<html>  <head> <title>Le tigre et l'Eufrate</title>  <meta name="GENERATOR" content="Theomedia S.a.s."> <meta name="description"  content="This is a study of the origin of the names of two places to the north-east of Jerusalem: wady (n-Nimr(w.         of the leopard) and wady (l- Gazal (w. of the gazelles). Basing themselves on biblical texts, rabbinic         interpretations and the writings of Flavius Josephus the authors suggest seeing these two names as a transposition         of the names of the rivers Tigris and Euphrates to the territory of the tribe of Benjamin. "> 	 <base target="note a pi di pagina"> <link HXBURNED REL="fontdef" SRC="http://www.bsw.org/fonts/SPfonts.pfr"> <script LANGUAGE="JavaScript">  <!-- function frame () { if (parent.frames.length != 2) window.setTimeout('location.href="http://www.bsw.org/?l=71791&a=Ani06.htm"',2000); } //-->  </script> </head>  <body background="../images/Backright.gif" onload="frame()">  <p><font FACE="Helvetica, Geneva, Verdana" size="3">&nbsp;</p>   <table border="0" width="90%" cellspacing="0" cellpadding="0">   <tr>     <td width="50%"><strong><small>Marcel BEAUDRY &#150; tienne NODET</small></strong></td>     <td width="50%"><p align="right"><strong><small><em>Biblica</em> 79 (1998) 97-102</small></strong></td>   </tr> </table> </center></div>  <p ALIGN="CENTER">&nbsp;</p>  <p ALIGN="CENTER"><strong><big>Le tigre et l'Euphrate en Benjamin</big></strong></p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La feuille n. 17/13 (Jerusalem) du <i>Survey of Palestine</i> au 1/20 000 (relevs de 1934) signale,  quelque 10 km au nord-est de Jrusalem, au voisinage de <font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>(E&quot;n Fa3ra</i></font>, un <i><font FACE="SPAtlantis" size="3">wa3dy )n</font>-<font FACE="SPAtlantis" size="3">Nimr</font></i> <a href="Ani06n.htm#1"><sup>1</sup></a>, soit le &quot;w. du lopard&quot;. Il se jette dans le <font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>wa3dy Fa3ra</i></font><a href="Ani06n.htm#2"><sup>2</sup></a> au sud des ruines de <font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Tell Fa3ra</i></font>. En aval du confluent, vers l'est, la valle porte un autre nom, <i><font FACE="SPAtlantis" size="3">wa3dy )l</font>-<font FACE="SPAtlantis" size="3">G.aza3l</font></i> (&quot;w. des gazelles&quot;). Cette valle est de loin la plus importante de l'ensemble de la rgion. Conformment  la coutume locale, elle change plusieurs fois de nom, pour devenir successivement, vers l'est, le <i><font FACE="SPAtlantis" size="3">wa3dy )l</font>-<font FACE="SPAtlantis" size="3">Fawwa3r </font></i>(&quot;w. de la fontaine&quot;), puis le <i><font FACE="SPAtlantis" size="3">wa3dy )l</font>-<font FACE="SPAtlantis" size="3">Qilt</font></i> (&quot;w. de l'irrigation&quot;), et enfin dboucher dans la plaine de Jricho.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La toponymie est souvent image. Ici, les allusions  une fontaine et  l'irrigation correspondent  des ralits locales manifestes; de mme, au titre des pripties de la faune locale, il n'est nullement invraisemblable de trouver des traces de lopards et de gazelles<a href="Ani06n.htm#3"><sup>3</sup></a> au voisinage de sources. Mais pourquoi justement l et non ailleurs ? Remarquons d'abord que le terme <i>nimr</i> est imprcis, et dsigne en gnral tout grand flin, en particulier le tigre <a href="Ani06n.htm#4"><sup>4</sup></a>. L'objet de cette note est de suggrer, par une enqute sur quelques textes, que l'origine du nom de ce <i>w.</font><font FACE="SPAtlantis" size="3">)n</font><font size="3">-</font><font FACE="SPAtlantis" size="3">Nimr </font></i>est tout autre, et qu'il s'agit d'un Tigre au voisinage d'un Euphrate, celui-ci n'tant autre qu'une rinterprtation du <i>w. </font><font FACE="SPAtlantis" size="3">Fa3ra</font></i> voisin.