<HTML> <HEAD> <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=windows-1252"> <META NAME="Generator" CONTENT="Microsoft Word 97"> <TITLE>general</TITLE> <META NAME="Template" CONTENT="C:\PROGRAM FILES\MICROSOFT OFFICE\OFFICE\html.dot"> </HEAD> <BODY LINK="#0000ff" VLINK="#800080" BGCOLOR="#ffffff">  <B><U><FONT SIZE=6 COLOR="#ff0000"><P>G&Eacute;N&Eacute;RALIT&Eacute;</P> </B></U></FONT><P>&nbsp;</P> <FONT SIZE=5><P>Pour vous expliquer plus en d&eacute;tail les r&eacute;els circonstances dans lesquels sont plong&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral les personnes qui ont v&eacute;cu une NDE, je nai pas trouv&eacute; mieux que de vous proposer un extrait du livre "&nbsp;LA VIE A CORPS PERDU&nbsp;" de Daniel Maurer, si vous d&eacute;sirez conna&icirc;tre les r&eacute;f&eacute;rences du livre vous pouvez aller sur ma </FONT><A HREF="bibliographie.html"><FONT SIZE=5>bibliographie</FONT></A><FONT SIZE=5>.</P> <P>Dapr&egrave;s moi cet extrait qui comporte beaucoup d'exemples, d&eacute;crit tr&egrave;s bien les diff&eacute;rents degr&eacute;s de NDE quun exp&eacute;rienceur aurait v&eacute;cu.</P> </FONT><P>&nbsp;</P> <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DL> <DD>Le recueil des donn&eacute;es</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DD> </FONT><DT>&nbsp;</DT> <FONT SIZE=4><DD>C'est &eacute;videmment dans les h&ocirc;pitaux, structures sanitaires les plus performantes, que l'on accueille les malades n&eacute;cessitant des soins d'urgences : &eacute;pisodes cardio-vasculaires aigus, comas, polytraumatismes d'origine accidentelle, &eacute;tats de choc, tentatives de suicide, etc. On y rencontre &eacute;galement, dans des services diff&eacute;rents, des patients en phase terminale d'une affection au pronostic sans espoir ou des personnes &acirc;g&eacute;es en fin de vie. Voici qui permet de mieux comprendre que la plupart des t&eacute;moignages d'exp&eacute;riences de mort imminente rapport&eacute;s dans les premi&egrave;res &eacute;tudes, essentiellement nord-am&eacute;ricaines, proviennent de personnes ayant approch&eacute; la mort dans les services sp&eacute;cialis&eacute;s de ces institutions sanitaires. Leur recueil n'a pas toujours &eacute;t&eacute; ais&eacute; en raison de la m&eacute;fiance des exp&eacute;rienceurs &agrave; l'&eacute;gard des " inquisiteurs " en blouse blanche.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>En effet, bien qu'en situation privil&eacute;gi&eacute;e, le personnel m&eacute;dical ou param&eacute;dical ne b&eacute;n&eacute;ficie pas forc&eacute;ment de la primeur du r&eacute;cit d'une exp&eacute;rience de mort imminente. Et, lorsque le cas se pr&eacute;sente, n'ayant re&ccedil;u aucune formation sur le sujet, il ne lui accorde pas toujours l'attention requise. Une r&eacute;ticence visc&eacute;rale &agrave; l'&eacute;gard de ces ph&eacute;nom&egrave;nes (peur de la mort, refus de l'irrationnel) pourrait &eacute;galement &ecirc;tre invoqu&eacute;e. Mais plus probablement encore, un manque de disponibilit&eacute; qui rend peu favorable une &eacute;coute attentive du patient. Toujours est-il que cette attitude, ressentie comme un rejet, n'incite pas l'exp&eacute;rienceur &agrave; se confier. Il se referme sur lui-m&ecirc;me et ne parle pas de son EMI.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>C'est pourquoi les enqu&ecirc;teurs qui se sont int&eacute;ress&eacute;s &agrave; la question en milieu hospitalier ont appris &agrave; faire preuve d'une grande ouverture d'esprit, laquelle, alli&eacute;e &agrave; la patience et &agrave; la diplomatie, permet de dissiper au mieux la m&eacute;fiance des exp&eacute;rienceurs. Ils ont pu v&eacute;rifier que leurs r&eacute;cits offraient suffisamment de concordances pour justifier d'en regrouper les traits communs au sein d'un mod&egrave;le standard, conforme &agrave; celui propos&eacute; par Moody. Car la physionomie d'ensemble des diff&eacute;rents t&eacute;moignages demeure relativement uniforme au-del&agrave; d'une h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute; trompeuse due pour l'essentiel, on l'a soulign&eacute;, aux particularit&eacute;s biographiques et culturelles.</FONT> </DD> <DD>&nbsp;</DD> </DL> <B><FONT SIZE=5 COLOR="#ff0000"><P>II) LES DIFF&Eacute;RENTS DEGR&Eacute;S DE L'EXP&Eacute;RIENCE DE MORT IMMINENTE </P> </B></FONT><P>Les caract&eacute;ristiques de l'exp&eacute;rience de mort imminente pr&eacute;sent&eacute;es ici s'inspirent du sch&eacute;ma, d&eacute;j&agrave; classique, fourni par Raymond Moody dans " La vie apr&egrave;s la vie ". Le tableau dont on va prendre connaissance est toutefois compl&eacute;t&eacute; de quelques d&eacute;tails mis en relief par des recherches ult&eacute;rieures. Dans cette revue des phases d'une EMI l'ordre chronologique a &eacute;galement subi de menus am&eacute;nagements, par rapport au mod&egrave;le initial, afin de soutenir l'id&eacute;e du d&eacute;roulement lin&eacute;aire que signale une majorit&eacute; d'exp&eacute;rienceurs. Ces modifications mineures n'affecteront nullement le contenu du descriptif de Moody. En fait, il convient de pr&eacute;ciser que certaines phases de l'exp&eacute;rience de mort imminente, c'est presque une r&egrave;gle, ne sont pas signal&eacute;es par les exp&eacute;rienceurs et que l'ordre chronologique varie sensiblement d'un r&eacute;cit &agrave; l'autre. Le lecteur devra garder en m&eacute;moire que le tableau propos&eacute; ci-apr&egrave;s n'est qu'un sch&eacute;ma, le mod&egrave;le id&eacute;al d'une EMI, qu'il est peu probable de rencontrer dans les faits. Ce sch&eacute;ma vise simplement &agrave; la synth&egrave;se du plus grand nombre de caract&eacute;ristiques relev&eacute;es par les chercheurs. Objet du pr&eacute;sent chapitre, la description des diff&eacute;rents &eacute;l&eacute;ments qui conf&egrave;rent leur sp&eacute;cificit&eacute; aux EMI rev&ecirc;t donc, avant tout, un aspect pratique. </P> <FONT SIZE=4><DL> <DD>Outre ses vertus informatives, ce descriptif permettra de diff&eacute;rencier ais&eacute;ment l'exp&eacute;rienceur " accompli ", celui qui a v&eacute;cu une EMI plus ou moins id&eacute;ale par rapport &agrave; ce sch&eacute;ma, de celui qui n'a pas suivi un itin&eacute;raire aussi complet. Les exp&eacute;rienceurs atteignant les degr&eacute;s les plus &eacute;lev&eacute;s font part, bien entendu, des v&eacute;cus les plus riches, quand d'autres ne rapportent que des sensations ou un nombre de phases plus modestes. Cette hi&eacute;rarchie, allant des <I>non-connaisseurs</I> aux <I>connaisseurs moyens</I> puis aux <I>connaisseurs profonds</I>, fut introduite dans un dessein pratique par un professeur de psychologie am&eacute;ricain, Kenneth Ring, auteur d'une remarquable &eacute;tude</FONT><A HREF="#7)"><B><SUP>7</B></SUP></A><FONT SIZE=4> sur le th&egrave;me des EMI.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Arr&ecirc;tons-nous encore un instant sur un point important. Il est essentiel de comprendre que le fait d'avoir surv&eacute;cu &agrave; une situation mortelle n'est pas synonyme de r&eacute;surrection. Jamais une enqu&ecirc;te s&eacute;rieuse n'a indiqu&eacute; qu'un exp&eacute;rienceur &eacute;tait r&eacute;ellement mort, du moins dans l'acception du terme qui nous est famili&egrave;re. Il est probable, en revanche, que les rescap&eacute;s ou les " survivants " dont il sera question ici aient gravi les premiers &eacute;chelons du processus de la mort. En fait, ce point demande &agrave; &ecirc;tre davantage d&eacute;velopp&eacute; et il conviendra, le moment venu (dans la deuxi&egrave;me partie), de se mettre d'accord sur une juste d&eacute;finition de la mort. Ce qui, contrairement aux id&eacute;es re&ccedil;ues, n'a rien d'une &eacute;vidence.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Int&eacute;ressons-nous maintenant au d&eacute;roulement de ce que l'on consid&eacute;rera comme le mod&egrave;le id&eacute;al de l'EMI. En guise d'illustrations de brefs extraits de t&eacute;moignages, en caract&egrave;res minuscules, suivront l'expos&eacute; de chacune des &eacute;tapes. Hormis quelques exceptions qui proviennent de ma propre enqu&ecirc;te il s'agit de courts extraits emprunt&eacute;s aux ouvrages</FONT><A HREF="#8)"><B><SUP>8</B></SUP></A><FONT SIZE=4> parmi les plus document&eacute;s sur la question. Mieux qu'un long commentaire ils faciliteront la compr&eacute;hension de telle ou telle caract&eacute;ristique.<BR> <BR> <BR> Notons tout d'abord deux traits majeurs unanimement cit&eacute;s.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Le premier est l'incommunicabilit&eacute; de l'exp&eacute;rience : il s'agit d'une <B>exp&eacute;rience ineffable</B>. L'exp&eacute;rienceur estime qu'il est impossible de d&eacute;crire dans le langage habituel, du moins avec la meilleure pr&eacute;cision, les &eacute;v&eacute;nements v&eacute;cus au cours d'une EMI, ainsi que leurs composantes &eacute;motionnelles. La difficult&eacute; quasi insurmontable de les commenter de mani&egrave;re intelligible est attribu&eacute;e aux limites de notre champ s&eacute;mantique -- souvenons-nous que ce ph&eacute;nom&egrave;ne est v&eacute;cu dans une dimension de la r&eacute;alit&eacute; inconnue de la majorit&eacute; d'entre nous. Pour cette raison le recours &agrave; la m&eacute;taphore est fr&eacute;quent, bien que celle-ci ne traduise qu'imparfaitement la comparaison souhait&eacute;e.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>L'autre appr&eacute;ciation que les exp&eacute;rienceurs mettent r&eacute;guli&egrave;rement en avant est le <B>fort sentiment de r&eacute;alit&eacute;</B> qui se d&eacute;gage de leur EMI. Ils affirment que ce n'est ni un r&ecirc;ve ni une hallucination. Il me para&icirc;t important de signaler, une fois de plus, que face &agrave; la fr&eacute;quente incr&eacute;dulit&eacute; de l'entourage les exp&eacute;rienceurs choisissent souvent de se taire. Mais lorsqu'ils acceptent de se confier le r&eacute;cit commence g&eacute;n&eacute;ralement par ce genre de pr&eacute;liminaires : " Vous n'allez pas me croire... Il n'existe pas de mots... C'est une histoire dingue... Ce qui m'est arriv&eacute; est incroyable... Je ne suis pas s&ucirc;r que vous puissiez me comprendre... Il n'y a pas de comparaisons possibles... Je n'en ai jamais parl&eacute; &agrave; personne... " Etc.</FONT> </DD> <DT>&nbsp;</DT> <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>1 - La perception de sa propre mort</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>L'annonce de son propre d&eacute;c&egrave;s par un tiers est quelquefois entendue. Mais, hors d'une unit&eacute; de soins, la probabilit&eacute; d'entendre ce verdict funeste est &eacute;videmment assez r&eacute;duite, sauf que l'un des t&eacute;moins pr&eacute;sents, un m&eacute;decin le plus souvent, vienne &agrave; se prononcer en ce sens ; ce fut le cas pour deux des exp&eacute;rienceurs dont j'ai recueilli le t&eacute;moignage. Ainsi que l'&eacute;crit Moody</FONT><A HREF="#9)"><B><SUP>9</B></SUP></A><FONT SIZE=4> : " Voici donc un homme qui meurt, et, tandis qu'il atteint le paroxysme de la d&eacute;tresse physique, il entend le m&eacute;decin constater son d&eacute;c&egrave;s... "</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Le plus souvent c'est le sujet lui-m&ecirc;me qui prend conscience de sa " mort ". Cette pens&eacute;e ne manque pas de l'&eacute;tonner, sans qu'il ressente n&eacute;cessairement une profonde affliction ; ce que d&eacute;crivait assez bien Ang&egrave;le. Des t&eacute;moignages montrent &eacute;galement que la prise de conscience de sa propre mort n'est pas toujours instantan&eacute;e, encore moins syst&eacute;matique : des personnes " d&eacute;c&eacute;d&eacute;es " choisissent tout d'abord de nier le fait, d'autres demeurent quelque temps dans le doute ou bien, plus rarement, n'ont &agrave; leur retour aucun souvenir d'avoir &eacute;t&eacute; " mortes ".