<!doctype html public "-//w3c//dtd html 4.0 transitional//en"> <html> <head>    <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1">    <meta name="Generator" content="Microsoft Word 97">    <meta name="GENERATOR" content="Mozilla/4.5 [fr] (Win98; I) [Netscape]">    <title>Han Ryner (1861-1938)</title> </head> <body>  <center><font size=+1><b>Han Ryner</b> (1861-1938)</font></center>  <br><font size=+1></font>&nbsp;<font size=+1></font> <p>&Eacute;crivain et philosophe libertaire, Han Ryner a en maintes occasions d&eacute;fendu par le verbe et par la plume les compagnons prisonniers politiques tels E. Armand, Sacco et Vanzetti, Ascaso, Durruti, et bien dautres. Anarchiste individualiste, Han Ryner est un de ces anarchistes pluralistes qui savent bien les compl&eacute;mentarit&eacute;s des diff&eacute;rents courants de la pens&eacute;e libertaire. Dans une enqu&ecirc;te publi&eacute;e en avril 1924, par <i>Lid&eacute;e libre</i>, Han Ryner r&eacute;pondait &agrave; la question &laquo; LIndividualisme peut se concilier avec le Communisme ? &raquo; : <blockquote>&laquo; Demandez-moi pendant que vous y &ecirc;tes, si la respiration se peut concilier avec la circulation du sang, la pens&eacute;e avec le sentiment, lactivit&eacute; avec le repos. &raquo;</blockquote> Car si la grande v&eacute;rit&eacute; de lesprit dHan Ryner est lindividualisme, un certain communisme reste la v&eacute;rit&eacute; de son cur : <blockquote>&laquo; Le communisme sera lib&eacute;ration et durable conqu&ecirc;te de tous quand il sappuiera consciemment sur lindividualisme. Lindividualisme ne fleurira toute sa splendeur que dans une soci&eacute;t&eacute; librement communiste. &raquo;</blockquote> Pour aborder la pens&eacute;e non-violente de Han Ryner, examinons bri&egrave;vement deux r&eacute;pliques quil fait &agrave; &Eacute;lis&eacute;e Reclus (quil admirait profond&eacute;ment) dans leur correspondance : <blockquote>- Lopprim&eacute; a le droit de r&eacute;sister par tous les moyens &agrave; loppression et la d&eacute;fense arm&eacute;e dun droit nest pas la violence !, dit &Eacute;lis&eacute;e Reclus. <p>- Disons plut&ocirc;t que cest une violence l&eacute;gitime en droit. Mais supprimer un oppresseur est-ce supprimer une oppression ? Probl&egrave;me diff&eacute;rent, plus difficile &agrave; r&eacute;soudre !, r&eacute;plique Han Ryner.</blockquote> Autre part, &Eacute;lis&eacute;e Reclus parle de la l&eacute;gende de Bouddha, &agrave; lui compt&eacute;e par un ami tolsto&iuml;en. Il sagit de Bouddha se laissant manger par un pauvre tigre affam&eacute;. &Eacute;lis&eacute;e Reclus disait : <blockquote>&laquo; Je comprends cet apologue, mais les Bouddhistes ne nous racontent pas si, voyant un jour un tigre se pr&eacute;cipiter sur un enfant pour le d&eacute;vorer, il le laissa faire aussi. Pour moi, je crois que Bouddha tua le tigre. &raquo;</blockquote> Et Han Ryner dy joindre sa voix et sa r&eacute;plique : <blockquote>&laquo; Je le crois aussi. Mais je demande &agrave; voir le tigre et je ne consens pas &agrave; tirer na&iuml;vement sur un acteur rev&ecirc;tu dune peau f&eacute;roce. Dans la soci&eacute;t&eacute;, le tigre, est-ce tel oppresseur que voient mes yeux, patron, gouvernant, g&eacute;n&eacute;ral, ou est-ce lorganisation sociale ? Le meurtre dun patron supprime-t-il le tigre patronal ? Tuer un g&eacute;n&eacute;ral est-ce tuer le tigre arm&eacute; ? Faire dispara&icirc;tre un gouvernant est-ce dissiper le tigre gouvernement ? D&eacute;cid&eacute;ment la comparaison est un peu trop bo&icirc;teuse et le tigre social ne se tue pas &agrave; coup de fusil ! &raquo;</blockquote> Han Ryner nignorait pas la distinction qui existe entre violence d&eacute;fensive et violence offensive, mais il consid&eacute;rait que la violence, m&ecirc;me d&eacute;fensive, ne pouvait &ecirc;tre un moyen ad&eacute;quat pour faire dispara&icirc;tre la violence. <blockquote>&laquo; La violence d&eacute;fensive peut quelque fois paralyser une violence offensive. Mais ne la consid&eacute;rez-vous pas comme une d&eacute;faite ? Elle vous force &agrave; descendre sur le terrain de ladversaire, &agrave; adopter ses m&eacute;thodes et ses moyens. Utile quelque fois contre telle violence d&eacute;termin&eacute;e, elle ne saurait d&eacute;truire le principe m&ecirc;me de la violence et diminuer la violence en g&eacute;n&eacute;ral ! &raquo;</blockquote> La violence peut-elle &ecirc;tre facteur danarchisme ? Voil&agrave; la vraie question selon lui : <blockquote>&laquo; Comment lanarchie se maintiendrait-elle, si la force parvenait &agrave; l&eacute;tablir ? Par la force encore ? Quest-ce donc qui la distinguerait dun autre &Eacute;tat ? Con&ccedil;oit-on une force organis&eacute;e sans hi&eacute;rarchie ? Lanarchie violente ne tarderait pas &agrave; devenir une archie. &raquo;</blockquote> En cons&eacute;quence, il se m&eacute;fie de limpatience r&eacute;volutionnaire qui m&egrave;ne souvent &agrave; vouloir user de moyens en contradictions avec la fin en vue dacc&eacute;l&eacute;rer sa venue, alors quon ne fait que l&eacute;loigner davantage : <blockquote>&laquo; La beaut&eacute; que je veux reste lointaine : on la retarde &agrave; la vouloir produire par ces moyens autoritaires qui ne peuvent que la d&eacute;truire. &raquo;</blockquote> N&eacute;anmoins, &laquo; ni r&eacute;sign&eacute;, ni aveugle dimpatience &raquo;, Han Ryner refuse de tourner le dos &agrave; son but parce que &laquo; la pente fait aller plus vite ceux qui descendent que ceux qui montent &raquo;, il propose seulement de consentir &laquo; aux n&eacute;cessit&eacute;s naturelles, aux lenteurs in&eacute;vitables dans toute cr&eacute;ation qui doit durer &raquo;. En anarchiste individualiste, il consid&egrave;re en d&eacute;finitive que pour quune r&eacute;volution soit durable, elle doit dabord &ecirc;tre int&eacute;rieure, car rien ne sert de changer laspect des choses, de modifier les gestes, sans que leffort se porte sur lindividualit&eacute;. On retrouve ici une impasse semblable &agrave; celle rencontr&eacute;e chez Tolsto&iuml;. <p><font color="#000000"><a href="Tablemat.html">Retour</a></font> </body> </html> 
