<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"> <HTML> <HEAD>    <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1">    <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Mozilla/4.06 (Macintosh; I; PPC) [Netscape]">    <META NAME="Author" CONTENT="Roland SOYER">    <TITLE>LE TIGRE</TITLE> <!--last modified on Mar 04 mai 1999 1:37--> </HEAD> <BODY TEXT="#000000" BGCOLOR="#C0C0C0" LINK="#0000FF" VLINK="#551A8B" ALINK="#FF0000" BACKGROUND="graygr.gif">  <CENTER><FONT SIZE=+2>LE TIGRE</FONT></CENTER>  <P><BR> <BR> <BR> <P><FONT SIZE=+1>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour l'intelligence de la narration, je dois mentionner d&egrave;s maintenant un r&eacute;cit que me fit Andr&eacute;as, bien des mois plus tard, de l'un de ses voyages au Siam. Je le rapporte aussi exactement que ma m&eacute;moire me le permet.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>- Tu sais d&eacute;j&agrave;, me dit-il un soir, qu'&agrave; une &eacute;poque d&eacute;j&agrave; lointaine je me promenais &agrave; travers le bassin septentrional du Salouen. Les l&eacute;gendes qui ont cours sur ces contr&eacute;es encore inconnues avaient fix&eacute; mon choix. Des montagnes, des for&ecirc;ts interminables, des cours d'eau non rep&eacute;r&eacute;s, une flore et une faune exub&eacute;rantes, des tigres &agrave; chasser, autant d'attraits irr&eacute;sistibles.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Aussit&ocirc;t libre des &eacute;coles et des conseils de famille, j'avais couru visiter l'Inde. Puis, les yeux &eacute;blouis de mille tableaux &eacute;clatants, j'allai &agrave; Rangoun me reposer, et prendre mes dispositions pour un voyage moins h&acirc;tif dans le Laos et le Schan. Voulant p&eacute;n&eacute;trer l'&acirc;me de ces peuples, je m'&eacute;tais avis&eacute; d'un stratag&egrave;me que mon scepticisme d'alors me fit para&icirc;tre tout l&eacute;gitime.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>- J'avais remarqu&eacute; l'extr&ecirc;me courtoisie des Orientaux pour les Europ&eacute;ens. Seulement elle me semblait de commande, et dict&eacute;e par d'autres sentiments que la pure bienveillance, ou la crainte. Je la crus inspir&eacute;e par la conscience d'une certaine sup&eacute;riorit&eacute; sur nous. Mais en quoi consistait cette sup&eacute;riorit&eacute; ? Ces peuples, d'autre part, sont profond&eacute;ment religieux. M&ecirc;me pour un observateur h&acirc;tif, il est clair que l'Inde et les contr&eacute;es voisines sont les domaines propres de n'importe quelle sorte de pr&ecirc;tres. Les la&iuml;cs peuvent se moquer accidentellement de tel ou tel sacerdoce, mais, au fond, la v&eacute;n&eacute;ration qu'ils leur vouent et la crainte restent intactes. Je me crus donc tr&egrave;s adroit en me faisant bouddhiste. Je parlais d&eacute;j&agrave; l'hindoustani ; j'&eacute;tudiai le p&acirc;li pour pouvoir d&eacute;chiffrer sur les textes les paroles du Sublime, je m'habituai &agrave; marcher pieds nus, &agrave; contenir mon attitude et mes regards ; je me d&eacute;barrassai de mon attirail d'explorateur. Me d&eacute;fiant de la rapidit&eacute; avec laquelle les moindres incidents volent de bouche en bouche, parfois tr&egrave;s loin, parmi ces populations que le labeur n'absorbe pas, je fis mine de monter sur un paquebot en partance et, avec la complicit&eacute; d'un ami, je changeai &agrave; la h&acirc;te de costume dans sa cabine, puis je redescendis sur le