<HTML> <HEAD> <title>A Marieke pour la vie </title> <meta name="Description" Content="roman policier et science-fiction : site et liste de diffusion"> <meta name="KeyWords" Lang="fr" Content="roman policier, science-fiction, polar, SF, heroic fantasy, interview, , prix litt&eacute;raires, biblioth&egrave;ques, biblioth&egrave;que, bibliographie, liste de diffusion,Bernard Strainchamps"> <meta name="Revisit-after" Content="16"> <meta name="Robots" Content="index, follow"> <link rel="stylesheet" type="text/css" href="feuille2.css"> </HEAD>  <BODY  topmargin="0" marginheight="0"  > <table border="0" cellspacing="0" width="100%" bordercolor="#000000" cellpadding="0">   <tr>     <td width="100%" height="30" valign="middle" bgcolor="#FFFFFF">       <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%">         <tr>           <td width="50%" valign="bottom">&nbsp;<img border="0" src="logo.jpg" width="270" height="58"></td>           <td valign="bottom">           </td>         </tr>       </table>  </td>   </tr>   <tr>     <td width="100%" valign="middle" bgcolor="#EBEBEB"> <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%">   <tr>     <td width="100%" bgcolor="#000000"><img border="0" src="pixel.gif" width="2" height="1"></td>   </tr>   <tr>     <td width="100%" bgcolor="#FFFFFF"><FORM ACTION="/cgi-bin/search.cgi">&nbsp;         <b><b>rechercher un article</b><font color="#666666">&nbsp;</font>         <input type="hidden" name="id" value="1"><input type="text" name="word" value=" " size="15">  <input type="submit" name=".submit" value="OK" style="background-color: #FFFFFF; color: #666666; border: 1 solid #000000">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;         <SELECT NAME="services" onChange="window.open(this.options[this.selectedIndex].value,'_top')" SIZE="1" CLASS="selep66"> 			<OPTION VALUE="#">Toutes les rubriques</OPTION>  <OPTION VALUE="listededif.htm">Liste de discussion</OPTION>   <OPTION VALUE="critique.htm">Critiques</OPTION>   <OPTION VALUE="rencontres.htm">Rencontres</OPTION>   <OPTION VALUE="bibliogrrp.htm">Bibliographies</OPTION>   <OPTION VALUE="texte_en_ligne.htm">Textes en ligne</OPTION>   <OPTION VALUE="interviewsrp.htm">Interviews</OPTION>   <OPTION VALUE="collections.htm">Collections</OPTION>   <OPTION VALUE="portraitsetcommentaires.htm">Portraits et commentaires</OPTION>   <OPTION VALUE="http://www.mauvaisgenres.com/mog/espacejeunesse.php3">Espace jeunesse</OPTION>   <OPTION VALUE="asso813.htm">Association 813</OPTION>   <OPTION VALUE="hbd0.htm">Hard-Boiled Dicks</OPTION>   <OPTION VALUE="noiraude.htm">La Noiraude</OPTION>   <OPTION VALUE="radio.htm">Radio</OPTION>   <OPTION VALUE="http://www.mauvaisgenres.com/mog/revue_de_presse.php3">Revue de presse</OPTION>   <OPTION VALUE="/manif/agenda.php">Agenda</OPTION>   <OPTION VALUE="http://www.mauvaisgenres.com/rep/index.php3">Repertoire</OPTION> <OPTION VALUE="texte_en_ligne.htm">Nouvelles en ligne</OPTION>   <OPTION VALUE="carnet.htm">Carnet d'adresses d'intervenants</OPTION>   </SELECT>     </td>   </tr>   </FORM>   <tr>     <td width="100%" bgcolor="#000000"><img border="0" src="pixel.gif" width="2" height="1"></td>   </tr> </table> </table>     <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%">     <tr>       <td width="100%">         <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%">             <td valign="top">               <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%">                 <tr>                   <td width="100%"><img border="0" src="pixel.gif" width="10" height="10"></td>                 </tr>                 <tr>                   <td width="100%">                     <table border="0" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%">                       <tr>                         <td>  <p><a href="index.htm">Accueil</a> &gt; <a href="rencontres.htm"> Rencontres </a> &gt;&nbsp;<a href="rencontre_avec_joelle_wintrebert.htm">Rencontre