<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.01//EN" "http://www.w3.org/TR/html4/strict.dtd"> <html>  <head> <title>Revue Solaris 142: Chronique Sci-Nema</title> <meta http-equiv="Content-Language" content="fr-ca"> <meta name="GENERATOR" content="Microsoft FrontPage 5.0"> <meta name="ProgId" content="FrontPage.Editor.Document"> <link rel="stylesheet" type="text/css" href="../../solaris.css" /> <link rel="icon" type="image/x-icon" href="../../solaris.ico" /> </head>  <body> <p align="center"><img border="0" src="../../navbar/sologo.gif" width="280" height="80"><br /> <a href="../../quoi_de_neuf.htm"><img src="../../navbar/quoi_de_neuf.gif" alt=" Quoi de neuf? 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Et cette saison estivale 2002 dbute avec deux des films les plus attendus de l't: <b>Spider-Man </b>de Sam Raimi et <b>StarWars Episode II: Attack of the Clones </b>de George Lucas. Dans les deux cas l'attente n'a pas t de mme nature. Par consquent, la raction publique  la sortie de chacun de ces deux films a t diffrente. Et la mienne aussi.</p>        <h3><b>Plus enchevtr qu'une toile d'araigne</b></h3> <p>J'ai lu un peu partout que l'adaptation cinmatographique de <b>Spider-Man </b>tait attendue depuis dix ans, ce qui, sans tre totalement faux, ne rvle pas toute la vrit. Car s'il est vrai que ce film est en projet  Hollywood depuis dix ans, les fans de la bande dessine originelle, eux, rvent d'un film depuis bien plus longtemps que a.  </p> <p>On peut s'tonner qu'Hollywood ait mis tant d'annes  porter au grand cran le hros masqu, alors que ds 1978, par exemple, Warner Bros offrait une adaptation de <i>Superman</i>. Batman a aussi perc au grand cran des annes avant Spider-Man, ce dernier superhros dpassant pourtant en popularit ses confrres chez les lecteurs de <i>comics</i>.</p> <p>Eh bien, curieusement, c'est un peu la faute  Stan Lee, le crateur de Spider-Man, si les choses ont tant tard  pas ncessairement de son plein gr d'ailleurs. Un peu d'histoire s'impose ici. En 1962, Stan Lee cre Spider-Man, avec le dessinateur Steve Ditko. Lorsque Lee prsente pour la premire fois son nouveau superhros, l'diteur en chef chez Marvel n'y trouve rien de publiable. Le hros est un adolescent, les gens dtestent les araignes bref, on propose  l'auteur d'oublier le concept. Stan Lee publie tout de mme sa premire histoire, qui raconte l'origine des super-pouvoirs de son hros, dans <b>Amazing Fantasy</b>. De toute faon, peu de gens se proccupent dsormais de cette revue, dont on abandonnera la publication avec ce numro 15. Toutefois, suite  l'accueil dlirant rserv par les lecteurs  ce nouveau hros, Marvel change de cap et dbute la publication de <i>The Amazing Spider-Man </i>ds 1963.</p> <p>Au fil des ans, l'volution du march des <i>comic books </i>et  l'amicale  concurrence entre Marvel et DC Comics favorise diverses adaptations de leurs superhros maison. C'est ainsi que <i>Spider-Man </i>est d'abord adapt en srie d'animation pour ABC (1967  1970). Puis, quatre films tourns pour CBS (avec de vrais acteurs) sont diffuss en 1978-1979. Enfin, toujours au petit cran, une seconde srie d'animation est produite pour la NBC en 1981-1982. Les sries animes demeureront dans les mmoires, mais pas les tlfilms. Pas plus que l'acteur personnifiant Parker/Spider-Man, Nicholas Hammond, qui fera carrire dans divers rles secondaires de sries tl, un de ses seuls rles au grand cran tant un rle de soutien dans <b>Crocodile Dundee in Los Angeles </b>en 2001.