<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN "> <!-- saved from url=(0050)http://www.uottawa.ca/academic/arts/lettres/pc.htm --> <HTML><HEAD><TITLE>Citrouille</TITLE> <META content= "text/html; charset=windows-1252 "http-equiv=Content-Type> <META content= "MSHTML 5.00.2014.210 "name=GENERATOR> <link rel="stylesheet" href="article.css" type="text/css"> </HEAD> <BODY aLink=#ff0000 bgColor=#ffffff link=#0000ff text=#000000  vLink=#551a8b> <FONT size=5>  <P align=left><strong><A  href= "http://www.uottawa.ca/academic/arts/lettres/vanden.html "><font size="5"><BR>   </font></a></strong> </FONT> <div align="left">   <TABLE border=0 cellSpacing=0 width=640 height="2394">     <TR>        <TD vAlign=top width="98" height="2573">          <p><font size="3">Queen's University</font></p>         <p><font size="3"><a href="fren312.htm">French 312</a> </font></p>       </TD>       <TD vAlign=center width="47" height="">&nbsp;</TD>       <TD vAlign=center width="489" height="">          <P align="center"><font size="5"><i> Citrouille</i></font>          <P align="center">de <b>Jean Barbeau </b>          <p class="article">[Ci-dessous, des extraits de la pi&egrave;ce. L'histoire            a lieu dans une cabane dans les bois. L'homme, Michel, vient d'&ecirc;tre            kidnapp&eacute; par trois f&eacute;ministes radicales, Mado, Rachel            et Citrouille.]</p>         <p class="article">p.30-32<br>           RACHEL- Monsieur Lemoyne, ce que nous avons &agrave; vous apprendre...            est un peu d&eacute;licat.<br>           MICHEL- Allez-y directement. J'suis capable d'en prendre.<br>           RACHEL- Vous... vous &ecirc;tes la malheureuse victime de... d'un kidnapping.<br>           MICHEL- Qui ca, moi ?</p>         <p class="article"><i>Il &eacute;clate de rire.</i></p>         <p class="article">CITROUILLE- Attends, mon tabarnac. Tu vas rire assez            jaune t'a l'heure, que les yeux vont t'en brider.</p>         <p class="article"><i>Rachel d'un geste, retient Citrouille qui manifestait            l'intention de s'approcher de Michel.</i></p>         <p class="article">MICHEL- Voudriez-vous dire que... que je suis prisonnier            de trois femmes ?</p>         <p class="article"><i>Il ne cesse de rire...</i></p>         <p class="article">RACHEL- Exactement.<br>           MICHEL- Youpee ! Combien de temps ? Un mois, au moins...</p>         <p class="article"><i>Rachel est d&eacute;contenanc&eacute;e par la r&eacute;action            de Michel. Elle regarde ses compagnes, qui l'incitent &agrave; continuer.</i></p>         <p class="article">RACHEL- Ce n'est pas du tout ce que vous croyez. En            fait, nous... nous allons vous retenir pour la fin de semaine, d'abord...            Ensuite, on verra... Je souhaite que l'op&eacute;ration se d&eacute;roule            dans les meilleures conditions, compte tenu des circonstances. Si vous            acceptiez de... de coop&eacute;rer, il se pourrait que nous devenions            de bons amis, malgr&eacute; les... les divergences fondamentales qui            nous s&eacute;parent.<br>           MICHEL- Coop&eacute;rer ? Mais comment donc ? Moi qui r&ecirc;vais d'un            cong&eacute;, pis j'me demandais comment m'y prendre, o&ugrave; aller,            quoi faire... Ah ! L'intuition f&eacute;minine...<br>           MADO- Pr&eacute;jug&eacute; !<br>           MICHEL- Prisonnier de trois femmes... (Sur un ton m&eacute;lodramatique.)            Esclave de leurs moindres d&eacute;sirs. &Agrave; la merci de toutes            leurs passions. Le sultan prisonnier de son harem. Ou encore... Entre            les griffes des amazones, dans une jungle sensuelle et sauvage...<br>           CITROUILLE- Arr&ecirc;te de niaiser.<br>           MADO- On est... on est trois femmes... qui ont d&eacute;cid&eacute;            de... de r&eacute;gler leurs comptes, avec les hommes.<br>           MICHEL- St-Ciboire ! Des f&eacute;ministes. Des woman's lib...Des vraies.            J'peux t'y toucher... (Il monte debout sur une chaise.) Il est chouaitable            que la femme echtime n&eacute;ch&egrave;chaire...<br>           CITROUILLE- Arr&ecirc;t&eacute; de faire le bouffon, ou j't'arrache            un bras, pis j't'assomme avec le boutte saignant.