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>  <p ALIGN="right">_____________________<br> 98</p>  <p ALIGN="CENTER">I</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un lieu Para est attest dans la Bible. Selon Jos 18,23 <i>hprh</i><a href="Ani06n.htm#5"><sup>5</sup></a> (LXX [A] </font><font FACE="SPIonic" size="3">Afar</font><font size="3">, [B] </font><font FACE="SPIonic" size="3">Fara</font><font size="3">) est une ville de Benjamin <a href="Ani06n.htm#6"><sup>6</sup></a>, sur le versant oriental des montagnes. En <i>G</i> 4:512 Josphe parle du vallon de </font><font FACE="SPIonic" size="3">Feretai/ </font><font size="3">et de ses cavernes, ayant servi de refuge  Simon b. Giora et  ses troupes en vue d'une attaque de Jrusalem en 69 A.D. Comme le suggre trs naturellement la topographie, on rapproche les deux noms, et l'on identifie<a href="Ani06n.htm#7"><sup>7</sup></a> le vallon et la ville respectivement avec le <i>w.</i> </font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Fa3ra</i></font><font size="3"> et avec le site voisin de </font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Tell Fa3ra</i></font><font size="3">, non fouill jusqu'ici. La graphie de Josphe laisse deviner une forme emphatique aramenne (</font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>prt)</i></font><font size="3">).</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il s'agit donc de chercher un ventuel lien entre Para et l'Euphrate. Dans la Bible, le nom <i>prt</i>, peu diffrent de <i>prh</i>, est toujours rendu </font><font FACE="SPIonic" size="3">Eu)fra/thj</font><font size="3"> par la LXX. Dans l'ensemble, il s'agit certainement de l'Euphrate: en 2 S 8,3 &quot;David battit Hadadzer quand celui-ci allait mettre la main sur le fleuve (ainsi K, mais Q, 1 Ch 18,3, <i>AJ</i> 7:99 s. et les versions ajoutent 'Euphrate')&quot;; de mme 2 R 23,29 et 24,7 (et 2 Ch 35,20),  propos du roi d'Assyrie vers l'Euphrate; de mme encore, Jr 46,2.10 parle de Karkmish sur l'Euphrate; en Jr 51,63, il est question de jeter un livre dans l'Euphrate en Babylonie. On ne voit d'ailleurs pas <i>a priori</i> pourquoi ne pas suivre encore la LXX pour le fleuve primordial de Gn 2,10, tout comme pour les limites de la terre promise (Gn 15,18, Dt 1,7, etc.).</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La tradition rabbinique conserve cependant d'tonnants commentaires. Sur Gn 15,18, &quot; ta postrit je donne ce pays, du fleuve d'gypte </p>  <p ALIGN="right">_________________________<br> 99</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">jusqu'au grand fleuve, le fleuve d'Euphrate&quot;, Rashi explique : &quot;Du fait qu'il est coll au pays d'Isral, il l'appelle 'grand', bien qu'il soit le dernier des quatre fleuves issus du jardin d'den&quot;. Autrement dit, ce fleuve est petit en lui-mme et ne parat grand que parce qu'il est proche. L'origine de ce commentaire est  trouver en BerR 16:2, qui donne aussi une opinion adverse, selon laquelle l'Euphrate est le fleuve primordial (<font FACE="SPIonic" size="3">au)qe/nthj</font>) de Gn 2,10, c'est--dire l'origine des quatre bras ultrieurs, et non pas le dernier d'entre eux. Mais cette dernire opinion est aussitt rfute nergiquement, en faisant valoir que ce fleuve n'est nullement appel grand  l'origine, car ce n'est que plus tard qu'il &quot;est mont&quot; (<font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>w(lh</i></font>) pour entourer le pays d'Isral <a href="Ani06n.htm#8"><sup>8</sup></a>. C'est une allusion Is 8,7-8, o les &quot;grandes eaux du fleuve&quot; (mtaphore pour le roi d'Assyrie) montent (<font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>w(lh</i></font>) et submergent la Jude. En arrire-plan de cette image, le fleuve lointain, ou au moins son nom, a atteint la Jude, ce qui indique que sur le terrain un cours d'eau proche et un fleuve lointain portent le mme nom.