</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>Parce que je n'ai pas compris tout de suite qu'il s'agissait de mon corps. Je ne pensais pas que j'&eacute;tais mort. </DD> <DD>J'ai entendu l'infirmi&egrave;re annoncer : " Je ne trouve plus son pouls. Elle ne respire plus, elle y est pass&eacute;e. " (...) Je me sentais tr&egrave;s d&eacute;tach&eacute;e, tr&egrave;s &agrave; l'aise. </DD> <DD>Je pensais en moi-m&ecirc;me : qu'est-ce qui t'arrive ? Il y a quelque chose qui ne va pas, je le sais. Et alors, tout d'un coup j'ai pens&eacute; : Oh ! Je suis en train de mourir, c'est donc &ccedil;a -- et honn&ecirc;tement j'en &eacute;tais heureuse (...). Et alors je l'ai entendue (l'infirmi&egrave;re) crier : " Mon Dieu ! Elle est morte ". </DD> <DD>(...) et &agrave; travers cette obscurit&eacute; j'entendis mon mari, comme s'il &eacute;tait tr&egrave;s loin, s'&eacute;crier : " Cette fois, c'est fini ! " Et moi je pensais : " Oui, il a raison, c'est fini ! " </DD> <DD>J'ai m&ecirc;me entendu le m&eacute;decin dire &agrave; l'infirmi&egrave;re de ne plus s'occuper de moi, que j'&eacute;tais quasiment mort. </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>2 - Disparition de la douleur et sensation de paix</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>Une sensation de paix et de calme parfait accompagne la compl&egrave;te disparition de la douleur physique, y compris la douleur habituellement tr&egrave;s intense chez les patients atteints de maladies graves ou chez les grands bless&eacute;s. &Agrave; ce stade pr&eacute;domine un sentiment de l&eacute;g&egrave;ret&eacute;, de relaxation totale, de bien-&ecirc;tre... On &eacute;voque parfois une impression de ne plus &ecirc;tre en union avec son corps, de ne plus le percevoir comme le support de sa propre pens&eacute;e. L'id&eacute;e d'un d&eacute;tachement corps/conscience est d&eacute;j&agrave; sous-jacente.</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>Je me sentais paisible. Je me sentais calme... </DD> <DD>Je me souviens uniquement de cette sensation de beau absolu. De paix... et de bonheur ! Oh ! D'un si grand bonheur... le soulagement... La peur n'existait plus. </DD> <DD>Je ne ressentais absolument rien si ce n'est paix, r&eacute;confort, bien-&ecirc;tre, un grand calme. J'avais l'impression que tous mes ennuis avaient cess&eacute;, et je me disais : " Que c'est doux, que c'est paisible, je n'ai mal nulle part. " </DD> <DD>C'&eacute;tait bien, je n'avais pas mal. En fait, je ne sentais rien du tout. Je pouvais voir, mais je ne pouvais pas avoir de sensations. </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>3 - Pr&eacute;sence ou, au contraire, absence totale d'&eacute;l&eacute;ments sonores</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>&Agrave; l'inverse du trait pr&eacute;c&eacute;dent, la pr&eacute;sence d'&eacute;l&eacute;ments sonores est beaucoup moins fr&eacute;quente. Lorsque c'est le cas, le sujet per&ccedil;oit soudain un bruit plut&ocirc;t d&eacute;sagr&eacute;able : bourdonnement, violent son de cloches, sifflement aigu, sir&egrave;nes, rafales de vent, craquements, grincements...</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Quelquefois, &agrave; l'inverse, il s'agit d'une m&eacute;lodie tr&egrave;s plaisante, qualifi&eacute;e de musique divine ou ang&eacute;lique. L'un des exp&eacute;rienceurs que j'ai interrog&eacute;s m'a certifi&eacute; avoir entendu &agrave; ce moment-l&agrave; une " musique vivaldienne ". Une m&eacute;lodie extraordinairement belle qu'il entendait pour la premi&egrave;re fois et qu'il n'a jamais oubli&eacute;e depuis... quarante quatre ans ! Par ailleurs, il est persuad&eacute; que cette musique n'a jamais &eacute;t&eacute; &eacute;dit&eacute;e ni m&ecirc;me jou&eacute;e par quiconque. Son jugement repose sur une parfaite connaissance du r&eacute;pertoire de Vivaldi auquel il s'int&eacute;ressa &agrave; la suite de son EMI.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Si quelques rescap&eacute;s &eacute;voquent un &eacute;pisode sonore, la grande majorit&eacute;, en revanche, ne remarque rien de particulier &agrave; ce propos. Certains affirment m&ecirc;me n'avoir connu qu'un silence absolu, " grandiose " disent-ils parfois. Malgr&eacute; cela, la pr&eacute;sence sporadique des types de sonorit&eacute;s pr&eacute;c&eacute;demment &eacute;num&eacute;r&eacute;s doit retenir l'attention. C'est, me semble-t-il, lorsqu'il est signal&eacute;, un trait caract&eacute;ristique dont l'irruption dans le processus d'une EMI est d'une remarquable constance chronologique. Jouant en quelque sorte un r&ocirc;le charni&egrave;re cette composante sonore pr&eacute;c&egrave;de toujours la d&eacute;corporation ou la phase du tunnel (voir plus loin). Sachant que l'ou&iuml;e est le dernier de nos sens &agrave; dispara&icirc;tre, on pourrait consid&eacute;rer cette ultime stimulation auditive</FONT><A HREF="#10)"><B><SUP>10</B></SUP></A><FONT SIZE=4>, avant le " grand passage ", comme une esp&egrave;ce de signal de la suspension de l'activit&eacute; du syst&egrave;me nerveux central. Dans la dynamique de l'EMI cette derni&egrave;re audition, associ&eacute;e &agrave; la phase tr&egrave;s symbolique du tunnel, repr&eacute;sente un &eacute;l&eacute;ment transitionnel notable vers une continuation marqu&eacute;e par la transcendance.</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>La premi&egrave;re chose dont je me souvienne c'est d'un formidable grondement. </DD> <DD>(...) il me semble avoir entendu comme une esp&egrave;ce de sir&egrave;ne. Une sir&egrave;ne et quelque chose qui ressemblait &agrave; un grand bruissement dans les arbres. Au souffle d'un grand vent dans les arbres. </DD> <DD>(...) je commen&ccedil;ais &agrave; entendre une esp&egrave;ce de musique : une musique tr&egrave;s belle, tr&egrave;s majestueuse. </DD> <DD>Tout se passait dans un profond silence, le plus grand silence que j'aie connu. Il n'y avait pas un bruit. </DD> <DD>(...) Je n'avais plus mal et le silence r&eacute;gnait. Mais ce n'&eacute;tait pas un silence inqui&eacute;tant. C'&eacute;tait un silence apaisant. </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>4 - Le ph&eacute;nom&egrave;ne autoscopique ou d&eacute;corporation</B> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>Voici &eacute;voqu&eacute; le ph&eacute;nom&egrave;ne qui heurte au plus haut point notre bonne logique rationaliste, puisque l'exp&eacute;rienceur pr&eacute;tend maintenant que sa conscience se situe &agrave; l'ext&eacute;rieur de son enveloppe physique. Il dit qu'elle s'en est extrait ou, plus souvent, qu'elle a &eacute;t&eacute; projet&eacute;e hors de son corps. D'une fa&ccedil;on ou d'une autre, la conscience s'&eacute;l&egrave;ve puis se stabilise, g&eacute;n&eacute;ralement &agrave; une hauteur qui varie de quelques dizaines de centim&egrave;tres &agrave; plusieurs m&egrave;tres. Elle " flotte " alors au-dessus du corps, un peu &agrave; la mani&egrave;re d'un astronaute dans le vide spatial. Le plus souvent elle est localis&eacute;e au niveau du plafond, mais elle peut &eacute;galement se situer dans un endroit quelconque de la pi&egrave;ce ou de l'environnement imm&eacute;diat du corps, voire &agrave; plus grande distance, de pr&eacute;f&eacute;rence en hauteur. De ce point d'observation privil&eacute;gi&eacute; elle suit le cours des &eacute;v&eacute;nements qui se d&eacute;roulent autour du corps avec lequel elle vivait pr&eacute;c&eacute;demment en symbiose. Pour les cas recens&eacute;s en milieu hospitalier ces &eacute;v&eacute;nements concernent essentiellement les proc&eacute;dures de r&eacute;animation et les interventions chirurgicales, parfois aussi les visites effectu&eacute;es par les proches.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Cette conscience d&eacute;corpor&eacute;e jouit des facult&eacute;s sensorielles ordinaires hormis le sens tactile. En effet, l'exp&eacute;rienceur projet&eacute; hors de son corps ne peut toucher ce qu'il voit. Lorsqu'il s'y essaie il est &eacute;tonn&eacute; de traverser la mati&egrave;re, vivante ou non. &Eacute;l&eacute;ment suppl&eacute;mentaire entravant la communication : il est &eacute;videmment d&eacute;pourvu de la parole. Ses tentatives de communiquer avec l'entourage restent donc vaines. En revanche, l'acuit&eacute; auditive et visuelle est d'une grande finesse : il entend et voit parfaitement. L'odorat et le go&ucirc;t peuvent &ecirc;tre conserv&eacute;s puisque des t&eacute;moignages, certes peu fr&eacute;quents, en font &eacute;tat.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Les exp&eacute;rienceurs ne signalent que tr&egrave;s rarement aussi l'existence d'un " corps spirituel " ayant une forme bien d&eacute;finie, qui serait le nouveau support de leur conscience. Lorsque c'est le cas ils lui conc&egrave;dent tant&ocirc;t un aspect humano&iuml;de assez flou, tant&ocirc;t le comparent &agrave; une masse informe (brouillard, petit nuage, halo...). Mais d'une mani&egrave;re g&eacute;n&eacute;rale, au cours de leur EMI, l'attention de la plupart des exp&eacute;rienceurs n'a pas &eacute;t&eacute; attir&eacute;e par ce pr&eacute;tendu " corps &eacute;th&eacute;rique ".</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>&Agrave; propos de ces descriptions rarissimes faites par certains exp&eacute;rienceurs, il conviendrait sans doute de se poser la question du r&ocirc;le de l'imaginaire et de l'influence des croyances ant&eacute;rieures. Car cette notion de " mat&eacute;rialisation " d'un corps &eacute;th&eacute;rique (le <I>p&eacute;risprit </I>des spirites ou le <I>corps astral</I> des occultistes) renvoie &agrave; une litt&eacute;rature d'une fertilit&eacute; imaginative sans &eacute;gal, et il est probable qu'il faille y voir la source de telles descriptions. Par contre, et en renfort de cette hypoth&egrave;se, aucun des n,ombreux t&eacute;moignages cit&eacute;s dans les &eacute;tudes men&eacute;es au cours des deux derni&egrave;res d&eacute;cennies sur les EMI ne sugg&egrave;re la pr&eacute;sence d'un lien, tel que d&eacute;crit dans les ouvrages spirites et occultistes, rattachant ce suppos&eacute; corps &eacute;th&eacute;rique au corps physique. Le fait que ce lien subtil, appel&eacute; " corde d'argent " ou " cordon d'argent ", ne soit jamais mentionn&eacute; dans un t&eacute;moignage d'EMI disqualifie ipso facto toutes les ratiocinations qui tentent d'en accr&eacute;diter l'existence ou d'y associer le ph&eacute;nom&egrave;ne qui nous int&eacute;resse. Si des auteurs de science-fiction s'en sont parfois inspir&eacute;s</FONT><A HREF="#11)"><B><SUP>11</B></SUP></A><FONT SIZE=4>, il ne demeure une r&eacute;alit&eacute; que pour les adeptes de ce " voyage astral " pour le moins contestable.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>En revanche, et pour rester encore un peu dans le domaine du fantastique, il vaut la peine de signaler le cas de certaines personnes handicap&eacute;es ou mutil&eacute;es dans leur existence terrestre. Celles-ci pr&eacute;tendent avoir r&eacute;cup&eacute;r&eacute;, lors de leur d&eacute;corporation, leur int&eacute;grit&eacute; physique et des capacit&eacute;s fonctionnelles normales ; plus aucune infirmit&eacute; ou handicap n'affligeait leur " nouveau corps ". &Agrave; ce propos Moody rapporte le cas d'une patiente de 70 ans, aveugle depuis l'&acirc;ge de 18 ans, qui, apr&egrave;s une crise cardiaque, a assist&eacute; " de visu " &agrave; sa propre r&eacute;animation. Par la suite elle a d&eacute;crit tr&egrave;s exactement les instruments qui ont &eacute;t&eacute; utilis&eacute;s ainsi que leurs couleurs. Dans ce cas pr&eacute;cis, il est remarquable que la plupart des instruments qu'elle a d&eacute;peints n'existaient pas cinquante ans plus t&ocirc;t, avant qu'elle ne perde la vue. Notons que de r&eacute;centes recherches entreprises Outre Atlantique s'int&eacute;ressent tout particuli&egrave;rement aux EMI v&eacute;cues par des aveugles</FONT><A HREF="#12)"><B><SUP>12</B></SUP></A><FONT SIZE=4>.