&raquo;</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">...et d&eacute;pression chez les filles</FONT></B></P>  <P>Mais d'autres facteurs viennent toutefois d&eacute;savantager les filles sur le plan de la sant&eacute; mentale. Selon Pierre Potvin&nbsp;: &laquo;&nbsp;On a d&eacute;couvert qu'on peut pr&eacute;dire les risques de d&eacute;crochage d'un jeune &agrave; partir d'une vingtaine de variables dont le rendement scolaire en fran&ccedil;ais et en math&eacute;matiques, la relation ma&icirc;tre-&eacute;l&egrave;ve, le soutien affectif des parents et... la d&eacute;pression, jusque-l&agrave; insoup&ccedil;onn&eacute;e. Or, les filles ont tendance &agrave; souffrir davantage de d&eacute;pression que les gars. C'est un trouble int&eacute;rioris&eacute;, plus courant chez les sujets f&eacute;minins comparativement aux troubles ext&eacute;rioris&eacute;s, typiques des hommes. La d&eacute;pression pourrait aussi &ecirc;tre li&eacute;e &agrave; la pubert&eacute; au cours de laquelle les filles voient leurs changements corporels de fa&ccedil;on plus n&eacute;gative que les gar&ccedil;ons.&nbsp;&raquo;</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">L'offre de l'&eacute;cole</FONT></B></P>  <P>C'est vrai, l'&eacute;cole est encore aujourd'hui plut&ocirc;t monolithique. Elle privil&eacute;gie un mod&egrave;le de comportement unique, valorise l'ordre et la discipline, r&egrave;gle l'agenda de travail et &eacute;carte les divergences. &laquo;&nbsp;Et les filles ont effectivement les caract&eacute;ristiques, les habilet&eacute;s, les comp&eacute;tences qu'il faut pour r&eacute;ussir dans cette collectivit&eacute;, rappelle Pierre Potvin. <B><FONT COLOR="#666699">L'&eacute;cole a &eacute;t&eacute; en quelque sorte structur&eacute;e d'une fa&ccedil;on qui correspondrait bien au caract&egrave;re des filles.&nbsp;&raquo;</FONT></B></P>  <P>Comme le pr&eacute;cise Suzanne Dugr&eacute;, une recherche r&eacute;alis&eacute;e par Jean-Pierre Terrail en 1992 mettait clairement en &eacute;vidence le rapport discordant &agrave; l'&eacute;cole entre les deux sexes. &laquo; Quand on les invite &agrave; choisir des mots pour d&eacute;crire l'&eacute;cole, les filles optent pour &quot;apprendre&quot;, &quot;r&eacute;fl&eacute;chir&quot;, &quot;&eacute;couter&quot;, &quot;d&eacute;couvrir&quot;. Tandis que, pour les gar&ccedil;ons, l'&eacute;cole est synonyme d'&quot;interdiction&quot;, de &quot;corv&eacute;e&quot;, d'&quot;ennui&quot;, d'&quot;abandon&quot;. <B><FONT COLOR="#666699">Les gar&ccedil;ons ne se battent m&ecirc;me plus. Ils admettent tout simplement que les filles sont meilleures.&nbsp;&raquo;</FONT></B></P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">Les relations ma&icirc;tre-&eacute;l&egrave;ve</FONT></B></P>  <P><B><IMG SRC="dosboutin.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="108" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="G&eacute;rald Boutin"></B>Cette notion de &laquo; club priv&eacute; f&eacute;minin &raquo; prend davantage de poids au regard de la pr&eacute;pond&eacute;rance des femmes dans le personnel enseignant des premiers cycles&nbsp;: elles repr&eacute;sentaient 98,4&nbsp;% des ma&icirc;tres au pr&eacute;scolaire en 1994-1995 et 84,4&nbsp;% au primaire, en 1996-1997. Des facteurs &eacute;conomiques et sociaux -&nbsp;la faible reconnaissance sociale, par exemple&nbsp;- expliquent sans doute le d&eacute;sengagement des hommes au primaire, comme le note <B>G&eacute;rald Boutin,</B> professeur titulaire en adaptation scolaire et sociale et directeur du Bureau de la formation pratique de l'UQAM. Faut-il voir dans ce contexte un d&eacute;savantage pour les gar&ccedil;ons?</P>  <P>&laquo;&nbsp;Sinc&egrave;rement, je ne crois pas que le sexe des enseignants ait une influence sur les r&eacute;sultats scolaires, lance Pierre Potvin. Nos analyses sur les relations ma&icirc;tres-&eacute;l&egrave;ves, effectu&eacute;es &agrave; la fin du primaire et au secondaire, montrent clairement que les attitudes des enseignants, hommes ou femmes, sont les m&ecirc;mes envers les enfants.&nbsp;&raquo;</P>  <P><IMG SRC="dosPalassio.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="96" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Richard Pallascio"><B>Richard Pallascio,</B> professeur en didactique des math&eacute;matiques et responsable de la formation des ma&icirc;tres &agrave; l'UQAM en plus d'&ecirc;tre chercheur r&eacute;gulier au CIRADE (Centre interdisciplinaire de recherche sur l'apprentissage et le d&eacute;veloppement en &eacute;ducation), n'est pas de cet avis. &laquo;&nbsp;Dans les rares classes o&ugrave; un homme est titulaire, les gar&ccedil;ons r&eacute;agissent n&eacute;gativement &agrave; l'arriv&eacute;e d'une femme stagiaire. Pour plusieurs, le professeur repr&eacute;sente en effet une figure paternelle.<FONT COLOR="#666699"> <B>Je crois que beaucoup plus d'hommes devraient se lancer dans l'enseignement au primaire. Pour bien des gar&ccedil;ons, il pourrait s'agir du seul homme signifiant qu'ils vont rencontrer dans leur enfance.&nbsp;&raquo;</B></FONT></P>  <P>Et si, pour changer de perspective, on examinait plut&ocirc;t la question sous l'angle des relations ma&icirc;tre-&eacute;l&egrave;ve&nbsp;? Selon Pierre Potvin, &laquo;&nbsp;des &eacute;tudes men&eacute;es dans diff&eacute;rentes commissions scolaires ont mesur&eacute; le niveau de perception des enseignants envers leurs &eacute;l&egrave;ves. On d&eacute;couvre que la perception positive se pr&eacute;sente dans cet ordre d&eacute;croissant&nbsp;: d'abord les filles, puis les gar&ccedil;ons, puis les filles en difficult&eacute; scolaire suivies des gar&ccedil;ons en difficult&eacute;. Par ailleurs, on a class&eacute; les &eacute;l&egrave;ves selon quatre qualificatifs&nbsp;: les &eacute;l&egrave;ves attachants, les pr&eacute;occupants (ceux qui demandent beaucoup de l'enseignant), les indiff&eacute;rents (qui passent inaper&ccedil;us) et les rejet&eacute;s (qui &eacute;prouvent des probl&egrave;mes d'hostilit&eacute;, des troubles de comportement). <B><FONT COLOR="#666699">Partout, la proportion de filles attachantes est sup&eacute;rieure &agrave; celle des gar&ccedil;ons. Inversement, beaucoup plus de gar&ccedil;ons que de filles sont rejet&eacute;s. Tout cela est affaire de comportements. Les filles sont plus attachantes parce qu'elles font ce qu'il faut pour l'&ecirc;tre. Autrement dit, les gars sont consid&eacute;r&eacute;s tout aussi attachants quand ils font comme les filles. Ces donn&eacute;es s'accentuent par ailleurs en milieu d&eacute;favoris&eacute;. </FONT></B>Mais ne nous trompons pas! La majorit&eacute; des enfants sont consid&eacute;r&eacute;s comme attachants par leur ma&icirc;tre puisqu'on compte 55&nbsp;% de filles pour 45&nbsp;% de gar&ccedil;ons&nbsp;&raquo;.