</p> <p>DC Comics faisant partie du mme conglomrat que Warner Bros, un lien naturel favorise des adaptations de <i>Superman </i>et de <i>Batman</i>, avec chaque fois un budget confortable. Les films deviennent des franchises pour leurs producteurs respectifs : quatre longs mtrages sont raliss pour chacun.</p> <p>Et voil ce qui agace Stan Lee. Il rve de plus en plus de voir son hros, la tte d'affiche de Marvel, adapt lui aussi au grand cran. L'ternelle blague entre lui et Jerry Siegel,  savoir lequel de Spider-Man ou Superman est le plus populaire, cesse d'tre amusante lors de l'adaptation russie de <b>Superman </b>en 1978.</p> <p>Stan Lee dcide donc, au dbut des annes 80, de vendre les droits d'adaptation de <i>Spider-Man </i>au premier intress : Cannon Films. Premire mauvaise transaction. Sans entrer dans les dtails, mentionnons que la stratgie de financement de Cannon est particulire: ils vendent les droits de divers produits drivs avant la production du film et, avec les versements reus  l'avance, tentent de financer le film. Trop souvent, ils ne produisent mme pas les films projets, se contentant d'appter les acheteurs de droits drivs (qui fabriquent et vendent des jouets malgr tout) avec des grandes annonces pompeuses de leurs films  venir. Le premier scnario propos  Lee met en scne un Peter Parker qui se transforme en araigne gante (avec huit pattes et tout) aprs avoir t mordu par une araigne radioactive. Heureusement, Lee a gard un droit de veto sur le traitement. Quelques autres scnaristes sont appels  la rescousse du projet, que l'on prvoit alors confier  Tobe Hooper. Le projet s'enlise jusqu'en 1990, en dpit du fait que la bande dessine <i>Spider-Man </i>est plus populaire que jamais. Ainsi, le premier numro d'une toute nouvelle srie signe Todd McFarlane devient ds sa parution le <i>comic book </i>le plus vendu de l'histoire des tats-Unis.</p> <p>Finalement, Cannon Films fait faillite et son catalogue est rachet par MGM qui, en change du dpart de Menahem Golan (fondateur de Cannon), lui laisse les droits de <i>Spider-Man </i>lorsqu'il cre sa nouvelle compagnie: 21st Century Films. Seconde mauvaise transaction : c'est cette compagnie qui mnera la plupart des studios hollywoodiens en cour avant que le film ne puisse tre mis en production.</p> <p>Car utilisant le mme genre de stratgie que Cannon, 21st Century vend d'avance les droits de tlvision mondiaux  Paramount Pictures et les droits vido  Columbia Pictures. Mais cette fois, Golan voudrait rellement produire le film (il avait dj engag un scnariste avec instruction d'crire un traitement que l'on pourrait tourner pour cinq millions). Il se tourne donc vers Carolco (studio reconnu alors pour ses films  gros budget comme <b>Total Recall </b>et qui produira aussi <b>Terminator 2</b>), qui s'engage  produire un Spider-Man pour cinquante millions de dollars. Carolco confie le projet  James Cameron, qui agirait comme scnarise et ralisateur et on lui donne un droit de regard sur le gnrique du film, une clause de base dans le contrat de Cameron.</p> <p>Entre temps, Warner produit avec succs l'adaptation de <b>Batman </b>et annonce la prparation d'une suite. En aot 1990, les fans commencent donc rellement  croire  l'imminence d'un film adapt de <i>Spider-Man</i>. On voit mme l'apparition de divers objets comme des porte-cls annonant le film de Cameron pour 1993. </p> <p>Le problme suivant survient lorsque Cameron insiste pour ne pas crditer Golan comme co-producteur puisque son nom est synonyme de mauvais films  petit budget (pour tre poli). Hlas, ce dernier s'est assur lors de son entente avec Carolco que ce dtail n'est pas ngociable. Le projet est mis en veilleuse le temps de rgler ce litige, alors que les versions du scnario se succdent.