quai, transform&eacute; en moine qu&ecirc;teur. Un changement aussi radical dans mes habitudes et mon r&eacute;gime d&eacute;termina toute une transformation de ma mentalit&eacute;. J'&eacute;tais devenu un anonyme, seul, ne poss&eacute;dant plus qu'une robe, une s&eacute;bile et un b&acirc;ton ; j'oubliai au bout de quelques jours le boulevardier que j'&eacute;tais rest&eacute;. Je me sentais rena&icirc;tre en vigueur corporelle et en lucidit&eacute; c&eacute;r&eacute;brale; je me perdais dans la fuite des jours, et des semaines et des mois. Je vivais : voil&agrave; tout.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>J'avais cru les bonzes siamois indolents, inoccup&eacute;s, paresseux. Nos orientalistes ne les repr&eacute;sentent-ils pas comme ne sachant que juste quelques formules rituelles, et quelques lieux communs philosophiques ? je fus vite d&eacute;tromp&eacute;, &agrave; peine eus-je pass&eacute; quelques jours dans un couvent lointain o&ugrave; je m'&eacute;tais facilement fait recevoir. Chaque novice est attach&eacute; &agrave; un Parfait pour un an au moins. Celui auquel on me confia &eacute;tait un homme d'&acirc;ge m&ucirc;r, sympathique et calme. Mais, alors que tous les errants qu'on rencontre ont l'air absorb&eacute;, ce pr&ecirc;tre gardait un visage affable et un perp&eacute;tuel sourire. D'une corpulence assez forte, la t&ecirc;te rase, un regard fin, cette contenance eccl&eacute;siastique qui se retrouve sous toutes les latitudes, il me rappelait ces sages et vigoureux provinciaux franciscains ou b&eacute;n&eacute;dictins que l'on rencontre en Italie et dont la silencieuse et toujours active intelligence est le facteur le plus effectif de la p&eacute;rennit&eacute; du catholicisme.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Tel &eacute;tait celui que je nommais monseigneur, &agrave; qui je lavais les pieds trois fois par jour, et que je servais.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Les premi&egrave;res semaines furent d&eacute;licieuses. Lev&eacute; avant le soleil pour balayer la cour et remettre de l'ordre pendant que tous &eacute;taient encore dans leurs cellules, je jouissais ing&eacute;nument de la fra&icirc;cheur, de l'air embaum&eacute; par la for&ecirc;t prochaine, du silence, du ciel exquis. Tout le jour restait parfum&eacute; de ces joies matinales ; et la lecture du soir me trouvait dans la m&ecirc;me qui&eacute;tude.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Cependant je n'oubliais pas le but de mon voyage. Une occasion se pr&eacute;senta de m'en approcher. C'&eacute;tait l'&eacute;poque o&ugrave; la France commen&ccedil;ait &agrave; conqu&eacute;rir le Tonkin. D&eacute;tail peu connu de nos diplomates, ces hostilit&eacute;s avaient &eacute;mu toutes les montagnes o&ugrave; naissent la rivi&egrave;re Claire et le fleuve Rouge. Quant aux raisons de ces inqui&eacute;tudes extraordinaires chez des tribus aussi lointaines, je n'ai jamais pu les conna&icirc;tre.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Toujours est-il que mes bouddhistes birmans &eacute;taient en relations avec des monast&egrave;res et des ermitages perdus jusque dans le voisinage des Lolos. Il y avait des constructions &agrave; &eacute;difier, des travaux actifs, auxquels on me jugea tr&egrave;s propre &agrave; cause de ma vigueur physique. Au d&eacute;part, mon pr&eacute;cepteur m'adressa un petit discours o&ugrave; il m'exprima en termes discrets, parmi des &eacute;loges et des conseils, qu'il n'&eacute;tait pas tr&egrave;s certain de la sinc&eacute;rit&eacute; de mes convictions religieuses. Et comme, surpris de sa p&eacute;n&eacute;tration, je protestais de ma ferveur</FONT> <P><FONT SIZE=+1>C'est bien, mon fils, me r&eacute;pliqua-t-il en souriant et les yeux baiss&eacute;s; mais alors, pourquoi cherches-tu du poison ?