<!-- saved from url=(0022)http://internet.e-mail --> <html>  	<head> 		<meta http-equiv="content-type" content="text/html;charset=iso-8859-1"> 		<meta name="generator" content="Adobe GoLive 4"> 		<title>Combat face au sida - N&deg;28</title> 	</head>  	<body link="red" alink="#ff6600" vlink="#ff9900"> 		<table cool width="523" height="1745" border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" gridx="16" showgridx usegridx gridy="16" showgridy usegridy> 			<tr height="144"> 				<td width="112" height="144" colspan="2" valign="top" align="left" xpos="0"><img src="28_couv.jpg" width="96" height="134" border="0"></td> 				<td width="144" height="144" align="left" xpos="112" content valign="top" csheight="53"><font color="red" face="Gill Sans MT" size="3"><b>Num&eacute;ro 28<br> 							 							juin 2002</b></font></td> 				<td width="266" height="144"></td> 				<td width="1" height="144"><spacer type="block" width="1" height="144"></td> 			</tr> 			<tr height="1600"> 				<td width="16" height="1600"></td> 				<td width="506" height="1600" colspan="3" align="left" xpos="16" content valign="top" csheight="1600"> 					<div align="center"> 						<font face="Arial,Helvetica,Geneva,Swiss,SunSans-Regular" size="4"><b>La chronique du schtroumpf grognon</b></font><font size="2"><br> 						</font></div> 					<p><font size="4" face="Gill Sans MT" color="#b22222"><b>Chasse de race</b></font><font size="2"><br> 						</font></p> 					<p><font size="2"><b>Hubert Lisandre</b><br> 						</font></p> 					<p><font size="2">Tranche de vie. &Agrave; la porte de la bo&icirc;te de nuit, un gros dur blanc genre videur pas subtile annonce &agrave; un gentil maghr&eacute;bin que la soir&eacute;e est priv&eacute;e et qu'il ne peut pas rentrer. Histoire qu'on comprenne bien, il fait rentrer des potes &agrave; lui qui n'ont pas non plus d'invitation mais qui sont tout blancs. Et voil&agrave;-t-y pas que quelques jours plus tard, le m&ecirc;me gros dur devient blanc livide parce qu'il veut prendre le bus alors que celui-ci d&eacute;marre. Il court apr&egrave;s et frappe &agrave; la porte en esp&eacute;rant que le chauffeur va faire un geste - comme quoi, m&ecirc;me les gros durs en chient dans l'existence. Sauf que le conducteur du bus, tiens comme &ccedil;a se trouve, c'est le jeune gentil maghr&eacute;bin. Qui lui lance un dr&ocirc;le d'&#x0153;il, mais qui lui ouvre la porte quand m&ecirc;me. Moralit&eacute; : les gentils maghr&eacute;bins sont gentils, et les gros durs blancs sont des cons. Et accessoirement, faut pas &ecirc;tre raciste, parce qu'&agrave; la fin, on rate le bus.<br> 						</font></p> 					<p><font size="2">Un grand &eacute;lan humanitaire, et sans doute certains chiffres inqui&eacute;tants, ont pouss&eacute; ainsi les autorit&eacute;s publiques &agrave; financer une campagne de clips de ce style contre le racisme. Nous vivons d&eacute;cid&eacute;ment dans une chouette soci&eacute;t&eacute; d'enfants attard&eacute;s, qu'il faut seulement savoir endormir avec de belles histoires &eacute;difiantes. Tout &ccedil;a co&ucirc;te bien s&ucirc;r tr&egrave;s cher, mais quand on aime, hein, on compte pas&#x2026;<br> 						</font></p> 					<p><font size="2">R&eacute;sultat : Le Pen se retrouve au deuxi&egrave;me tour des &eacute;lections pr&eacute;sidentielles. Il doit quand m&ecirc;me y avoir un hic dans la man&#x0153;uvre. Chacun ira ici de sa petite explication, dont la finalit&eacute; est h&eacute;las de v&eacute;rifier qu'on avait bien raison, plus que de se demander v&eacute;ritablement ce qui cloche. Plut&ocirc;t que de m'y risquer &agrave; mon tour, je voudrais attirer l'attention en amont, sur cet immense bavardage qui pr&eacute;side &agrave; notre soci&eacute;t&eacute; dite de communication, o&ugrave; la notion m&ecirc;me de parole se dilue dans une incessante et invisible r&eacute;p&eacute;tition.<br> 						</font></p> 					<div align="center"> 						<p><img src="images/p32_avion_pic.jpg" width="300" height="177" border="0"><br> 							<font size="2"><b><i>Air France vous remercie de votre confiance et vous informe que vos si&egrave;ges ont &eacute;t&eacute; c&eacute;d&eacute;s &agrave; des passagers sous le coup d'une reconduction &agrave; la fronti&egrave;re.&nbsp;Que voulez-vous, l'actualit&eacute;...