</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">Le r&ocirc;le des parents</FONT></B></P>  <P>Il appara&icirc;t un peu trop simple de tout mettre sur le dos de l'&eacute;cole. Pour Suzanne Dugr&eacute;, notre soci&eacute;t&eacute; matriarcale y serait pour quelque chose dans la propension des filles &agrave; mieux r&eacute;ussir. &laquo;&nbsp;Il y a encore quelques d&eacute;cennies, les p&egrave;res faisaient beaucoup d'argent en r&eacute;gion, dans les mines et les for&ecirc;ts, sans avoir &agrave; aller &agrave; l'&eacute;cole. L'instruction &eacute;tait peu valoris&eacute;e. Les femmes, elles, savent qu'elles sont dans un &eacute;lan d'&eacute;mancipation et elles &eacute;duquent leurs petites filles en cons&eacute;quence. Elles favorisent leur autonomie, les poussent &agrave; accomplir ce qu'elles-m&ecirc;mes n'ont pu r&eacute;aliser.&nbsp;&raquo;</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">M&egrave;re marquante, p&egrave;re absent</FONT></B></P>  <P>La pr&eacute;sence marquante de la m&egrave;re &eacute;quivaudrait-elle, encore et toujours, &agrave; l'absence du p&egrave;re&nbsp;? Comment les p&egrave;res peuvent-ils jouer un r&ocirc;le actif dans la r&eacute;ussite scolaire des enfants&nbsp;? Peut-&ecirc;tre, d'abord, en contribuant &agrave; dissiper les st&eacute;r&eacute;otypes. &laquo;&nbsp;Un gar&ccedil;on qui n'a presque jamais vu lire son p&egrave;re ne dispose pas d'un mod&egrave;le tr&egrave;s fort pour l'inciter &agrave; la lecture, l'un des outils, l'une des armes de base pour apprendre,&nbsp;&raquo; affirme G&eacute;rald Boutin.</P>  <P>De fa&ccedil;on plus large, G&eacute;rald Boutin se dit tr&egrave;s sensible &agrave; l'influence familiale dans la qu&ecirc;te de l'apprentissage. &laquo;&nbsp;La famille, aujourd'hui, est plut&ocirc;t en difficult&eacute;. Les parents ont beaucoup &agrave; faire. Pourtant, on sent chez eux une grande pr&eacute;occupation, un souci de pr&eacute;parer les tout-petits de quatre-cinq ans &agrave; l'&eacute;cole. <B><FONT COLOR="#666699">L'&eacute;cole doit faire sentir au gar&ccedil;on qu'il aura le droit de jouer, de ne pas &ecirc;tre une fille.</FONT></B> Si le p&egrave;re se retire de l'&eacute;ducation de son fils, en pensant qu'il sera plus int&eacute;ressant d'interagir avec lui &agrave; l'adolescence, c'est perdu. J'observe un changement marqu&eacute; chez les jeunes p&egrave;res. Mais les p&egrave;res ont besoin de soutien, d'outils, de groupes d'&eacute;change sur la parentalit&eacute;, par exemple.&nbsp;&raquo;</P>  <P>Pour que l'intervention des parents soit efficace, cela dit, il faut beaucoup de tact. &laquo; Le vrai d&eacute;fi des parents, pr&eacute;cise Robert Vallerand, c'est de montrer leur int&eacute;r&ecirc;t sans prendre les d&eacute;cisions &agrave; la place du jeune. D'interagir avec lui, en disant&nbsp;: &quot;&nbsp;Ce sont tes &eacute;tudes, tes choix et je suis l&agrave; pour t'aider&nbsp;&quot;. Autrement, s'installe tr&egrave;s vite chez l'enfant un sentiment d'incomp&eacute;tence ou, au contraire, d'abandon. La cl&eacute;, c'est le doigt&eacute;.&nbsp;&raquo;</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">L'influence de la soci&eacute;t&eacute;</FONT></B></P>  <P><B><IMG SRC="dosPageau.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="111" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Danielle Pageau"></B>Si on extrapole jusqu'&agrave; l'universit&eacute;, d'autres facteurs externes influent sur le taux de diplomation au baccalaur&eacute;at. <B><FONT COLOR="#000000">Danielle Pageau,</FONT></B> agente de recherche &agrave; la Direction du recensement &eacute;tudiant et de la recherche institutionnelle au si&egrave;ge social de l'UQ, vient de terminer une &eacute;tude aupr&egrave;s des &eacute;tudiants &agrave; temps plein. Elle observe &laquo;&nbsp;que de nombreuses variables jouent, comme les ant&eacute;c&eacute;dents scolaires (exp&eacute;rience d'&eacute;chec ou d'abandon, obtention d'un DEC), le fait de r&eacute;ussir tous les cours au premier trimestre, de viser l'obtention du dipl&ocirc;me &agrave; la fin du programme, de vouloir &eacute;viter les interruptions. Mais des influences externes s'exercent aussi, comme le choix de l'&eacute;tablissement et la situation financi&egrave;re de l'&eacute;tudiant. Autant de conditions traditionnelles qui sont encore et toujours gages de succ&egrave;s et que r&eacute;unissent seulement 25&nbsp;&nbsp;% des candidats&nbsp;&raquo;.</P>  <P>&Agrave; la question &laquo; qu'est-ce qui s&eacute;pare les gar&ccedil;ons des filles&nbsp;?&nbsp;&raquo;, madame Pageau r&eacute;pond par une hypoth&egrave;se&nbsp;: &laquo;&nbsp;Je crois qu'il existe une forme de d&eacute;tresse chez la jeunesse et que le manque de projection dans l'avenir est plus prononc&eacute; chez les gars. La prosp&eacute;rit&eacute; &eacute;conomique n'est plus garantie. Les jeunes grandissent dans un monde diff&eacute;rent o&ugrave; les maigres perspectives d'emploi sapent vite l'espoir de se tailler une place enviable.&nbsp;&raquo;</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">Des solutions&nbsp;: quelques pistes</FONT></B></P>  <P>Trente ans apr&egrave;s le rapport Parent qui pr&ocirc;nait la mixit&eacute; pour augmenter le niveau de scolarit&eacute; g&eacute;n&eacute;ral et am&eacute;liorer la scolarisation des filles, de nombreux intervenants la remettent aujourd'hui en cause. Ce sujet chaud suscite les d&eacute;bats. <B><FONT COLOR="#666699">&laquo;&nbsp;Les gar&ccedil;ons sont davantage d&eacute;rang&eacute;s par la mixit&eacute;, soutient Suzanne Dugr&eacute;. Ils veulent &agrave; tout prix impressionner leurs compagnes de classe tandis qu'elles, au contraire, continuent de travailler. On aurait peut-&ecirc;tre int&eacute;r&ecirc;t &agrave; s&eacute;parer gar&ccedil;ons et filles au cours des trois premi&egrave;res ann&eacute;es du secondaire.&nbsp;&raquo;</FONT></B></P>  <P><IMG SRC="dosPapillon.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="105" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Simon Papillon">Un reportage diffus&eacute; en d&eacute;but d'ann&eacute;e &agrave; <I>Zone libre,</I> &agrave; la t&eacute;l&eacute; de la SRC, montrait avec &eacute;loquence &agrave; quel point l'attirance, les tactiques de s&eacute;duction et les histoires d'amour risquent de faire vagabonder l'esprit bien loin des &eacute;tudes. &Agrave; c&ocirc;t&eacute; de ceux qui revendiquent la s&eacute;paration compl&egrave;te et des &eacute;coles distinctes pour gar&ccedil;ons et filles, d'autres, comme <B>Simon Papillon,</B> sont plus nuanc&eacute;s. &laquo;&nbsp;Je pense qu'il faut plut&ocirc;t rejoindre les gar&ccedil;ons dans leurs int&eacute;r&ecirc;ts, amorcer des projets sp&eacute;cifiques au groupe gar&ccedil;ons. Masculiniser certaines activit&eacute;s pour que les gars se sentent eux aussi interpell&eacute;s par l'&eacute;cole.