<!DOCTYPE html PUBLIC "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> <head> <meta name="generator" content="HTML Tidy, see www.w3.org"> <meta http-equiv="Content-Type" content= "text/html; charset=iso-8859-1"> <meta name="Author" content="GC"> <meta name="GENERATOR" content= "Mozilla/4.5 [en] (Win95; I) [Netscape]"> <title>MatInfoLitt</title> </head> <body bgcolor='#FFFFFF'> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote><b><font size="+1">&#160;Mathmatique, Informatique et Littrature</font></b></blockquote>  perspectives et limites  travers notamment l&#8217;exprience d'ALAMO</blockquote> </blockquote>  <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote> <blockquote><b>Guy CHATY</b><br> &#160;</blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote> </blockquote>  &#160;Texte de la confrence prsente au Club Sciences et Citoyens de Bobigny-Drancy,  la MJC de Drancy, le 5 dcembre 1998 (site web : <a href='http://www.mjc-andre.org'>http://www.mjc-andre.org</a>) et dans une "Rencontre-canon" dans la Nivre, Chteau-Chinon Campagne, 6 mai 2000 (site web : <a href=  'http://www.cicv.fr/abriculturel'> 'http://www.cicv.fr/abriculturel</a>).</blockquote> </blockquote>  <p><br> <b>1. Cheminement personnel : comment j&#8217;ai vcu le dialogue science-littrature.</b></p>  <p>De formation mathmatique, j&#8217;ai cependant toujours eu le got de l&#8217;criture et du thtre. Paralllement  mes tudes et  ma profession ( instituteur, professeur de mathmatiques en lyce, professeur d'universit en informatique ), j&#8217;ai crit pomes et nouvelles, j&#8217;ai mis mes textes en scne et je les ai jous.<br> Dans mes crits littraires, j&#8217;ai parfois t influenc par des ides scientifiques. Dans mes crits scientifiques, on peut trouver trace d&#8217;un style littraire, surtout s&#8217;il s&#8217;agit de pdagogie ou de vulgarisation (exemples : [1],[2] ).<br> Je me suis intress trs tt aux activits de l&#8217;OULIPO, sur l&#8217;apport des contraintes dans l&#8217;criture ; puis  celles d&#8217;ALAMO, sur l&#8217;utilisation de l&#8217;ordinateur dans les activits oulipiennes.<br> Mon unit : les langages. Le langage mathmatique m&#8217;a men  la logique, autre langage, ml au premier, qui m&#8217;a men  l&#8217;informatique avec ses langages de programmation. Paralllement je travaillais sur le langage dit naturel, et sur le langage thtral. Il s&#8217;agit toujours de communication ! entre les hommes, entre les hommes et la machine, entre machines,....<br> Ces deux parallles ont fini par se rencontrer d&#8217;une certaine manire. Mes recherches en informatique (algorithmique, graphes) ont volu vers l&#8217;Intelligence Artificielle, en particulier le Traitement Automatique du Langage Naturel (TALN).</p>  <p>Membre de l&#8217;ALAMO et actuellement prsident, j&#8217;ai le souci de faire bnficier ALAMO des outils du TALN.</p>  <p><b>2. Les difficults moustillantes du TALN.</b></p>  <p>Jusqu&#8217;o peut aller le TALN et la cration littraire assiste par ordinateur, en particulier avec ALAMO ?<br> Nous verrons plus loin les diffrents intrts d&#8217;ALAMO, en dehors de la cration assiste.<br> Les recherches informatiques sur le TALN ont le mrite de nous faire retomber constamment sur la subtilit du langage naturel et sa complexit ; voil qui est passionnant et dcuple l'intrt de ces recherches : dcouvrir les subtilits du langage naturel, mme celles auxquelles on ne pensait pas.<br> C&#8217;est d&#8217;ailleurs cette complexit qui donne des limites aux ralisations, limites qui sont constamment repousses. Jusqu&#8217;o ? La suite va nous clairer.<br> Certains informaticiens extrmistes voudraient simplifier le langage pour qu&#8217;il soit plus facilement comprhensible par la machine : ce qui nous conduirait  un langage de plus en plus pauvre ; ce serait la ngation de la littrature. Il faut prendre le langage naturel tel qu&#8217;il est.