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>D'autres ph&eacute;nom&egrave;nes paranormaux surviennent parfois lors de cette phase autoscopique. Ainsi, certains exp&eacute;rienceurs soutiennent avoir assist&eacute; &agrave; des &eacute;v&eacute;nements qui se produisaient dans une autre pi&egrave;ce ou dans des endroits plus &eacute;loign&eacute;s, voire dans leur vie future (nous y reviendrons au stade 9). Quelques-uns disent avoir lu dans la pens&eacute;e des personnes qui se trouvaient en ces lieux. Peu fr&eacute;quentes, ces aptitudes extraordinaires m&eacute;ritent tout de m&ecirc;me d'&ecirc;tre signal&eacute;es tant elles s'av&egrave;rent d&eacute;concertantes lorsqu'elles sont v&eacute;rifi&eacute;es.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Malgr&eacute; son c&ocirc;t&eacute; extraordinaire, la d&eacute;corporation demeure l'un des &eacute;l&eacute;ments d'une EMI susceptible d'offrir des bases d'&eacute;tude int&eacute;ressantes dans la mesure o&ugrave; certaines assertions, concernant au premier chef ces &eacute;tonnantes perceptions paranormales, peuvent &ecirc;tre soumises &agrave; v&eacute;rification. Ceci &eacute;tant, il demeure extr&ecirc;mement malais&eacute; de proc&eacute;der &agrave; un tel contr&ocirc;le, en raison de la relative raret&eacute; de ces perceptions &agrave; m&ecirc;me d'&ecirc;tre corrobor&eacute;es par des t&eacute;moins. Des t&eacute;moins eux-m&ecirc;mes difficiles &agrave; retrouver par les enqu&ecirc;teurs qui, le plus souvent, prennent connaissance de ces &eacute;l&eacute;ments paranormaux longtemps apr&egrave;s les faits.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Ajoutons encore que des exp&eacute;rienceurs " d&eacute;corpor&eacute;s " ont &eacute;prouv&eacute; des sentiments d'impuissance et de tristesse face au d&eacute;sespoir manifest&eacute; par des proches ou par des membres de leur famille. Devant leurs lamentations ils auraient souhait&eacute; leur faire savoir qu'il n'y avait aucune raison de s'inqui&eacute;ter puisque pour eux tout allait pour le mieux.</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>(...) ma m&egrave;re et ma bonne criaient et pleuraient parce qu'elles pensaient que j'&eacute;tais morte. Je me sentais vraiment navr&eacute;e pour elles et pour mon corps (...). Juste une profonde, profonde tristesse. Je peux encore ressentir cette tristesse. </DD> <DD>(...) puis je me souviens que j'&eacute;tais coll&eacute; au plafond et je regardais les gens en dessous de moi qui s'occupaient de mon corps. </DD> <DD>Apr&egrave;s quoi je me retrouvai en train de flotter &agrave; peu pr&egrave;s &agrave; un m&egrave;tre cinquante au-dessus du sol, &agrave; environ cinq m&egrave;tres de la voiture. (&Agrave; la suite d'un accident de la circulation -- NDA ) </DD> <DD>(...) je m'&eacute;levais doucement en l'air, et pendant que je montais je vis d'autres infirmi&egrave;res p&eacute;n&eacute;trer dans la chambre en courant. </DD> <DD>Alors j'ai voulu attraper les mains pour les emp&ecirc;cher de me triturer, mais en vain... (Au cours d'une intervention chirurgicale -- NDA) Je ne sais pas si les miennes leur passaient au travers (...). Je ne sentais pas le contact de ces mains que j'essayais d'empoigner. </DD> <DD>J'avais l'impression d'avoir un autre corps (...). Il &eacute;tait tr&egrave;s mince, tr&egrave;s d&eacute;licat. Tr&egrave;s l&eacute;ger, tr&egrave;s l&eacute;ger. </DD> <DD>Ce n'&eacute;tait pas un corps : rien qu'un tr&egrave;s l&eacute;ger brouillard, une vapeur. Cela ressemblait &agrave; ces nuages que produit la fum&eacute;e des cigarettes lorsqu'ils s'&eacute;clairent en passant aupr&egrave;s d'une lampe (...). </DD> <DD>Tandis que je sortais de mon corps (...) je les voyais tr&egrave;s nettement (...). Je voyais &eacute;galement ma soeur qui est infirmi&egrave;re &agrave; l'h&ocirc;pital X (o&ugrave; se trouvait hospitalis&eacute; le sujet). (...) Je la voyais entrer dans l'h&ocirc;pital pour travailler (...). Quelqu'un lui annon&ccedil;a ce qui se passait et elle se pr&eacute;cipita en haut &agrave; toute vitesse. Je l'ai vue faire. Je l'ai vue monter par l'ascenseur, dire aux gens qu'ils ne pourraient pas sortir &agrave; leur &eacute;tage -- ce qu'elle m'a racont&eacute; ensuite et moi de m&ecirc;me -- parce qu'elle utilisait le dispositif d'urgence de l'ascenseur, et elle est mont&eacute;e droit &agrave; l'&eacute;tage. </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>5 - Le passage dans un lieu sombre</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>Dans une perspective chronologique, cette phase pourrait repr&eacute;senter une &eacute;tape de transition offrant l'acc&egrave;s &agrave; un niveau sup&eacute;rieur, que l'on qualifiera ici de transcendantal. Si quelques rares t&eacute;moins disent avoir eu l'impression de tomber dans un trou obscur ou dans un puits, la sensation de flotter dans un lieu sombre se poursuit le plus souvent par une progression ascendante. Certains r&eacute;cits de vision autoscopique montrent que leurs auteurs se trouvaient d&eacute;j&agrave; entour&eacute;s par les t&eacute;n&egrave;bres &agrave; l'instant m&ecirc;me de la sortie hors du corps. Mais, ici &eacute;galement, on rencontre quelques divergences puisque d'autres exp&eacute;rienceurs font &eacute;tat d'un environnement initial d'une extr&ecirc;me luminosit&eacute;. Il n'en reste pas moins que les lieux les plus fr&eacute;quemment d&eacute;peints par ceux qui ont atteint ce stade de l'EMI ont pour caract&eacute;ristique commune l'obscurit&eacute; : tunnel, vall&eacute;e, immense tuyau ou tube, couloir, entonnoir, espace vide et infini, etc.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Ce p&eacute;riple dans l'obscurit&eacute;, d'ordinaire assez bref, s'effectue le plus souvent dans un silence total. Quelques t&eacute;moignages rel&egrave;vent toutefois la pr&eacute;sence d'un accompagnement musical plut&ocirc;t agr&eacute;able. Si l'impression de s&eacute;r&eacute;nit&eacute; pr&eacute;domine, l'&eacute;tranget&eacute; de la situation &eacute;veille parfois une appr&eacute;hension passag&egrave;re. La rapidit&eacute; du d&eacute;placement varie selon les r&eacute;cits : d'une allure mod&eacute;r&eacute;e (escalator ou ascenseur) jusqu'&agrave; la vitesse de la lumi&egrave;re (fr&eacute;quemment cit&eacute;e), en passant par la sensation d'aller tr&egrave;s vite tout simplement. Quelques exp&eacute;rienceurs d&eacute;clarent avoir &eacute;prouv&eacute; le sentiment diffus d'une pr&eacute;sence qui les aurait accompagn&eacute;s et rassur&eacute;s, alors que d'autres l'ont nettement identifi&eacute;e &agrave; un ou des guides -- nous y viendrons au stade suivant.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>&Agrave; la suite d'&eacute;v&eacute;nements tragiques engendrant de nombreuses victimes (carambolages meurtriers, op&eacute;rations de guerre, accidents technologiques, catastrophes naturelles, etc.), des rescap&eacute;s affirment avoir parcouru cette obscurit&eacute; -- ou, selon, des lieux moins sombres -- en compagnie d'autres consciences d&eacute;sincarn&eacute;es. Ces pr&eacute;sences ne sont pas nettement identifi&eacute;es mais plut&ocirc;t per&ccedil;ues intuitivement, quoiqu'une description plus pr&eacute;cise puisse parfois &ecirc;tre rapport&eacute;e.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Dans un registre voisin, des exp&eacute;rienceurs eurent une pens&eacute;e attrist&eacute;e ou ressentirent un certain malaise en observant d'&eacute;tranges silhouettes errant dans ces lieux plus ou moins obscurs. Ils en d&eacute;duisirent s'&ecirc;tre trouv&eacute;s en pr&eacute;sence " d'&acirc;mes pitoyables et totalement d&eacute;sorient&eacute;es ", &agrave; la recherche d'un guide ou d'une solution &agrave; des probl&egrave;mes de leur vie terrestre qu'ils n'avaient pas conscience d'avoir quitt&eacute;e ; en quelque sorte des " &acirc;mes " fortement attach&eacute;es &agrave; leur existence mat&eacute;rielle pass&eacute;e. Selon ces m&ecirc;mes t&eacute;moins beaucoup de ces ombres entr'aper&ccedil;ues l&agrave;-bas auraient " enfreint la r&egrave;gle " en se suicidant, sans &ecirc;tre parvenus pour autant &agrave; r&eacute;soudre leurs probl&egrave;mes terrestres. </DD><DIR> <DIR> <DIR>  </FONT><DD>Ces &acirc;mes &eacute;gar&eacute;es ? Les personnages avaient un aspect plus humanis&eacute; (...) mais aucun n'avait une forme tout &agrave; fait humaine comme nous. (...) dans cet endroit particulier tout &eacute;tait d'un gris terne, tr&egrave;s triste. Ils paraissaient h&eacute;siter, ils regardaient en arri&egrave;re (...) Ils avaient l'air de planer ; leur regard &eacute;tait toujours tourn&eacute; vers le bas, jamais en haut. (...) ils avaient l'air abattu, accabl&eacute;, gris. Extr&ecirc;mement d&eacute;sorient&eacute;s. </DD> <DD>On les voyait en train d'essayer d'&eacute;tablir le contact (avec les vivants -- NDA), mais personne ne se rendait compte de leur pr&eacute;sence, personne ne faisait attention &agrave; eux. Ils essayaient de communiquer, mais ils n'y r&eacute;ussissaient jamais. Personne ne paraissait savoir qu'ils &eacute;taient l&agrave;. </DD> <DD>Je pouvais voir mon corps qui &eacute;tait couch&eacute; l&agrave;... J'ai vu tout le spectacle... Je montais lentement, comme si je flottais dans une sorte de couloir obscur ou semi-obscur... </DD> <DD>Je me souviens avoir avanc&eacute; dans un tunnel, un tunnel tr&egrave;s tr&egrave;s obscur... il &eacute;tait tr&egrave;s, tr&egrave;s vaste. </DD> <DD>Quand je dis tunnel, la seule chose qui me vienne &agrave; l'esprit, c'est... vous savez ces grosses canalisations qu'on met dans les &eacute;gouts ? C'&eacute;tait cylindrique comme cela, mais &eacute;norme. </DD> <DD>La premi&egrave;re chose qui se produisit -- tout a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s rapide -- fut que je m'en allai &agrave; travers ce grand vide mais &agrave; une vitesse folle. </DD> <DD>Cette musique divine continuait &agrave; m'accompagner et je montais. Je montais doucement dans une obscurit&eacute; totale. </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>6 - La rencontre avec des guides ou des d&eacute;funts</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>Outre ces " &acirc;mes en peine ", tr&egrave;s rarement signal&eacute;es tout de m&ecirc;me, d'autres personnages, auxquels est souvent attribu&eacute; un r&ocirc;le de guide ou de conseiller, vont se manifester. Ce sont des proches d&eacute;c&eacute;d&eacute;s : parents ou amis, anciens voisins ou relations, voire un animal familier aim&eacute; jadis, parfois aussi de parfaits inconnus. L'exp&eacute;rienceur communique avec eux gr&acirc;ce &agrave; une sorte de langage t&eacute;l&eacute;pathique qui autorise un &eacute;change de pens&eacute;es et d'&eacute;motions instantan&eacute;. Rappelons-nous cependant que le contact avec les " chers disparus ", &agrave; l'instar d'autres &eacute;l&eacute;ments caract&eacute;ristiques, peut avoir lieu &agrave; un moment quelconque des phases pr&eacute;c&eacute;dentes, voire se prolonger tout au long de l'EMI.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Jeanne Guesn&eacute;, auteur de plusieurs ouvrages consacr&eacute;s &agrave; son propre cheminement spirituel, a exp&eacute;riment&eacute; le ph&eacute;nom&egrave;ne de d&eacute;corporation voici d&eacute;j&agrave; longtemps, et de fa&ccedil;on consciente, lors d'exercices de m&eacute;ditation orient&eacute;s en ce sens. La vision des chers disparus rel&egrave;verait, pour elle, d'une projection mentale en relation avec un important investissement affectif : " Chaque fois ces gens retrouvent un parent ou des parents et amis morts, qui leur parlent, les entourent. C'est normal, cela appartient &agrave; leur m&eacute;moire mentale. (...) C'est ainsi que je vis (une seule fois) mon p&egrave;re quelques instants, je vis surtout ses mains qui serraient les miennes, me disant qu'il lui fallait me quitter car il ne pouvait plus rester. Mais, tr&egrave;s vite, je compris que c'&eacute;tait moi qui, en pensant &agrave; lui, provoquait son image incroyablement vivante... "</FONT><A HREF="#13)"><B><SUP>13</B></SUP></A><FONT SIZE=4>. Remarquons toutefois que dans le cadre des EMI l'appr&eacute;ciation de Jeanne Guesn&eacute; est &agrave; consid&eacute;rer avec prudence, le contexte des ph&eacute;nom&egrave;nes autoscopiques qu'elle a v&eacute;cus n'ayant jamais &eacute;t&eacute; celui de l'approche de la mort.