</i></b></font></p> 					</div> 					<p><font size="2">Maintenant que les dieux sont morts et enterr&eacute;s, on n'a plus le droit de ne pas savoir - sous&#150;entendu : puisqu'on le peut. On croit depuis quinze si&egrave;cles d'&egrave;re chr&eacute;tienne qu'Adam et Eve ont &eacute;t&eacute; chass&eacute;s du Paradis parce qu'ils avaient honteusement copul&eacute;. Pourtant, la fameuse pomme n'&eacute;tait nullement cueillie &agrave; l'arbre du co&iuml;t adult&egrave;re, mais &agrave; l'arbre &quot;de la connaissance&quot; (certains ajoutent : la connaissance du Bien et du Mal, mais peu importe ici). Qu'on puisse &ecirc;tre vir&eacute; de l'Eden parce qu'on se met &agrave; savoir quelque chose semblera d&eacute;lirant pour des oreilles modernes, plut&ocirc;t convaincues, elles, que ce qui en exclut, c'est pr&eacute;cis&eacute;ment l'ignorance.<br> 						</font></p> 					<p><font size="2">Car la dimension du myst&egrave;re n'a plus d&eacute;sormais droit de cit&eacute;. Cet espace de vide du savoir, pas moins b&eacute;ant aujourd'hui qu'hier, ne nous est plus supportable. Peut-&ecirc;tre parce qu'au lieu de se concentrer sur quelques t&ecirc;tes &quot;savantes&quot;, il s'&eacute;tend d&eacute;mocratiquement &agrave; tout un chacun. Ce qu'on ne sait pas, &ccedil;a devient ce qu'on nous cache, ou ce qu'on se cache &agrave; soi-m&ecirc;me - ce qui est d&eacute;j&agrave; mieux, mais ne r&eacute;sout pas tout non plus. Plus de myst&egrave;re, c'est comme &ccedil;a. Seulement des &quot;effets sp&eacute;ciaux&quot;.<br> 						</font></p> 					<p><font size="2">L'effet de ce d&eacute;ni paniqu&eacute; se lit aussi bien dans les &eacute;lans sectaires de ceux qui ne veulent plus rien savoir, que dans les raisons b&eacute;tonn&eacute;es de ceux qui ne pensent plus, parce qu'ils savent d&eacute;j&agrave; tout. La pens&eacute;e a ceci de commun avec la culture : moins on en a, comme on dit, et plus on l'&eacute;tale. Face &agrave; l'imp&eacute;ratif de l'&eacute;taler &agrave; tout prix et &agrave; tout bout de champ, la tentation devient grande de ne plus en avoir du tout. &Ccedil;a fait des &eacute;conomies. Pire : &ccedil;a fait des profits, car c'est bien &ccedil;a qui fait vendre.<br> 						</font></p> 					<p><font size="2">Il faut bien s&ucirc;r, sans doute, s'alarmer de cette discordance raciste entre le pays des Droits de l'Homme et les citoyens qui l'habitent. Mais s'alarmer ne suffit pas. Comme il ne suffit pas d'en faire une campagne de clips, qui ne peut &ecirc;tre que la cerise sur un g&acirc;teau que du coup, on oublierait de pr&eacute;parer. Il faut bien s&ucirc;r, sans doute, s'alarmer de ce vote imb&eacute;cile, et rappeler vite et bien que maintenant, on ne joue plus. Mais s'alarmer ne suffit pas. On peut toujours &quot;avoir honte&quot;, oui, pourquoi pas. Mais apr&egrave;s ?<br> 						</font></p> 					<p><font size="2">Tout cela est sans doute inqui&eacute;tant, mais ce qui l'est plus encore, c'est l'empressement avec lequel on voudrait boucher ces fissures, peut-&ecirc;tre profondes, de nos d&eacute;mocraties &eacute;clair&eacute;es, avec des discours rebattus ou des historiettes d'enfant de ch&#x0153;ur. Ceux qui supporteront ce myst&egrave;re, et se risqueront &agrave; le penser vraiment, ne sont ni dans les agences de pub, ni chez ceux qui les financent, ni chez ces politiques qui &acirc;nonnent pieusement depuis quinze ans qu'ils ont &quot;re&ccedil;u du peuple un message qu'il faut entendre&quot;, pour faire croire qu'ils l'&eacute;coutent encore, alors qu'ils savent d&eacute;j&agrave; tout - c'est normal, ils sortent de l'ENA. <br> 						</font></p> 					<p><font size="2">Mais o&ugrave; sont-ils, ces h&eacute;ros qui oseront encore observer un temps de silence avant de prendre une vraie parole ? Les laissera-t-on seulement se taire, sans les accuser de tous les maux, et les forcer &quot;d'urgence&quot; &agrave; se joindre &agrave; la meute ? Et quand ils parleront, leur discours, de n'&ecirc;tre nulle part pr&eacute;programm&eacute; et pr&ecirc;t &agrave; boire, sera-t-il seulement entendu ? J'ai peur que nos d&eacute;mocraties ne masquent une surdit&eacute; grandissante derri&egrave;re leurs bavardages sans fin, dont l'ivresse donnera lieu &agrave; une belle gueule de bois, le jour o&ugrave; ce qui s'annonce aujourd'hui &agrave; bas bruit se r&eacute;alisera sans parole, avec la violence des naufrages. Que &quot;personne n'aura voulu&quot;, bien s&ucirc;r&#x2026; mais qui en doute ?<br> 						</font></p> 					<p></p> 					<p></p> 					<p></p> 					<p></p> 					<p></p> 					<p></p> 					<p></p> 				</td> 				<td width="1" height="1600"><spacer type="block" width="1" height="1600"></td> 			</tr> 			<tr height="1" cntrlrow> 				<td width="16" height="1"><spacer type="block" width="16" height="1"></td> 				<td width="96" height="1"><spacer type="block" width="96" height="1"></td> 				<td width="144" height="1"><spacer type="block" width="144" height="1"></td> 				<td width="266" height="1"><spacer type="block" width="266" height="1"></td> 				<td width="1" height="1"></td> 			</tr> 		</table> 	</body>  </html> 