</p> <p>Mais, en 1993, Carolco, en difficult financire aprs le peu de succs de quelques films coteux (dont <b>The Last Action Hero</b>), vend ses droits sur <i>Spider-Man </i> MGM. Dans les annes qui suivent, une bataille juridique s'engage entre MGM, Paramount, Columbia, 21st Century, Carolco et Marvel. Tout le monde poursuit <i>littralement </i>tout le monde, une incroyable et trs longue histoire que je rsume ici en quelques lignes. L'enjeu est plus important que prvu car le march des films  gros budget a volu au fil des ans. Chaque studio rve d'une franchise  la <i>James Bond </i>ou  la <i>Star Wars</i>, et <i>Spider-Man </i>semble avoir un potentiel de franchise et de produits drivs importants.</p> <p>Pour finir, 21st Century, Carolco et Marvel font tous faillite et c'est la consternation chez les fans de <i>Spider-Man</i>.  </p> <p>Surprise! C'est  ce moment que les choses se prcipitent. Car de toutes les compagnies relies au Groupe Marvel, l'une survit, rcupre le catalogue des <i>comic books </i>et relance la compagnie. Cette nouvelle Marvel s'associe  Sony Pictures, propritaire de Columbia, pour reprendre le projet de <i>Spider-Man </i>au grand cran. Carolco et 21st Century n'tant plus de la partie, la bataille des droits se droule donc entre Paramount, MGM et Sony.</p> <p>Sony a alors un autre litige en suspens avec MGM concernant les droits de <i>James Bond</i>. En effet, Columbia dtient une parcelle des droits de Bond aprs son achat du roman <b>Casino Royale </b>(produit en 1967) et se propose d'utiliser cette parcelle pour lancer sa propre srie de <i>James Bond </i>ou bien rcuprer une partie des profits raliss sur la srie principale de MGM. Les deux studios s'entendent hors cour. Le rsultat en est le rapatriement des droits de Bond chez MGM alors que Sony rcupre les droits de <i>Spider-Man </i>dtenus par MGM, incluant les traitements antrieurs et le scnario de James Cameron. La position de Paramount est plus faible, puisqu'ils n'ont acquis que les droits de tlvision du projet de 21st Century et que le contrat a une date d'chance clairement tablie.</p> <p>Ainsi, aprs plus de vingt ans d'annonce, de controverse, de rumeurs et de batailles judiciaires, Sony annonce enfin la mise en production de son <b>Spider-Man</b>. Il est amusant de noter que plus d'une quinzaine de scnaristes ont travaill sur les diffrentes versions du scnario. Le scnariste crdit au gnrique, David Koepp, ayant le droit lgal de piger dans les versions antrieures dtenues par Sony, il devient alors pratiquement impossible de savoir exactement qui a eu quelle ide dans le rsultat final. On en attribue plusieurs  Cameron, mais il avait aussi quelques prdcesseurs. Sans oublier qu'au moins deux autres conseillers ont travaill aprs Koepp sur la version qui a t tourne par Sam Raimi, cette version qui est sortie dans nos salles en ce dbut de mai 2002.</p>        <h3><b>Spider-Man</b>: Plus de bons choix que de mauvais.</h3> <p>L'apprciation d'un film adapt de matriel culte dpend beaucoup de votre propre exprience avec l'uvre originale. Disons d'emble que <b>Spider-Man </b>est un trs bon divertissement et que j'ai trouv que Raimi avait fait des bons choix.</p> <p>J'aime bien la performance de Tobey Maguire dans le rle titre. Il offre un jeu plus subtil que plusieurs jeunes acteurs plus populaires que lui. On se souvient de son excellente performance dans <b>Wonder Boys </b>par exemple. Il est parfaitement crdible en Peter Parker tel que l'amateur de la srie anime et de la bande dessine l'imaginait, mme si on a modernis un peu le personnage.  </p> <p>J'aime encore plus la performance de Willem Dafoe en Osborne/Goblin. Dafoe est lui aussi un acteur dont le talent dpasse la renomme et il offre quelques-unes des meilleures scnes du film. J'aime particulirement la scne du miroir (clin d'il  <b>Evil Dead II </b>?). Par contre, le costume que l'on a concoct pour le Green Goblin est trop rigide, trop statique, trop  Batman Forever   mon got. Il nuit  l'intensit du personnage cr par Dafoe, dont on ne voit plus que les yeux. Je prfre nettement le costume de Spider-Man, plus respectueux du personnage dessin, plus crdible aussi. L'ide qu'il ne trouve pas son nom lui-mme est aussi un ajout intressant.  </p> <p>Kirsten Dunst est trs bonne dans le rle de Mary Jane : elle remonte dans mon estime (qui tait trs basse aprs son <b>Bring It On</b>). Par contre, mme si j'en comprends les raisons, je n'apprcie pas que l'on ait fondu plusieurs personnages fminins de la bande dessine en un seul, et qu'on en ait fait une voisine d'enfance de Peter. Le scnario aurait pu difficilement faire autrement dans un film de deux heures, mais a m'a agac. Pire, a contribue  diminuer l'intensit et la force de certaines scnes directement tires de la bande dessine, comme celle o Spider-Man doit choisir entre la fille dont il est amoureux (Gwen dans la BD, Mary Jane dans le film) et le tlphrique rempli de gens. On notera que dans le film, il n'a finalement pas eu  faire de choix.</p> <p>D'autres petites modifications de ce genre, parfois inutiles, contribuent  diminuer la force des personnages. Dans le film, on donne une raison  Peter pour ne pas intervenir lors du vol des recettes de la soire de lutte (le promoteur ne lui paye pas son d) alors que, dans l'histoire d'origine, il n'avait aucune autre excuse que de ne pas vouloir s'en mler. Le sentiment de culpabilit tait encore plus fort aprs coup. D'autres changements par rapport  la bande dessine sont judicieux (j'ai toujours trouv fort tonnant que le voleur choisisse la maison de l'oncle Ben pour faire un cambriolage  concidence trop forte dans une ville comme New York).  </p> <p>J'aime beaucoup que le scnario respecte les origines du mythe, tout en le modernisant. L'araigne gntiquement modifie est plus reprsentative de notre poque que celle transforme par les radiations, responsables de tous les maux dans les annes soixante. L'ide (controverse et je me demande pourquoi) du fluide organique est bien plus ingnieuse que l'explication de la BD, o c'est Peter qui invente les outils et la colle spciale en question. Comme les araignes produisent organiquement leur toile, je trouve que le film corrige l'une des plus grandes faiblesses de la bande dessine.</p> <p>J'adore le personnage de J. Jonah Jameson, encore plus savoureux que celui de la BD et de la srie anime! On en redemande!  </p> <p>La seule vritable faiblesse de <b>Spider-Man </b>est un manque d'intensit dramatique,  certains moments. J'attribue cette faiblesse  trois lments majeurs. Premirement, la fusion des personnages fminins, qui attribue  Mary Jane trop de caractres diffrents. Ensuite, le manque de vertige que l'on devrait ressentir lorsque l'on suit Spider-Man au-dessus des rues de New York. L'animation est correcte; elle aurait d tre vertigineuse. Enfin, la ralisation soigneuse mais prudente de Sam Raimi, dont les trois derniers films dmontrent une meilleure matrise technique mais moins d'intensit que ses premiers films.