&nbsp;&raquo;</P>  <P>&Agrave; cet &eacute;gard, la plupart de nos intervenants accueillent positivement l'approche par projets, pr&eacute;vue dans la r&eacute;forme du ministre Legault. Une mesure qui aurait le bonheur de stimuler le c&ocirc;t&eacute; physique et &laquo;&nbsp;concret&nbsp;&raquo; des gar&ccedil;ons tout en donnant une voix aux filles pour intervenir et s'exprimer.</P>  <P><B><IMG SRC="dosaraignee.jpg" WIDTH="300" HEIGHT="353" ALIGN="RIGHT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="2" ALT="Enfants"></B>Pour G&eacute;rald Boutin, tout passe par l'intervention dans le milieu. &laquo;&nbsp;C'est certain, les programmes d'aide fonctionnent dans la mesure o&ugrave; les parents participent. Mais il faut mettre l'accent sur les d&eacute;veloppements physique, cognitif, affectif et social de l'enfant. Favoriser, par exemple, un d&eacute;pistage en douce des probl&egrave;mes d'apprentissage et de comportement qui respecte le rythme des petits sans les cataloguer. Cr&eacute;er des &quot;centres d'&eacute;veil&quot; o&ugrave; les parents apprendraient par le jeu &agrave; entrer en contact avec la dimension cognitive de leur enfant. De tels centres naissent dans des CLSC et certaines commissions scolaires. Mais l'id&eacute;e reste encore embryonnaire. On ne sent pas, de la part du minist&egrave;re de l'&Eacute;ducation, un grand int&eacute;r&ecirc;t pour ce genre d'exercice. Il s'agit pourtant de mod&egrave;les int&eacute;ressants &agrave; explorer.&nbsp;&raquo;</P>  <P>Au CIRADE, on travaille depuis 1995 &agrave; mettre au point une m&eacute;thode pour le moins originale, ax&eacute;e sur le d&eacute;veloppement de la pens&eacute;e r&eacute;flexive dans l'apprentissage des math&eacute;matiques&nbsp;: l'approche philo. Les jeunes de huit &agrave; treize ans sont ainsi appel&eacute;s &agrave; aborder les maths par la lecture de romans &laquo; philosophico-math&eacute;matiques&nbsp;&raquo; mis au point par le centre de recherche. Les enfants choisissent les th&egrave;mes qui les int&eacute;ressent et r&eacute;fl&eacute;chissent &agrave; des questions qui, par ricochet, les forcent &agrave; s'interroger sur leurs propres processus d'apprentissage. &laquo;&nbsp;On constate que les premiers &agrave; s'inscrire au projet sont les &eacute;l&egrave;ves en difficult&eacute;, et par voie de cons&eacute;quence les gar&ccedil;ons. Tout simplement parce qu'ils se rendent compte qu'ils ne sont pas censur&eacute;s ni &eacute;valu&eacute;s. Ce sont les arguments des &eacute;l&egrave;ves entre eux qui incitent le jeune &agrave; s'autocorriger.&nbsp;&raquo;</P>  <P>&Eacute;tudes, programmes, solutions... Chercheurs, professeurs, intervenants, acteurs et responsables gouvernementaux travaillent fort pour favoriser la r&eacute;ussite scolaire des gar&ccedil;ons. Une pr&eacute;occupation qui inqui&egrave;te pourtant les f&eacute;ministes. Vrai, bien que les femmes envahissent d&eacute;sormais les universit&eacute;s, on ne peut en dire encore autant de leur pr&eacute;sence aux grands postes de commande. <B><FONT COLOR="#666699">Souhaitons que de ces efforts, individuels ou concert&eacute;s, d&eacute;coulent des projets porteurs qui rendront le succ&egrave;s accessible &agrave; tous.</FONT></B><FONT COLOR="#666699"> </FONT>Pour que le mot <I>&eacute;quit&eacute;</I> prenne tout son sens et ouvre, pour les gar&ccedil;ons comme pour les filles, des perspectives d'avenir stimulantes. Et cela, d&egrave;s les premiers stades de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances.</P>  <P><CENTER><BR> <TABLE WIDTH="100%" BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING="12">   <TR>     <TD WIDTH="100%" BGCOLOR="#ffffcc">       <P><B><FONT SIZE="+1">RITALIN&nbsp;: UN M&Eacute;DICAMENT POUR       GAR&Ccedil;ONS&nbsp;?</FONT></B></P>        <P><B><IMG SRC="dosPomme.jpg" WIDTH="50" HEIGHT="65" ALIGN="LEFT"       BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="2" ALT="Pomme"><FONT COLOR="#ff0000">Hyperactivit&eacute;.</FONT>       </B>Le mot est sur toutes les l&egrave;vres, surtout en ces temps       o&ugrave; le Ritalin -&nbsp;le m&eacute;dicament psychotrope       le plus utilis&eacute; dans le traitement de ce trouble de comportement&nbsp;-       fait les manchettes avec des nombres de prescriptions records       et l'existence possible d'un march&eacute; noir &agrave; l'&eacute;cole.       Et o&ugrave; les m&eacute;decins et les psychologues qu&eacute;b&eacute;cois       viennent de publier des lignes directrices pour en encadrer l'utilisation.</P>        <P>Les chiffres, en effet, font fr&eacute;mir. Selon les donn&eacute;es       de Sant&eacute; Canada, l'usage annuel du Ritalin &eacute;tait       cinq fois plus &eacute;lev&eacute; en 1997 qu'il ne l'&eacute;tait       en 1990. Des statistiques de IMS Canada <I>(Intercontinental       Medical Statistics)</I> montrent par ailleurs qu'entre 1990 et       2000, le nombre de prescriptions annuelles est pass&eacute; au       Qu&eacute;bec de 33 000 &agrave; 247&nbsp;&nbsp;730. <BR>       </P>        <P><B><FONT COLOR="#003300">Gar&ccedil;on = hyperactif&nbsp;?</FONT></B></P>        <P>En fait, ce qu'on appelle en termes scientifiques le &laquo;&nbsp;trouble       d&eacute;ficit de l'attention avec ou sans hyperactivit&eacute;&nbsp;&raquo;       (THADA, TDA/H ou TDAH selon les auteurs) n'est pas un ph&eacute;nom&egrave;ne       nouveau. Mais on le conna&icirc;t sous ce nom depuis les ann&eacute;es       80, au moment de son apparition dans le Manuel diagnostique et       statistique des troubles mentaux, le fameux DSM. C'est le trouble       de d&eacute;veloppement le plus fr&eacute;quent chez les enfants.       En gros, trois caract&eacute;ristiques permettent de le reconna&icirc;tre&nbsp;:       l'inattention, l'agitation et l'impulsivit&eacute;. Bref, l'enfant       a du mal &agrave; se concentrer et &agrave; terminer exercices       et devoirs (comme si le moindre facteur ext&eacute;rieur le faisait       constamment d&eacute;crocher)&nbsp;; il est f&eacute;brile, bouge,       parle vite, d&eacute;range; il a des r&eacute;actions spontan&eacute;es,       agit avant de penser...</P>        <P>Dans un article publi&eacute; sur le <I>Site de l'adaptation       scolaire et sociale de langue fran&ccedil;aise,</I> auquel collabore       le r&eacute;seau de l'UQ, Jean-Marie Honorez &eacute;nonce que       la forme pure du TDHA, sans trouble associ&eacute;, toucherait       au Qu&eacute;bec une population de 7&nbsp;500 &agrave; 12&nbsp;500       &eacute;l&egrave;ves. Et qu'&agrave; cela s'ajouterait un groupe       de 22&nbsp;500 &agrave; 37&nbsp;500 &eacute;l&egrave;ves souffrant       de la forme pure de THADA associ&eacute;e &agrave; d'autres troubles       mentaux. Donn&eacute;e cruciale, de six &agrave; neuf gar&ccedil;ons       pour une fille, dans la population en g&eacute;n&eacute;ral,       sont &eacute;tiquet&eacute;s THADA. Et les enfants touch&eacute;s       ont le plus souvent entre cinq et douze ans.