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On ne peut cependant rien dire de prcis sur les origines d'une telle parent. SifDey 6, suivi par Rashi sur Dt 1,7 (sur l'extension du domaine prsent  Mose, du fleuve d'gypte au &quot;grand fleuve&quot;), dit de mme que sa grandeur et sa force lui viennent de la proximit du pays d'Isral; il ne s'agit donc pas de l'Euphrate. Donc les Tannates de Galile, au II<sup>e</sup> s., connaissent une opinion qui veut que &quot;l'Euphrate&quot; soit <i>aussi</i> un modeste cours d'eau, qui<b> </b>ne parat grand que parce qu'il est peu loign.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il faut donc chercher un cours d'eau d'une certaine consistance qui soit  proximit de la Jude et de nom analogue  <i>prt</i>. Du fait de la topographie, le choix est trs limit, et il ne peut s'agir que du <i>w.</i> </font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Fa3ra</i></font><font size="3">, proche de la Jude et du dsert, ce qui revient  une identification <i>prh-prt</i>.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette identification n'est pas ncessairement nouvelle, puisqu'elle fournit un contexte prcis au passage cit de Is 8. De plus, selon Jr 13,4-10, le prophte est envoy cacher sa ceinture dans les rochers  &quot;l'Euphrate&quot;, puis la reprendre, sans que cela paraisse ncessiter un voyage important. On a remarqu depuis longtemps que l'Euphrate, qui coule dans une plaine alluviale, s'accorde trs mal  ce passage,  cause des anfractuosits rocheuses et de la distance, alors que les grottes entourant le <i>w.</i> </font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Fa3ra</i></font><font size="3">,  une heure de marche d'Anatt, la ville de Jrmie, conviennent beaucoup mieux. Il est possible, dans le contexte de Jr, qu'il y ait un effet de double sens, d'autant plus qu'avec un accusatif de direction, les deux noms ont une unique forme <i>prth</i>. La tradition rabbinique est muette sur ce passage.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est certain que Rashi n'est pas un gographe, mais un commentateur <a href="Ani06n.htm#9"><sup>9</sup></a>. Lorsque l'interprtation de <i>prt</i> comme cours d'eau proche de la Jude est impossible, il ne l'impose pas. Ainsi en Jos 1,4 &quot;... depuis le dsert et </p>  <p ALIGN="right">______________________<br> 100</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">le Liban jusqu'au grand fleuve, <i>prt</i>, et jusqu' la grande mer&quot;, on peut comprendre ce <i>prt</i> (qui est mis en apposition) comme limite orientale (pour inclure les tribus de Transjordanie, ce que suggre 1 Ch 5,9, d'o la traduction de la <i>TOB</i>), mais Rashi le voit comme limite nord, donc englobant ncessairement la Syrie. Il s'agit donc bien ici de l'Euphrate.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>  <p ALIGN="CENTER">II</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour notre propos, Rashi donne cependant encore quelques renseignements. Sur Gn 2,14 il explique que </font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>h[dql</i></font><font size="3"> (&quot;Tigre&quot;) a des eaux &quot;fines et lgres&quot; (</font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>h[gyn wqlyn</i></font><font size="3">), par jeu de mots inspir de Ha 1,8. Ces eaux sont parcimonieuses, alors que celles de <i>prt</i> (&quot;Euphrate&quot;) sont abondantes (<i>pryn wrbyn</i>), par jeu de mots parallle, et qu'elles <i>soignent</i>. Il est remarquable qu'il n'objecte pas Dn 10,4, o le grand fleuve est le Tigre (Thod. transcrit </font><font FACE="SPIonic" size="3">Eddekel</font><font size="3">), et non l'Euphrate.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette description asymtrique des deux plus clbres fleuves de la Gense leur convient  vrai dire fort mal, puisque ce sont deux cours d'eau majeurs d'importance semblable. De plus, on ne peut pas considrer qu'elle soit gouverne par les jeux de mots indiqus, car ceux-ci ne sont qu'un ornement et n'imposent rien. Au contraire, l'indication d'un contraste entre les deux fleuves s'adapte bien  la diffrence entre le <i>w.