<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 3.2//EN"> <HTML> <HEAD>    <TITLE>Heureux comme la tortue</TITLE>    <META NAME="Author" CONTENT="SADC">    <META NAME="Description" CONTENT="histoires d'animaux">    <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Mozilla/3.01Gold (Win95; I) [Netscape]"> </HEAD> <BODY TEXT="#000000" BGCOLOR="#FFFFFF" LINK="#000080" VLINK="#800080" ALINK="#FF0000">  <CENTER><TABLE> <TR> <TD HEIGHT=100% WIDTH=600> <H2><B><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=-1><A HREF="principale.html">L&eacute;gendes et traditions autochtones</A></FONT></FONT></B></H2>  <H2 ALIGN=CENTER><B><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=+3>Heureux qui comme la tortue...</FONT></FONT></B><BR> <BR> <BR> </H2>  <P><I><FONT FACE="Arial"><FONT SIZE=-1>La journ&eacute;e a &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement &eacute;reintante. Il a plu sans arr&ecirc;t sur la ta&iuml;ga, rendant la marche p&eacute;nible et dangereuse sur les galets mouill&eacute;s et dans la mousse. Nous sommes tremp&eacute;s jusqu'aux os ! Une toile tendue, un feu r&eacute;confortant, l'odeur du m&eacute;l&egrave;ze, une bonne tasse de th&eacute; fumant dans un grand bol br&ucirc;lant ravivent rapidement la gaiet&eacute; du groupe. Mentou, mon voisin montagnais, attise le feu du bout de sa branche et commence ainsi un r&eacute;cit qu'il tient de son p&egrave;re, le Grand Mo&iuml;se.</FONT></FONT></I></P>  <P><FONT FACE="Arial">-<B><FONT SIZE=+3> U</FONT></B>n jour, Wapiti &agrave; l'il nerveux et au panache imposant, rencontre par hasard sur sa route une tortue &agrave; grosse et lourde carapace.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Ah ? j'&eacute;coute attentivement, sachant par exp&eacute;rience que la suite sera captivante.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le wapiti, intrigu&eacute;, s'arr&ecirc;te et observe cette curieuse b&ecirc;te. Puis, il lui lance, hautain, du haut de ses longues pattes s&egrave;ches :</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Ho ! Ho ! Ma belle... tu es lente sans pareil ce matin. Tu pi&eacute;tines. Bouge-toi un peu, sinon tu ne feras rien qui vaille de ta journ&eacute;e !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Ouais ! Je suis peut-&ecirc;tre lente, lui r&eacute;pond la tortue de sa voix tra&icirc;nante. Mais moi, Wapiti, tu sauras que je finirai toujours par aller plus loin que toi. Tiens-toi-le pour<BR> dit !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Et vlan ! La vive r&eacute;plique de la tortue a l'effet d'une mornifle sur le museau sensible.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Mais, pour qui te prends-tu ? Je suis pr&ecirc;t &agrave; te gager... ce que tu veux que je cours plus vite que toi !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le coursier pense bien avoir raison d'une petite b&ecirc;te.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Bon ! Bon ! D'accord, dit le reptile le long cou tendu. Je te prends au mot, mon grand. Nous partirons d'ici, pas plus tard que demain matin &agrave; l'aube. Marchons pour <BR> l'honneur ! Celui de nous deux qui ira le plus loin sera le grand vainqueur.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">C'est se montrer bien t&eacute;m&eacute;raire. Mais, elle a la r&eacute;putation d'avoir la t&ecirc;te aussi dure que son dos. Alors...</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Ce midi-l&agrave;, Tortue tient un important conciliabule avec des cong&eacute;n&egrave;res appel&eacute;s des marais des alentours. Les tortues &eacute;changent rapidement quelques mots. Puis, elles disparaissent lentement en pressant tout de m&ecirc;me le pas un petit peu. Elles savent ce qui les attend. Il n'y a pas de temps &agrave; perdre !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">&Agrave; la barre du jour, le mammif&egrave;re piaffant et le reptile d'apparence calme comme une eau dormante sont &agrave; la ligne de d&eacute;part, pr&ecirc;ts pour l'&eacute;preuve.