</P>        <P><B><FONT COLOR="#003300">Des causes multiples</FONT></B></P>        <P>Pourquoi tant d'enfants atteints&nbsp;? On n'a pas encore       de r&eacute;ponse claire et pr&eacute;cise. Le Coll&egrave;ge       des m&eacute;decins du Qu&eacute;bec et l'Ordre des psychologues       du Qu&eacute;bec attribuent la situation &laquo;&nbsp;&agrave;       la grande variabilit&eacute; dans les crit&egrave;res diagnostiques,       des crit&egrave;res en constante &eacute;volution.&nbsp;&raquo;       Il est vrai qu'en dehors du DMS, il n'existe pas de d&eacute;finition       de l'hyperactivit&eacute; &agrave; l'&eacute;cole. Une &eacute;tude       effectu&eacute;e aupr&egrave;s de m&eacute;decins et publi&eacute;e       par Sant&eacute; Canada en 1999 mentionnait pour sa part que       certaines des raisons expliquant l'augmentation de l'usage du       Ritalin comprenaient&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les pressions exerc&eacute;es       pour prescrire le m&eacute;dicament; une plus grande sensibilisation       de la population &agrave; l'&eacute;gard de l'usage des m&eacute;dicaments       en guise d'alternative&nbsp;; [...] trop peu de ressources pour       des approches alternatives&nbsp;; une plus grande acceptation       des m&eacute;dicaments, et un manque de discipline &agrave; la       maison et &agrave; l'&eacute;cole &raquo;.</P>        <P><B><FONT COLOR="#003300">L'incidence de la biologie et de       la g&eacute;n&eacute;tique</FONT></B></P>        <P><IMG SRC="dosLavigueur.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="103" ALIGN="LEFT"       BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Suzanne Lavigueur">Chose       s&ucirc;re, les gar&ccedil;ons sont les plus touch&eacute;s.       Voil&agrave; de quoi soulever une fois encore les questionnements.       &laquo; En ce qui concerne le d&eacute;ficit d'attention, on       reconna&icirc;t de plus en plus une probl&eacute;matique reli&eacute;e       &agrave; l'absence d'inhibition associ&eacute;e &agrave; l'impulsion       et au contr&ocirc;le de l'attention &raquo;, explique <B>Suzanne       Lavigueur,</B> professeur au D&eacute;partement de psycho&eacute;ducation       et psychologie de l'UQAH. &laquo;&nbsp;Or, culturellement ou       g&eacute;n&eacute;tiquement, les filles semblent avoir plus de       facilit&eacute; &agrave; contr&ocirc;ler leur comportement. Les       gar&ccedil;ons, eux, apparaissent souvent moins conformistes,       moins sensibles aux normes sociales. Ainsi il serait possible       que des filles souffrent du m&ecirc;me d&eacute;ficit mais que       des &eacute;l&eacute;ments protecteurs, leur plus grand conformisme,       par exemple, les aident &agrave; composer avec la situation plus       longtemps et que des probl&egrave;mes apparaissent parfois plus       tard, vers la 5e ou la 6e ann&eacute;e, ou encore que, dans les       cas plus l&eacute;gers, le TDAH puisse passer davantage inaper&ccedil;u       que chez les gar&ccedil;ons.&nbsp;&raquo;</P>        <P>L'h&eacute;r&eacute;dit&eacute; semble jouer un r&ocirc;le       majeur sur l'incidence des sympt&ocirc;mes&nbsp;<B><FONT SIZE="-2">1</FONT></B>.       &laquo;&nbsp;On n'a pas encore r&eacute;ussi &agrave; identifier       les marqueurs g&eacute;n&eacute;tiques en cause, pr&eacute;cise       Suzanne Lavigueur, mais on est s&ucirc;r qu'il y a des pr&eacute;dispositions       h&eacute;r&eacute;ditaires. Dans environ 80 % des cas &eacute;tudi&eacute;s,       on observe d'autres cas de d&eacute;ficit d'attention/hyperactivit&eacute;       dans la famille.&nbsp;&raquo;</P>        <P><B><IMG SRC="dosParadis.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="108" ALIGN="LEFT"       BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Pierre Paradis">Pierre Paradis</B>,       professeur en sciences de l'&eacute;ducation &agrave; l'UQAR       et responsable de la th&eacute;matique <I>Hyperactivit&eacute;       et d&eacute;ficit d'attention du Site de l'adaptation scolaire       et sociale de langue fran&ccedil;aise</I>, avance d'autres hypoth&egrave;ses&nbsp;:       &laquo;&nbsp;Comme l'indique le <I>United States National Institute       of Health,</I> il se pourrait qu'une plus grande proportion de       filles appartiennent au groupe inattentif des &quot;&nbsp;lunatiques       et r&ecirc;veurs&nbsp;&quot;, l'autre p&ocirc;le du d&eacute;ficit       d'attention, celui sans hyperactivit&eacute;. Il s'agit d'enfants       qui n'arrivent pas &agrave; fixer leur attention mais qu'on ne       remarque pas outre mesure puisqu'ils ne d&eacute;rangent pas       les autres. Jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, on ne tient pas compte       de ce groupe dans les statistiques.&nbsp;&raquo;</P>        <P>Serait-il justifi&eacute;, par ailleurs, de mettre en cause       l'environnement, le contexte structurel et social de l'&eacute;cole&nbsp;?       Pierre Paradis r&eacute;pond : &laquo;&nbsp;Beaucoup de parents       disent que l'&eacute;cole fait pression sur eux pour inciter       leurs enfants &agrave; prendre du Ritalin. Les m&eacute;decins       en prescriraient plus parce que les enseignants r&eacute;f&eacute;reraient       davantage de cas. Or, ce sont des femmes qui enseignent au primaire.       Des commentaires &eacute;crits et d'autres diffus&eacute;s &agrave;       la radio soulignent que les hommes accepteraient davantage le       comportement d&eacute;sorganis&eacute; des gar&ccedil;ons. Les       enseignantes sont-elles plus intol&eacute;rantes&nbsp;? Faut-il       voir l&agrave; une d&eacute;monstration de la vell&eacute;it&eacute;       de la gent f&eacute;minine &agrave; dominer l'homme, comme certains       le pr&eacute;tendent&nbsp;?&nbsp;&raquo; Reste que l'&eacute;tude       de Sant&eacute; Canada aupr&egrave;s des m&eacute;decins est       claire : &laquo;&nbsp;En g&eacute;n&eacute;ral, 39&nbsp;% des       r&eacute;pondants qui ont trait&eacute; le THADA ont d&eacute;clar&eacute;       avoir, souvent ou toujours, subi des pressions de la part des       enseignants pour prescrire le Ritalin et 16&nbsp;% ont, souvent       ou toujours, subi des pressions de la part des parents.&nbsp;&raquo;</P>        <P><B><FONT COLOR="#003300">Que faire&nbsp;?</FONT></B></P>        <P>Pour Suzanne Lavigueur, la solution passe souvent par des       approches &eacute;ducatives appropri&eacute;es, un encadrement       ad&eacute;quat, un travail concert&eacute;. &laquo;&nbsp;C'est       trop simple de dire que si l'on avait des &eacute;coles parfaites,       il n'y aurait pas de Ritalin. Il faut sortir du d&eacute;bat       &quot;&nbsp;pour ou contre&nbsp;&quot; le Ritalin et se demander       si l'enfant est heureux dans la classe et avec ses pairs. Lui       offre-t-on les mesures &eacute;ducatives dont il a besoin&nbsp;?       