</i> </font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Fa3ra</i></font><font size="3">, aliment par la source prenne de mme nom (quelque 1 200 m<sup>3</sup> par jour) et le <i>w.</i> </font><i><font FACE="SPAtlantis" size="3">)l</font><font size="3">-</font><font FACE="SPAtlantis" size="3">Nimr</font></i><font size="3"> adjacent, qui n'est qu'un ravin sans source permanente.<br> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quant aux <i>eaux qui gurissent</i> signales par Rashi, o les chercher ?<br> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Selon Gn<i> </i>10,19, la frontire du Cananen, aprs Sodome et Gomorrhe, arrive jusqu' Lsha (<font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>ls0(</i></font>, LXX <font FACE="SPIonic" size="3">Lasa</font>). Le targum palestinien (<i>Neof</i>., <i>Ps.-Jon.)</i> rend ce dernier nom par &quot;Callirrho&quot;<a href="Ani06n.htm#10"><sup>10</sup></a> <i>(qlrhy</i> <font FACE="SPIonic" size="3">Kallirro/h</font>), station thermale connue <a href="Ani06n.htm#11"><sup>11</sup></a>: il s'agit de sources sulfureuses chaudes, aux proprits mdicinales reconnues, qui dbouchent au nord-est de la mer Morte. Josphe raconte qu'Hrode, trs malade, y prit en vain des bains chauds (<i>G</i> 1:657, <i>AJ</i> 17:171).</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce nom est ensuite ajout par <i>Ps.-Jon</i>.  Dt 1,7,  propos du pays des Cananens et de la terre promise &quot;jusqu'au grand fleuve, le fleuve Euphrate&quot;. Le rapprochement entre l'Euphrate et Callirrho pourrait avoir un sens, si cette station tait dcrite par les textes que pouvait connatre Rashi. Tel n'est apparemment pas le cas, bien que l'endroit soit connu des anciens gographes. De fait, la rgion de Callirrho comporte plusieurs sources thermales, car la gologie s'y prte <a href="Ani06n.htm#12"><sup>12</sup></a>, ce qui n'est pas le cas de la rgion <i>d'</font><font FACE="SPAtlantis" size="3">(E&quot;n Fa3ra</font></i><font size="3">.</p>  <p ALIGN="right">________________________<br> 101</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cependant, il y a, plus en aval dans le mme <i>w.</i> <font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Fa3ra</i></font>, la source signale plus haut<i><font FACE="SPAtlantis" size="3">(E&quot;n el</font>-<font FACE="SPAtlantis" size="3">Fawwa3r</font></i>, qui est bouillonnante, comme son nom le suggre.  une eau bouillonnante sans proprit chimique particulire pouvait cependant tre rattach le souvenir d'un esprit gurisseur, cf. Jn 5,4 et Lv Rabba  24, mais on n'a pas de tmoignage direct pour cette source.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces rapprochements sont finalement assez vagues, et donc l'information de Rashi sur ces eaux, qui provient vraisemblablement d'une confusion ancienne de <i>prt-</font><font FACE="SPAtlantis" size="3">Fa3ra</font></i><font size="3"> avec Callirrho, ne vient pas directement de ses sources crites, malgr sa coutume de toujours chercher  interprter en slectionnant dans les matriaux vhiculs par la tradition. Il ne sait pas le grec, mais il utilise parfois des lments qu'on ne retrouve que dans Aquila ou dans la LXX. De fait, il est tabli que ses matres, au XI<sup>e</sup><b> </b>s. en Lotharingie, avaient des relations suivies avec les savants de Rome, lesquels tenaient beaucoup de choses de Mditerrane<a href="Ani06n.htm#13"><sup>13</sup></a> orientale (Jude, gypte) depuis les temps prbyzantins. Telle doit tre la source des chos qu'il rapporte.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p>  <p ALIGN="CENTER">III</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il reste encore  caractriser cette tradition insistante qui veut identifier l'Euphrate au <i>w.</i> </font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Fa3ra</i></font><font size="3"> lorsqu'il s'agit des limites du pays d'Isral. La tournure signale plus haut, selon laquelle l'Euphrate &quot;est mont&quot; est caractristique pour dsigner plerinage ou immigration, voir mme invasion. C'est donc un indice que le transfert du nom, ou au moins l'interprtation d'une similitude lexicale, n'a pas t fortuit.