</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Je fus stup&eacute;fi&eacute;, car il disait vrai. J'avais fabriqu&eacute; en cachette une sarbacane, fait provision de longues &eacute;pines, et je recherchais, pour en prendre le venin, les terribles petites vip&egrave;res grises, dont la morsure tue en une minute. Car, pour mes explorations futures, j'avais besoin d'armes contre les fauves. Je n'avais souffl&eacute; mot &agrave; personne de ces pr&eacute;paratifs. Je crus avoir &eacute;t&eacute; espionn&eacute;. Je niai avec le plus de sang-froid. Mais mon V&eacute;n&eacute;rable reprit: Mon fils, le mensonge est un suicide; et &agrave; celui qui a vaincu la col&egrave;re, le tigre ne peut plus faire de mal. Tu dois encore vivre dans l'illusion avant de voir le Permanent. Va donc dans les montagnes o&ugrave; ton destin t'appelle, tu apprendras l&agrave;-haut comment celui qui se d&eacute;gage des douze encha&icirc;nements p&eacute;n&egrave;tre les pens&eacute;es d'autrui .</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Nous part&icirc;mes &agrave; cinq ou six.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Tous les r&eacute;cits de voyageurs se ressemblent ; je te ferai gr&acirc;ce du mien. Tu imagines les charmes de ces longues journ&eacute;es silencieuses; ils surpass&egrave;rent mon attente; mais les nuits &eacute;taient p&eacute;nibles &agrave; cause des moustiques et des b&ecirc;tes venimeuses. Toutefois, par un hasard singulier, en deux mois de marche &agrave; travers jungles, forets, roches, mar&eacute;cages aucun d'entre nous ne fut piqu&eacute;.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Je passe sur les longues semaines employ&eacute;es &agrave; construire le Vihara. Je m'impatientais, je combinais sans cesse de nouveaux plans pour les rejeter sans cesse. Nous &eacute;tions sur le versant, oriental de la rivi&egrave;re Noire. Par cons&eacute;quent je n'avais qu'&agrave; suivre un des nombreux ruisseaux qui descendaient la montagne pour &ecirc;tre s&ucirc;r de parvenir en quelques semaines au coeur du Tonkin. Nous r&eacute;sidions sur un plateau herbu entour&eacute; de for&ecirc;ts; l'air y &eacute;tait aromatique et charg&eacute; d'&eacute;lectricit&eacute;. Aussi, conform&eacute;ment aux Ecritures, notre sup&eacute;rieur nous avait ordonn&eacute; une abstinence s&eacute;v&egrave;re. Seul j'avais le droit de sortir pour r&eacute;colter les racines et les fruits qui faisaient notre unique nourriture. Je me sentais calme, d&eacute;tache, un peu somnolent, conquis par la forte emprise de cette nature luxuriante et le magn&eacute;tisme collectif de ce groupe d'hommes revenus de tout.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Un matin, dans la for&ecirc;t, sautant un arbre abattu, le bruit que je fis r&eacute;veilla une de ces terribles petites vip&egrave;res grises, que je cherchais. Elle se dressa plus rapide que l'&eacute;clair; mon regard rencontra ses yeux fixes et froidement cruels; elle s'enfuit, vive comme la m&egrave;che claquante d'un fouet. Mais le chasseur ressuscita tout &agrave; coup en moi; je me pr&eacute;cipitai d'un bond, et j'eus la chance de lui rompre le cou. Je lui arrachai ses crochets, recueillis le contenu de ses glandes &agrave; venin dans le creux d'une pierre. Je d&eacute;cidai de partir au soleil couch&eacute;.