Lui propose-t-on un travail stimulant&nbsp;? B&eacute;n&eacute;ficie-t-il       de toutes les ressources qu'il lui faut pour r&eacute;ussir &agrave;       l'&eacute;cole&nbsp;? Tous ces enfants pour qui l'&eacute;cole       est difficile sont p&eacute;nalis&eacute;s par le manque de ressources.       J'ai vu trop de parents se sentir coupables, humili&eacute;s,       jug&eacute;s par l'entourage. L'&eacute;cole est plus difficile       pour un enfant qui souffre du d&eacute;ficit d'attention et qui       doit prendre du Ritalin que pour un autre. Tout comme la vie       est plus difficile pour un enfant asthmatique qui doit prendre       du Ventolin que pour un autre. Avec la m&eacute;dication et les       moyens d'apprentissage appropri&eacute;s, je crois que l'enfant       peut apprendre.&nbsp;&raquo; Dans cet esprit, Mme Lavigueur pr&ocirc;ne       des strat&eacute;gies &eacute;ducatives d'inspiration behaviorale       pour agir et non r&eacute;agir, fond&eacute;es sur la r&egrave;gle       des quatre C&nbsp;: Compenser les d&eacute;ficits, Clarifier       les demandes, Construire sur le positif et Contrecarrer l'inacceptable.       Dans les cas plus s&eacute;v&egrave;res, la m&eacute;dication       devient parfois un compl&eacute;ment utile pour soutenir ces       approches.</P>        <P>De son c&ocirc;t&eacute;, le gouvernement qu&eacute;b&eacute;cois       a voulu fournir des pistes aux nombreux intervenants du syst&egrave;me.       Le minist&egrave;re de la Sant&eacute; et des services sociaux       du Qu&eacute;bec a ainsi financ&eacute; les travaux d'un comit&eacute;       conjoint form&eacute; du Coll&egrave;ge des m&eacute;decins du       Qu&eacute;bec et de l'Ordre des psychologues du Qu&eacute;bec.       Ce comit&eacute; publiait en septembre dernier <I>Le Trouble       d&eacute;ficit de l'attention/hyperactivit&eacute; et l'usage       de stimulants du syst&egrave;me nerveux central,</I> des lignes       directrices visant &agrave; fournir aux m&eacute;decins et aux       psychologues un cadre de r&eacute;f&eacute;rence en mati&egrave;re       de d&eacute;pistage, d'&eacute;valuation, de diagnostic, d'intervention       et de traitement des jeunes en &acirc;ge scolaire (5-18 ans)       aux prises avec le TDAH ou en pr&eacute;sentant les sympt&ocirc;mes.       Pierre Paradis commente : &laquo; Les connaissances des m&eacute;decins       sont peu &eacute;volu&eacute;es sur le sujet. Le document propose       des approches multimodales. Dans les faits, les psychologues       seront pr&ecirc;ts &agrave; diagnostiquer tandis que les m&eacute;decins       vont prescrire. Il s'agit l&agrave; d'un mariage de raison o&ugrave;       chacun va combler les limites de l'autre.&nbsp;&raquo; Reste       &agrave; voir ce que r&eacute;serve l'avenir.</P>        <P><FONT SIZE="-2">1</FONT> <FONT SIZE="-1">C'est aussi vrai       pour les filles que pour les gars...</FONT>     </TD>   </TR> </TABLE></CENTER></P>  <P><CENTER><TABLE WIDTH="100%" BORDER="1" CELLSPACING="0" CELLPADDING="12">   <TR>     <TD WIDTH="100%">       <P>&nbsp;<B><FONT COLOR="#666699">PLUS DE GAR&Ccedil;ONS SE SUICIDENT</FONT></B></P>        <P><IMG SRC="dosTousignant.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="108" ALIGN="LEFT"       BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Michel Tousignant"><B><FONT        COLOR="#666699">Peut-on &eacute;tablir un lien entre &eacute;chec       scolaire et suicide&nbsp;?</FONT></B><FONT COLOR="#666699"> </FONT>Rien       n'est aussi simple. Pourtant, on comprend facilement qu'un d&eacute;crocheur       scolaire pr&eacute;sente plus de risques que les autres de devenir       d&eacute;crocheur social. Au Qu&eacute;bec, quatre fois plus       de gar&ccedil;ons que de filles mettent fin &agrave; leurs jours,       six fois plus en Abitibi-T&eacute;miscamingue... <B>Michel Tousignant,</B>       professeur au D&eacute;partement de psychologie de l'UQAM et       chercheur au Centre de recherche et d'intervention sur le suicide       (CRISE), a accept&eacute; de partager quelques r&eacute;flexions       sur le sujet&nbsp;:</P>        <P>&laquo;&nbsp;On l'a dit d&eacute;j&agrave;, les probl&egrave;mes       de comportement des gar&ccedil;ons sont plus visibles, plus ext&eacute;rioris&eacute;s.       Tout comme l'hyperactivit&eacute; d&eacute;range la classe, le       suicide, &agrave; sa fa&ccedil;on, est spectaculaire. Deux facteurs       expliquent toutefois le taux de suicide plus &eacute;lev&eacute;       chez les hommes : une plus grande impulsivit&eacute; agressive       (les hommes commettent davantage d'actes de violence, de crimes)       et l'abus d'alcool et de drogues (plus important chez les gar&ccedil;ons).</P>        <P>&laquo;&nbsp;Les d&eacute;veloppements cognitifs et affectifs       ne sont pas en interrelation. Ce n'est donc pas parce qu'on r&eacute;ussit       bien &agrave; l'&eacute;cole qu'on est en meilleure sant&eacute;       mentale...&nbsp;&raquo;</P>        <P><B><FONT COLOR="#666699">NOMBRE DE D&Eacute;C&Egrave;S PAR       SUICIDE</FONT></B></P>        <P><TABLE WIDTH="450" BORDER="1" CELLSPACING="0" CELLPADDING="0"       HEIGHT="107">         <TR>           <TD HEIGHT="24" COLSPAN="2">&nbsp;<B>Sexe masculin</B></TD>                       <TD WIDTH="3%" HEIGHT="24">&nbsp;</TD>            <TD HEIGHT="24" COLSPAN="2">&nbsp;<B>Pour le groupe d'&acirc;ge             de 10-14 ans</B></TD>                     </TR>         <TR>           <TD WIDTH="31%" HEIGHT="17">&nbsp;En 1977</TD>            <TD WIDTH="9%" HEIGHT="17">             <P ALIGN=RIGHT>&nbsp;672</TD>            <TD WIDTH="3%" HEIGHT="17">&nbsp;</TD>            <TD WIDTH="50%" HEIGHT="17">&nbsp;1977</TD>            <TD WIDTH="7%" HEIGHT="17">             <P ALIGN=RIGHT>&nbsp;5</TD>          </TR>         <TR>           <TD WIDTH="31%" HEIGHT="17">&nbsp;En 1998</TD>            <TD WIDTH="9%" HEIGHT="17">             <P ALIGN=RIGHT>&nbsp; 1 058</TD>            <TD WIDTH="3%" HEIGHT="17">&nbsp;</TD>            <TD WIDTH="50%" HEIGHT="17">&nbsp;1998</TD>            <TD WIDTH="7%" HEIGHT="17">             <P ALIGN=RIGHT>&nbsp;11</TD>          </TR>         <TR>           <TD HEIGHT="24" COLSPAN="2">&nbsp;<B>Pour le groupe d'&acirc;ge             15-19</B></TD>                       <TD WIDTH="3%" HEIGHT="24">&nbsp;</TD>            <TD HEIGHT="24" COLSPAN="2">&nbsp;<B><FONT COLOR="#666699">Taux             par 100 000 personnes en 1996-97-98</FONT></B></TD>                     </TR>         <TR>           <TD WIDTH="31%" HEIGHT="17">&nbsp;1977</TD>            <TD WIDTH="9%" HEIGHT="17">             <P ALIGN=RIGHT>&nbsp; 48</TD>            <TD WIDTH="3%" HEIGHT="17">&nbsp;</TD>            <TD WIDTH="50%" HEIGHT="17">&nbsp;Sexe f&eacute;minin</TD>            <TD WIDTH="7%" HEIGHT="17">             <P ALIGN=RIGHT>8, 4</TD>          </TR>         <TR>           <TD WIDTH="31%" HEIGHT="17">&nbsp;1998</TD>            <TD WIDTH="9%" HEIGHT="17">             <P ALIGN=RIGHT>&nbsp; 71</TD>            <TD WIDTH="3%" HEIGHT="17">&nbsp;</TD>            <TD WIDTH="50%" HEIGHT="17">&nbsp;Sexe masculin</TD>            <TD WIDTH="7%" HEIGHT="17">             <P ALIGN=RIGHT>&nbsp;30,4</TD>          </TR>       </TABLE>     </TD>   </TR> </TABLE></CENTER></P>  <P><CENTER><HR SIZE="12" NOSHADE></CENTER></P>  <H1><CENTER><U><FONT COLOR="#666699">LE F&Eacute;MINISME&nbsp;:</FONT></U></CENTER></H1>  <H1><CENTER><U><FONT COLOR="#666699">LE <I>BACKLASH</I></FONT></U></CENTER></H1>  <P><IMG SRC="dosCloche.jpg" WIDTH="70" HEIGHT="85" ALIGN="LEFT" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="2" ALT="Cloche"><B><FONT SIZE="+2">Plus rien n'arr&ecirc;te les filles dans leur promotion individuelle et sociale. M&ecirc;me celles qui obtiennent des r&eacute;sultats scolaires sous la moyenne veulent faire des &eacute;tudes universitaires en plus grand nombre que les gar&ccedil;ons obtenant les m&ecirc;mes notes&nbsp;! Les impacts du mouvement f&eacute;ministe sur la motivation des filles pour les &eacute;tudes et leurs possibilit&eacute;s d'acc&egrave;s &agrave; toutes les professions sont clairs et reconnus. Mais peut-on retourner l'&eacute;nonc&eacute; et mettre en cause le f&eacute;minisme dans la vraisemblable d&eacute;motivation des gar&ccedil;ons pour les &eacute;tudes&nbsp;?</FONT></B></P>  <P><TABLE WIDTH="158" BORDER="0" CELLSPACING="0" CELLPADDING="0">   <TR>     <TD WIDTH="100%" BGCOLOR="#666699">       <P><CENTER><B><FONT COLOR="#ffffff">PAR &Eacute;LAINE H&Eacute;MOND</FONT></B></CENTER></TD>   </TR> </TABLE></P>  <P><B><IMG SRC="dosa%20l%27ecole.jpg" WIDTH="144" HEIGHT="111" ALIGN="LEFT" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Illustration"><FONT  COLOR="#666699" SIZE="+1">C'est la faute des f&eacute;ministes</FONT></B></P>  <P><IMG SRC="dosDesaulniers.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="108" ALIGN="RIGHT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="M.-P. Desaulniers">&laquo;&nbsp;Si elle est rarement soulev&eacute;e clairement, la mise en cause du f&eacute;minisme n'est jamais tr&egrave;s loin, constate <B>Marie-Paule Desaulniers,</B> professeure au D&eacute;partement des sciences de l'&eacute;ducation &agrave; l'UQTR. M&ecirc;me si les avantages des filles en termes de r&eacute;ussite scolaire et de diplomation s'&eacute;tiolent d&egrave;s leur arriv&eacute;e sur le march&eacute; du travail, le malaise des gar&ccedil;ons &agrave; l'&eacute;cole est parfois pr&eacute;sent&eacute; comme un <I>backlash</I> du f&eacute;minisme, du moins dans l'opinion publique.&nbsp;&raquo; Mme Desaulniers, comme d'autres &eacute;ducatrices, per&ccedil;oit plut&ocirc;t le <I>backlash</I> dans l'exploitation antif&eacute;ministe de l'&eacute;cart entre le succ&egrave;s des filles et celui des gar&ccedil;ons dans le syst&egrave;me scolaire.</P>  <P>&laquo;&nbsp;Bien s&ucirc;r, dit-elle, le rattrapage spectaculaire des femmes sur tous les plans depuis trente ans peut para&icirc;tre mena&ccedil;ant&nbsp;! Mais il faut surtout chercher la cause du d&eacute;sarroi des gar&ccedil;ons, et d'un certain nombre d'hommes, dans des probl&eacute;matiques sociales plus larges reli&eacute;es, entre autres, &agrave; l'ouverture rapide du Qu&eacute;bec &agrave; la modernit&eacute;. Le mouvement de prise d'autonomie de la femme n'est pas venu seul &raquo;, rappelle la professeure qui enseigne l'&eacute;ducation sexuelle aux futurs enseignants et aux futures enseignantes. Ce mouvement s'est notamment conjugu&eacute; avec la perte de pouvoir du clerg&eacute; et avec des changements juridiques (contraception, divorce...) qui allaient bouleverser la vie de famille et la vie de couple. Pas de doute, le quotidien des hommes et des femmes, mais aussi les valeurs et les attentes ancestrales li&eacute;es au statut de l'homme dans la soci&eacute;t&eacute; ont &eacute;t&eacute; touch&eacute;es.</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+1">Le succ&egrave;s pour tous</FONT></B></P>  <P><IMG SRC="dosLafortune.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="109" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Louise Lafortune">La math&eacute;maticienne <B>Louise Lafortune,</B> &eacute;galement professeure en &eacute;ducation &agrave; l'UQTR, pousse les hauts cris lorsque l'on insiste sur la performance sup&eacute;rieure des filles &agrave; l'&eacute;cole&nbsp;: &laquo;&nbsp;En sciences et en math&eacute;matiques, au Qu&eacute;bec, les r&eacute;sultats sont identiques pour les gar&ccedil;ons et les filles chez les jeunes de 3e secondaire, dit-elle en se r&eacute;f&eacute;rant &agrave; la Troisi&egrave;me enqu&ecirc;te internationale sur les math&eacute;matiques et les sciences (TEIMS-99). Dans cette &eacute;tude internationale r&eacute;alis&eacute;e en 1999, les jeunes Qu&eacute;b&eacute;cois et Qu&eacute;b&eacute;coises affichent des r&eacute;sultats sup&eacute;rieurs aux &eacute;l&egrave;ves des autres provinces, mais des r&eacute;sultats qui, en termes absolus, sont d&eacute;plorables. En effet, malgr&eacute; des r&eacute;sultats sup&eacute;rieurs &agrave; l'&eacute;chelle canadienne, nos jeunes &eacute;chouent et abandonnent trop ces disciplines. Ils sont ceux qui aiment le moins apprendre les math&eacute;matiques.&nbsp;&raquo;<BR> </P>  <P>Pour Louise Lafortune, des questions plus globales doivent &ecirc;tre pos&eacute;es au sujet de la r&eacute;ussite scolaire. La professeure estime qu'en se penchant trop exclusivement sur les probl&egrave;mes des gar&ccedil;ons, une nouvelle situation d&eacute;sastreuse risque d'&ecirc;tre cr&eacute;&eacute;e. &laquo;&nbsp;Il faut plut&ocirc;t rechercher des solutions ailleurs. Je crois plus &agrave; la p&eacute;dagogie de l'&eacute;quit&eacute; qu'&agrave; la p&eacute;dagogie diff&eacute;renci&eacute;e, dit-elle. En misant sur le d&eacute;veloppement de la m&eacute;tacognition, nous aurions davantage de chances de permettre &agrave; chaque personne d'apprendre en d&eacute;veloppant sa cr&eacute;ativit&eacute;, sa propre autonomie et ses propres strat&eacute;gies. Pour ma part, je ne favorise pas des strat&eacute;gies qui incitent &agrave; la diff&eacute;renciation au d&eacute;part, autant pour les types d'intelligence que pour les styles d'apprentissage ou les genres. Je crains trop que l'on cat&eacute;gorise les &eacute;l&egrave;ves.