avec Jo&euml;lle Wintrebert</a>  &gt; A Marieke pour la vie</p>                          </td>                       </tr>                       <tr>                         <td>                         <img border="0" src="pixel.gif" width="10" height="10">                         </td>                       </tr>                       <tr>                         <td>  <font color="#000000" size="5"><b><span style="letter-spacing: 2pt">A Marieke pour la vie</span></b></font> <BR><font color="#000000" size="5">par Michel Jeury</font>                          </td>                       </tr>                       <tr>                         <td>                           <img border="0" src="pixel.gif" width="20" height="20">                         </td>                       </tr>                     </table>                   </td>                 </tr>                 <tr>                   <td width="100%">  <p><b>Pr&eacute;face au recueil Hurlegriffe. Ed. Encrage - Destination cr&eacute;puscule, 1996</b></p> <p>&nbsp;</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Voici la pr&eacute;face d'un recueil de nouvelles de science-fiction par un auteur qui n'&eacute;crit plus de science-fiction depuis sept ans environ. Je suppose que la jeune g&eacute;n&eacute;ration de lecteurs ne me conna&icirc;t gu&egrave;re, malgr&eacute; quelques r&eacute;&eacute;ditions r&eacute;centes de mes livres, et je trouve cela tr&egrave;s, tr&egrave;s amusant.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Qu'est-ce que je fais donc ici ?</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Et, de fil en aiguille, d'autres questions. Pourquoi &eacute;crivons-nous de la science-fiction ? Pourquoi cessons-nous un jour d'en &eacute;crire pour passer, par exemple, &agrave; la &quot;litt&eacute;rature g&eacute;n&eacute;rale&quot; ? Et, bien s&ucirc;r, quel &eacute;crivain est donc Jo&euml;lle Wintrebert ? Est-elle r&eacute;v&eacute;l&eacute;e par les nouvelles rassembl&eacute;es ici ? Quel destin litt&eacute;raire peut-on lui pr&eacute;dire ?</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Dans la science-fiction et hors de la science-fiction, j'ai toujours aim&eacute; que mes r&eacute;cits ressemblent &agrave; la vie, qu'ils soient &agrave; la fois, ou tour &agrave; tour, une f&ecirc;te et un drame, comme la vie. Jo&euml;lle Wintrebert aussi. Nous n'arr&ecirc;tons pas de nous rencontrer. je l'ai connue jeune auteur - j'&eacute;tais d&eacute;j&agrave; un auteur moins jeune - quand elle a pris la r&eacute;daction en chef de la revue <i>Horizons du fantastique. </i>J'ai suivi sa carri&egrave;re comme lecteur, comme jur&eacute; au Grand Prix de la Science-Fiction Fran&ccedil;aise, qui l'a couronn&eacute;e en 1989, et je lui ai propos&eacute;, lorsqu'elle dirigeait Univers, une nouvelle qu'elle m'a fait retravailler longuement (je tombe toujours sur des &eacute;diteurs exigeants !). je me suis &eacute;loign&eacute; peu &agrave; peu du monde de la SF et, en m&ecirc;me temps, le hasard de nos p&eacute;r&eacute;grinations respectives dans le coeur de la France profonde m'a rapproch&eacute; de Jo&euml;lle</p> <p>Wintrebert, aujourd'hui fix&eacute;e &agrave; Montpellier, avec Henri Le-halle. J'habite dans le Gard, &agrave; soixante-dix kilom&egrave;tres de l&agrave;, au milieu de la Bambouseraie. Henri et Jo&euml;lle ont plant&eacute; des bambous dans leur jardin : &ccedil;a nous fait un sujet de conversation quand nous ne parlons pas d'&eacute;criture. Et nous nous rencontrons chaque ann&eacute;e, au mois de mai, &agrave; la Com&eacute;die du Livre de Montpellier, au milieu d'une centaine d'&eacute;crivains, &agrave; moins que ce ne soit le double.