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Pour en revenir &agrave; nos exp&eacute;rienceurs, ces retrouvailles suscitent un vif sentiment de bonheur. Si le plaisir de ces rencontres est r&eacute;ciproque, il n'emp&ecirc;che que, au bout d'un certain laps de temps, les d&eacute;funts retrouv&eacute;s invitent g&eacute;n&eacute;ralement le visiteur &agrave; rebrousser chemin et &agrave; r&eacute;int&eacute;grer son corps. Cependant, il n'y a pas lieu, ici encore, d'en faire une r&egrave;gle stricte car les r&eacute;cits qui mettent l'accent sur le d&eacute;sir de ces d&eacute;funts de garder l'exp&eacute;rienceur aupr&egrave;s d'eux ne sont pas rares non plus (Cf. Ang&egrave;le).</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Par ailleurs, des narrations font &eacute;tat d'un v&eacute;cu purement mystique ; j'ai relev&eacute; deux r&eacute;cits de cette nature dans le cours de mon enqu&ecirc;te. Les personnages rencontr&eacute;s appartiennent alors au panth&eacute;on religieux de la confession de l'int&eacute;ress&eacute;. Mais c'est plut&ocirc;t l&agrave; un &eacute;l&eacute;ment sp&eacute;cifique de l'&eacute;tape suivante.</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>Je suis arriv&eacute; dans un endroit o&ugrave; il y avait toute ma famille, ma grand-m&egrave;re, mon grand-p&egrave;re, mon p&egrave;re, mon oncle (...). Ils sont tous venus &agrave; ma rencontre et m'ont accueilli. </DD> <DD>Avec moi il y avait mon fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; qui &eacute;tait mort quand j'&eacute;tais encore un gosse. Je ne pouvais pas le voir, mais je savais qu'il &eacute;tait tout pr&egrave;s de moi, il m'a m&ecirc;me tap&eacute; sur l'&eacute;paule en me disant : " C'est vraiment comme tu veux... tu peux rester et je serai &agrave; tes c&ocirc;t&eacute;s et tout ira bien. " </DD> <DD>Et ensuite il y a eu un autre moment o&ugrave; deux de mes tantes -- qui sont mortes -- assises sur une cl&ocirc;ture d'une magnifique prairie se sont mises &agrave; m'appeler. " Avance, Giselle, me disaient-elles, avance. " Et j'&eacute;tais tr&egrave;s contente de les voir. </DD> <DD>(...) et m&ecirc;me, quand j'ai entendu le m&eacute;decin parler de ma mort, j'ai cru que j'allais reprendre connaissance. C'est &agrave; ce moment que je me suis aper&ccedil;ue de la pr&eacute;sence d'un tas de monde, presqu'une foule, planant &agrave; la hauteur du plafond de ma chambre. Tous des gens que j'avais connus autrefois et qui &eacute;taient pass&eacute;s dans l'autre monde (...). Ils avaient tous l'air content, c'&eacute;tait une circonstance heureuse, et je savais qu'ils &eacute;taient venus pour me prot&eacute;ger ou pour me guider (...). Ce fut une minute magnifique, toute de splendeur. </DD> <DD>Et en plus de &ccedil;a, au cours de ce mois de mai, ma compagnie avait perdu quarante deux hommes (t&eacute;moignage d'un GI gravement bless&eacute; lors d'une op&eacute;ration de guerre au Vi&ecirc;t-Nam -- NDA). Les quarante deux gars &eacute;taient tous l&agrave;. Ils n'avaient pas la forme sous laquelle nous percevons le corps humain, et je ne peux pas dire quelle allure ils avaient, parce que je ne le sais pas. Mais je sais qu'ils &eacute;taient l&agrave;. Je sentais leur pr&eacute;sence. Nous communiquions sans parler avec nos voix. </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>7 - La perception de la lumi&egrave;re</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>C'est incontestablement l'aspect le mieux connu du grand public, mais aussi le plus brocard&eacute; par les d&eacute;tracteurs des exp&eacute;riences de mort imminente. Sans doute parce qu'il a &eacute;t&eacute; exploit&eacute; &agrave; des fins douteuses par quelques talentueux affabulateurs et autres " messies des temps nouveaux ".</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>La vision de la lumi&egrave;re est sp&eacute;cifique de l'acc&egrave;s &agrave; la phase transcendantale. Il s'agit maintenant d'une luminosit&eacute; intense, l'exp&eacute;rienceur approche d'une lumi&egrave;re dont il est difficile de rendre compte avec des mots : " mille fois plus puissante que le soleil " dira-t-il. L'extr&ecirc;me clart&eacute; envahit peu &agrave; peu tout l'espace sans que, paradoxalement, il en soit &eacute;bloui. Certains t&eacute;moignages situent cette vision d&egrave;s l'entr&eacute;e dans l'espace sombre, sous forme d'un point lumineux qui s'agrandit au fur et &agrave; mesure de la progression du sujet (Cf. Ang&egrave;le &agrave; nouveau). Selon d'autres descriptions, elle n'intervient qu'apr&egrave;s la sortie de la zone d'obscurit&eacute;, brutalement parfois. Les nuances relev&eacute;es varient du blanc tr&egrave;s brillant &agrave; l'orang&eacute; ou au dor&eacute;, parfois au rougeoyant ou au bleut&eacute;, mais les descriptions s'attardent davantage sur son intensit&eacute; et sur le rayonnement dont elle emplit tout l'espace.</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>Au d&eacute;but, elle m'a paru un peu p&acirc;le, mais, tout &agrave; coup, il y a eu ce rayon intense. La luminosit&eacute; &eacute;tait prodigieuse, rien &agrave; voir avec un &eacute;clair d'orage, une lumi&egrave;re insoutenable, voil&agrave; tout (...). </DD> <DD>C'&eacute;tait d'un blanc &eacute;tincelant, tirant un peu sur le jaune -- mais surtout blanc. Cela &eacute;clairait tout alentour (...) la salle d'op&eacute;ration, le docteur et les infirmiers, tout. J'y voyais tr&egrave;s distinctement, sans &ecirc;tre aveugl&eacute;. </DD> <DD>(...) j'ai de nouveau vu cette lumi&egrave;re. Quasiment la m&ecirc;me que j'avais aper&ccedil;ue au bout du tunnel. Elle &eacute;tait du m&ecirc;me dor&eacute; vif, jaune. </DD> <DD>Tout ce qu'il y avait, c'&eacute;tait une lumi&egrave;re &eacute;clatante qui brillait de plus en plus, mais &ccedil;a ne vous faisait pas mal aux yeux. </DD> <DD>Je flottais tout pr&egrave;s du plafond (...). Je suis sortie dans le couloir et j'ai vu ma m&egrave;re en train de pleurer (Il s'agit d'une petite fille en r&eacute;animation -- NDA). (...) elle ne pouvait pas m'entendre. Alors une belle dame est arriv&eacute;e parce qu'elle savait que j'avais peur. Elle m'a emmen&eacute;e dans un tunnel et on est arriv&eacute; au ciel (...). Quand nous avons vu la lumi&egrave;re, j'ai &eacute;t&eacute; tr&egrave;s contente. Pendant longtemps, j'ai voulu y retourner. Je veux toujours retourner &agrave; cette lumi&egrave;re quand je mourrai (...). La lumi&egrave;re &eacute;tait tr&egrave;s brillante. </DD> <DD>L&agrave; ce fut comme si des nuages, ou plut&ocirc;t un brouillard rose, s'amassaient autour de moi (...) et de l&agrave; vers cette lumi&egrave;re de pur cristal, une lumi&egrave;re blanche qui rayonnait ; une lumi&egrave;re tr&egrave;s belle, tr&egrave;s brillante, irradiante. Mais elle ne faisait pas mal aux yeux. On ne peut comparer cette lumi&egrave;re &agrave; rien de ce qui existe sur terre. </DD> <DD>Ce que je peux dire de la lumi&egrave;re -- non, ce n'&eacute;tait pas une lumi&egrave;re mais l'absence d'obscurit&eacute;, totale et absolue (...). Eh bien, quand vous pensez &agrave; la lumi&egrave;re, vous imaginez une grande lumi&egrave;re qui &eacute;claire tout et qui fait des ombres, etc. Cette lumi&egrave;re &eacute;tait vraiment l'absence d'obscurit&eacute;. Nous n'avons pas l'habitude de ce genre de concept (...). Mais cette lumi&egrave;re &eacute;tait tellement totale, tellement absolue que vous ne regardiez pas la lumi&egrave;re, vous &eacute;tiez dans la lumi&egrave;re. Vous voyez ce que je veux dire ? </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>8 - La fusion dans la lumi&egrave;re et le sentiment d'un amour inexprimable</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>Nous sommes l&agrave; au coeur de la phase transcendantale. Bient&ocirc;t une pr&eacute;sence est associ&eacute;e &agrave; la lumi&egrave;re. De cette entit&eacute; lumineuse se d&eacute;gage une tendresse et une bont&eacute; infinies. Puis, soudain, c'est une onde d'amour d'une intensit&eacute; inou&iuml;e qui submerge notre exp&eacute;rienceur. Nul autre que Phyllis Atwater, ayant elle-m&ecirc;me v&eacute;cu trois EMI diff&eacute;rentes, ne me semble avoir mieux d&eacute;crit ce sentiment. Afin que nous en comprenions mieux la port&eacute;e voici un bref extrait de son analyse</FONT><A HREF="#14)"><B><SUP>14</B></SUP></A><FONT SIZE=4> :</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>Il me para&icirc;t utile de red&eacute;finir l'amour et, en particulier, l'amour inconditionnel : l'amour que nous rencontrons au moment de la mort n'a rien d'&eacute;motionnel. Il n'est li&eacute; &agrave; aucun sentiment. Nous avons beau sentir qu'il s'adresse &agrave; nous, il ne pr&eacute;sente aucun caract&egrave;re personnel. Il correspond davantage &agrave; un &eacute;tat, une fa&ccedil;on transcendante d'exister. Un niveau de conscience, inimaginable et incompr&eacute;hensible &agrave; la raison humaine. C'est un amour qui coule &agrave; travers vous. Il ne vient pas de vous et ne vous est pas personnellement destin&eacute;. On ne peut le poss&eacute;der. Pour savoir &agrave; quoi il ressemble, il faut le donner et regarder ce qui se passe. Cet amour, qui est l'amour v&eacute;ritable, n'appartient &agrave; personne et fait partie de chacun. Il n'existe que dans une libert&eacute; totale ; il ne demande rien et n'exige rien en retour. Il se fait accueillant &agrave; tous et n'exclut personne. <U>C'est le ciment qui maintient ensemble l'univers et la cr&eacute;ation tout enti&egrave;re</U><A HREF="#15)"><B><SUP>15</B></SUP></A>. Quand on vit dans un tel amour, toutes les &eacute;motions, tous les sentiments, tous les besoins, tous les liens se dissipent. En revenant sur terre, l'exp&eacute;rienceur flotte encore dans ce climat. Il lui faut du temps pour reprendre pied, pour se r&eacute;impliquer et se r&eacute;attacher. </DD> <FONT SIZE=4><DD>Il est ais&eacute; de comprendre que beaucoup d'exp&eacute;rienceurs fassent preuve d'une certaine pudeur &agrave; parler de ce flot d'amour infini qui les a submerg&eacute;s. La g&ecirc;ne qu'ils manifestent vient en partie de leur incapacit&eacute; d'en exprimer le caract&egrave;re extraordinaire, <I>supra-ordinaire</I> -- l'aspect ineffable de l'exp&eacute;rience a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute; au d&eacute;but du chapitre. Ils estiment alors que leur narration ne restituera que de fa&ccedil;on m&eacute;diocre ce qu'ils ont ressenti, puisqu'aucun qualificatif de notre vocabulaire ne parvient &agrave; le d&eacute;finir. De plus, certains craignent de passer pour de nouveaux proph&egrave;tes ou pour des illumin&eacute;s un peu na&iuml;fs.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Mais encore, il est probable que cet amour <I>supra-humain</I> ne corresponde pas aux conceptions ant&eacute;rieures de l'exp&eacute;rienceur. Et certainement pas au climat d'hostilit&eacute; et de violence qui pr&eacute;side trop souvent aux relations entre les &eacute;ph&eacute;m&egrave;res locataires de notre petite plan&egrave;te ; le choix d'une fraternit&eacute; &eacute;galitaire et d'une option pacifiste y passant pour un gage de faiblesse ou pour une utopie. Ainsi cet exp&eacute;rienceur se trouve-t-il fr&eacute;quemment en d&eacute;calage non seulement avec ses opinions pass&eacute;es, mais encore avec celles d'une majorit&eacute; de ses contemporains. Enfin, sa r&eacute;insertion affective au sein de la famille et des proches, en raison de leur incompr&eacute;hension de cette notion d'amour dont ils se sentent exclus, n'est pas la moindre difficult&eacute; qu'il lui faut surmonter. Garder le silence sur ce sentiment incommunicable, qu'il n'est donc pas en mesure de faire partager, est pour lui une mani&egrave;re de se pr&eacute;server et de sauver les apparences.