<html> <head> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> <title>CRA 1re SANCE DU mercredi 23 janvier 2002</title> <meta name="GENERATOR" content="HTML Transit 5.1 by Stellent (tm), Inc. www.stellent.com">  <meta name="description" CONTENT="Assemble nationale : les projets de loi de finances, le budget de lEtat, les textes de loi et la lgislation franaise au palais Bourbon. Les dbats parlementaires, la composition des groupes politiques et la biographie des dputs du Parlement franais."> <meta name="keywords" CONTENT="Parlement franais, Assemble nationale, lgislation franaise, projets de loi, textes de loi, loi de finances, palais Bourbon, groupes politiques, budget de lEtat, dbats parlementaires, biographie dputs lection, ordre du jour, propositions de loi, rapports des commissions, composition des groupes politiques, dossiers lgislatifs, Htel de Lassay">  <link rel="StyleSheet" href="/commun/style1.css" type="text/css" media="screen">  <link rel="StyleSheet" href="/commun/styleprint.css" type="text/css" media="print">   </head> <body><a name="TopOfPage"> </a> <!-- TRANSIT - INFOBEFORE -->  <!-- TRANSIT - TEXTBAR --> <!-- DEBUT DU SCRIPT --> <SCRIPT LANGUAGE="JavaScript">  if (window!= top) top.location.href=location.href  	 </SCRIPT>    <table width="100%" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center" height="40">           <tr>              <td height="40"   width="267" bgcolor="#29299C"><img src="/commun/images/bandeau-t.jpg" width="250" height="40"></td>             <td height="40" colspan="2" bgcolor="#29299C" width="513">                <div align="center"><a href="/recherche/recherche.asp"><font color="#FFFFFF" face="Arial" size="2"><b>Recherche                  avance</b></font></a> <b><font color="#FFFFFF" face="Arial" size="2">                  |</font> <a href="/aide.asp"><font color="#FFFFFF" face="Arial" size="2">Aide</font></a>                  <font color="#FFFFFF" face="Arial" size="2">| </font> <a href="/plan.asp"><font color="#FFFFFF" face="Arial" size="2">Plan                  du site</font></a></b>   </div>            </td>         </tr>      </table> <table  width="100%" cellspacing="0" cellpadding="0" border="0" >  <tr valign="top">   <td  valign="top">    <div align="left">    <font face="Arial" size="2"><a class="menu" href="/">Accueil</a>    <font face="Arial" size="2">&gt; <a class="menu" href="/seance/">  La sance publique</a>&gt; <a class="menu" href="/cra/">  Les comptes rendus</a>&gt; Compte rendu analytique</font>    </font>     </div>   </td>  </tr> </table> <div align="center">   <table  width="90%" border="0" >  <tr>   <td>  <p align="center"><font size="1">Session ordinaire de 2001-2002 - 52<sup>&egrave;me</sup> jour de s&eacute;ance, 122<sup>&egrave;me</sup> s&eacute;ance</font></p><p align="center"><a name="P7_127"></a><b><font size="+1">1<sup>&egrave;re</sup> S&Eacute;ANCE DU MERCREDI 23 JANVIER 2002</font></b></p><p align="center"><b><font>PR&Eacute;SIDENCE de M. Raymond FORNI</font></b></p><p align="center"><i><font size="1">Sommaire</font></i></p><p><b><font size="1">QUESTIONS AU GOUVERNEMENT<a href="#P46_1022"> 2</a></font></b></p><p><i><font size="1">MALAISE DES PROFESSIONS DE SANT&Eacute;<a href="#P48_1101"> 2</a></font></i></p><p><i><font size="1">SOUHAITS DE BIENVENUE AUX PR&Eacute;SIDENTS DE <br> LA KNESSET DE L'&Eacute;TAT D'ISRAEL ET DU CONSEIL L&Eacute;GISLATIF PALESTINIEN<a href="#P56_4184"> 2</a></font></i></p><p><b><font size="1">QUESTIONS AU GOUVERNEMENT <br> (suite)<a href="#P58_4891"> 3</a></font></b></p><p><i><font size="1">DEVENIR INDUSTRIEL DE LA FRANCE<a href="#P59_4924"> 3</a></font></i></p><p><i><font size="1">SITUATION DES INFIRMI&Egrave;RES<a href="#P71_8161"> 3</a></font></i></p><p><i><font size="1">AVENIR DU TEXTILE HABILLEMENT<a href="#P85_12103"> 4</a></font></i></p><p><i><font size="1">REVENDICATIONS DES PROFESSIONNELS <br> DE LA SANT&Eacute;<a href="#P91_14614"> 5</a></font></i></p><p><i><font size="1">BLANCHIMENT D'ARGENT<a href="#P95_17136"> 6</a></font></i></p><p><i><font size="1">VALIDATION DES ACQUIS PROFESSIONNELS<a href="#P108_20330"> 7</a></font></i></p><p><i><font size="1">R&Eacute;GIONALISATION DU TRANSPORT FERROVIAIRE<a href="#P114_22059"> 7</a></font></i></p><p><i><font size="1">SITUATION DE L'EMPLOI CHEZ LES JEUNES<a href="#P121_24509"> 8</a></font></i></p><p><i><font