</p> <p>Bref, <b>Spider-Man </b>est un excellent divertissement, et qui laisse esprer encore mieux dans la suite dj annonce pour 2004, avec la mme quipe devant et derrire la camra. Et prparez-vous, ce nouvel opus ne sera pas le seul film de superhros que vous verrez prochainement, puisqu'aprs le succs de <b>X-Men </b>en 2000, <b>Spider-Man </b>a dfinitivement confirm la mise en chantier de  X-Men 2 ,  The Fantastic Four  et  The Hulk . [<i>HM</i>]</p>        <h3><b>Star Wars Episode II - Attack of the Clones</b>: Divertissant et satisfaisant </h3> <p><img border="0" src="../../couvertures/films/stawar2.jpg" align="right" width="159" height="250">Bon, autant l'avouer d'entre de jeu : je suis un fan de <i>Star Wars </i>depuis longtemps. Je suis mme en quelque sorte n  la SF avec <b>The Empire Strikes Back </b>en 1980. Ainsi, c'est maintenant avec des sentiments confus que j'accueille un nouvel opus de ma srie culte de SF.</p> <p>D'abord, oui, l'excitation. Pas aussi forte que celle qui a prcd la sortie de <b>The Phantom Menace</b>, puisque, d'une part, l'attente a t moins longue et que, d'autre part, l'pisode 1 s'tait avr le film le plus faible de la srie.</p> <p>Ensuite, de la crainte. Crainte, car je ne suis plus l'ado que j'tais  la sortie d'<b>Empire </b>ou le jeune fan de l'poque de <b>Return of The Jedi</b>. Mon exprience de cinphile et de lecteur de SF n'est plus la mme, mais surtout, j'ai toujours un peu peur que Lucas gche tout, comme trop de suites banales ont fini par gcher l'image/le souvenir que nous avons d'excellents films. Comme <b>Alien</b>, par exemple.</p> <p>Enfin, de l'exaspration. D'avoir  supporter (c'est le mot), la campagne mdiatique clinquante qui entoure dsormais chaque nouveau <i>Star Wars</i>, avec plus de produits drivs que les gens sont prts  acheter et des  pices de collection  limites  des centaines de milliers d'exemplaires! Exaspration aussi d'en voir trop avant de voir le film lui-mme, avec toute la srie de bandes-annonces distribues au cours des derniers mois. J'ai pris la peine de n'en voir qu'une seule, la premire, o la respiration de Vader sert de fond sonore. Enfin, mon exaspration a atteint un sommet suite  mon implication dans les affaires de l'industrie et les longues et pnibles ngociations avec LucasFilm/20th Century Fox (ce qui s'tait galement produit lors de la sortie de <b>The Phantom Menace </b>en 1999).</p> <p>Pour justifier que <b>Attack of the Clones </b>sortait sur moins d'crans que <b>The Phantom Menace </b>ou <b>Spider-Man </b>et pour concder  l'avance le fameux record du meilleur week-end d'ouverture au <i>box office</i>, Lucas a spcifi qu'il ne faisait pas de films pour l'argent ou les records, mais pour raconter des histoires que les gens aimeraient voir. Certains mdias, embrouills par ses propos techniques, ont dit que Lucas exigeait la certification THX pour jouer <b>Attack of the Clones </b>en primeur et que peu de salles avaient cette certification technique. Ce qui est totalement faux : LucasFilm/Fox ont exig, comme pour <b>The Phantom Menace</b>, d'offrir le son digital, ce que la grande majorit des salles sont en mesure d'offrir. Si plus de 90 % des cinmas indpendants du Qubec, et mme le gant Famous Players au Canada, ont refus d'ouvrir le film ou l'ont ouvert en prenant une quantit trs limite de copies, c'est seulement  cause des conditions exiges par la Fox, juges draisonnables et exorbitantes par les propritaires et programmateurs. Dans un cinma indpendant moyen de rgion, le contrat de LucasFilm exigeait de jouer le film huit semaines minimum dans la plus grande salle, avec des pourcentages de remise des recettes d'au moins 70 % pour les trois premires semaines. Comparons avec <b>Spider-Man</b>, pour la mme priode, film galement trs attendu : on demandait 70 %, 60 % et 50 % pour ses trois premires semaines, laissant le choix au propritaire de la salle de dplacer le film dans une plus petite salle si la frquentation diminuait. LucasFilm prvoyait des pnalits si le film tait dplac, mme si les recettes n'taient pas au rendez-vous, et mme aprs six ou sept semaines, ce qui empchait d'ouvrir toute primeur pour deux mois dans la plus forte saison de l'anne (puisque les autres distributeurs aussi veulent ouvrir dans les grandes salles pour leur premire semaine). Au moment d'crire ces lignes, les recettes en grande baisse du troisime week-end de <b>Attack of the Clones </b>ont donn raison aux programmateurs.