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Du faible pourcentage des exp&eacute;rienceurs parvenus &agrave; ce stade de l'EMI quelques-uns estiment avoir &eacute;t&eacute; en symbiose avec tout l'univers, &eacute;voquant un sentiment de fusion avec le cosmos et de savoir universel (Ang&egrave;le, encore). Ils ont connu un &eacute;tat d'expansion de la conscience difficile &agrave; d&eacute;crire, l&agrave; aussi, et disent avoir b&eacute;n&eacute;fici&eacute; alors d'une facult&eacute; de perception infiniment sup&eacute;rieure &agrave; celle de leur &eacute;tat habituel de conscience. M&ecirc;me s'ils ne gardent qu'un souvenir flou de leur " enseignement ", ils affirment qu'&agrave; cet instant pr&eacute;cis de leur exp&eacute;rience ils poss&eacute;daient l'explication de toute chose. Si le bouleversement &eacute;motionnel alors ressenti est toujours parfaitement m&eacute;moris&eacute;, ce n'est pas le cas, h&eacute;las, de cette connaissance illimit&eacute;e. D'autre part, beaucoup se plaisent &agrave; souligner l'impression de familiarit&eacute; ressentie de " l'autre c&ocirc;t&eacute; ", comme s'ils &eacute;taient revenus chez eux apr&egrave;s une br&egrave;ve absence (Ang&egrave;le, toujours).</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Il est fr&eacute;quent que l'entit&eacute; lumineuse se voie attribuer une identit&eacute; : Dieu, J&eacute;sus, Allah, Mahomet, Bouddha, la Vierge, un saint, un proph&egrave;te, un messager divin ou quelque autre figure embl&eacute;matique de la religion de l'int&eacute;ress&eacute;. Ces apparitions sont incontestablement en relation directe avec la culture religieuse de l'exp&eacute;rienceur, subjugu&eacute; par le r&eacute;alisme de ces repr&eacute;sentations -- difficile cependant d'affirmer que ces interpr&eacute;tations ne sont pas &eacute;labor&eacute;es a posteriori, lorsque le sujet se rem&eacute;more les visions. C'est un &eacute;l&eacute;ment culturel du m&ecirc;me ordre qui pr&eacute;side sans aucun doute au choix des sites merveilleux qui accueillent le visiteur : cit&eacute;s &eacute;tincelantes d'or et paysages paradisiaques. La vision de ces tableaux exprime un ravissement des sens, une profonde extase.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Ce t&eacute;moin m&eacute;lomane, d&eacute;j&agrave; cit&eacute;, a carr&eacute;ment &eacute;t&eacute; enlev&eacute; de son lit d'h&ocirc;pital par deux archanges v&ecirc;tus de blanc qui rest&egrave;rent &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s le temps d'une lente et solennelle ascension. Ajoutez &agrave; cela un air de Vivaldi et vous aurez une meilleure id&eacute;e de l'intensit&eacute; &eacute;motionnelle de son v&eacute;cu. D'autant que, par la suite, il s'est trouv&eacute; face &agrave; un personnage majestueux, v&ecirc;tu d'une toge immacul&eacute;e, assis sur un tr&ocirc;ne somptueux. Ses traits &eacute;taient en parfaite conformit&eacute; avec l'iconographie chr&eacute;tienne, cette vision anthropomorphique du Cr&eacute;ateur telle que l'avait reproduite Michel-Ange dans les fresques de la chapelle Sixtine : beau visage de vieillard encadr&eacute; d'une barbe blanche. Avec, ajoutera cet homme, " un regard qui p&eacute;n&egrave;tre jusqu'au tr&eacute;fonds de l'&acirc;me ".</FONT> </DD> <DD>(...) et puis il y eut cette lumi&egrave;re brillante. Elle &eacute;tait de plus en plus brillante, et j'ai eu l'impression de la traverser (...). Et il y avait de la musique. Je me voyais dans un paysage de campagne, avec des ruisseaux, des arbres, des montagnes (...). Ce n'&eacute;tait pas vraiment des arbres, ni rien de connu. Ce qui m'a paru le plus &eacute;trange c'est qu'il y avait du monde ; pas sous un aspect physique, corporel : les gens &eacute;taient l&agrave;, c'est tout (...). On &eacute;prouvait un sentiment de paix absolue et de bonheur. D'amour. Et j'avais l'impression de m'int&eacute;grer &agrave; tout &ccedil;a. </DD> <DD>(...) j'apercevais une ville. Il y avait de grandes maisons, s&eacute;par&eacute;es les unes des autres, qui &eacute;tincelaient. Ceux qui y habitaient &eacute;taient des gens heureux. On voyait des sources jaillissantes, des fontaines (...). Une ville de lumi&egrave;re, voil&agrave; comment je serais tent&eacute;e d'appeler cela. C'&eacute;tait splendide. Il y avait aussi de la belle musique. Tout resplendissait, merveilleux. </DD> <DD>Je faisais des efforts pour rejoindre cette lumi&egrave;re parce que j'avais le sentiment que c'&eacute;tait le Christ, et je voulais arriver jusqu'&agrave; Lui. Il n'y avait rien l&agrave; d'effrayant ; c'&eacute;tait m&ecirc;me plut&ocirc;t agr&eacute;able. </DD> <DD>C'&eacute;tait la lumi&egrave;re qui me parlait, elle avait une voix (...). Et cependant, &agrave; partir du moment o&ugrave; elle a commenc&eacute; &agrave; me parler, je me suis senti d&eacute;licieusement bien, prot&eacute;g&eacute; et aim&eacute;. L'amour qui &eacute;manait de la lumi&egrave;re est inimaginable, indescriptible. Et par-dessus le march&eacute; elle d&eacute;gageait de la ga&icirc;t&eacute; ! Elle avait le sens de l'humour, je vous assure ! </DD> <DD>La premi&egrave;re chose que j'ai vue en me r&eacute;veillant &agrave; l'h&ocirc;pital &eacute;tait une fleur et j'ai pleur&eacute;. Croyez-le ou pas, je n'avais jamais vraiment regard&eacute; une fleur avant de revenir de la mort. Une des grandes choses que j'ai apprises quand je suis mort, c'est que nous faisons partie d'un grand tout, de l'univers vivant. Si nous pensons pouvoir faire du tort &agrave; une autre personne ou &agrave; une autre chose vivante sans nous faire du tort &agrave; nous-m&ecirc;mes, nous nous trompons lourdement. </DD> <DD>J'ai eu tout &agrave; coup la sensation de poss&eacute;der la connaissance de toutes choses -- de tout ce qui avait eu lieu depuis le commencement du monde et de tout ce qui allait avoir lieu ind&eacute;finiment (...). Cette science int&eacute;grale s'&eacute;tait comme ouverte devant moi. J'ai su que ma maladie durerait encore un certain temps et qu'il m'arriverait &agrave; nouveau de voir la mort de pr&egrave;s (et en effet j'ai &eacute;t&eacute; plusieurs fois &agrave; deux doigts de mourir apr&egrave;s cela). On m'a expliqu&eacute; que c'&eacute;tait afin d'effacer cette connaissance universelle que j'avais re&ccedil;ue (...) car j'avais p&eacute;n&eacute;tr&eacute; les secrets de l'univers. </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>9 - Le panorama de la vie et le jugement</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>C'est le plus souvent en pr&eacute;sence de la lumi&egrave;re, et parfois en compagnie de ses guides, que l'int&eacute;ress&eacute; se voit proposer le bilan de sa vie pass&eacute;e. Proposer est un euph&eacute;misme puisque, dans la plupart des cas, cette revue de la vie s'impose d'elle-m&ecirc;me. Elle se d&eacute;roule devant ses yeux sans qu'il lui soit demand&eacute; le moindre effort de m&eacute;moire. L'exp&eacute;rienceur per&ccedil;oit les menus d&eacute;tails de chaque sc&egrave;ne et en ressent toutes les &eacute;motions ; les siennes tout autant que celles des autres protagonistes.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Il n'est pas facile d'expliciter ce panorama de la vie car, dans certains r&eacute;cits, il est fait &eacute;tat de la perception simultan&eacute;e de plusieurs sc&egrave;nes. Par ailleurs, d'un t&eacute;moignage &agrave; l'autre, le d&eacute;roulement chronologique peut suivre un axe oppos&eacute; : de la naissance jusqu'&agrave; la p&eacute;riode pr&eacute;c&eacute;dent l'EMI ou inversement. Mieux encore, de temps &agrave; autre s'intercalent des visions du futur, comme si cette esp&egrave;ce de bilan s'appliquait &agrave; la totalit&eacute; de l'existence y compris au temps &agrave; venir. Cet aspect pr&eacute;monitoire a d'ailleurs &eacute;t&eacute; esquiss&eacute; dans le dernier t&eacute;moignage du stade pr&eacute;c&eacute;dent.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Culpabilisante ou au contraire gratifiante, la revue des &eacute;v&eacute;nements de la vie s'exprime sur un registre &eacute;motionnel relativement mod&eacute;r&eacute;, paradoxal parfois. L'exp&eacute;rienceur revit pourtant des pans entiers de son existence, oubli&eacute;s la plupart du temps. Il se trouve aussi en situation de participer, au plan &eacute;motionnel, en lieu et place des autres personnes pr&eacute;sentes. De cette fa&ccedil;on il juge " v&eacute;ritablement " de l'effet de ses actes, comme le soulignait le t&eacute;moignage d'Ang&egrave;le.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>" L'&Ecirc;tre de lumi&egrave;re ", ainsi que le d&eacute;signe Moody en &eacute;cho aux paroles de nombreux t&eacute;moins, se montre compr&eacute;hensif et compatissant. Il se garde de tout jugement moral, laissant au sujet lui-m&ecirc;me le soin de le faire. Il est int&eacute;ressant de noter que bien des d'exp&eacute;rienceurs estiment s'&ecirc;tre livr&eacute;s &agrave; une sorte d'auto-jugement, consid&eacute;rant " l'&Ecirc;tre de lumi&egrave;re " comme l'&eacute;manation transcend&eacute;e de leur propre conscience</FONT><A HREF="#16)"><B><SUP>16</B></SUP></A><FONT SIZE=4>. Dans quelques r&eacute;cits, il est &eacute;galement fait mention d'une impression de moquerie amus&eacute;e manifest&eacute;e par la lumi&egrave;re, voire d'un humour plus ou moins sarcastique (encore Ang&egrave;le, de m&ecirc;me que l'un des pr&eacute;c&eacute;dents t&eacute;moignages).</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Diff&eacute;rentes &eacute;tudes tendent &agrave; indiquer que le bilan panoramique de la vie revient avec plus de fr&eacute;quence dans les cas o&ugrave; l'imminence de la mort rev&ecirc;t un caract&egrave;re inopin&eacute; (accident), tel que la victime ne peut manifestement pas s'&ecirc;tre pr&eacute;par&eacute;e &agrave; sa fin prochaine. Selon les m&ecirc;mes sources, ces rescap&eacute;s d'une mort impr&eacute;visible rapporteraient moins de r&eacute;cits d'apparitions lumineuses ; un constat qui ne trouve pas explication pour l'heure.