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; S'il faut trouver l'occasion d'un tel transfert, on peut risquer ici une conjecture, en recherchant les frontires de la Jude de Nhmie ou de Judas Maccabe. Celle-ci est limite  l'ouest par Emmas (Nicopolis) au pied des collines, au sud par Bet-ur,  l'est par la valle du Jourdain. La limite nord, en Benjamin, est mal indique, mais si l'on cherche une frontire naturelle, une ligne joignant la valle d'Ayyaln et la valle forme par le <i>w.</i> </font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Fa3ra</i></font><font size="3"> et le <i>w.</font><font FACE="SPAtlantis" size="3">)l</font><font size="3">-</font><font FACE="SPAtlantis" size="3">Qilt</font></i><font size="3"> conviendrait parfaitement. En se fondant sur cette supposition, la conjecture proprement dite consiste  imaginer que telle tait aussi la limite que s'tait fixe Bar Kokhba en instituant son tat<a href="Ani06n.htm#14"><sup>14</sup></a>, puisqu'il avait pour modle 1 M. Dans ce cas, ce serait sa manire  lui de reconqurir &quot;jusqu' l'Euphrate&quot; la terre promise. Peut-tre mme tait-il sur les traces de Simon b. Giora, l'autre zlote dont parlait Josphe, qui s'tait embusqu dans le <i>w.</i> </font><font FACE="SPAtlantis" size="3"><i>Fa3ra</i></font><font size="3">. Une signification supplmentaire possible, puisque la guerre avait oblig ses troupes  se rfugier dans le dsert de Jude et  s'y organiser, serait que les appellations de Tigre et d'Euphrate aient servi par mtaphore  dsigner un lieu d'exil aux frontires.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quoi qu'il en soit, l'identification de la valle <i>prh</i> avec un Euphrate dplac a bien t faite sur le terrain ds les temps bibliques, comme le </p>  <p ALIGN="right">________________________<br> 102</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">montrent les textes. L'apparition d'un &quot;Tigre&quot; voisin est plus tardive, puisqu'on ne la discerne qu' travers des sources rabbiniques.  cet gard, les diverses formes du nom de ce fleuve (<font FACE="SPIonic" size="3">Ti/grij</font>, TM <i>hdql</i>, targ. et <i>AJ</i> 1:39 <i>dglt</i> ; Pline, <i>HN</i> 6:27 <i>diglit)</i> se rsolvent dans l'assyro-babylonien <i>idiglat/idignat</i>, mais il faut souligner que seule la forme grecque<a href="Ani06n.htm#15"><sup>15</sup></a> peut avoir le sens de &quot;tigre&quot;, et donc avoir t traduite <i>nimr</i> en arabe, aprs les Byzantins. Mais on sait qu'au moins depuis les Asmonens le grec tait familier en Jude, mme aux troupes de Bar Kokhba.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La rgion semble avoir t peu habite aprs la guerre de 132-135. Plus tard,  une poque o il n'y avait en Palestine que peu de chrtiens et encore moins de moines, St Chariton fonda prs du village de Pharn une laure de mme nom, qui servit ensuite de modle <a href="Ani06n.htm#16"><sup>16</sup></a>. La ddicace de l'glise eut lieu entre 314 et 330, sous l'piscopat de Macaire de Jrusalem, un des pres du concile de Nice <a href="Ani06n.htm#17"><sup>17</sup></a>. Le village prexistait donc et avait probablement t juif plus anciennement 100:2 signale un <i>Yos ha-Perati</i> <a href="Ani06n.htm#18"><sup>18</sup></a>, quelque part au III<sup>e</sup> s.</p>  <p ALIGN="JUSTIFY">&nbsp;</p> <div align="left">  <table border="0" cellpadding="4" cellspacing="6" width="100%">   <tr>     <td valign="top">cole Biblique et Archologique Franaise<br>     P.O. Box 19053<br>     91190 Jrusalem</td>     <td valign="top"><p align="right">Marcel BEAUDRY et tienne NODET</td>   </tr> </table> </div>  <p ALIGN="left"> Biblica 1998</p>  ____________________________  <font size="2"> <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="1"></a><sup>1</sup></font> Sens propos dj par C. R. CONDER &#150; H.H. KITCHENER, <i>The Survey of Western Palestine: Arabic and English Name Lists</i>, transliterated and explained by E. H. Palmer (London 1881) 336.