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Allons vers la montagne, s'empresse de sugg&eacute;rer la tortue, mine de rien.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Elle donne ainsi la direction de la course. Pour elle, ce choix est d&eacute;cisif...</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- &Ccedil;a me va. L&agrave; ou ailleurs... Je sais que j'arriverai avant toi, se vante d'une voix forte la b&ecirc;te &agrave; poils en riant dans sa barbiche.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le cervid&eacute; pense exp&eacute;dier cette affaire et passer &agrave; autre chose au plus vite.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Que celui qui ira le plus loin l'emporte, se contente de marmonner la tortue entre ses dents serr&eacute;es et pointues.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Tous les animaux, les nocturnes comme les l&egrave;ve-t&ocirc;t, sont pr&eacute;sents au fameux d&eacute;part. Tel que convenu la veille, &Eacute;cureuil roux, la queue en roue, sonne le coup de son sifflet strident.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- TCHROOOOOOOOOUUUUUUUIT !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- VRRRRRRRRRRUSH...</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le cerf d&eacute;campe subitement, pique vers la for&ecirc;t, les bois hauts dans les airs.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- OUFFF !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">La touffe de sa courte queue blanche en drapeau s'&eacute;vanouit dans les feuillages verts. Puis, plus rien. La tortue, charg&eacute;e comme une mule, se met r&eacute;solument en branle vers la montagne bleue encore recouverte des vapeurs de l'aube. POUF ! POUF ! POUF ! POUF ! Chaque pas lourd compte et la rapproche de son but. Mais la route est encore longue. Qu'&agrave; cela ne tienne. C'est connu, la tortue est t&ecirc;tue !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Le soleil s'&eacute;tire encore, emmitoufl&eacute; dans ses couvertures de brume grise, sa figure joufflue, bouffie de sommeil, que Wapiti d&eacute;j&agrave; loin ralentit sa course effr&eacute;n&eacute;e. Il tend l'oreille pour juger de son avance. N'attendant rien de son ou&iuml;e fine, il stoppe net, renifle l'air de son long museau humide. </FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">La course serait-elle finie ?</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">-SNIF...SNIF...</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Pourtant. Il dresse ses oreilles en pavillon pour capter un son...</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Silence !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- O&ugrave; peut-elle bien &ecirc;tre rendue ? se demande-t-il, intrigu&eacute;. J'ai peut-&ecirc;tre d&eacute;j&agrave; gagn&eacute; ? Le cervid&eacute; curieux revient sur ses pas, &eacute;coute, scrute, fouille entre les branches, avance encore un peu... un peu plus loin, trottine, cherche des yeux, du nez, des oreilles.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- CRAC ! -Oh... l&agrave; ! La voil&agrave; !</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">Son cur bondit. &Agrave; sa grande surprise, il aper&ccedil;oit une tortue progresser all&egrave;grement. Pouf ! Pouf ! Pouf ! En chantonnant, comme si de rien n'&eacute;tait. Elle file droit devant. Sans gaspiller un seul autre instant, Wapiti se cabre &agrave; nouveau, se pr&eacute;cipite sauvagement, t&ecirc;te baiss&eacute;e, dans une course folle. Il s'&eacute;lance droit comme une fl&egrave;che, les muscles tendus, bondit &agrave; droite, &agrave; gauche, saute, contourne, grimpe, descend, bifurque, zigzague... Rien ne le d&eacute;courage, m&ecirc;me les sentiers les plus tortueux ! Pour lui, tout cela n'est qu'un jeu.</FONT></P>  <P><FONT FACE="Arial">- Voil&agrave;, se dit-il enfin, confiant. Je peux respirer un peu maintenant. Ouf ! je l'ai suffisamment distanc&eacute;e pour me reposer. Il est inutile d'humilier davantage cette pauvre b&ecirc;te.</FONT></P> </TD> </TR> </TABLE></CENTER>  </BODY> </HTML> 