</p>  <p>Un des buts du TALN est de faire analyser des textes par la machine ( c&#8217;est--dire par des programmes ) et de lui en faire<b> "comprendre le sens "</b> afin qu'elle puisse rpondre  des questions ventuelles. C&#8217;est fondamental pour le dialogue homme-machine, que l&#8217;on va rencontrer de plus en plus dans la vie courante (dj, quand on utilise le minitel, on aimerait poser des questions simples et avoir des rponses claires aux questions).<br> Par exemple, on peut toujours "entrer en machine" la phrase :&#160; <i>"Pierre est parti  la piscine"</i> comme une chane de caractres, mais on ne pourra ainsi obtenir des rponses aux questions <i>"O est Pierre ?", "Que fait Pierre?",</i>... D'o la ncessit de reprsentations plus fines de la phrase permettant de l'exploiter.<br> D'une manire gnrale, en informatique, la reprsentation des connaissances est indispensable pour traiter sur ordinateur les objets du monde rel, c'est une correspondance entre le monde extrieur et un systme symbolique permettant de raisonner.<br> On se rend vite compte qu&#8217;il faut fournir beaucoup d&#8217;informations  la machine pour qu&#8217;elle puisse comprendre et traiter le langage. Si on veut lui faire comprendre une phrase comme : <i>garon, un demi !</i>, il faut "saisir" normment de renseignements sur les habitudes des gens  une certaine poque, dans un certain lieu : toute une culture.<br> C&#8217;est toute la difficult de la traduction automatique. La machine a besoin d&#8217;un contexte trs large pour comprendre et traduire une phrase. On tombe sur des problmes d&#8217;explosion combinatoire dans la recherche des solutions.</p>  <p>&#160;Toujours dans le domaine de la comprhension, les <b> figures de langage</b> ne sont pas utilises seulement en posie mais apparaissent dans le langage ordinaire : le langage sort souvent des normes fixes. C'est le cas pour la mtaphore et la mtonymie.<br> Soit la mtaphore : <i>"L'ocan se fche"</i>. L'ocan est personnalise.<br> Considrons les mtonymies.&#160;<i> "La salle applaudit"</i> : il faut que la machine "comprenne" qu&#8217;il y a changement "contenu-contenant", ce sont les occupants de la salle qui applaudissent.<br> <i>"Je me suis gar sur le trottoir"</i> : ce n&#8217;est pas de moi qu&#8217;il s&#8217;agit, mais de la voiture.<br> Il faut prvoir cela dans les programmes, la machine ne va pas l&#8217;inventer.</p>  <p>Un autre but, souvent lien  la comprhension, est la <b> gnration automatique</b> de textes  partir d'informations fournies  la machine. ( Par exemple, on peut vouloir restituer le sens d&#8217;une mtonymie, mais aussi&#160; produire des mtonymies).<br> C&#8217;est l&#8217;objet principal de l'ALAMO.<br> La gnration demande l&#8217;implantation de multiples connaissances de grammaire (accords entre certains mots, conjugaisons des verbes, ...).<br> L&#8217;ensemble des rgles de grammaire constitue la <b> syntaxe</b>. Pour la machine, une phrase correspond  un objet mathmatique appel<i> arbre</i> , exprimant la structure de la phrase, par exemple : sujet, verbe, complment, mais ce peut tre plus compliqu, chacun de ces lments pouvant  son tour tre dcompos. Un arbre comprend des<i> noeuds</i> et des <i> feuilles</i>. Aux feuilles sont associs les mots.<br> Si l&#8217;on veut produire une phrase, il faut construire un arbre et attacher des mots aux feuilles. On va chercher ces mots dans un rservoir appel <i>lexique</i> ou <i>dictionnaire</i>.<br> Il faut prvoir les accords en genre et en nombre, la conjugaison des verbes suivant le mode, le temps, la personne.