<HTML> <head> <TITLE>"Impact Campus - Opinions - 15 octobre 1997"</TITLE> </head>  <BODY BGCOLOR="#FFFFFF"><IMG SRC="../img/titre.gif"> <A NAME="1"><p><IMG SRC="../img/bopi.gif">    <h2>R&eacute;siduelle</h2>  <h3>H&eacute;ros inc.</h3>  <P>J'ai toujours &eacute;t&eacute; fascin&eacute; par la relation qu'entretiennent les soci&eacute;t&eacute;s avec leurs  h&eacute;ros  ou &agrave; tout le moins avec leurs repr&eacute;sentations fictives des h&eacute;ros. On peut, en effet,  comprendre un tas de choses sur une culture &agrave; voir comment elle traite sa gente  h&eacute;ro&iuml;que.   <P>Par exemple, les Am&eacute;ricains semblent avoir un sacr&eacute; probl&egrave;me avec leurs  superh&eacute;ros  depuis quelques ann&eacute;es. Il n'y a pas si longtemps, Superman est mort. Les  m&eacute;dias en  ont fait tout un tapage et la compagnie qui &eacute;dite les aventures de l'homme de fer  (DC  Comics, une filiale de Warner) s'est quant &agrave; elle content&eacute;e de ramasser les billets  verts. Quand la mort de l'idole rouge et bleue n'a plus &eacute;t&eacute; payante, on l'a  ressuscit&eacute;  question de g&eacute;n&eacute;rer d'autres profits et encore plus de publicit&eacute;. Cette ann&eacute;e  Superman a un nouveau costume et encore une fois les journaux ont couvert le  non- &eacute;v&eacute;nement, leurr&eacute;s sans doute par l'apparence d'une nouvelle. Aujourd'hui, les  responsables chez DC annoncent d&eacute;j&agrave; le retour de l'ancien costume alors qu'&agrave;  l'apparition du nouveau, ils juraient tous sur la t&ecirc;te de leur m&egrave;re que le  changement  &eacute;tait d&eacute;finitif. Pourquoi ce manque de franchise? Pour les petits billets verts.  Soyez  pr&ecirc;t pour les prochaines aventures de votre idole venue de l'espace: Superman  allume enfin! L'homme de fer  se rend compte que la rectitude morale et le don  de soi  ne payent pas, il fonde une compagnie pour exploiter son image, devient riche  comme  Cr&eacute;sus et finance le parti r&eacute;publicain qui lui promet d'abaisser ses imp&ocirc;ts.  <P>Il y a quelques ann&eacute;es Batman est lui aussi pass&eacute; &agrave; la moulinette capitaliste.  Enfin,  c'est plut&ocirc;t Robin, le petit serin jaune qui suit Batman jusque dans les coins les  plus  sombres, qui y a go&ucirc;t&eacute;. Cette fois les g&eacute;nies de DC avaient eu l'id&eacute;e g&eacute;niale de  faire  voter les lecteurs afin de d&eacute;cider du sort du pauvre Robin qui venait d'&ecirc;tre  enseveli  sous les d&eacute;combres d'une explosion provoqu&eacute;e par le m&eacute;chant Joker. Ceux qui  voulaient que le courageux jeune homme survive &agrave; sa m&eacute;saventure appelaient &agrave;  tel  num&eacute;ro 1-900 et ceux qui d&eacute;siraient voir crever le petit morveux composaient tel  autre  num&eacute;ro 1-900. Les lecteurs sanguinaires l'emport&egrave;rent sur les doux et le petit  oiseau  monta au ciel rejoindre ses parents (souvenez-vous, Robin &eacute;tait orphelin).  Batman  retrouva rapidement un nouveau compagnon pour lui tenir compagnie dans les  coins  sombres et la &laquo;&nbsp;bizness&nbsp;&raquo; h&eacute;ro&iuml;que continua &agrave; engranger des profits.  <P>C'est peut-&ecirc;tre moi qui suis &laquo;moumoune&raquo;, mais je ressens comme un petit mal  de  coeur quand je pense &agrave; ces choses. Ce n'est pas que je sois attach&eacute; tr&egrave;s  fortement au  sort de Superman ou &agrave; celui de Robin, mais il y a, il me semble, des limites dans  la  commercialisation &agrave; outrance. On doit un minimum de respect aux h&eacute;ros tout de  m&ecirc;me, ce sont des ic&ocirc;nes qui repr&eacute;sentent dans une certaine mesure nos  propres  aspirations, une version id&eacute;alis&eacute;e de nous-m&ecirc;mes. D'autant plus que ce genre  de  h&eacute;ro se fait de plus en plus rare en Am&eacute;rique o&ugrave; la mode serait plut&ocirc;t au  personnage  du psychopathe cannibale qui tue et massacre tout ce qui bouge, ne prenant de  pause  que le temps de torturer et de mutiler quelques ennemis. Les h&eacute;ros du genre de  Superman sont en fait des anachronismes pour le monde qui est le n&ocirc;tre, ce qui  rend  d'autant plus grotesques toutes les tentatives d'adaptations au go&ucirc;t du jour dont  ils  sont l'objet.  <P>En tant que r&ecirc;veur patent&eacute;, j'ai plut&ocirc;t tendance &agrave; pr&eacute;f&eacute;rer les bons vieux h&eacute;ros  id&eacute;alis&eacute;s aux monstres amoraux que nous propose le monde contemporain.  D'accord,  mes h&eacute;ros ne sont pas r&eacute;alistes, ils ne survivraient pas deux secondes dans la  vraie  vie. Mais qui pourrait vivre dans un monde o&ugrave; la d&eacute;mocratie ressemble de plus  en plus  &agrave; une ligne 1-900 r&eacute;serv&eacute;e &agrave; ceux qui ont le moyen de payer cinquante sous par  appel?  <P><em>Christian Dubois</em>       <A NAME="2"><p><IMG SRC="../img/bopi.gif">  <h2>Billet</h2>  <h3>Le Qu&eacute;bec &agrave; l'heure des choix</h3>  <P>Divis&eacute;, d&eacute;chir&eacute; et parfois malmen&eacute;, le Qu&eacute;bec est aux prises avec ses multiples  contradictions. Divis&eacute;, il l'est par sa  bipolarit&eacute; politique entre les partisans de la souverainet&eacute; et ceux du f&eacute;d&eacute;ralisme.  D&eacute;chir&eacute;, car il n'existe aucune  solution m&eacute;diane qui est propos&eacute;e pour prot&eacute;ger l'h&eacute;ritage de nos anc&ecirc;tres  (langue et culture). Il doit donc d&eacute;cider entre  deux choix qui en fait n'en sont qu'un seul: ne pas vivre dans la r&eacute;alit&eacute;.  <P>Il est temps que la faction souverainiste au pouvoir prenne r&eacute;pit de sa croisade  politique et qu'elle t&acirc;te un peu le pouls  de l'&eacute;conomie internationale. Il semble illogique de parler politique d'abord afin  de pouvoir &laquo;&eacute;ventuellement&raquo; parler  d'&eacute;conomie. Il serait plus avantageux de fonder les orientations politiques sur les  tendances actuelles du monde des  affaires. Se s&eacute;parer d'une puissance mondiale telle le Canada est une chose  qu'on peut se permettre lorsque l'&eacute;conomie  est forte. Or le Qu&eacute;bec est dans une mauvaise posture &eacute;conomique et malgr&eacute; tout  la seule question qui semble le  pr&eacute;occuper est la reconnaissance d'un statut qu'il n'a pas encore: celui de pays.  <P>S'il y a quelque chose de s&ucirc;r &agrave; l'heure actuelle dans cette mer d'incertitudes que  le Qu&eacute;bec traverse, c'est que  visiblement, la langue des affaires, ce n'est pas le fran&ccedil;ais. Le commerce mondial  subit l'h&eacute;g&eacute;monie de la langue de  Shakespeare et ce n'est certainement pas demain que cette situation changera.  L'Empire am&eacute;ricain nous impose ses  diktats et nous nous devons de composer avec cette r&eacute;alit&eacute; et d'en tirer la  meilleure partie afin d'&ecirc;tre vigoureux sur le  plan &eacute;conomique.  <P>Les gouvernants devraient se pencher sur les dommages qu'ils infligent &agrave;  l'image du Qu&eacute;bec sur la sc&egrave;ne  internationale. Il est &eacute;vident que les investisseurs &eacute;trangers n'h&eacute;sitent pas &agrave;  exclure le Qu&eacute;bec de leur choix d'affaires  lorsqu'ils constatent sa situation politique instable. Et malheureusement,  l'&eacute;conomie de la province confirme qu'une  situation politique instable engendre une &eacute;conomie instable.  <P>Une &eacute;conomie forte et prosp&egrave;re ne sera que b&eacute;n&eacute;fique pour la langue et la  culture. Vouloir imposer &agrave; tous sa propre  langue, surtout lorsqu'elle est minoritaire, c'est se diriger dans la mauvaise  direction. Le Qu&eacute;bec doit comprendre que  ce n'est pas parce qu'il utilise l'anglais pour son commerce international qu'il en  perdra n&eacute;cessairement sa langue. A-t- on d&eacute;j&agrave; pens&eacute; que le meilleur moyen pour que le fran&ccedil;ais perdure en Am&eacute;rique,  c'est que son foyer principal, le  Qu&eacute;bec, soit une entit&eacute; prosp&egrave;re et active.   <P>Si un jour le Qu&eacute;bec acquiert son ind&eacute;pendance, il faudra que ce soit sur des  assises &eacute;conomiques solides.  <P><em>Michel Lacourci&egrave;re</em> et <em>Fr&eacute;d&eacute;rik Boisvert</em>      <P><IMG SRC="../img/sep.gif">  <P><A HREF="mailto:Impact-Campus-Redaction@public.ulaval.ca">Pour des commentaires &agrave; la r&eacute;daction</a>   </BODY>  </HTML> 