size="1">SITUATION DES FINANCES PUBLIQUES<a href="#P128_28003"> 9</a></font></i></p><p><i><font size="1">ABATTAGE S&Eacute;LECTIF DES BOVINS<a href="#P132_30882"> 9</a></font></i></p><p><i><font size="1">AIDE JURIDICTIONNELLE<a href="#P138_33877"> 10</a></font></i></p><p><b><font size="1">SONDAGES D'OPINION<a href="#P145_36980"> 11</a></font></b></p><p><i><font size="1">AVANT L'ARTICLE PREMIER<a href="#P235_66349"> 18</a></font></i></p><p><i><font size="1">ARTICLE PREMIER<a href="#P240_67365"> 18</a></font></i></p><p><i><font size="1">APR&Egrave;S L'ARTICLE PREMIER<a href="#P245_67733"> 19</a></font></i></p><p><i><font size="1">ART. 2<a href="#P252_69023"> 19</a></font></i></p><p><b><font size="1">PROPOSITION DE LOI COMPL&Eacute;TANT <br> LA LOI DU 15 JUIN 2000 (suite)<a href="#P276_76895"> 21</a></font></b></p><p><i><font size="1">MOTION DE RENVOI EN COMMISSION<a href="#P278_77149"> 21</a></font></i></p><p><i><font size="1">AVANT L'ARTICLE PREMIER<a href="#P362_103605"> 28</a></font></i></p><p><i><font size="1">ART. 2<a href="#P426_123298"> 33</a></font></i></p><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">La s&eacute;ance est ouverte &agrave; quinze heures.</font></u></p align="justify">        <blockquote><blockquote><blockquote><blockquote><p align="center"><a name="P46_1020"></a><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><!--  . --><b><font size="1"><a name="P46_1022"></a>QUESTIONS AU GOUVERNEMENT</font></b></p></blockquote></blockquote></blockquote></blockquote><p align="justify"><font face="Times New Roman"><u>L'ordre du jour appelle</u> les questions au Gouvernement.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P48_1101"></a>MALAISE DES PROFESSIONS DE SANT&Eacute;</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jacques Le Nay -</b> Le 5 d&eacute;cembre dernier, Pierre-Christophe Baguet vous avait interrog&eacute; sur la crise que traversent les professions de sant&eacute;. Notre coll&egrave;gue soulignait en particulier les difficult&eacute;s des infirmi&egrave;res et infirmiers lib&eacute;raux. Vous aviez r&eacute;pondu que le Gouvernement avait pris des mesures pour faciliter l'exercice de ce m&eacute;tier et accro&icirc;tre le recrutement. Pourtant, le mouvement engag&eacute; depuis un mois prouve que les insatisfactions perdurent. Ainsi, hier, ces personnels ont exprim&eacute; leurs ras-le-bol &agrave; constater que leur profession n'est pas reconnue. Les infirmi&egrave;res et infirmiers r&eacute;clament surtout une revalorisation justifi&eacute;e de leurs honoraires, ceux-ci n'ont pas vari&eacute;, semble-t-il, depuis quatorze ans, ils en ressentent un sentiment de profonde injustice. Vous ne pouvez pas vous contenter de dire que ces probl&egrave;mes rel&egrave;vent de la CNAM&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Face au d&eacute;sarroi des infirmiers lib&eacute;raux, quelles propositions entendez-vous faire pour r&eacute;pondre &agrave; leur inqui&eacute;tude et &agrave; leurs attentes&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe du RPR, du groupe UDF et du groupe DL)</i> </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Elisabeth Guigou, <i>ministre de l'emploi et de la solidarit&eacute;</i>&#160;-</b> Je me suis entretenu, pr&eacute;cis&eacute;ment, depuis quelques jours, avec les trois syndicats repr&eacute;sentant les infirmi&egrave;res et les infirmiers lib&eacute;raux.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il est vrai que la demande est forte de revaloriser les r&eacute;mun&eacute;rations. Elle donnera lieu &agrave; l'ouverture de n&eacute;gociations avec la CNAM la semaine prochaine. Il faudra avancer. Les indemnit&eacute;s horokilom&eacute;triques des infirmi&egrave;res sont aujourd'hui tr&egrave;s en dessous des indemnit&eacute;s accord&eacute;es aux m&eacute;decins. L'&eacute;cart s'est creus&eacute;, lorsque le Gouvernement que vous souteniez en 1995 <i>(Protestations sur les bancs du groupe du RPR, du groupe UDF et du groupe DL)</i> a revaloris&eacute; les indemnit&eacute;s horokilom&eacute;triques des m&eacute;decins, en oubliant les infirmi&egrave;res. Il y a l&agrave;, en effet, une injustice &agrave; r&eacute;parer.