<br>           MADO- Citrouille, pas d'&eacute;nervement...<br>           CITROUILLE- Il est aussi ben de discontinuer son show, parce que sans            &ccedil;a, je l'&eacute;tripe...<br>           MADO- Michel, tu... tu devrais pas prendre &ccedil;a de m&ecirc;me.            C'est... c'est s&eacute;rieux...<br>           MICHEL, <i>riant de plus belle</i>- Pis c'est s&eacute;rieux &agrave;            part de ca.</p>         <p class="article"><i>Il s'assoit, mort de rire. Les trois femmes se regardent            d&eacute;contenanc&eacute;es. Puis, Michel, se levant brusquement, fait            &quot;boo&quot; au visage de Mado, qui sursaute, et recule vivement.            Rachel a eu aussi une r&eacute;action de crainte. Citrouille n'a pas            boug&eacute;. Elle s'avance et gifle Michel. Il cesse de rire et la            saisit par le collet.</i></p>         <p class="article">MICHEL- Je te conseille de pas recommencer &ccedil;a            une autre fois, parce que j'te transforme en compote... Citrouille.<br>           CITROUILLE- Tu m'&eacute;narves pas... pis arr&ecirc;te de me souffler            dans la face. Tu sens le fond de tonne.<br>           MICHEL- Tu peux te compter chanceuse d'&ecirc;tre une femme.<br>           CITROUILLE- Pr&eacute;jug&eacute; !<br>           RACHEL- Si... si nous en sommes rendues &agrave; ce point, c'est que            ce n'est pas pr&eacute;cis&eacute;ment une chance d'&ecirc;tre femme...<br>           MICHEL- Bon ! J'ai assez perdu de temps. Pis les clubs de lesbiennes,            j'ai jamais aim&eacute; &ccedil;a.<br>           MADO- Pr&eacute;jug&eacute; !</p>         <p class="article">p.33<br>           MICHEL- Bon ! Mettons quelque chose au clair. Il est possible que je            reste ici cette nuit, de mon plein gr&eacute;. J'suis prisonnier de            personne, okay ? <i>(&Agrave; Mado.) </i>Dans le coffre &agrave; gant            de la voiture, y'a une bouteille de gin... Va la chercher. J'ai besoin            de me calmer les nerfs. <i>(Mado a un mouvement, presqu'imperceptible,            mais elle ne bouge pas)</i>. Bravo, mademoiselle. Vous v'nez de prouver            de fa&ccedil;on &eacute;clatante que vous &ecirc;tes une femme lib&eacute;r&eacute;e.            Nous sommes ici en pr&eacute;sence d'un cas fort int&eacute;ressant            de femme affranchie, de... type R.C.A. Victor n&eacute;gatif... qui            ne r&eacute;pond plus &agrave; la voix de son ma&icirc;tre, du premier            coup... <i>(Il lui donne une taloche sur les fesses.)</i> Fais ta fine.            Vas-y... (Mado regarde Citrouille, qui lui fait non de la t&ecirc;te.)            Comprends donc, abrutie, que si je suis prisonnier, j'peux quand m&ecirc;me            pas aller me promener dehors, comme je le veux... <i>(&Agrave; Rachel.)</i>            Madame, je suis tout ou&iuml;e.<br>           CITROUILLE- J'va te les serrer, les ou&iuml;es, moi, si tu descends            pas d'un cran.</p>         <p class="article"><i>Pendant le la&iuml;us de Rachel, Michel ne semblera            gu&egrave;re &eacute;couter. Il va se montrer provoquant, en prenant            Mado par la taille, en caressant les cheveux de Rachel, en t&acirc;tant            une cuisse, en effleurant un sein.</i></p>         <p class="article">RACHEL- Monsieur Lemoyne, quelques femmes, assez lasses            de constater l'inefficacit&eacute; de leurs efforts pour convaincre            l'homme de changer d'attitude envers elles... efforts fournis dans le            cadre limit&eacute; des moyens l&eacute;gaux mis &agrave; notre disposition...            Quelques femmes, donc, ayant constat&eacute; &eacute;galement un certain            affaiblissement de la revendication f&eacute;minine, pour ne pas dire            une certaine complaisance &agrave; se voir mise en &eacute;vidence...<br>           CITROUILLE- Envoie ! Aboutis, abc&egrave;s !</p>         <p class="article">p.97-99 [Sc&egrave;ne finale de la pi&egrave;ce ou            les femmes agissent avec plus de contr&ocirc;le sur Michel]</p>         <p class="article">MADO- On t'a averti de pas dire non...