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Mais si j'ai accept&eacute; d'&eacute;crire cette pr&eacute;face, &agrave; la demande de Gilles Dumay, c'est aussi avec une arri&egrave;re-pens&eacute;e subversive. Il me semble que la science-fiction n'est qu'une &eacute;tape dans la carri&egrave;re de Jo&euml;lle Wintrebert, comme ce fut une simple &eacute;tape dans celles de Philippe Curval, de Serge Brussolo, de Jean Mazarin, de Pierre Pelot, et dans la mienne. je n'ai jamais compris comment on pouvait se rogner les ailes pour n'&ecirc;tre qu'un auteur de science-fiction, de roman policier, de &quot;roman pour jeunes&quot;, etc : un &quot;auteur de genre&quot;, selon la formule des critiques. Quand de jeunes auteurs de SF se plaignent &agrave; proximit&eacute; de mon oreille du manque de d&eacute;bouch&eacute;s, je leur r&eacute;ponds : &quot; &eacute;crivez donc autre chose, au moins pour prouver que vous &ecirc;tes un &eacute;crivain, pas un fan agac&eacute; par la d&eacute;mangeaison d'&eacute;crire ! &quot; Ils pensent alors : &quot; C'est un tra&icirc;tre. &quot; Tant pis pour eux.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">J'appr&eacute;cie le talent multiforme de Jo&euml;lle Wintrebert. Sa r&eacute;ussite en science-fiction est &eacute;clatante. Auteur phare de J'ai lu, elle a &eacute;t&eacute; - et reste peut-&ecirc;tre - un des auteurs fran&ccedil;ais les plus vendus. Dans le domaine jeunesse, on ne compte plus ses r&eacute;ussites, depuis le conte bref pour d&eacute;butants jusqu'au livre de deux cent cinquante pages, lisible par les adultes ; de la science-fiction au r&eacute;cit historique <i>(Les Diables blancs, </i>Gallimard, 1994), en passant par l'humour et le fantastique. Il faut noter que parmi ses derni&egrave;res oeuvres, <i>Les Diables blancs</i> et <i>Comme un feu de sarments </i>(Hachette, 1 9 92), publi&eacute;s dans des collections pour adolescents, appartiennent &agrave; ce qu'il est convenu d'appeler la &quot;litt&eacute;rature g&eacute;n&eacute;rale&quot;. Un tout petit peu plus nourris, ces livres auraient pu para&icirc;tre hors collection et trouver un public adulte.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Ici, une parenth&egrave;se, le terme &quot;litt&eacute;rature g&eacute;n&eacute;rale&quot;, que l'on emploie beaucoup dans le milieu SF, n'est pas compris ailleurs, non plus que sa forme savante, voire p&eacute;dante, le &quot;&nbsp;mainstream&quot;. On croirait entendre les poissons parler du grand air ! J'aime mieux &quot;litt&eacute;rature hors genre&quot; ou litt&eacute;rature... tout court. Et puisque nous abordons ce d&eacute;bat, je voudrais profiter de la parenth&egrave;se pour m'expliquer sur une vieille querelle avec le fandom. Mes amis &eacute;crivains &quot;hors genre&quot; ignorent l'existence de cette chose, et je n'ai jamais r&eacute;ussi &agrave; leur expliquer &agrave; quoi elle ressemble, comment elle fonctionne, &agrave; quoi elle peut servir. Le fandom est, en fait, la meilleure et la pire invention. Ce recueil de nouvelles est typique des r&eacute;alisations semi-professiontielles du fandom : une veine irrempla&ccedil;able de l'&eacute;dition moderne. C'est bien, c'est mieux que bien. Toutefois, je reproche au fandom - en tout cas, au fandom fran&ccedil;ais - d'encourager la &quot;logique de ghetto&quot;, de juger la science-fiction suivant un mod&egrave;le sectaire et ultra-minoritaire et d'essayer d'imposer ce mod&egrave;le aux auteurs issus du milieu, leur interdisant ainsi, &agrave; jamais, de toucher le grand public. Le rejet de Bernard Werber, l'auteur du &quot;best seller&quot; <i>Les Fourmis, </i>t&eacute;moigne de cet &eacute;tat d'esprit. Les romans de Werber sont-ils de la science-fiction ? On peut en discuter. Mais le fandom ne discute pas, il rugit. (Rappelez-vous <i>La Souris qui rugissait </i>... ). Francis Val&eacute;ry conclut une intervention dans le bulletin <i>Remparts 1994-95,</i> n'2, par, ce trait d&eacute;finitif : &quot;&nbsp;Si l'avenir de la SF passe par des romans comme ceux de Werber, mieux vaut laisser tomber tout de suite. &quot; Personne ne demande &agrave; Francis Val&eacute;ry de laisser tomber quoi que ce soit. je ne sais pas si l'avenir de la science-fiction passe par des romans &quot;comme ceux de Werber&quot; ; mais je crois que l'avenir de la lecture - ce qui n'est pas tout &agrave; fait la m&ecirc;me chose - passe &agrave; la fois<i> </i>par des livres grand public et par des ouvrages tr&egrave;s sp&eacute;cialis&eacute;s, &quot;cibl&eacute;s&quot; selon un mot &agrave; la mode, comme celui-ci, visant donc un public plus ou moins restreint. Anath&eacute;miser un public au nom d'un autre est absurde. Le fandom existe ; qu'il joue son r&ocirc;le. Mais qu'il ne soit pas une esp&egrave;ce de police politique, une milice de la litt&eacute;rature. Cela est ex&eacute;crable.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">J'ai aim&eacute; <i>Les Fourmis, </i>et j'ai bien compris son &eacute;norme succ&egrave;s. <i>Le 7our des fourmis </i>m'a sembl&eacute; plus faible et <i>Les Thanatonautes </i>plut&ocirc;t rat&eacute;. je n'ai jamais eu l'occasion de lire les livres publi&eacute;s par Francis Val&eacute;ry. Ils ont trouv&eacute; leur public tr&egrave;s bien.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Sommes-nous hors du sujet, avec Werber ? Nous restons en tout cas dans la lettre W ! Et puis je crois que nous sommes, en fait, au coeur du probl&egrave;me. Jo&euml;lle Wintrebert m&eacute;riterait cent mille lecteurs, autant que Bernard Werber. Mais lui est publi&eacute; hors collection et ne porte pas l'&eacute;tiquette SF. Jo&euml;lle Wintrebert &eacute;crit des romans et des nouvelles tr&egrave;s lisibles, ce qui est pour moi essentiel. Par contre, elle arbore le label &quot;science-fiction fran&ccedil;aise&quot;, qui fait fuir le grand public, &agrave; tort ou &agrave; raison. Elle ne peut publier ses livres que dans une collection de poche, certes excellente, mais tr&egrave;s marqu&eacute;e par sa pr&eacute;sentation et ses couvertures, et donc r&eacute;serv&eacute;e &agrave; un public sp&eacute;cialis&eacute;. A ma connaissance, bien peu de livres de science-fiction rapportent en France, aujourd'hui, plus de trente mille ou quarante mille francs &agrave; leur auteur. Le secteur le plus r&eacute;mun&eacute;rateur est sans doute celui du &quot;livre pour jeunes&quot;, o&ugrave; l'on trouve de vrais &quot;best-sellers&quot;, comme Le <i>Premier chien, </i>de Jean-Luc D&eacute;jean, et <i>La Machination, de</i> Christian Grenier. Mais l'image de la science-fiction dans le public adulte est mauvaise ; l'image de la science-fiction fran&ccedil;aise est catastrophique. M&ecirc;me les auteurs tr&egrave;s lisibles se vendent mal et ont de s&eacute;rieuses difficult&eacute;s &agrave; gagner leur vie, s'ils sont professionnels. Alors, ils s'en vont. Ils &eacute;crivent &quot;&nbsp;pour les jeunes&nbsp;&quot; ; ils passent au roman policier et au thriller &agrave; l'am&eacute;ricaine, comme Brussolo ; &agrave; la litt&eacute;rature hors genre, comme Philippe Curval, Pierre Pelot ou Brussolo encore (qui vient de recevoir le prix RTL-Lire pour <i>La Moisson d'hiver) </i>; ou au sc&eacute;nario de t&eacute;l&eacute;vision, comme Jo&euml;l Houssin ou Jean Mazarin, etc. Je me trouve, bien s&ucirc;r, dans le flot des recycl&eacute;s, et heureux de l'&ecirc;tre !</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Jo&euml;lle Wintrebert a emprunt&eacute; un parcours plus sinueux, qui l'emm&egrave;ne vers la litt&eacute;rature en passant par le roman pour jeunes. J'ai d&eacute;j&agrave; mentionn&eacute; Comme <i>un feu de sarments et Les</i> <i>Diables blancs, </i>qui sont de tr&egrave;s beaux livres et jalonnent avec brio le nouveau chemin de leur auteur. je crois savoir que Jo&euml;lle Wintrebert pr&eacute;pare plusieurs romans litt&eacute;raires... Aurait-elle continu&eacute; d'&eacute;crire de la science-fiction si le genre &quot;marchait&quot; ? Nul ne le sait. La tentation e&ucirc;t &eacute;t&eacute; forte : c'est peut-&ecirc;tre mieux ainsi.