</p> <p>Et voil o sont les priorits de LucasFilm et Fox, qui veulent seulement raconter des histoires que les gens aiment voir.</p> <p>Ce genre de ngociations gruge beaucoup du fan en vous! Ainsi, <b>Attack of the Clones </b>est le premier film de la srie que je ne vois pas ds sa soire d'ouverture (j'ai mme vu <b>The Phantom Menace </b>quatorze jours avant sa sortie). Pire, j'ai vu le film plus tt que prvu pour pouvoir rdiger cette chronique avant ma date de tombe, un comble pour un fan, non? Et je ne suis pas le seul en Amrique  avoir attendu avec plus d'impatience la sortie de <b>Spider-Man </b>puisque, les recettes le confirment, le film de Raimi a (pour le moment) fait plus d'argent, plus rapidement et ses recettes se sont dj maintenues plus longtemps  un haut niveau que le film de Lucas.</p> <p>Une fois tout ceci remis en contexte, je peux maintenant avouer en toute franchise, et avec un peu de honte que j'ai bien aim <b>Attack of The Clones</b>. Je me demande encore pourquoi Lucas a choisi ce titre alors que, ds le film original de 1977, Obi-Wan Kenobi lui fournissait dj un titre parfait :  <i>The Clone Wars </i>. Peu importe : j'ai pass un excellent moment pendant les quelque deux heures et demi que dure le film. Ce n'est pas un  grand  <i>Star Wars</i>, mais, srieusement, qui s'attend encore  ce que George Lucas atteigne le niveau de <b>The Empire Strikes Back</b>, ou du premier film de 1977? Pas moi. On a tendance  oublier qu'<b>Empire </b>n'a pas t scnaris et ralis par Lucas. (Pour les puristes, spcifions que nous savons bien qu'en tant que producteur de la srie Lucas a suivi de trs prs le travail de ses ralisateurs et qu'il a collabor troitement aux scnarios, mais il n'en demeure pas moins que <b>Empire </b>est teint de la vision de Irvin Kershner et, surtout, des dialogues de Leigh Brackett et Lawrence Kasdan.)</p> <p>Ceci dit, <i>Episode II </i>propose une histoire  la fois plus intressante, plus complexe et mieux rythme que <b>The Phantom Menace</b>. Il est plus facile de s'identifier et de s'attacher  un Anakin jeune adulte qu'au garonnet du film prcdent. Son caractre fougueux, impatient et colrique est dj un atout  j'avais peur que cet opus ne soit qu'une histoire d'amour, ce qui aurait pu tre dsastreux car certains dialogues entre Padme et Anakin sont <i>vraiment </i>mauvais! Autre qualit, on ne peut pas ignorer le degr d'humour bon enfant du film  ici provenant autant d'Obi-Wan et Anakin que des fidles clowns-drodes R2-D2 et C-3PO. Cet humour, sans tre au niveau des pisodes de la premire trilogie, manquait cruellement  <b>The Phantom Menace </b> de loin le plus srieux de la srie.</p> <p>Enfin, considrant que le film s'inscrit dans une srie, il fonctionne mieux que je ne l'avais espr. L'intrigue globale (politique, Jedis, Sith, etc) est de bon prsage pour le prochain pisode. Et puis on dira ce qu'on voudra, mme aprs 20 ans, j'ai encore bien du plaisir  voir toutes ses batailles au sabre-laser, moi! [<i>HM</i>]</p>        <h3><b>Frailty </b>: Titre fragile, scnario solide</h3> <p>J'avoue que la pertinence du titre de <b>Frailty </b>n'est pas vidente au premier abord (ni au second) : les personnages, au contraire, font preuve d'une force de caractre peu commune, pour le meilleur et pour le pire.