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Mais il y a en plus la question des quotas d'activit&eacute; institu&eacute;s en 1994 pour les infirmi&egrave;res. Ils g&eacute;n&egrave;rent beaucoup d'incompr&eacute;hension et ne sont pas tr&egrave;s efficaces&#160;: il faudra les revoir.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Plus g&eacute;n&eacute;ralement, les conditions d'exercice de ces professions sont d&eacute;licates, tant nous leur demandons toujours davantage - et dans le service public, et pour les professionnels lib&eacute;raux. Ainsi, nous leur demandons d'&ecirc;tre totalement partie prenante dans la mise en place des services &agrave; domicile pour les personnes &acirc;g&eacute;es. Je veillerai, j'en ai pris l'engagement, &agrave; ce que les infirmi&egrave;res lib&eacute;rales aient toute leur place dans la mise en _uvre de l'allocation personnalis&eacute;e d'autonomie. J'ai d'ailleurs demand&eacute; &agrave; M.&#160;Gilles Duhamel, inspecteur g&eacute;n&eacute;ral des affaires sociales, de mettre &agrave; plat le syst&egrave;me pour que nous puissions nous assurer que, des aides &agrave; domicile aux aides-soignantes, des kin&eacute;sith&eacute;rapeutes aux ergoth&eacute;rapeutes, tous soient bien coordonn&eacute;s en vue des soins que nous voulons apporter aux personnes &acirc;g&eacute;es.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous poursuivons ce dialogue que j'ai engag&eacute; il y a un an, nous avons l'intention de l'intensifier, et de traiter le malaise des professions de sant&eacute; de fa&ccedil;on globale et dans la dur&eacute;e.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P56_4184"></a>SOUHAITS DE BIENVENUE AUX PR&Eacute;SIDENTS DE LA KNESSET DE L'&Eacute;TAT D'ISRAEL ET DU CONSEIL L&Eacute;GISLATIF PALESTINIEN</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Pr&eacute;sident -</b> C'est avec beaucoup d'&eacute;motion que je vous demande de saluer ces hommes de paix et de dialogue que sont M.&#160;Avraham Burg, Pr&eacute;sident la Knesset de l'Etat d'Isra&euml;l, et de M.&#160;Ahmed Qurie, Pr&eacute;sident du Conseil l&eacute;gislatif palestinien, qui ont, &agrave; mon invitation, accept&eacute; de venir ensemble discuter de la situation extr&ecirc;mement pr&eacute;occupante du Proche-Orient. <i>Shalom</i>, Monsieur le Pr&eacute;sident&#160;; <i>Salam,</i> Monsieur le Pr&eacute;sident <i>(Mmes et MM.&#160;les d&eacute;put&eacute;s et les membres du Gouvernement se l&egrave;vent et applaudissent</i>. <i>Quand MM.&#160;Burg et Qurie &eacute;changent une poign&eacute;e de mains, les applaudissements redoublent).</i></font></p align="justify">        <blockquote><blockquote><blockquote><blockquote><p align="center"><a name="P58_4891"></a><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><font size="1"><a name="P58_4891"></a>QUESTIONS AU GOUVERNEMENT (suite)</font></b></p></blockquote></blockquote></blockquote></blockquote><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P59_4924"></a>DEVENIR INDUSTRIEL DE LA FRANCE</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Georges Sarre -</b> Monsieur le secr&eacute;taire d'Etat &agrave; l'industrie, je voudrais faire un l&eacute;ger retour en arri&egrave;re. Pendant vingt ans, les contribuables fran&ccedil;ais ont d&ucirc; financer, &agrave; la demande du CNPF d'alors, la sid&eacute;rurgie fran&ccedil;aise.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Avec la nationalisation de 1982, il fallut encore payer les dettes&#160;; heureusement, la nationalisation fut un succ&egrave;s&#160;: Usinor-Sacilor devient le premier groupe sid&eacute;rurgique europ&eacute;en. Vint le Gouvernement Balladur et la privatisation&#160;: retour en arri&egrave;re. Aujourd'hui, le groupe fusionne avec deux groupes sid&eacute;rurgiques europ&eacute;ens et veut d&eacute;localiser son si&egrave;ge social au Luxembourg - ceci est, pour le moins, choquant.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">En outre, cette fusion sert de paravent pour la r&eacute;organisation des activit&eacute;s&#160;: la direction d'Usinor a ainsi d&eacute;cid&eacute; la cession et la fermeture </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">de plusieurs sites&#160;: dans le Pas-de-Calais, 444 emplois supprim&eacute;s&#160;: dans l'Aisne, 350 emplois sont directement menac&eacute;s -&#160;la cession est cette fois impos&eacute;e par Bruxelles, sans repreneur &agrave; l'horizon. Dans des r&eacute;gions si frapp&eacute;es par le ch&ocirc;mage et les restructurations, ces d&eacute;cisions tombent comme un couperet.