&nbsp;&raquo;</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+1">Les impacts selon les genres, oui</FONT></B></P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+1">Les inventaires sexu&eacute;s, non</FONT></B></P>  <P><B><IMG SRC="dosCaron.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="108" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Anita Caron"></B>La tendance &agrave; l'inventaire des r&eacute;ussites des gar&ccedil;ons et des filles &agrave; l'&eacute;cole indispose aussi la chercheure <B>Anita Caron,</B> pionni&egrave;re de l'Institut d'&eacute;tudes f&eacute;ministes de l'UQAM. &laquo;&nbsp;Toute &eacute;tude qui &eacute;tablit de la sorte une diff&eacute;renciation des sexes, des ethnies et des religions m&egrave;ne &agrave; l'impasse, dit-elle. C'est tr&egrave;s vicieux de faire ainsi des cat&eacute;gories. C'est aussi dangereux, car si l'on &eacute;tablit que les filles sont meilleures que les gar&ccedil;ons, &eacute;videmment que les gars ne seront pas bons&nbsp;!&nbsp;&raquo;</P>  <P>Si Mme Caron se r&eacute;jouit que les filles b&eacute;n&eacute;ficient maintenant d'un acc&egrave;s plus g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; aux &eacute;tudes et d'une ouverture &agrave; diff&eacute;rentes professions et m&eacute;tiers, elle ne voit pas en quoi le f&eacute;minisme serait la cause de l'insucc&egrave;s des gar&ccedil;ons. &laquo;&nbsp;Il faut regarder d'autres &eacute;l&eacute;ments, croit-elle. Par exemple, l'&eacute;cole qui n'a pas su s'adapter et r&eacute;pondre aux attentes des gar&ccedil;ons... L'absence d'un projet de soci&eacute;t&eacute; qui aurait su r&eacute;pondre aux jeunes des deux sexes... En effet, m&ecirc;me s'il est &eacute;vident que le combat des femmes a contribu&eacute; &agrave; changer les r&egrave;gles du jeu en ce qui concerne l'acc&egrave;s &agrave; de nombreuses professions, dit la professeure, il n'a pas chang&eacute; les conditions sociales et &eacute;conomiques qui pr&eacute;valent dans la soci&eacute;t&eacute;. Ce combat n'a pas chang&eacute; non plus les modalit&eacute;s de l'&eacute;ducation dans les &eacute;coles et dans les familles.&nbsp;&raquo; Selon Mme Caron, les st&eacute;r&eacute;otypes &laquo;&nbsp;homme&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;femme&nbsp;&raquo; sont toujours bien pr&eacute;sents dans la soci&eacute;t&eacute; et continuent &agrave; dicter les comportements et les attitudes.</P>  <P>Non sans sourire, Mme Caron s'&eacute;tonne du peu d'inventaires des postes et des r&eacute;ussites qui &eacute;taient faits quand les hommes &eacute;taient partout. Maintenant, on fait ce d&eacute;compte, car c'est d&eacute;rangeant de voir des femmes acc&eacute;der &agrave; tous les postes. &laquo;&nbsp;Il faut reconna&icirc;tre qu'&agrave; l'heure actuelle des entreprises d&eacute;lib&eacute;r&eacute;es cherchent &agrave; maintenir des pr&eacute;jug&eacute;s sociaux &agrave; l'encontre de l'&eacute;galit&eacute; des personnes, admet-elle. Je crois que le vrai <I>backlash,</I> c'est l&agrave; qu'il se situe.&nbsp;&raquo;</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+1">Du travail et du stress</FONT></B></P>  <P><IMG SRC="dosvandelac.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="101" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Louise Vandelac">Parmi les arguments invoqu&eacute;s pour expliquer le d&eacute;sarroi des enfants et adolescents, notamment des gar&ccedil;ons&nbsp;: l'absence de la m&egrave;re au foyer. Selon <B>Louise Vandelac,</B> professeure titulaire au d&eacute;partement de sociologie de l'UQAM et &agrave; l'Institut des sciences de l'environnement&nbsp;: &laquo;&nbsp;Sans doute vaudrait-il mieux parler de la faible disponibilit&eacute; des parents d&eacute;coulant largement des modalit&eacute;s de restructuration du march&eacute; du travail, ayant pour effets la n&eacute;cessit&eacute; du double revenu et des horaires de travail de plus en plus atypiques. Au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990, selon les statistiques canadiennes, il fallait entre 75 et 80 heures de travail par semaine pour faire vivre une famille moyenne, deux adultes et deux enfants. Vingt ans plus t&ocirc;t, en 1970, il en fallait entre 35 et 40. En 20 ans, on a donc doubl&eacute; le temps de travail requis pour le m&ecirc;me revenu familial. En outre, cette contrainte &eacute;conomique s'est accompagn&eacute;e d'une intensification du rythme de travail et d'horaires de plus en plus atypiques, irr&eacute;guliers, &agrave; contretemps des rythmes sociaux.</P>  <P>&laquo;&nbsp;On estime, en effet, qu'au-del&agrave; des deux tiers des familles canadiennes sont &agrave; double revenu et que dans plus des deux tiers des cas, les conjoints travaillent &agrave; des horaires autres que de neuf &agrave; cinq du lundi au vendredi. En clair, pr&eacute;cise la sociologue, les enfants sont davantage laiss&eacute;s &agrave; eux-m&ecirc;mes et doivent &eacute;pouser les rythmes des parents, eux-m&ecirc;mes de plus en plus d&eacute;bord&eacute;s, voire &eacute;puis&eacute;s par des exigences professionnelles plus lourdes. Tout cela augmente, bien s&ucirc;r, le stress et l'anxi&eacute;t&eacute; de tout le monde et r&eacute;duit le temps de disponibilit&eacute; v&eacute;ritable pour les enfants.&nbsp;&raquo; [...]</P>  <P><B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+1">Du bonheur d'&ecirc;tre fille</FONT></B></P>  <P>Le bien-&ecirc;tre des filles dans le syst&egrave;me scolaire actuel, comme dans la soci&eacute;t&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral, est en train de devenir une l&eacute;gende urbaine. Lorsque l'on s'attarde aux probl&egrave;mes de d&eacute;crochage, de comportement et de d&eacute;motivation qui affectent davantage les gar&ccedil;ons, un effet de comparaison simpliste peut laisser croire que les filles &eacute;voluent d&eacute;sormais dans la vie comme des poissons dans l'eau. &laquo;&nbsp;Il est faux de croire que les filles ont gagn&eacute; une assurance &agrave; toute &eacute;preuve, d&eacute;nonce Marie-Paule Desaulniers. La conscience de leur vuln&eacute;rabilit&eacute; est tr&egrave;s pr&eacute;sente chez les filles, et leur travail &agrave; l'&eacute;cole, et m&ecirc;me &agrave; l'universit&eacute;, est en grande partie li&eacute; &agrave; cette ins&eacute;curit&eacute;. Elles savent notamment que pour r&eacute;ussir dans la vie, elles devront &ecirc;tre plus performantes et mener la double fonction de m&egrave;re et de travailleuse.