<br> L&#8217;objet <i>arbre</i> est trs utilis en mathmatique et en informatique. L&#8217;exploration d&#8217;un arbre permet de faire des choix  diffrentes tapes. Pour la gnration des textes, on l&#8217;utilise pour construire des textes diffrents suivant les choix de l&#8217;utilisateur. C&#8217;est le cas du programme CAVF (conte  votre faon) de l'ALAMO. Aux noeuds peuvent tre associs des sous-textes, des phrases ou expressions toutes faites,...</p>  <p><font size="-1">Il existe d&#8217;autres reprsentations qui donnent d&#8217;autres informations que la structure d'arbre : les rseaux ATN (Augmented Transition Networks), graphes auxquels sont associes des conditions de changement d&#8217;tat (conditions pour emprunter un arc : genre, nombre,...) et des actions suivant ce changement ( construction de structures syntaxiques partielles par exemple).</font></p>  <p>Dans un dictionnaire informatis, on ne mettra que la racine du mot et une liste de toutes les formes permises pour le mot.<br> Mais il faudra y placer aussi les mots composs qui ne s&#8217;analysent pas comme la somme des mots qui les composent : <i>caf-filtre, cercle vicieux, beau-pre, poisson volant, pomme de terre, preuve par neuf, arc-en-ciel, tte--tte, mise sur orbite, trompe-l&#8217;&#339;il, pince sans rire, tire au flanc, rendez-vous, va et vient, ayant droit, sauve qui peut, compte-rendu, coup de tlphone</i> (les mots composs avec coup sont varis),...Les linguistes ont dnombr quelques 40 000 mots composs (150 000 en allemand) et on en fabrique tous les jours !</p>  <p>La plus grande difficult du TALN rside dans la matrise du sens. Pour construire une phrase qui a du sens, pour assurer la cohrence d&#8217;un rcit, son droulement logique, il faut prvoir des contraintes smantiques  tous les niveaux. Un adjectif ne peut tre associ  n&#8217;importe quel nom, un sujet  n&#8217;importe quel verbe, ...<br> Remarque 1. L&#8217;ide de sens est relative. Un phrase peut ne pas avoir de sens dans le monde quotidien et tre acceptable en posie.<br> &#160;<i>La terre est bleue comme une orange</i><br> Remarque 2. La syntaxe n&#8217;est pas compltement dtache de la smantique. Par exemple, une phrase peut avoir plusieurs sens, plusieurs interprtations.<br> <i>&#160;La belle ferme le voile</i><br> Vous avez deux arbres possibles auxquels correspondent deux sens. C&#8217;est le contexte qui permet de choisir.<br> Un autre exemple en anglais :<i> Time flies like an arrow</i>. Quatre interprtations !<i> le temps vole comme une flche / les mouchent du temps aiment une flche / chronomtrez les mouches comme vous chronomtrez une&#160; flche / chronomtrez les mouches qui ressemblent  une flche.</i></p>  <p>Pour reprsenter le sens on utilise la <b>logique</b> (ou les logiques) et les<b> rseaux smantiques</b> : sorte de schmas ou graphes ( chaque sommet est associe une information).<br> Par exemple, la phrase Pierre mange une pomme pourra tre reprsente en logique par la fonction manger(Pierre, Pomme), qui s&#8217;exprime facilement dans le langage de programmation PROLOG.<br> Un exemple de rseau smantique est donn par les <b>graphes conceptuels</b>. Les sommets sont de deux types : concepts et relations. Les sommets relations dcrivent la nature des relations entre les concepts. Les graphes conceptuels sont reprsents soit sous forme graphique, soit sous forme linaire.<br> La phrase <i>"Le chat se mord la queue sur le tapis"</i> aura la reprsentation graphique suivante :<br> <img src="imageNSM.jpg"><br> &#160;<br> La forme linaire peut-tre celle-ci :<br> [ chat : Tom]<br> &lt;-- (agent) &lt;-- [ mordre] --&gt; (objet)--&gt;[queue] &lt;-- (possde) &lt;--[chat : Tom]<br> --&gt; (lieu) --&gt;[tapis]</p>  <p>Les types de concepts sont ordonns ( chat est animal, objet est nonvivant,...).<br> Le grand intrt des graphes conceptuels est que l'on peut effectuer des oprations sur les graphes conceptuels. Ce qui permet, par exemple, de rpondre  des questions (Que mord le chat Tom ? O le chat Tom se mord-il la queue ?), en reprsentant ces questions par des graphes conceptuels et en effectuant certaines oprations concernant le graphe de dpart et le graphe-question.