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="2"></a><sup>2</sup></font> &quot;W. de la souris&quot;, selon CONDER&#150;KITCHENER, <i>Survey</i>, 339, 345, 354, mais ce sens suppose l'article (<i><font FACE="SPAtlantis">Wa3dy )l</font>-<font FACE="SPAtlantis">Fa3ra</font></i>), qui figure d'ailleurs sur la carte moderne cite. Cependant, encore maintenant dans la rgion, le nom est normalement prononc sans l'article, comme l'indiquaient dj justement la carte XVII de ce mme.<i> Survey of Palestine</i> (<font FACE="SPAtlantis"><i>Hirbet Fa3ra</i></font>) et V. GURIN, <i>Descrilption gographique, historique et archologique de la Palestine. &#150;I: Jude</i> (Paris 1868-69) III:72 <i>(<font FACE="SPAtlantis">Tell Fa3ra</font>)</i>. L'argument n'est pas dcisif, puisqu'on ne peut exclure quelques alas phontiques, mais il suggre fortement de considrer <font FACE="SPAtlantis"><i>Fa3ra</i></font> non pas comme un substantif arabe, mais comme un nom propre antrieur  l'tablissement de la langue arabe dans la rgion; ce nom antrieur provient vraisemblablement de la ruine de <i><font FACE="SPAtlantis">Tell Fa3ra</font>.</i><font COLOR="#0000ff"><sup></p>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="3"></a><sup>3</sup></font>Des lopards sont signals priodiquement dans le dsert de Jude ; les gens de la rgion de <i>Hizma</i> disent en avoir encore tu un vers 1954. De nombreuses gazelles se rencontrent dans toutes les zones sauvages.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="4"></a><sup>4</sup></font> Dans le TM, le substantif <i>nmr</i> (rendu <i>pardus, tigris </i>par Mandelkern), correspond toujours  <font FACE="SPIonic">pa/rdalij</font> dans la LXX (et Aq., cf. Ha 1,8), soit &quot;panthre, lopard&quot;.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="5"></a><sup>5</sup></font> Ce terme peut dsigner &quot;la gnisse&quot; (rac. <i>prr</i>) ou &quot;la fertile&quot; (rac. <i>pwr/pry</i>), le second sens convenant mieux au site de <i><font FACE="SPAtlantis">Fa3ra</font>,</i> qui est une sorte d'oasis, due  la source en amont.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="6"></a><sup>6</sup></font> Eusbe , <i>Onomast.</i>, 28,4 (d., KLOSTERMANN) ignore <font FACE="SPIonic">Fara</font> et ne signale que <font FACE="SPIonic">Afra</font>, correspondant dans le mme verset  <font FACE="SPAtlantis"><i>(prh</i></font> (Ofra, LXX [A] <font FACE="SPIonic">Afra</font>, [B] <font FACE="SPIonic">Efrata</font>); il l'identifie  une <font FACE="SPIonic">Aifraim</font> qui existe de son temps (ce qui suggre, comme en B, une graphie <font FACE="SPAtlantis"><i>)prh</i></font> . De mme, la traduction de <i>l'Onomastikon</i> par Jrme ne connat qu'un seul terme, et met face au grec les quivalents <i>Afra</i> et <i>Efraim</i>, en prcisant &quot; cinq milles  l'est de Bthel&quot;. Mais Jrme, qui ne craint pas  l'occasion de corriger ou de complter Eusbe, connat cependant bien les deux lieux et ne les confond pas, comme il le montre ailleurs: <i>Affara: vitulus vel taurus. Afara: humus ejus; aliis quippe litteris scribitur </i>(<i>De nominibus</i> <i>hebraicis</i>, <i>PG</i> 23, 801b). Autrement dit, bien que leur transcription puisse tre la mme en latin (comme en grec), les deux noms sont bien distincts, et il les traduit correctement. Il faut conclure que c'est ce commentaire qui a forc les copistes  conserver ici deux noms pratiquement identiques (le doublement du <i>f</i> n'tant gure significatif). Tel n'a pas t le cas dans l'<i>Onomastikon</i>, o il faut donc conjecturer une haplographie, dans l'original comme dans la traduction.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="7"></a><sup>7</sup></font> F.