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Nombre d'exp&eacute;rienceurs parvenus &agrave; ce stade &eacute;voquent une question pr&eacute;cise, &eacute;manant de la source lumineuse, qui semble introduire la phase du jugement : " Qu'as-tu fait de ta vie ? "</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>D&egrave;s qu'il m'est apparu, l'&Ecirc;tre de lumi&egrave;re m'a tout de suite demand&eacute; : " Montre-moi ce que tu as fait de ta vie. " ou quelque chose d'approchant. Et aussit&ocirc;t les retours en arri&egrave;re ont commenc&eacute;. (...) il choisissait certains passages de mon existence et les faisait revivre devant moi pour me les remettre en m&eacute;moire. (...) il ne manquait pas une occasion pour me faire remarquer l'importance de l'amour (...). Il insistait beaucoup sur l'importance de la connaissance. </DD> <DD>Je suis tomb&eacute; &agrave; la renverse (...) et toute ma vie a d&eacute;fil&eacute; devant moi comme un ordinateur tr&egrave;s rapide et je n'arr&ecirc;tais pas de penser &agrave; toutes les diff&eacute;rentes choses que j'avais faites ou, peut-&ecirc;tre, que je n'avais pas faites. </DD> <DD>&Agrave; l'instant de l'impact, toute ma vie a commenc&eacute; &agrave; d&eacute;filer devant moi ; cela remontait &agrave; l'&eacute;poque o&ugrave; j'&eacute;tais tout b&eacute;b&eacute;, puis les images se sont mises &agrave; progresser dans le temps. Je me rappelais tout et tout &eacute;tait incroyablement vivant (...). Il n'y avait rien de p&eacute;nible dans tout &ccedil;a, j'y assistais sans regrets. (...) la projection d'une s&eacute;rie de diapositives, comme si quelqu'un se chargeait de faire d&eacute;filer les photos &agrave; toute vitesse. </DD> <DD>J'ai eu peur parce que je voyais que le camion allait heurter le parapet du pont (...). Eh bien, pendant le court laps de temps pendant lequel le camion glissait, j'ai repens&eacute; &agrave; tout ce que j'avais fait. (...) je devais avoir deux ans (...), au moment d'aller &agrave; l'&eacute;cole. (...) chacune de mes ann&eacute;es de classe, j'ai revu tous mes professeurs, et les petits faits marquant de chaque ann&eacute;e. (...) et tout le reste jusqu'&agrave; l'heure pr&eacute;sente (...). Cela n'a probablement dur&eacute; qu'une fraction de seconde. </DD> <DD>Toutes les pens&eacute;es de mon enfance et ma vie enti&egrave;re m'attendaient au bout du tunnel, comme jaillissant devant moi (...). Je ne sais pas comment vous l'expliquer, mais tout &eacute;tait l&agrave;, tout se trouvait l&agrave; en m&ecirc;me temps. (...) je pensais &agrave; mes parents et j'aurais tant voulu ne pas avoir fait les choses que j'avais faites, j'aurais voulu revenir en arri&egrave;re pour les d&eacute;-faire. </DD> <DD>(...) il s'est fait autour de moi une exposition, disons, o&ugrave; tout ce que j'avais fait dans ma vie se trouvait comme &agrave; l'&eacute;talage. J'&eacute;tais d&eacute;vor&eacute; de honte &agrave; cause d'un tas de choses que j'avais faites, parce que maintenant je voyais tout sous un jour compl&egrave;tement diff&eacute;rent ; la lumi&egrave;re me r&eacute;v&eacute;lait ce qui &eacute;tait mal, ce en quoi j'avais mal agi. Et tout cela &eacute;tait tr&egrave;s r&eacute;el. (...) c'&eacute;tait une esp&egrave;ce de jugement (...) et il y eut un dialogue ; pas avec des mots, rien qu'avec les pens&eacute;es. (...) je ne voyais pas seulement tout ce que j'avais fait, mais m&ecirc;me les r&eacute;percussions que mes actes avaient entra&icirc;n&eacute;es pour d'autres personnes (...), je ressentais tout &ccedil;a, &ccedil;a s'accompagnait de sentiment (...). Nos pens&eacute;es ne se perdent jamais. </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>10 - La fronti&egrave;re et le retour</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>Vient le moment o&ugrave; l'exp&eacute;rienceur, m&ecirc;me s'il n'a pas parcouru l'ensemble des phases pr&eacute;c&eacute;dentes, rencontre une sorte de fronti&egrave;re mat&eacute;rielle ou symbolique : barri&egrave;re, grille, porte, fleuve, or&eacute;e d'un bois, montagne, ravin, souvenir des proches laiss&eacute;s en arri&egrave;re ou sentiment de responsabilit&eacute; &agrave; leur &eacute;gard (enfants), notion d'une oeuvre, d'un destin ou d'une vie inachev&eacute;s...</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Dans certains t&eacute;moignages, cela a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; signal&eacute;, ce sont les d&eacute;funts rencontr&eacute;s par l'exp&eacute;rienceur ou la pr&eacute;sence ressentie dans la lumi&egrave;re qui lui demandent de s'en retourner. Je citerai une fois encore cet amateur de Vivaldi, envoy&eacute; <I>Ad Patres</I> par une grave infection, au chevet duquel veillait sa m&egrave;re. Il fut " refus&eacute; &agrave; l'arriv&eacute;e " et " r&eacute;exp&eacute;di&eacute; " &agrave; celle-ci lors d'une sc&egrave;ne o&ugrave; Dieu, assis sur un tr&ocirc;ne somptueux, le d&eacute;signa du doigt aux deux archanges qui l'encadraient en ordonnant, d'une voix puissante et sur un ton qui ne se discute pas : " Ramenez cet enfant &agrave; sa m&egrave;re ! ". D'autres fois c'est de sa propre initiative que l'exp&eacute;rienceur revient dans son corps, g&eacute;n&eacute;ralement parce qu'il pense que son r&ocirc;le ici bas n'est pas achev&eacute;. Il estime le plus souvent, ainsi qu'il vient d'&ecirc;tre dit, que ses proches, en particulier ses enfants, ont encore besoin de lui.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Cette derni&egrave;re &eacute;tape de l'EMI est fr&eacute;quemment mal accept&eacute;e. &Agrave; son grand regret, encore sous le coup des extraordinaires sentiments d'amour, de paix et de joie qu'il a connus, l'exp&eacute;rienceur doit r&eacute;int&eacute;grer une enveloppe charnelle souvent douloureuse et revenir &agrave; une vie qui lui semble, comparativement, triste et futile. L'&eacute;tat de conscience ordinaire lui devient instantan&eacute;ment synonyme de viscosit&eacute; mentale. De fait, cette soudaine r&eacute;duction du champ perceptif et des capacit&eacute;s intellectuelles, associ&eacute;e &agrave; la lourdeur du corps physique, sinon &agrave; la douleur, repr&eacute;sente une r&eacute;&eacute;ducation fort d&eacute;plaisante, bien que g&eacute;n&eacute;ralement br&egrave;ve. Il n'emp&ecirc;che que beaucoup, &agrave; la pens&eacute;e de leur extraordinaire p&eacute;riple, restent longtemps affect&eacute;s par une profonde nostalgie.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Si quelques r&eacute;cits de ce " retour &agrave; la vie " sugg&egrave;rent l'id&eacute;e d'enfiler une combinaison moulante, on rel&egrave;ve dans d'autres t&eacute;moignages que leurs narrateurs se sont sentis propuls&eacute;s brutalement dans leur enveloppe physique. Mais ils sont nombreux &agrave; n'en poss&eacute;der aucun souvenir pr&eacute;cis, hormis de s'&ecirc;tre &eacute;veill&eacute;s brusquement dans leur corps (Ang&egrave;le), comme sur un claquement de doigts disent certains. </DD> <DD>Le processus de retour a parfois &eacute;t&eacute; d&eacute;crit avec la sensation de r&eacute;int&eacute;grer le corps soit par le haut du cr&acirc;ne soit par les pieds ; j'ai personnellement recueilli les deux types de description. Sur ce point, plut&ocirc;t accessoire, il est probable que les exp&eacute;rienceurs qui disent &ecirc;tre revenus dans leur corps par les pieds, signifiaient ainsi que c'&eacute;taient les pieds de leur suppos&eacute; " corps spirituel " qui entraient les premiers en contact, au niveau de la t&ecirc;te, avec leur corps physique. C'est ce qu'indique, par exemple, le premier des t&eacute;moignages ci-apr&egrave;s ; les deux suivants &eacute;voquent &eacute;galement cet aspect pr&eacute;cis.</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>Je luttais contre les m&eacute;decins qui tentaient de me ramener &agrave; la vie. Mais je me battais plus encore contre ces maudites machines (appareils d'assistance respiratoire, d&eacute;fibrillateur cardiaque, moniteurs divers). Ce sont les machines qui m'attiraient vers mon corps et je sentais ma r&eacute;sistance fl&eacute;chir de plus en plus. Je les ai vus me donner des secousses &eacute;lectriques pour r&eacute;tablir mon coeur et j'entendais que les " bip " des machines acc&eacute;l&eacute;raient. (...) Si je consid&egrave;re que je poss&eacute;dais un autre corps, je dirais que j'&eacute;tais attir&eacute;e par les pieds de celui-ci vers mon corps physique. Car &agrave; mesure que je r&eacute;int&eacute;grais, que je sentais que je ne gagnerais pas sur les machines, ma pens&eacute;e, elle, &eacute;tait toujours &agrave; l'ext&eacute;rieur. </DD> <DD>J'&eacute;tais comme aspir&eacute;, et le point de d&eacute;part de l'aspiration &eacute;tait dans ma t&ecirc;te, comme si je rentrais par la t&ecirc;te (...). L'instant d'avant je me trouvais &agrave; plusieurs m&egrave;tres de mon corps, et d'un seul coup c'&eacute;tait fini. </DD> <DD>J'ai dit : " Non, je veux vivre " (...) et ensuite, ce fut quasiment (avec un claquement de doigts) instantan&eacute; (...). J'avais r&eacute;int&eacute;gr&eacute; mon corps. Je n'h&eacute;siterai pas &agrave; dire que je pense &ecirc;tre rentr&eacute; dans mon corps en passant par la t&ecirc;te (avec une intonation &eacute;tonn&eacute;e). Mais j'ignore pourquoi. </DD> <DD>J'essayais d'arriver l&agrave; mais il y avait quelque chose qui n'arr&ecirc;tait pas de me repousser (...). J'ai commenc&eacute; &agrave; &ecirc;tre entra&icirc;n&eacute;e en arri&egrave;re (...) et je suis revenue en flottant et je suis redescendue vers mon corps. </DD> <DD>J'ai d&eacute;cid&eacute; que j'allais revenir, et imm&eacute;diatement, &ccedil;a a &eacute;t&eacute; comme une secousse, une secousse qui me projetait dans mon corps ; et j'ai senti exactement &agrave; ce moment-l&agrave; que je retournais &agrave; la vie. </DD> <DD>Voil&agrave; que j'ai vu surgir mon oncle Charles, mort depuis des ann&eacute;es. Il m'a barr&eacute; le passage en disant : " Il faut t'en retourner, tu n'as pas achev&eacute; ton ouvrage sur la terre ; retourne sur tes pas maintenant. " Je n'avais aucune envie de repartir, mais je n'avais pas le choix (...). Dans l'instant m&ecirc;me j'avais retrouv&eacute; mon corps, avec cette douleur affreuse dans la poitrine. Et j'entendais mon petit gar&ccedil;on qui pleurait en disant : " Mon Dieu, fais que maman revienne ! " </DD> <DD>En revenant &agrave; moi, je n'ai pas arr&ecirc;t&eacute; de pleurer pendant toute une semaine parce qu'il me fallait continuer &agrave; vivre dans ce monde-ci apr&egrave;s avoir entrevu l'autre. Je ne voulais pas revivre. </DD> <DD>Le docteur avait constat&eacute; ma mort, mais je vivais toujours ; et l'exp&eacute;rience que j'ai travers&eacute;e ne m'apportait que de la joie, aucune sensation d&eacute;sagr&eacute;able (...). J'ai eu l'impression d'avoir &eacute;t&eacute; rappel&eacute;e, je dirais presque aimant&eacute;e, par la puissance de l'amour que me portaient ma soeur et mon mari. Depuis lors, j'ai toujours cru que l'on pouvait ranimer les autres par amour. </DD> <DT>&nbsp;</DT></DIR> </DIR> </DIR>  <B><FONT SIZE=4 COLOR="#0000ff"><DT>11 - Des changements objectifs</B></FONT><FONT COLOR="#0000ff"> </DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <FONT SIZE=4><DD>Cette derni&egrave;re caract&eacute;ristique ne concerne pas une phase proprement dite de l'EMI, mais les r&eacute;percussions de celle-ci sur le comportement ult&eacute;rieur de l'exp&eacute;rienceur. Ces r&eacute;percussions se traduisent essentiellement par une profonde remise en cause des valeurs auxquelles il se r&eacute;f&eacute;rait pr&eacute;c&eacute;demment. Il en vient par exemple &agrave; rejeter l'esprit de comp&eacute;tition et l'individualisme, r&eacute;f&eacute;rences dominantes dans nos soci&eacute;t&eacute;s, pour leur pr&eacute;f&eacute;rer un mod&egrave;le plus en harmonie avec ce qu'il vient de conna&icirc;tre : coop&eacute;ration et altruisme. Le sentiment d'unit&eacute; avec le genre humain &eacute;prouv&eacute; pendant son EMI pourrait expliquer ce remaniement des valeurs qui le conduit &eacute;galement &agrave; pardonner plus facilement &agrave; ceux qui lui ont port&eacute; pr&eacute;judice, ou simplement &agrave; relativiser celui-ci.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Mais, et ceci est &agrave; souligner, cette mutation positive est loin d'&ecirc;tre effective dans l'instant qui suit une EMI. Cette &eacute;volution ne s'amorce parfois que bien des ann&eacute;es plus tard et l'ampleur des transformations reste le plus souvent tr&egrave;s modeste. En fait, <U>l'EMI est une aventure qui pour extraordinaire n'en concerne pas moins des &ecirc;tres ordinaires</U>. Selon leur personnalit&eacute;, fruit d'un v&eacute;cu ant&eacute;rieur unique, ils seront plus ou moins r&eacute;ceptifs au potentiel transformateur de leur EMI. Et on ne peut nier que beaucoup se montrent incapables d'en tirer le meilleur profit.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Cependant, si l'on s'en tient au sch&eacute;ma standard, id&eacute;al, on notera que les pr&eacute;occupations mat&eacute;rielles ne constituent plus une priorit&eacute; pour " l'exp&eacute;rienceur-type ". Touch&eacute; par la gr&acirc;ce, si l'on peut dire, celui-ci tente d'adopter une esp&egrave;ce de philosophie humaniste renforc&eacute;e d'une conscience &eacute;cologique responsable ; dans le sens d'une co-responsabilit&eacute; individuelle et collective dans la gestion de la plan&egrave;te. Ces changements de rep&egrave;res influent, bien entendu, sur la qualit&eacute; de sa relation aux autres et n'&eacute;chappent pas &agrave; son entourage.