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Il n'y avait pas de lune cette nuit-l&agrave;. Je cachai dans ma robe jaune ma sarbacane et mes petites fl&egrave;ches empoisonn&eacute;es; et je me mis en route aussit&ocirc;t. L'entreprise &eacute;tait assez t&eacute;m&eacute;raire. Rien &agrave; craindre de ceux que je quittais ; mais tout &agrave; redouter du pays, infest&eacute; de b&ecirc;tes f&eacute;roces, o&ugrave; je m'aventurais. Les pentes rapides de ces montagnes sont un fouillis inextricable de hautes herbes, de buissons &eacute;pineux, de roches, o&ugrave; g&icirc;tent les tigres. D&egrave;s le second soir de marche je commen&ccedil;ai &agrave; les entendre; et je dus d&egrave;s lors, pour dormir un peu, passer les nuits sur les arbres, et assez haut. Quant aux reptiles, aucun moyen de les &eacute;viter. Je m'en remis &agrave; ma bonne &eacute;toile.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Je ne trouvai d'eau que le sixi&egrave;me jour. Je bus longuement et je suivis le ruisselet, de la bonne direction duquel je m'&eacute;tais assur&eacute; d'apr&egrave;s la position des &eacute;toiles. Au bout d'une semaine, le ruisseau devint torrent ; puis son cours s'assagit. Je crus pouvoir l'utiliser. Je me construisis une sorte de radeau avec des bambous et des lianes; et je m'embarquai insoucieusement.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Je n'aper&ccedil;us un homme qu'au bout d'une autre semaine. C'&eacute;tait un individu assez grand qui conduisait des boeufs. J'aurais voulu m'arr&ecirc;ter; je ne pus le faire, n'ayant qu'une godille comme gouvernail. J'avais chang&eacute; deux fois de cours d'eau; je naviguais maintenant sur une rivi&egrave;re, le courant &eacute;tait moins fort. Tout &agrave; coup, quelques heures apr&egrave;s cette rencontre, un grondement lointain frappa mon oreille; &agrave; un coude il augmenta, tandis que mon radeau pirouettait sur un trou. Je compris qu'un rapide &eacute;tait proche. Mon coeur se serra. Il m'aurait fallu pour manoeuvrer l'adresse d'un sauvage. Je me sentis perdu pour peu que la cascade f&ucirc;t haute, ou que des roches s'y trouvassent. Rien &agrave; faire. La rivi&egrave;re s'encaissa brusquement entre des murs &agrave; pic; le bruit devint assourdissant. Je me sentis emport&eacute; comme une feuille &agrave; travers les remous &eacute;cumeux. La sensation d'une chute, une contusion, un plongeon. L'instinct me fit remonter &agrave; la surface, et j'&eacute;chouai &eacute;puis&eacute;, meurtri, sur une langue de sable o&ugrave; je perdis connaissance.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Une douleur aigu&euml; me r&eacute;veilla. On me d&eacute;chirait le dos; un poids &eacute;norme m'&eacute;crasait; une odeur de putr&eacute;faction me suffoquait. J'&eacute;tais tomb&eacute; la face contre terre; je ne pouvais pas bouger. Je compris qu'un tigre &eacute;tait sur moi. Il ne se pressait pas de m'emporter; sa langue r&acirc;peuse l&eacute;chait le sang qui coulait de mon &eacute;paule. Revenu maintenant tout &agrave; fait &agrave; moi, je vis avec la lucidit&eacute; du d&eacute;sespoir le moyen de sortir une fl&egrave;che de ma poitrine - c'&eacute;tait miracle que je ne me sois pas