-M. ABEL, <i>Gographie de la Palestine</i> (Paris 1938) 11:92 et 404,  la suite de l'ensemble des explorateurs, C.R. Conder, V.Gurin, E. Hhne, H.H. Kitchener et E. Robinson. Il est cependant remarquable que C. MLLER &#150; G. SCHMITT<i>, Siedlungen Palstinas nach Flavius Josephus</i> (TAVO Beiheft B/14; Wiesbaden 1974) 188, dclarent <font FACE="SPIonic">Feretai/</font> &quot;nicht zu localisieren&quot;, car, si telle est la bonne leon (et non <font FACE="SPIonic">faran</font> ou <font FACE="SPIonic">faragga</font> de certains mss), ils jugent qu'il faut restaurer un pluriel aramen <font FACE="SPAtlantis"><i>prt-y)</i></font>, d'o un hbreu <font FACE="SPAtlantis"><i>prs-ym</i></font> ; le <font FACE="SPAtlantis"><i>b(l prs-ym</i></font> de 2 S 5,20 tant exclu, plusieurs valles deviennent possibles. L'objection est recevable, mais sa faiblesse est qu'elle est trop dductive.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="8"></a><sup>8</sup></font> J. THEODOR, <i>Bereschit Rabba, mit kritischem Apparat und Kommentar</i> (Berlin 1912) 144-145.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="9"></a><sup>9</sup></font> En effet, sur Esd 8,26, il explique qu'il y a dj des Juifs connaissant la loi de Mose dans toute la Transeuphratne (<i>mny</i> compris comme particule &quot;plus que&quot;, et non comme impratif &quot;nomme&quot;). Pour la cohrence gographique, il aurait donc pu comprendre Dt 1,7 non pas comme un vaste empire isralite, mais comme le domaine (vaste) o s'tabliront des Juifs, exils inclus.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="10"></a><sup>10</sup></font> Cette identification est connue de BerR 37:6, p. 348, mais elle passe pour une opinion particulire.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="11"></a><sup>11</sup></font> Cf. Pline, <i>HN</i>, 5,15,72, Ptolme, <i>Georgr</i>., 5,15,6 et la <i>Carte de Madaba</i>. Les sources chaudes de <i>Baaras</i>, que Josphe, (<i>G</i> 7:180 s.) situe au nord de Massada, sont plutt  chercher au sud (<font FACE="SPAtlantis"><i>(E&quot;n Boqeq</i></font>), ou sur l'autre rive, non loin de Callirrho (<font FACE="SPAtlantis"><i>Wady Zarqa3 Ma(i3n</i></font>), cf. Eusbe, <i>Onomast.</i>, 44,1.22-23.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="12"></a><sup>12</sup></font> Cf. ABEL, <i>Gographie</i>, I: 87 et 461.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="13"></a><sup>13</sup></font> M. BANITT<i>, Rashi Interpreter of the Biblical Letter</i> (Tel Aviv 1986).</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="14"></a><sup>14</sup></font> Il faut prciser que <i>prh-prt</i> n'est pas jusqu'ici attest comme nom de lieu dans les documents du dsert de Jude.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="15"></a><sup>15</sup></font> Liddell-Scott signale deux formes pour le fleuve: <font FACE="SPIonic">Ti/grhj, -htoj </font>et <font FACE="SPIonic">Ti/grij, -idoj</font>. Le flin est surtout connu selon cette deuxime forme, mais un pluriel <font FACE="SPIonic">ti/grhtej</font> est attest.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="16"></a><sup>16 </sup></font>Cyrille de Scythopolis, <i>Vie de St Euthyme</i>, 14:9 et 16:26 (d. FESTUGIERE; [Paris 1962] 65).</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="17"></a><sup>17 </sup></font>Cf. <i>Vie grecque de St Chariton</i>, <i>PG</i> 115, 899 s. Pour le nom de Pharn, cf. col. 908  VII, 914  XIII et G. GARITTE, &quot;La vie prmtaphrastique de St Chariton&quot;, <i>Bulletin de l'Institut Historique Belge de Rome</i> 21 (1941) 25.</p> <font COLOR="#0000ff"><sup>  <p ALIGN="JUSTIFY"></sup><a name="18"></a><sup>18 </sup></font>THEODOR, 1285; les parallles crivent <i>Yos phrati</i> (y.Kil 9:2, 34d) ou <i>Simon phrati</i> (b.Ket 103a); il y a donc confusion avec la racine <font FACE="SPAtlantis"><i>)pr</i></font>, ce qui rejoint les incertitudes de Jrme<b> </b>et de la LXX, et renforce la prsomption de l'usage du grec. A. NEUBAUER, <i>La gographie du Talmud</i> (Paris 1868) 275, renonce  localiser cette <i>Perat</i> ; G. REEG<i>, Die Ortsnamen Israels nach der</i> <i>rabbinischen</i> <i>Literatur</i> (TAVO Beiheft B/51; Wiesbaden 1989), ne la mentionne mme pas.</p> </body> </html> 