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>&Agrave; l'occasion, cet exp&eacute;rienceur se d&eacute;couvre une soif de connaissances jusqu'alors inconnue, qui l'am&egrave;nera &agrave; se replonger dans un cycle d'&eacute;tudes jadis interrompu. La certitude d'avoir poss&eacute;d&eacute;, m&ecirc;me un bref instant, la connaissance supr&ecirc;me n'est peut-&ecirc;tre pas &eacute;trang&egrave;re &agrave; ce nouveau go&ucirc;t pour l'&eacute;tude. La plupart insistent sur la n&eacute;cessit&eacute; qu'il y a pour chacun d'acqu&eacute;rir non pas le plus grand savoir, mais le meilleur savoir possible ; l'ignorance ne pouvant que concourir au malheur des hommes. Dans l'ensemble ils se refusent toutefois &agrave; jouer les moralisateurs, faisant d'ailleurs preuve d'une grande m&eacute;fiance &agrave; l'&eacute;gard des mod&egrave;les dogmatiques. &Agrave; l'inverse de certains pr&eacute;dicateurs que motive le vedettariat, ils se gardent, hors de rares exceptions, de quelque forme de pros&eacute;lytisme que ce soit.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Il arrive que des croyances religieuses se voient confort&eacute;es. Mais ceci ne conduit pas obligatoirement, loin de l&agrave;, &agrave; un renforcement de l'assiduit&eacute; au culte, pas plus qu'&agrave; une adh&eacute;sion &agrave; la doctrine officielle. Il est fr&eacute;quent que l'exp&eacute;rienceur manifeste une certaine ind&eacute;pendance &agrave; l'&eacute;gard des clerg&eacute;s et de leurs liturgies. Les t&eacute;moins qui ont v&eacute;cu les exp&eacute;riences les plus profondes estiment que les religions ont &eacute;t&eacute; d&eacute;natur&eacute;es par l'homme, du moins par ceux de ses repr&eacute;sentants qui se d&eacute;clarent les porte-paroles de Dieu. D'apr&egrave;s ces m&ecirc;mes exp&eacute;rienceurs la rigidit&eacute; des dogmes religieux, facteur d'intol&eacute;rance, ne correspond absolument pas &agrave; une quelconque volont&eacute; divine. Si la croyance n'est pas fondamentalement remise en cause, la faveur va plut&ocirc;t &agrave; un syncr&eacute;tisme lib&eacute;r&eacute; des contraintes doctrinales.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Les exp&eacute;rienceurs restent &agrave; jamais marqu&eacute;s par leur EMI qui bouleverse leurs conceptions ant&eacute;rieures sur la mort, qu'ils ne redoutent d&eacute;finitivement plus, et donne un sens nouveau &agrave; leur vie. Les t&eacute;moins que j'ai rencontr&eacute;s m'ont unanimement fait part de la disparition de toute crainte de la mort, quelle que soit la qualit&eacute; de leur cheminement spirituel ult&eacute;rieur. La plupart n'ont pas manqu&eacute; d'ajouter qu'ils ne feraient jamais rien pour pr&eacute;cipiter le terme de leur vie, m&ecirc;me s'ils conservent une profonde nostalgie de leur EMI et se r&eacute;jouissent &agrave; l'id&eacute;e de la revivre au dernier jour. Ils estiment que le suicide n'est pas la solution ad&eacute;quate car le probl&egrave;me qui le motive, bien terrestre, ne sera pas r&eacute;solu de l'autre c&ocirc;t&eacute;. Cela &eacute;tant, pour sortir un peu du sch&eacute;ma type, il faut pr&eacute;ciser que les exp&eacute;rienceurs ne sont pas &agrave; l'abri d'une telle extr&eacute;mit&eacute;, et que la nostalgie de ce paradis entrevu de trop brefs instants est parfois bien mauvaise conseill&egrave;re. Reste que les cas de suicide ou les tentatives de suicide d'un exp&eacute;rienceur sont tout &agrave; fait exceptionnels.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Les questions d'ordre m&eacute;taphysique sont compl&egrave;tement remani&eacute;es : certitude d'un but d&eacute;volu &agrave; l'existence terrestre et d'une forme de vie apr&egrave;s la mort. Qu'ils aient &eacute;t&eacute; croyants, ath&eacute;es ou agnostiques, ils estiment d&eacute;sormais que la mort est une simple transition, une br&egrave;ve &eacute;tape vers un plan d'existence diff&eacute;rent. Quelques-uns se souviennent de mots, de formules ou de th&egrave;mes ramen&eacute;s de leur exp&eacute;rience et s'interrogent longtemps parfois sur leur sens.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Ajoutons encore que l'exp&eacute;rienceur se soucie moins du superficiel, il attache plus d'importance au " dedans " des choses plut&ocirc;t qu'&agrave; leur apparence. Pour autant il ne m&eacute;conna&icirc;t pas l'importance de certains d&eacute;tails. Ainsi appr&eacute;cie-t-il davantage les menus &eacute;v&eacute;nements du quotidien : un sourire, un regard, un mot agr&eacute;able, le chant d'un oiseau, le parfum d'une fleur... En bref, il semble &ecirc;tre devenu plus respectueux de la Vie, plus tol&eacute;rant envers ses contemporains, jusqu'&agrave; la na&iuml;vet&eacute; quelquefois, et plus attentif &agrave; leurs besoins.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Faut-il consid&eacute;rer tous ces changements, parfois radicaux, comme les r&eacute;percussions du seul ph&eacute;nom&egrave;ne EMI ou r&eacute;sultent-ils, plus simplement, du sentiment d'avoir &eacute;chapp&eacute; &agrave; la mort ?</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Tout porte &agrave; croire que c'est sur la base du premier &eacute;l&eacute;ment que s'&eacute;tablissent les changements qui affectent l'exp&eacute;rienceur. En effet, chez les sujets qui ont &eacute;chapp&eacute; &agrave; la mort sans avoir v&eacute;cu d'EMI, les r&eacute;percussions les plus remarquables diff&egrave;rent sensiblement de celles qui viennent d'&ecirc;tre &eacute;num&eacute;r&eacute;es. Ceux-l&agrave; tendent le plus souvent &agrave; se d&eacute;lecter des plaisirs imm&eacute;diats que procurent les avantages mat&eacute;riels, profitant sans retenue de toutes les opportunit&eacute;s susceptibles de leur apporter une satisfaction dans l'instant. Ce qui est plut&ocirc;t en opposition avec la philosophie adopt&eacute;e par l'exp&eacute;rienceur, davantage orient&eacute;e vers une progression spirituelle, et pour lequel les consid&eacute;rations mat&eacute;rielles se r&eacute;v&egrave;lent secondaires.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Il ne faudrait pas en conclure que les exp&eacute;rienceurs se muent en personnages aust&egrave;res ayant opt&eacute; pour un mode de vie spartiate. Ce n'est pas du tout le cas. Eux-aussi estiment &ecirc;tre en sursis et sont loin de renoncer aux petits plaisirs du quotidien. S'ils &eacute;voluent davantage dans l'instant, dans le moment pr&eacute;sent, ils les savourent de fa&ccedil;on diff&eacute;rente, sans boulimie, en gourmets. Car pour beaucoup d'entre eux, en effet, le moment pr&eacute;sent est fondamental et ils ont souvent beaucoup de difficult&eacute;s &agrave; se projeter dans l'avenir, tout autant qu'&agrave; faire &eacute;merger certains souvenirs de " l'avant-EMI ".</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Leur nouvelle fa&ccedil;on de concevoir l'existence n'est pas pour faciliter celle des membres de leur entourage, pour lesquels tous ces changements ne sont pas faciles &agrave; accepter ni &agrave; g&eacute;rer. On a &eacute;voqu&eacute; plus haut (Cf. stade 8) la difficult&eacute; rencontr&eacute;e par l'exp&eacute;rienceur, &eacute;tranger parmi les siens, &agrave; se remettre au niveau affectif de ses proches ; les s&eacute;parations et divorces ne sont pas rares cons&eacute;cutivement &agrave; une EMI.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Par ailleurs, il ne met pas en doute la r&eacute;alit&eacute; de ce qu'il a v&eacute;cu et ceci ne va pas sans poser d'autres probl&egrave;mes encore. Au cours de son EMI, les rep&egrave;res les plus familiers de notre monde physique lui sont apparus sous un aspect totalement diff&eacute;rent, insoup&ccedil;onn&eacute;. De l&agrave; son &eacute;tonnement &agrave; l'&eacute;gard des concepts de temps et d'espace propres &agrave; son " voyage ". Les limites temporelles de son EMI lui restent particuli&egrave;rement incompr&eacute;hensibles. Le temps ne peut s'y mesurer &agrave; l'aune d'une quelconque &eacute;chelle humaine puisque les &eacute;v&eacute;nements d'une vie enti&egrave;re s'y d&eacute;roulent en quelques fractions de seconde. Tout ceci, il le sait, ne refl&egrave;te gu&egrave;re la coh&eacute;rence. De plus, si lors de son exp&eacute;rience la notion de dur&eacute;e a &eacute;t&eacute; singuli&egrave;rement modifi&eacute;e, les autres certitudes " terriennes " ont tout autant &eacute;t&eacute; chahut&eacute;es. Le principe de causalit&eacute; n'y est plus h&eacute;g&eacute;monique et nombre de nos lois physiques y sont caduques : la gravitation n'a plus cours, l'air n'offre aucune r&eacute;sistance, pas plus que les solides d'ailleurs. Et que dire de cette t&eacute;l&eacute;pathie sans cesse &eacute;voqu&eacute;e ? Le v&eacute;hicule de la pens&eacute;e amenant la conscience &agrave; destination de fa&ccedil;on instantan&eacute;e.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>On comprend mieux, ainsi, que lorsque les exp&eacute;rienceurs tentent de raconter cette incroyable odyss&eacute;e hors de leur corps et hors de notre espace-temps, ils ne rencontrent, le plus souvent, qu'incr&eacute;dulit&eacute;, suspicion ou m&eacute;pris. C'est pourquoi, tr&egrave;s t&ocirc;t, alors qu'ils br&ucirc;lent d'envie de t&eacute;moigner de l'existence d'une autre dimension de l'&ecirc;tre, la plupart d&eacute;cident de ne pas se confier. Mais il est probable que cet aspect tendra &agrave; s'amenuiser dans la mesure o&ugrave; le ph&eacute;nom&egrave;ne b&eacute;n&eacute;ficie progressivement d'une notori&eacute;t&eacute; grandissante. Ce qui est d&eacute;j&agrave; le cas aux Etats-Unis o&ugrave;, &agrave; l'inverse d'un vieux continent qui n'en finit pas d'exorciser ses d&eacute;mons moyen&acirc;geux, les EMI y souffrent beaucoup moins des pr&eacute;jug&eacute;s qui ont cours de ce c&ocirc;t&eacute;-ci de l'oc&eacute;an. Cela dit, comme on le constate bien souvent, les am&eacute;ricains ne sont pas &agrave; l'abri des r&eacute;cup&eacute;rations les plus opportunistes.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Il faut encore signaler la plus intrigante, mais la moins fr&eacute;quente aussi, des r&eacute;percussions d'une EMI. Il s'agit du d&eacute;veloppement soudain, plus ou moins notable, de ces facult&eacute;s paranormales dont on a d&eacute;j&agrave; eu un aper&ccedil;u : t&eacute;l&eacute;pathie, clairvoyance, pr&eacute;cognition, r&eacute;trocognition</FONT><A HREF="#17)"><B><SUP>17</B></SUP></A><FONT SIZE=4> et autres pouvoirs de gu&eacute;rison. &Agrave; ce propos, j'ai l'exemple d'un gu&eacute;risseur qui, dit-il, est pass&eacute; par deux fois dans le tunnel, ayant v&eacute;cu deux exp&eacute;riences de mort imminente &agrave; quelques ann&eacute;es de distance. Il affirme que celles-ci ont favoris&eacute; le d&eacute;veloppement de ses " dons ", mais n'en signale pas moins l'&eacute;ventualit&eacute; d'une origine h&eacute;r&eacute;ditaire ; tout comme un autre de mes t&eacute;moins, &eacute;galement gu&eacute;risseur. En tout &eacute;tat de cause, bien des exp&eacute;rienceurs affirment poss&eacute;der un sixi&egrave;me sens beaucoup plus d&eacute;velopp&eacute; qu'avant leur EMI et &ecirc;tre capables de jauger tr&egrave;s rapidement leur interlocuteur. Quelques-uns s'&eacute;tonnent de leur facilit&eacute; &agrave; deviner une visite impromptue, un appel t&eacute;l&eacute;phonique en principe inattendu, les r&eacute;pliques d'un tiers lors d'une conversation, etc.