</p>  <p><b>3. ALAMO</b></p>  <p>La page "ALAMO" dans le site<i> <a href=  'http://indy.culture.fr/alamo'>http://indy.culture.fr/alamo</a></i> contient une brve prsentation de l'ALAMO, ainsi qu'un menu donnant accs  six applications : Baisers de Kuhlmann, Dizains de Bnabou, Triolets de Braffort, Alexandrins greffs, Rimbaudelaires. Chacun de ces choix ouvre  son tour deux possibilits : prsentation du principe combinatoire exploit dans ce type de texte, production d'un texte engendr suivant ce principe. En "cliquant"  nouveau sur "production", on obtient  chaque fois un nouveau texte, que l'on peut aussi imprimer.</p>  <p>Les programmes d&#8217;ALAMO travaillent sur plusieurs niveaux :<br> - combinatoire : <i>Litanies de la vierge, Dizains de Bnabou, Triolets de Braffort, Locutions introuvables.</i><br> - combinatoire avec filtrage : <i>Alexandrins au greffoir.</i><br> - substitution :<i> Baisers de Kulhmann.</i><br> - substitution avec filtrage (au niveau du moule et du lexique) : <i>Aphorismes,&#160; Rimbaudelaires.</i><br> Remarque : Ce genre d&#8217;exercice enrichit nos connaissances littraires : par exemple, on relve la prpondrance de la syntaxe dans l&#8217;&#339;uvre de Mallarm.<br> Le filtrage se fait d&#8217;abord par le moule et le lexique, puis par des contraintes grammaticales mais peut aller plus loin : contraintes smantiques, analyse du rythme (Cf Lusson et Roubaud). Grce  cette dernire, on peut envisager des modifications du moule et de la "farce" (la farce est ce qu'on place dans le moule).<br> - possibilit de diriger le rcit : CAVF (contes  votre faon), etc</p>  <p>Tous les programmes ALAMO seront bientt disponibles sur Internet. Ils seront crits dans un langage de programmation adapt  ce moyen de communication et les outils linguistiques seront affins.&#160; Puis nous introduirons images et sons.<br> L&#8217;originalit d&#8217;ALAMO est de fournir un langage-auteur&#160; (LAPAL : Langage Algorithmique pour la Production Assiste de Littrature) qui donne la possibilit  des non- informaticiens de crer leurs propres programmes originaux : ces "auteurs" dfinissent&#160; eux-mmes la structure (phrase, pome, scnario,...), les contraintes et le lexique.<br> Des tudiants de l'Universit Paris XIII-Villetaneuse travaillent actuellement  l'extension de LAPAL sur Internet.</p>  <p><b>L&#8217;apport d'ALAMO.</b></p>  <p>ALAMO offre :<br> - le plaisir de pouvoir crer des textes, de dcouvrir ce qui sort sur l&#8217;cran ou sur l&#8217;imprimante. On a parfois de bonnes surprises !<br> - le plaisir d&#8217;imaginer de nouvelles ides de cration.<br> - un intrt pdagogique trs important : d&#8217;une manire amusante, en jouant sur l&#8217;ordinateur, on peut apprendre la grammaire, des lments de littrature, prendre conscience des&#160; beauts et des subtilits du langage naturel.</p>  <p><b>Autres contraintes&#160; et littrature.</b></p>  <p>Outre celles prsentes dans les programmes ALAMO, il existe d&#8217;autres contraintes de nature mathmatique (exemples dans [3]).</p>  <p><b>Perspectives</b></p>  <p>D&#8217;autres outils permettent d&#8217;envisager d&#8217;autres formes d&#8217;criture et de lecture des textes: hypertextes, apports des images et du son, animation, interactivit,...</p>  <p>Rfrences.<br> [1] G.Chaty, <i>"Du ct des mathmatiques et de l'informatique"</i>, thme<i> "Rptition et Variation"</i>,&#160; <i>Corps Ecrit</i>, PUF, n15, 1985.<br> [2] G.Chaty, <i>"La base en gomtrie"</i>, suivi de <i>"l'rotisme des lignes"</i>, Phratique n83, Automne 1997.<br> [3] Jean-Paul Delahaye, <i>"Ecritures sous contraintes"</i>, Pour la science, Novembre 1998.<br> &#160;<br> &#160;</p> </body> </html>    