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">La lecture des nouvelles qui composent ce recueil m'a persuad&eacute; que Jo&euml;lle est un &eacute;crivain, qui n'a nul besoin de la science-fiction pour s'exprimer, m&ecirc;me si elle tire du genre de beaux accents et des feux d'artifice &eacute;clatants. J'ai cherch&eacute; &agrave; travers ces textes les cl&eacute;s de son inspiration : elles m'ont paru plus proches de la litt&eacute;rature que de la science-fiction.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Dans <i>Hurlegriffe, </i>une r&eacute;flexion fonde le r&eacute;cit et bien d'autres en m&ecirc;me temps : <i>&quot; Seuls les e</i>nfants<i> peuvent se croire les dieux qui referont le monde. &quot; </i>Le cinqui&egrave;me paragraphe de <i>Sans appel </i>s'ouvre sur cette mise en garde : <i>&quot; N'approchez pas,</i> <i>car je brandirai contre vous les armes br&ucirc;lantes de la folie</i>... &quot; -</p> <i> <p ALIGN="JUSTIFY">&quot; Suis-je hant&eacute;e ? </i>&quot; se demande Barbel Hachereau, l'h&eacute;ro&iuml;ne de <i>Transfusion. Le Verbiage du Verbic </i>a &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; en ces termes aux lecteurs de <i>Fiction </i>(n 297) : &quot;<b>&nbsp;... </b><i>un r&eacute;cit particuli&egrave;rement attachant, &agrave; mi-chemin entre Sturgeon et Ian Watson, ayant sinon pour &quot;th&egrave;me</i> <i>du moins pour &quot;lieu,</i> <i>l'enfance. &quot;</i> Le rapprochement est flatteur et, surtout, la mention de l'enfance comme lieu est pertinente.</p> <p>On demande souvent &agrave; un &eacute;crivain: pourquoi et comment &eacute;crivez-vous ? C'est une autre question que j'aime poser et me poser. D'o&ugrave; &eacute;crivez-vous ? Ce n'est pas &agrave; un lieu mat&eacute;riel que je pense, une pi&egrave;ce, un bureau, une chambre, une salle de bistrot, une mansarde en ville, une terrasse avec vue sur la campagne ou sur la mer. Il s'agit d'une sorte d'observatoire int&eacute;rieur, d'o&ugrave; chacun de nous regarde le monde et la vie. Pour Jo&euml;lle Wintrebert, c'est l'enfance - du moins une certaine enfance. Voyons de plus pr&egrave;s.</p> <i> <p>Qui s&egrave;me le temps : </i>&quot;<b>&nbsp;</b><i>Elle avait neuf ans. Elle pleurait dans son</i> <i>sommeil</i>... &quot;</p> <i> <p>H&eacute;t&eacute;ros et Thanatos : &quot; S&eacute;l&egrave;n observa attentivement lAzarine.</i> <i>Enfant, femme ou adolescente ? </i>&quot; Je crois pouvoir r&eacute;pondre : les trois &agrave; la fois.</p> <i> <p>Sans appel: &quot; Cours, enfant, cours, la libert&eacute; est au bout du couloir. Cours, Lania, l&agrave;-bas est la vraie vie</i>... &quot; Lania a douze ans.</p> <p>L&eacute;ni, le h&eacute;ros du <i>Nirvana des accalmeurs </i>n'est ni homme ni enfant. Il est devenu &quot;neutre&quot; &agrave; treize ans, et son &eacute;volution s'est trouv&eacute;e bloqu&eacute;e &agrave; cet ge. Au centre des <i>Esth&egrave;tes, </i>il y a un petit gar&ccedil;on et une petite fille, dont l'ge n'est pas pr&eacute;cis&eacute; et qui affrontent le monde des adultes, ses myst&egrave;res et ses tabous. Peut-&ecirc;tre ont-ils tout invent&eacute;. Barbel Hachereau, la jeune femme hant&eacute;e de <i>Transfusion, </i>revit dans un moment de solitude et de d&eacute;chirement le drame de sa pubert&eacute;, qu'elle exalte en une lutte contre le d&eacute;mon.</p> <i> <p>Le Verbiage du Verbic : </i><b>&quot;&nbsp;</b>Je <i>ne suis ni ta fille, ni ta femme, ni ta</i> <i>ma&icirc;tresse, j'ai bient&ocirc;t quatorze ans et un pr&eacute;nom : Myrtille. &quot;</i></p> <p>Il ne faut pas jouer avec les enfants<i> : &quot; Marieke est jeune et</i> <i>belle. Treize ans. Encore enfant, d&eacute;j&agrave; femme. &quot; </i>Marieke est l'h&eacute;ro&iuml;ne type de Jo&euml;lle Wintrebert. C'est toujours son histoire qui nous est racont&eacute;e, sous cent masques, dans les nouvelles de ce recueil et peut-&ecirc;tre dans plusieurs romans.