</p> <p>Dans une petite ville tats-unienne, un pre veuf (Bill Paxton), soudain bnficiaire d'une rvlation divine, se donne pour mission de tuer des  dmons  qui, aux yeux de ses deux fils (onze et treize ans), ne sont que des citoyens ordinaires. Justicier religieux aux mthodes de tueur en srie, l'homme use de squestration, de hache et d'enterrements clandestins, sous les yeux de ses rejetons qu'il recrute comme aides bourreaux, l'un tout prt  croire son pre, l'autre rvolt par ces actes. La mise en scne est heureusement fort sobre et elliptique sur les aspects sanglants de l'affaire.</p> <p>Le film commence par la visite de l'un des fils, devenu adulte (Matthew McConaughey, au jeu trs retenu ici) venu avouer tout le drame  un inspecteur de police, car les meurtres ont rcemment repris. Le film presque en entier se droule en <i>flashbacks </i> partir du rcit du fils Meiks. En dire davantage serait dflorer le sujet, toutefois il me faut ajouter que le film, avanant un bon moment sur la corde raide, dclare son appartenance au fantastique vers la fin, ce qui justifie qu'on en parle dans <b>Solaris</b>.</p> <p>Vous connaissez Bill Paxton, non pas comme ralisateur (c'est son premier film  ce titre) mais comme acteur, mme si peut-tre vous n'tes pas sr de son identit. Il a jou dans plusieurs films, pas tous remarquables, mais si vous avez vu l'excellent <b>A simple plan </b>(de Sam Raimi, avec Bridget Fonda et Billy Bob Thornton) et <b>Apollo 13</b>, ainsi qu'<b>Aliens </b>et <b>Terminator</b>, vous devriez le replacer. Acteur sobre et efficace, ralisateur de la mme eau : avec un sujet pareil, il aurait pu basculer dans divers excs (surtout qu'il a jou dans <b>Brain Dead </b>!). Au contraire il parvient  faire passer l'horreur par la mise en scne (rappelant <i>The X-Files </i>par moments) et par le regard des jeunes tmoins (les petits acteurs s'en tirent honorablement: pas vident de rendre la raction de gamins aux actes sanguinaires de leur illumin de pre).</p> <p>Le film n'est pas rest trs longtemps sur les grands crans, nanmoins vous ne regretterez pas de louer la cassette (il faut que je m'habitue  dire :  le DVD !). [<i>DS</i>]</p>        <h3><b>The Gift </b>: Scnario correct, distribution solide</h3> <p><img border="0" src="../../couvertures/films/gift.jpg" align="right" width="174" height="250">La sortie de <b>Spider-Man </b>est peut-tre l'occasion de glisser un court mot  propos du prcdent film de Sam Raimi, dont nous n'avions pas trait ici faute de l'avoir vu en salle  la sortie l'an dernier. Sur un scnario sign Billy Bob Thornton, <b>The Gift </b>est un suspense fantastique lent, assez typique de ce que je qualifie maintenant de priode  post-<b>Sixth Sense </b>, dont le scnario s'amuse  djouer vos hypothses avec un succs mitig. Le nombre restreint de suspect dans cette histoire de meurtre limite les possibilits de retournements majeurs. Mais l'aspect le plus intressant de l'histoire n'est pas tant l'identit du coupable et la faon dont on la rvle, mais plutt le traitement du don de clairvoyance de son personnage principal, jou avec justesse par Cate Blanchett. Sam Raimi signe une ralisation sans bavures, mais aussi moins inspire que pour ses films prcdents (je me souviens encore de l'intensit dramatique de <b>A Simple Plan</b>, dans un registre similaire).</p> <p>L'ambiance froide et dplaisante de la vie en petite ville est assez bien rendue et malgr un accueil plutt tide, <b>The Gift </b>offre tout de mme un certain nombre de scnes fortes et sa distribution de luxe (et solide) ajoute  la valeur du film (citons par exemple Keanu Reeves, Hilary Swank, Giovanni Ribisi et Katie Holmes dans des rles secondaires). [<i>HM</i>]</p>  <h3><b>Resident Evil </b>: Un bon film de zombie!