&nbsp;&raquo;</P>  <P><IMG SRC="dosCossette.jpg" WIDTH="72" HEIGHT="113" ALIGN="LEFT" BORDER="1" NATURALSIZEFLAG="3" ALT="Louise Cossette"><B>Louise Cossette,</B> professeure au D&eacute;partement de psychologie de l'UQAM, abonde dans le m&ecirc;me sens&nbsp;: &laquo;&nbsp;Les filles agissent comme si elles savaient qu'une femme non scolaris&eacute;e s'en tire moins bien qu'un homme non scolaris&eacute; sur le march&eacute; du travail, dit-elle. Un homme sans dipl&ocirc;me trouvera du travail mieux pay&eacute; qu'une femme dans la m&ecirc;me situation. &Agrave; l'inverse, il faut bien constater qu'&agrave; niveau de scolarit&eacute; &eacute;gal, les plus hautes fonctions sont toujours occup&eacute;es par les hommes et le seront sans doute encore pour un bon moment, compte tenu des choix familiaux que font les femmes et que continueront &agrave; faire les femmes.&nbsp;&raquo; Tout comme Marie-Paule Desaulniers, Louise Cossette se fonde, entre autres, sur la conscience de ces r&eacute;alit&eacute;s qu'ont les filles pour expliquer leurs efforts en classe.</P>  <P>Enfin, dans la s&eacute;rie (&agrave; &eacute;crire) <I>Il est temps que Calamity Jane rentre &agrave; la maison,</I> on dit aussi que les filles r&eacute;ussissent mieux &agrave; l'&eacute;cole parce qu'elles sont plus ob&eacute;issantes que les gar&ccedil;ons. Ouf&nbsp;! Heureusement, l&agrave; encore, la recherche en &eacute;ducation apporte des arguments de r&eacute;flexion. Dans son Avis <I>Pour une meilleure r&eacute;ussite des gar&ccedil;ons et des filles, </I>le Conseil sup&eacute;rieur de l'&eacute;ducation fait ressortir que les &eacute;l&egrave;ves les moins conformes aux r&ocirc;les sexuels traditionnels r&eacute;ussissent mieux que les autres &agrave; l'&eacute;cole. L'Avis cite la professeure Pierrette Bouchard, de l'Universit&eacute; Laval, dont les recherches d&eacute;montrent que plus un &eacute;l&egrave;ve (gar&ccedil;on ou fille) adh&egrave;re aux st&eacute;r&eacute;otypes propres &agrave; son sexe, plus cet &eacute;l&egrave;ve se retrouve &agrave; distance du monde scolaire. Inversement, plus l'&eacute;l&egrave;ve r&eacute;siste &agrave; cette assignation sociale, telle que v&eacute;hicul&eacute;e par les rapports sociaux de sexe, plus il (ou elle) est en situation de proximit&eacute; scolaire. De mani&egrave;re attendue, les chercheurs ont v&eacute;rifi&eacute; que les gar&ccedil;ons, plus que les filles, manifestent leur conformit&eacute; aux st&eacute;r&eacute;otypes.</P>  <P>Pas de piti&eacute; pour les gar&ccedil;ons&nbsp;! Les f&eacute;ministes ont r&eacute;ponse &agrave; tout, diront leurs d&eacute;tracteurs &agrave; la fin de cet article. Pourtant, ces professeures et chercheures sont les premi&egrave;res &agrave; d&eacute;noncer le poids mis sur les &eacute;paules de nos gar&ccedil;ons et plusieurs d'entre elles cherchent des solutions. Louise Lafortune est de celles-l&agrave;. Toute math&eacute;maticienne qu'elle soit, elle avance l'id&eacute;e qu'&laquo;&nbsp;une valorisation de la r&eacute;flexion, de la cr&eacute;ativit&eacute; et de l'autonomie pour tous et toutes pourrait soutenir le succ&egrave;s de la trajectoire scolaire des filles comme des gar&ccedil;ons.&nbsp;&raquo; On a sans doute fait jouer aux sciences et aux maths, traditionnellement per&ccedil;ues masculines, un r&ocirc;le disproportionn&eacute; dans le succ&egrave;s des &eacute;tudes et l'accession &agrave; l'universit&eacute;. Parall&egrave;lement, on a aussi accept&eacute; un peu trop facilement que les aptitudes et le go&ucirc;t pour la lecture et l'&eacute;criture soient des histoires de filles. Pourtant, selon Statistique Canada, ce sont les &eacute;checs en langue d'enseignement qui emp&ecirc;chent les jeunes d'acc&eacute;der aux &eacute;tudes universitaires, pas les &eacute;checs en math&eacute;matiques.</P>  <P>Pour les chercheures f&eacute;ministes, reconna&icirc;tre les effets des r&ocirc;les sociaux de sexe et de socialisation, ce n'est pas les ent&eacute;riner. Au contraire, leur reconnaissance serait plut&ocirc;t un pr&eacute;alable vers une &eacute;ducation enfin &eacute;quitable. Plus personne ne veut d'une soci&eacute;t&eacute; o&ugrave; les destins sont jou&eacute;s &agrave; la naissance&nbsp;!</P>  <P><TABLE WIDTH="100%" BORDER="1" CELLSPACING="0" CELLPADDING="12" HEIGHT="200">   <TR>     <TD WIDTH="100%" HEIGHT="199">       <P>&nbsp;<B><FONT COLOR="#666699" SIZE="+2">Des aspirations et       des faits</FONT></B></P>        <P><B><FONT COLOR="#ff0000"><IMG SRC="dosPomme.jpg" WIDTH="50"       HEIGHT="65" ALIGN="LEFT" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="2" ALT="pomme">-       D&egrave;s le d&eacute;but des ann&eacute;es 60, la proportion       des gar&ccedil;ons aspirant &agrave; des &eacute;tudes universitaires       a consid&eacute;rablement augment&eacute; </FONT></B>pour se       stabiliser dans les ann&eacute;es 70 autour de 37&nbsp;%. (Asope       1972&nbsp;: 35&nbsp;%, Perron 1997&nbsp;: 37&nbsp;% - aspirations       mesur&eacute;es en 5e secondaire)</P>        <P><B><FONT COLOR="#ff0000">-</FONT></B>&nbsp;Chez les filles,       le mouvement vers des &eacute;tudes universitaires s'est amorc&eacute;       dans les ann&eacute;es 70 et s'est poursuivi. (Breton 1965 :       10&nbsp;%, Perron 1997 : 45&nbsp;% - aspirations mesur&eacute;es       en 5e secondaire)</P>        <P><B><FONT COLOR="#ff0000">-&nbsp;</FONT></B>La proportion de       gar&ccedil;ons entrant &agrave; l'universit&eacute; a cess&eacute;       de cro&icirc;tre vers la fin des ann&eacute;es 70 et est demeur&eacute;e       stable depuis. En 2001, au premier cycle, il y a 60&nbsp;% de       filles au Qu&eacute;bec</P>        <P><B><FONT COLOR="#ff0000">-</FONT></B>&nbsp;Ces ph&eacute;nom&egrave;nes       ne sont pas sp&eacute;cifiques au Qu&eacute;bec, ils s'&eacute;tendent       &agrave; l'Am&eacute;rique du Nord</P>        <P><B><FONT COLOR="#ff0000">-</FONT></B>&nbsp;Parall&egrave;lement,       la proportion des sans dipl&ocirc;me du secondaire (d&eacute;crocheurs)       est rest&eacute;e stable depuis la fin des ann&eacute;es 70</P>        <P><B><FONT COLOR="#ff0000">-</FONT></B>&nbsp;La plus grande       scolarisation des m&egrave;res ne serait pas d&eacute;terminante       pour la motivation des filles &agrave; faire des &eacute;tudes       plus pouss&eacute;es. En effet, la proportion des enfants (gar&ccedil;ons       et filles) qui aspirent &agrave; des &eacute;tudes universitaires       est plus &eacute;lev&eacute;e quand le p&egrave;re a fait des       &eacute;tudes universitaires que lorsque la m&egrave;re a fait       des &eacute;tudes universitaires</P>        <P><FONT SIZE="-1">Donn&eacute;es tir&eacute;es d'une pr&eacute;sentation       faite au congr&egrave;s de l'ACFAS en 2001 par le groupe de recherche       Ergosum de l'Universit&eacute; Laval et de la T&eacute;luq.</FONT>     </TD>   </TR> </TABLE></P>  <P><A HREF="index.html"><IMG SRC="COUV2002_01.jpg" WIDTH="90" HEIGHT="120" ALIGN="BOTTOM" BORDER="0" NATURALSIZEFLAG="2" ALT="Retour page couv."></A><A HREF="../dossier/index.html"><IMG SRC="../gestion/images/doss_retour.jpg" WIDTH="100" ALIGN="BOTTOM" BORDER="0" ALT="Retour dossier" HEIGHT="54" NATURALSIZEFLAG="2"></A>  </BODY> </HTML> 