<br>           CITROUILLE- Deboutte... <i>(Il ne bouge pas.)</i> J'ai dit deboutte...</p>         <p class="article"><i>Autre br&ucirc;lure. Michel r&eacute;ussit p&eacute;niblement            &agrave; se mettre sur les genoux mais en demeurant le front appuy&eacute;            par terre. Il est compl&egrave;tement h&eacute;b&eacute;t&eacute;, ahuri.            Il se met &agrave; ramper par terre en direction de la sortie. Elles            le poussent toujours du pied.</i></p>         <p class="article">MADO- Mais o&ugrave; tu vas, comme &ccedil;a ?<br>           CITROUILLE- Tu parles d'une fa&ccedil;on de marcher.<br>           RACHEL- Debout !<br>           CITROUILLE- Comme on, superman. Fais un miracle.<br>           MADO- Qu'est-ce que t'attends, superman ? Appelle tes chums &agrave;            ton secours.<br>           RACHEL- Crie, superman... Crie... Ils vont peut-&ecirc;tre t'entendre.</p>         <p class="article"><i>Michel g&eacute;mit.</i></p>         <p class="article">CITROUILLE- C'est pas assez fort. Ils t'entendront            pas. Ils viendront pas.<br>           MADO- Mais il y a quelqu'un d'autre qui peut venir te sortir de l&agrave;.<br>           RACHEL- Quelqu'un qu'on appelle toujours dans ces moments-l&agrave;.<br>           CITROUILLE- Une personne qui nous est ch&egrave;re...<br>           MADO- Crie, superman... Plus fort...<br>           RACHEL- Appelle-l&agrave;, superman... Elle te br&ucirc;le les l&egrave;vres.<br>           MADO- Qui, superman... Qui... Dis-le... Appelle...<br>           TOUTES- Crie-lui, superman...</p>         <p class="article"><i>Il lance une suite de cris.</i></p>         <p class="article">TOUTES- Qui &ccedil;a ? Qui...</p>         <p class="article"><i>Puis il lance &quot;maman&quot;, ou une d&eacute;formation            enfantine de ce mot-l&agrave;. Les trois femmes cessent de le harceler            et se penchent sur lui.</i></p>         <p class="article">TOUTES- Encore... Appelle-la... Plus fort, superman...<br>         </p>         <p class="article"><i>Il continue &agrave; appeler. Elles se joignent            &agrave; lui. Les appels continuent plus p&eacute;nibles de la part            de Michel, repris en &eacute;cho et tourn&eacute;s en d&eacute;rision            de la part de Mado et de Citrouille. Rachel s'est &eacute;loign&eacute;e            un peu.</i></p>         <p class="article">MADO- Regarde, superman... Elle t'a entendu...<br>           RACHEL- Je suis l&agrave;, pr&egrave;s de toi... Viens voir ta maman...<br>           MADO, <i>naturellement, sur un ton non &eacute;quivoque</i>- Viens voir            ta m&egrave;re.<br>           CITROUILLE- Rampe, supersnake...<br>           MADO- Vas-y, serpent venimeux...<br>           RACHEL- Viens voir ta m&egrave;re, mon p'tit reptile...</p>         <p class="article"><i>Michel compl&egrave;tement d&eacute;boussol&eacute;            rampe vers Rachel.</i></p>         <p class="article">CITROUILLE- Come on, supersnake. Ta maman a une belle            surprise pour toi.<br>           RACHEL- Viens plus pr&egrave;s, mon petit serpent...</p>         <p class="article"><i>Michel est aux pieds de Rachel.</i></p>         <p class="article">MADO- Regarde, supersnake...<br>           CITROUILLE- Regarde ce que maman va te donner...<br>           RACHEL- Une pomme, serpent...<br>           TOUTES- Oh ! La belle pomme...</p>         <p class="article"><i>On lui place la pomme dans la bouche en guise de            b&acirc;illon.</i></p>         <p class="article">RACHEL- C'est &agrave; ton tour, serpent...</p>         <p class="article"><i>Les lumi&egrave;res descendent lentement ; les femmes            commencent &agrave; se d&eacute;v&ecirc;tir en se penchant sur Michel.            Elles se mettent &agrave; lui faire l'amour doucement. Leurs gestes            deviennent plus sauvages. Noir. Cri de Michel.<br>           </i> </p>         <p class="article"><span class="article">(1975) </span></p>         </TD>       <P align=center></P>     </TR>     <TR>       <TD vAlign=top width="98" height="">&nbsp;</TD>       <TD vAlign=center width="47" height="">&nbsp;</TD>       <TD vAlign=center width="489" height="">&nbsp;</TD>     </TR>   </TABLE> </div> </BODY></HTML> 