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Une forme de r&eacute;percussion &agrave; connotation paranormale est plus rarement signal&eacute;e. Il s'agit du sentiment, tr&egrave;s r&eacute;aliste parfois, d'exp&eacute;rimenter des &eacute;pisodes autoscopiques &agrave; la suite d'une EMI. Dans les cas les moins spectaculaires, certains sujets ont l'impression de n'avoir pas compl&egrave;tement r&eacute;int&eacute;gr&eacute; leur corps, comme si une partie de leur conscience demeurait encore &agrave; l'ext&eacute;rieur de celui-ci ; cette impression peut persister de quelques jours &agrave; plusieurs ann&eacute;es apr&egrave;s l'EMI. Une " double vie " qui, on le con&ccedil;oit facilement, rend assez probl&eacute;matique l'adaptation &agrave; la r&eacute;alit&eacute; quotidienne. Dans les cas extr&ecirc;mes on a carr&eacute;ment affaire &agrave; des sorties int&eacute;grales de la conscience hors de l'enveloppe physique. Ce sont alors des ph&eacute;nom&egrave;nes tr&egrave;s r&eacute;alistes, v&eacute;cus de mani&egrave;re involontaire ou, plus exceptionnellement, de mani&egrave;re volontaire ; nous y reviendrons ult&eacute;rieurement au chapitre d&eacute;di&eacute; &agrave; l'exp&eacute;rience hors du corps.</FONT> </DD> <FONT SIZE=4><DD>Ajoutons, pour conclure cette revue des r&eacute;percussions d'une EMI, que dans les rapports humains les exp&eacute;rienceurs se font souvent remarquer par une attitude conciliante et mod&eacute;ratrice. &Agrave; l'occasion d'une d&eacute;cision d&eacute;licate ou d'un litige, il n'est pas rare que l'on fasse appel &agrave; leurs qualit&eacute;s de m&eacute;diateurs, de juges de paix.</FONT> </DD><DIR> <DIR> <DIR>  <DD>Depuis lors, on m'a souvent fait remarquer que je produisais un effet calmant sur les gens, agissant de fa&ccedil;on imm&eacute;diate lorsqu'ils se sentent soucieux. Et je me sens mieux accord&eacute;e avec l'entourage, il me semble que j'arrive &agrave; deviner les gens beaucoup plus vite qu'avant. </DD> <DD>Un don que je crois avoir re&ccedil;u &agrave; la suite de ma " mort " est que j'arrive &agrave; deviner les besoins des autres (...). j'ai presque le sentiment de pouvoir lire leurs pens&eacute;es sur leur visage. </DD> <DD>C'&eacute;tait comme si... je voyais mon mari en m&ecirc;me temps qu'une image de nous, cinq ans plus tard. Je nous voyais en compagnie de nos enfants. Et on aurait dit que je voyais et que (pause) je savais (pause) les enfants que j'allais avoir (...). Et j'ai eu deux gar&ccedil;ons (...). J'avais vu deux enfants de dos (...). Et elles &eacute;taient tr&egrave;s nettes (les sc&egrave;nes), pas du tout brouill&eacute;es. </DD> <DD>Depuis mon accident, j'ai souvent l'impression de d&eacute;chiffrer les pens&eacute;es et les vibrations qui &eacute;manent des gens ; je per&ccedil;ois aussi leurs ressentiments. J'ai souvent &eacute;t&eacute; capable de savoir d'avance ce que les gens allaient dire avant qu'ils n'ouvrent la bouche. </DD> <DD>J'ignore vraiment combien de temps cela s'est poursuivi. Parfois, quand j'y r&eacute;fl&eacute;chis, j'ai l'impression que c'&eacute;tait une &eacute;ternit&eacute;. </DD> <DD>Ce qu'il y a d'int&eacute;ressant l&agrave;-dedans (...) c'est que &ccedil;a devait se passer en dehors du temps et de l'espace. C'est oblig&eacute;, parce que le contexte est tout simplement (pause) on ne peut pas le classer dans un genre de chose temporel (...). On ne peut l'associer &agrave; aucune notion de temps. </DD> <DD>Je n'ai plus peur de mourir (...) encore aujourd'hui m&ecirc;me, la mort ne me fait plus peur et je me rends compte que &ccedil;a (l'EMI) y est pour beaucoup. </DD> <DD>Cette exp&eacute;rience a chang&eacute; ma vie comme d'une simple pichenette. Je me faisais toujours du souci au sujet de la vie : comment la vivre, essayer de rendre la vie plus facile en travaillant plus dur pour gagner plus d'argent (...). J'ai arr&ecirc;t&eacute; de faire &ccedil;a (...). J'ai vu la mort et cela ne me d&eacute;range pas. Je n'en ai pas peur. La mort n'est plus quelque chose qu'il faut subir (...). J'ai encore ma vie &agrave; vivre. J'en suis tr&egrave;s heureux. </DD> <DD>Pendant mes 56 premi&egrave;res ann&eacute;es, j'ai v&eacute;cu dans la peur constante de la mort. Je voulais avant tout &eacute;viter la mort qui m'apparaissait comme une chose &eacute;pouvantable. Apr&egrave;s cette exp&eacute;rience j'ai compris qu'en vivant dans cette crainte de la mort, je m'emp&ecirc;chais de profiter de la vie. </DD> <DD>Vous savez, cette exp&eacute;rience se r&eacute;percute sur votre vie de tous les jours, et pour toujours. Le seul fait de marcher dans la rue devient une exp&eacute;rience totalement diff&eacute;rente, vous pouvez me croire. Avant, je marchais enferm&eacute; dans mon petit monde &agrave; moi tout en pensant &agrave; une foule de petits probl&egrave;mes. Maintenant, quand je marche dans la rue, je me sens baign&eacute; dans un oc&eacute;an d'humanit&eacute;. J'ai envie de conna&icirc;tre tous les gens que je croise et je suis s&ucirc;r que, si je les connaissais, je les aimerais. </DD> <DD>Docteur, je dois vous avouer que, avant ma crise cardiaque, je n'avais que m&eacute;pris pour les intellectuels (...), j'ai toujours pens&eacute; que les professeurs n'&eacute;taient que des paresseux (...), c'est une exp&eacute;rience qui m'a rendu humble. Je ne m&eacute;prise plus les professeurs. Le savoir est important. Maintenant, je lis tout ce qui me tombe sous la main, vraiment (...). Je suis heureux d'avoir le temps de m'instruire &agrave; pr&eacute;sent. L'histoire, la science, la litt&eacute;rature, tout m'int&eacute;resse. </DD> <DD>La chose la plus importante que m'a apprise cette exp&eacute;rience est que je suis responsable de tout ce que je fais. Les excuses et les &eacute;chappatoires &eacute;taient impossibles quand j'&eacute;tais avec lui en train de revoir ma vie (...). J'ai vu que la responsabilit&eacute; n'&eacute;tait pas un mal, loin de l&agrave; (...). Si nous savions ce que nous faisons aux gens quand nous agissons sans amour ! (...) C'est un v&eacute;ritable d&eacute;fi, chaque jour de ma vie, de savoir qu'&agrave; ma mort je vais revoir chacun de mes actes et que je ressentirai enfin tout ce que j'ai provoqu&eacute; chez les autres. C'est s&ucirc;r que cela m'arr&ecirc;te et me fait r&eacute;fl&eacute;chir. Je n'en ai pas peur. Je m'en r&eacute;jouis. </DD> <DD>(Un ancien s&eacute;minariste) J'ai vu dans cette vision quel &acirc;ne b&acirc;t&eacute; j'&eacute;tais avec toute cette th&eacute;ologie, &agrave; regarder de haut tous ceux qui n'appartenaient pas &agrave; la m&ecirc;me religion que moi (...). Beaucoup de gens que je connais vont &ecirc;tre surpris quand ils sauront que le Seigneur ne s'int&eacute;resse pas &agrave; la th&eacute;ologie. Apparemment, il trouve cela plut&ocirc;t amusant, parce qu'il ne s'int&eacute;ressait pas du tout &agrave; mon appartenance religieuse. Il voulait savoir ce que j'avais dans le coeur, pas dans la t&ecirc;te. </DD> <DD>J'avais peur de la mort. Je me souviens que du temps o&ugrave; j'&eacute;tais jeune femme, quand j'ai eu mes deux enfants, je me r&eacute;veillais parfois au milieu de la nuit en pleurant, et que mon mari me prenait dans ses bras, parce que cela m'arrivait brusquement au milieu de la nuit (...). Mais j'avais toujours peur de la mort (...). C'&eacute;tait la premi&egrave;re fois (au cours de son exp&eacute;rience de mort imminente -- NDA) que je me trouvais face &agrave; face avec la mort (...) et je n'avais pas peur. Je me souviens de cette sensation absolument merveilleuse (...). Et je n'ai depuis jamais plus eu peur de la mort. </DD> <DD>Je crois vraiment que la mort n'est qu'une &eacute;tape d'un long cycle continu. Je pense qu'au moment de la naissance, la conscience est introduite dans un corps. Et que l'on grandit, se d&eacute;veloppe et apprend. Et je crois que l'on essaye d'atteindre -- que l'on en soit conscient ou non --, de d&eacute;velopper, un plus grand &eacute;veil &agrave; une conscience plus vaste. Je pense que chacune de nos morts est comme se d&eacute;pouiller d'un vieux v&ecirc;tement pour en rev&ecirc;tir un nouveau, afin que notre conscience progresse de plus en plus jusqu'&agrave; devenir une avec celle de Dieu, ou de la Cr&eacute;ation, ou de quoi que ce soit dont il s'agit. Quelle que soit cette chose immense. </DD> <FONT SIZE=4><DD>Cette &eacute;num&eacute;ration pourrait se poursuivre longtemps encore, tant chaque r&eacute;cit apporte son lot de singularit&eacute;s passionnantes. Mais, on le sait, cet ouvrage n'entend pas se limiter &agrave; une compilation de t&eacute;moignages, fussent-ils des plus captivants. Il vise plut&ocirc;t &agrave; v&eacute;rifier l'existence d'une relation entre ces ph&eacute;nom&egrave;nes &agrave; l'approche de la mort et l'hypoth&egrave;se d'une forme de survie de la conscience. Dans cette perspective une question vient tout de suite &agrave; l'esprit : le mod&egrave;le de survie que sugg&egrave;rent les EMI est-il toujours aussi agr&eacute;able que celui qui est d&eacute;peint dans les pr&eacute;c&eacute;dents t&eacute;moignages ?</FONT> </DD></DIR> </DIR> </DIR>  <DT><BR> <BR> <BR> _______________________</DT> <FONT SIZE=5 COLOR="#ff0000"><DT>Notes du Chapitre 2</DT> </FONT><DD>&nbsp;</DD> <DD><A HREF="#7"><FONT SIZE=4>7)</FONT></A><FONT SIZE=4> " Sur la fronti&egrave;re de la vie ", Cf. Bibliographie. Nous reviendrons plus en d&eacute;tail sur les travaux de K. Ring dans le chapitre VII. Comme je l'ai indiqu&eacute;, j'ai substitu&eacute; le mot " exp&eacute;rienceur " &agrave; celui de " connaisseur " utilis&eacute; dans la traduction fran&ccedil;aise de l'ouvrage de Ring. </DD> </FONT><DD><A HREF="#8"><FONT SIZE=4>8)</FONT></A><FONT SIZE=4> Leurs auteurs : Moody, Ring, Sabom, Morse, K&uuml;bler-Ross, Ritchie, dont les titres figurent dans la bibliographie.</FONT> </DD> <DD><A HREF="#9"><FONT SIZE=4>9)</FONT></A><FONT SIZE=4> " La vie apr&egrave;s la vie ", Cf.bibliographie.</FONT> </DD> <DD><A HREF="#10"><FONT SIZE=4>10)</FONT></A><FONT SIZE=4> Dans le cas d'une EMI, il ne peut pas s'agir, bien &eacute;videmment, d'une stimulation directe du nerf auditif puisqu'aucun son particulier n'est per&ccedil;u par l'entourage de l'exp&eacute;rienceur au moment o&ugrave; celui-ci pr&eacute;tend entendre ces bruits.</FONT> </DD> <DD><A HREF="#11"><FONT SIZE=4>11)</FONT></A><FONT SIZE=4> Voir par exemple l'ouvrage de Bernard Werber, " Les Thanatonautes " ; Cf. bibliographie. Cette notion de corde astrale pourrait &eacute;ventuellement trouver place dans une EMI v&eacute;cue par un sujet fortement conditionn&eacute; par ce type de croyance. L'imaginaire de l'exp&eacute;rienceur poss&egrave;de en effet une influence certaine sur le contenu des premiers stades de son EMI.</FONT> </DD> <DD><A HREF="#12"><FONT SIZE=4>12)</FONT></A><FONT SIZE=4> Dans " Mindsight ", ouvrage &eacute;dit&eacute; en 1999 par le " William James Center for Conciousness Studies at the Institute Of Transpersonal Psychology ", Kenneth Ring et Sharon Cooper font part de leurs recherches, entam&eacute;es en 1994, sur les perceptions d'aveugles en OBE ou lors d'une NDE.</FONT> </DD> <DD><A HREF="#13"><FONT SIZE=4>13)</FONT></A><FONT SIZE=4> " Le 3&egrave; souffle ", page 92, Cf. bibliographie.</FONT> </DD> <DD><A HREF="#14"><FONT SIZE=4>14)</FONT></A><FONT SIZE=4> Op. cit&eacute;, pages 98 et 99.</FONT> </DD> <DD><A HREF="#15"><FONT SIZE=4>15)</FONT></A><FONT SIZE=4> C'est moi qui souligne.</FONT> </DD> <DD><A HREF="#16"><FONT SIZE=4>16)</FONT></A><FONT SIZE=4> Voir &agrave; ce propos, et plus g&eacute;n&eacute;ralement sur le panorama de la vie, l'analyse tr&egrave;s pointue de David Lorimer dans " La mort, l'autre visage de la vie ", Cf. Bibliographie. Sur le m&ecirc;me point, mais dans un cadre autobiographique, voir le r&eacute;cit de Phyllis Atwater, Op. cit&eacute;, page 60.</FONT> </DD> </DL> <P><A HREF="#17"><FONT SIZE=4>17)</FONT></A><FONT SIZE=4> La r&eacute;trocognition d&eacute;signe la facult&eacute; d'acc&eacute;der par des moyens " parapsychiques " &agrave; des informations situ&eacute;es dans le pass&eacute; d'un individu ; et la pr&eacute;cognition, dans son futur. </P> </FONT><P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P>&nbsp;</P> <P><A HREF="http://www.xiti.com/xiti.asp?s=39441"><IMG SRC="http://logv9.xiti.com/hit.xiti?s=39441&p=&" BORDER=0 WIDTH=39 HEIGHT=25 ALT="Mesurez votre audience"></A></noscript></P></BODY> </HTML> 