</h3> <p>N'tant ni un amateur de films de zombie, ni un fan du jeu vido dont le film est tir, j'avais not la sortie de <b>Resident Evil </b>avec indiffrence. Certains bons commentaires de copains (dont Jol Champetier) et la prsence de Milla Jovovich dont j'ai souvent apprci les performances (<b>The Fifth Element </b>et <b>La Messagre</b>, par exemple), m'ont convaincu d'aller voir le film en salles, mais malheureusement pas  temps pour ma chronique de <b>Solaris </b>141. J'en glisse donc un court mot ici, puisque le film sera bientt disponible en vido et qu'il vaut largement le dtour.</p> <p>Car mme s'il s'agit d'un film de srie B, son scnario solide et sa ralisation originale en font un produit qui se classe largement au-dessus de la moyenne des films de ce genre. On n'y prend pas le spectateur pour un idiot et j'ai t agrablement surpris du srieux du traitement et de l'interprtation  ce qui est de plus en plus rare en horreur de nos jours. Et mme s'ils n'inventent rien de spectaculaires (on pense  <b>The Matrix </b>ou encore  <b>Cube</b>), les effets spciaux sont comptents et efficaces. Si vous tes amateur du genre, vous devriez adorer, sinon, vous serez agrablement surpris. [HM]</p>        <h3><b>E.T. 20e anniversaire, Lord of The Rings</b>, etc.</h3> <p>Je n'ai pas vu <b>E.T. </b>nouvelle mouture, en partie parce que l'occasion ne s'est pas prsente et en partie parce que je ne voulais pas gcher le souvenir (bon) que j'ai de ce film, surtout aprs avoir appris que 1) la scne avec Harrison Ford, coup du montage d'origine, ne faisait <i>pas </i>partie des nouvelles scnes de ce montage-ci et que 2) on avait remplac le E.T. de certaines scnes par une crature anime numriquement  l'ide  elle seule m'a donn des frissons dans le dos.</p> <p>Je ne discute gnralement pas des sorties vidos ou DVD, et ne cherche en rien  en faire la promotion, mais tant donn l'importance de ce film et compte tenu du matriel qu'il propose d'offrir, je conclus cette livraison de  Sci-nma  en annonant que <b>The Fellowship of The Ring </b>se verra offrir deux sorties en DVD. Une premire en aot (deux disques) offrant plusieurs heures de matriel indit, puis une seconde en novembre (quatre disques!), contenant un montage du ralisateur offrant plus de 30 minutes coupes du montage d'origine, au moins six heures de matriel indit et quelques scnes de  The Two Towers  qui doit sortir en dcembre 2002. Les fans sont prvenus. [<i>HM</i>]</p>  <h4 align="right">Hugues MORIN et Daniel SERNINE</h4>  <p class="bio">Nouvelliste, rdacteur, micro-diteur et ancien coordonnateur de la revue <b>  Solaris</b>, Hugues Morin uvre principalement dans le milieu du cinma depuis 1998. Il habite prsentement Vancouver, en Colombie-Britannique.</p> <p class="bio">Romancier et nouvelliste, directeur de la revue <b>Lurelu </b>et directeur littraire de la collection Jeunesse-Pop (Mdiaspaul), Daniel Sernine est aussi un des plus fidles collaborateurs de <b>Solaris</b>, revue  laquelle il participe depuis 1975.</p>  </td>     </tr>   </table>   </center> </div> <hr width="600"> <div align="center"> <center> <table border="0" width="600"> <tr> <td><a href="../../default.htm"><img border="0" src="../../images/solaris_accueil.gif" alt=" Accueil Solaris " width="100" height="35"></a></td> <td> <p align="center">Mise  jour: Juin 2002</td> <td> <p align="right"><a href="../../avis_importants.htm">Avis importants</a></td> </tr> </table> </center> </div> </body> </html> 