piqu&eacute; -, mais l'animal me tuerait dans son spasme de mort ! N'importe. il faut tenter la chance. Avec une lenteur infinie, je parvins &agrave; replier un bras, &agrave; saisir une fl&egrave;che. J'allais essayer de me tourner quelque peu, pour diriger mon coup, lorsque l'animal poussa un rauquement terrible et, pesant de tout son poids, enfon&ccedil;a plus profond ses terribles griffes dans mes chairs. Je crus mourir de douleur. Mes mouvements convulsifs m'avaient tourn&eacute; vers la berge du fleuve. Je voyais au-dessus de ma t&ecirc;te le terrible mufle du fauve. Il ne s'occupait pas de moi; il regardait quelque chose. Je cherchai, et j'aper&ccedil;us un homme de haute taille qui venait vers nous pos&eacute;ment. L'exc&egrave;s de la souffrance m'avait rendu ma pr&eacute;sence d'esprit. Je ne sentais m&ecirc;me plus les fortes griffes se creuser dans mes muscles des ga&icirc;nes sanglantes. Je regardais le survenant. V&ecirc;tu d'une &eacute;toffe rouge-jaune, ses jambes et le c&ocirc;t&eacute; droit de son torse, &agrave; nu, montraient une musculature et une perfection de lignes admirables. Sa poitrine bomb&eacute;e, ses larges et pleines &eacute;paules, le port dominateur de sa t&ecirc;te, la grandeur de ses traits exprimaient une force peu commune, au physique et au moral. C'&eacute;tait certainement un Europ&eacute;en, ou un de ces brahmanes de caste pure dont la peau est aussi claire que, celle d'un Proven&ccedil;al. Malgr&eacute; mon &eacute;tourdissement, je regardais avec plaisir les mouvements harmonieux de cet homme. Je m'&eacute;tonnais qu'il port&acirc;t la barbe; j'aurais voulu distinguer son visage, mais mon &eacute;puisement sans doute ne me laissait plus voir, quand je fixais les yeux, qu'une bu&eacute;e violette, &agrave; travers laquelle per&ccedil;ait le point brillant de son regard. Le tigre grondait. J'entendais sa queue puissante battre le sol avec le bruit du fl&eacute;au sur l'aire durcie. L'homme n'&eacute;tait plus qu'&agrave; quelques pas. Les griffes du tigre rentr&egrave;rent plus profond&eacute;ment, comme s'il allait bondir. Je sentis ses pattes trembler ; il jeta un miaulement aigu. L'homme &eacute;tait l&agrave;, et posait sa main sur le front aplati du fauve. Les muscles terribles se d&eacute;tendirent, le poids qui m'&eacute;touffait fut enlev&eacute;. La b&ecirc;te f&eacute;roce s'en allait, sur les talons de mon sauveur, les oreilles basses et les jarrets fl&eacute;chis. Au fourr&eacute;, l'inconnu s'arr&ecirc;ta et je l'entendais disant au tigre en fran&ccedil;ais : Je ne te punirai pas; va-t'en, mais n'attaque plus l'homme. La b&ecirc;te l&eacute;cha les pieds nus du singulier dompteur, puis elle disparut dans les broussailles.</FONT> <P><FONT SIZE=+1>Cet homme me releva, lava mes plaies, me fit un pansement de feuilles et un bandage de lianes. Ensuite, m'ayant pr&eacute;par&eacute; un lit sur une roche voisine, il alla chercher des fruits pour notre repas. Apr&egrave;s que j'eus mang&eacute; et dormi, il consentit &agrave; parler. Tu devines qui &eacute;tait mon sauveur, conclut Andr&eacute;as apr&egrave;s un moment de silence.</FONT> <BR>&nbsp; <BR>&nbsp; <BR> <BR> <BR> <CENTER> <P><A HREF="table.html"><IMG SRC="Retour.gif" BORDER=0 HEIGHT=43 WIDTH=113 ALIGN=BOTTOM></A>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<A HREF="lapriere.html"><IMG SRC="suite.gif" BORDER=0 HEIGHT=41 WIDTH=113 ALIGN=BOTTOM></A></CENTER>  <BR>&nbsp; <P><BR> <BR> </BODY> </HTML> 