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">On s'&eacute;tonne presque de ne pas la retrouver dans <i>Hurlegriffe, </i>la nouvelle en apparence la plus SF du recueil. Mais qu'est-ce, au juste, que <i>Hurlegriffe ? </i>Le d&eacute;cor baroque, les noms des personnages, la &quot;b&ecirc;te&quot; qui se change &agrave; la fin en protecteur b&eacute;n&eacute;fique, le d&eacute;nouement m&ecirc;me, tout le montre : c'est un conte de f&eacute;es moderne, un des plus beaux qui ait jamais &eacute;t&eacute; &eacute;crit.</p> <i> <p ALIGN="JUSTIFY">&quot;Sur une plan&egrave;te &eacute;meraude, un homme et une femme jouissent de leur amour dans un paradis issu de leur imaginaire. (</i>... <i>) Le</i> <i>ventre de la femme s'est arrondi. </i>&quot; Traduisons : ils furent heureux et ils eurent beaucoup d'enfants. Et Marieke ? Peut-&ecirc;tre est-ce elle qui raconte l'histoire. Ou plut&ocirc;t, c'est &agrave; elle qu'on la raconte : &agrave; elle, son double r&ecirc;v&eacute;, que Jo&euml;lle Wintrebert conte ce conte plein de fureur, de cruaut&eacute;, d'amour et de bonheur.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">Jo&euml;lle &eacute;crit du lieu de son enfance. C'est une d&eacute;marche de maturit&eacute;, qui va de l'ge adulte vers l'enfance. L'autre, la plus commune en science-fiction, est inverse et surtout le fait des auteurs hommes. Elle consiste &agrave; recr&eacute;er dans un monde imaginaire les h&eacute;ros de son enfance. Elle va donc de l'enfance vers un ge adulte inaccessible.</p> <p ALIGN="JUSTIFY">L'auteur de science-fiction est toujours amen&eacute; &agrave; tisser sa toile avec deux fils<b>. </b>Ou, si l'on veut, il doit combiner deux processus. Dans le premier, il parle de l'imaginaire &agrave; partir de la r&eacute;alit&eacute; et, dans le second, il parle de la r&eacute;alit&eacute; en se servant de l'imaginaire. Si le premier processus, d'extraversion, est nettement dominant, on a un auteur de type Vance. Si c'est le second, d'introversion, on a un auteur de type Sturgeon. Comme le notait le pr&eacute;sentateur de <i>Fiction, </i>Jo&euml;lle Wintrebert se rattache sans aucun doute &agrave; la fili&egrave;re Sturgeon.</p> <p>Elle &eacute;volue sans cesse &agrave; la limite de la science-fiction et de la litt&eacute;rature. On peut penser qu'elle va un jour renoncer au masque de l'imaginaire et du fantasme, aux &quot;armes br&ucirc;lantes de la folie&quot; et prendre le r&eacute;el dans sa platitude, son humilit&eacute;, sa v&eacute;rit&eacute;, et nous le montrer enfin nu.</p> <p>Alors, elle nous racontera pour de bon une Marieke de tous les jours, sans pouvoir et sans magie, une Marieke de la vie.</p> <p>Bonne chance.</p>                               </td>                 </tr>                 <tr>                   <td width="100%"><img border="0" src="pixel.gif" width="10" height="10"></td>                 </tr>               </table>             </td>         </table>       </td>     </tr>   </table>             <table border="1" cellpadding="0" cellspacing="0" width="100%" bordercolor="#DADADA">         <tr>           <td align="center" bgcolor="#EBEBEB">             <p><span class="unetxt">&quot;Sur les             rayons des biblioth&egrave;ques, je vis un monde surgir de l'horizon&quot;             (Jack London)</span></td>         </tr>         <tr>           <td align="center" bgcolor="#DADADA">             <p><span class="unetxt">Droits de              reproduction et de diffusion r&eacute;serv&eacute;s  <img border="0" src="cop.gif" width="168" height="17">&nbsp;&nbsp;</span><!--webbot bot="Timestamp" S-Type="EDITED" S-Format="%d-%b-%Y" startspan -->30-d&eacute;c.-2002<!--webbot bot="Timestamp" endspan i-checksum="23400" -->  <span class="unetxt">&nbsp; <a href="mailto:postmaster@mauvaisgenres.com">contact</a></span> </td>         </tr>       </table>       </BODY></HTML> 