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Monsieur le ministre, quelle est la politique industrielle du Gouvernement face &agrave; la d&eacute;sindustrialisation de la France&#160;?</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Un d&eacute;put&eacute; RPR - </b>Il n'y en a pas&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Georges Sarre -</b> M.&#160;Lionel Jospin lan&ccedil;ait r&eacute;cemment un appel au &#171;&#160;particularisme d'entreprise&#160;&#187;&#160;: o&ugrave; est-il, en l'esp&egrave;ce&#160;? Que compte faire le Gouvernement pour ne pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; aux abonn&eacute;s absents&#160;?</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Pierret, <i>secr&eacute;taire d'Etat &agrave; l'industrie&#160;</i>-</b> C'est autour d'un groupe fran&ccedil;ais -&#160;Usinor&#160;- que le leader mondial de l'acier, Arcelor s'est constitu&eacute;&#160;: voil&agrave;, pour nous, un motif de fiert&eacute;. C'est un atout pour la recherche, le d&eacute;veloppement et l'investissement, pour la tradition fran&ccedil;aise de qualit&eacute; et de conqu&ecirc;te de march&eacute;s internationaux.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Cette fusion intervient dans un contexte plut&ocirc;t n&eacute;gatif pour la sid&eacute;rurgie internationale&#160;: les prix baissent, la surcapacit&eacute; de production est importante, des mesures protectionnistes de la part des Etats-Unis sont annonc&eacute;es, une client&egrave;le tr&egrave;s concentr&eacute;e, comme dans le secteur automobile, a en outre des exigences fortes.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le Gouvernement est extr&ecirc;mement ferme et exprime une exigence <i>(Exclamations sur les bancs du groupe du RPR, du groupe UDF et du groupe DL)</i> vis-&agrave;-vis de l'entreprise&#160;: puisqu'il s'agit d'un groupe leader mondial, il ne pourra &#171;&#160;laisser tomber&#160;&#187;, pardonnez-moi l'expression, les deux sites dont vous parlez. Il a une responsabilit&eacute; dans leur industrialisation, que le Gouvernement exige de voir se traduire dans les faits.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">En ce qui concerne le si&egrave;ge social&#160;: c'est la France qui aura un r&ocirc;le majeur dans la vie du groupe Arcelor, du fait de la composition de la direction, de l'actionnariat, du poids du savoir-faire et de la recherche-d&eacute;veloppement, des investissements r&eacute;alis&eacute;s dans notre pays. Le si&egrave;ge social choisi est un compromis, l'entreprise &eacute;tant &agrave; la fois belge, luxembourgeoise, espagnole et fran&ccedil;aise par ses implantations. Le site France, je vous rassure, est tr&egrave;s comp&eacute;titif et souvent choisi par les entreprises internationales du m&ecirc;me type.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Je songe aux exemples de Lafarge-Blue-Circle ou Orange-France T&eacute;l&eacute;com <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).</i></font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P71_8161"></a>SITUATION DES INFIRMI&Egrave;RES</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Sylvia Bassot -</b> Madame la ministre de l'emploi et de la solidarit&eacute;, comme l'a dit mon coll&egrave;gue de l'UDF, le probl&egrave;me pos&eacute; par les professions de sant&eacute; est dramatique. Votre r&eacute;ponse ne nous satisfait pas. Depuis cinq ans, qu'avez-vous fait&#160;?</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Plusieurs d&eacute;put&eacute;s UDF et DL - </b>Rien&#160;! Rien&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Sylvia Bassot - </b>Plus que jamais, apr&egrave;s ce qui s'est pass&eacute; hier, nous sommes tous solidaires des infirmi&egrave;res, nous avons tous ressenti douloureusement la violence qui leur a &eacute;t&eacute; oppos&eacute;e.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Vous &ecirc;tes en train de transformer notre s&eacute;curit&eacute; sociale en v&eacute;ritable ins&eacute;curit&eacute; sociale&#160;! <i>(Rires et exclamations sur les bancs du groupe socialiste)</i> Les professionnels de sant&eacute;, en effet, traversent une crise grave&#160;; les infirmi&egrave;res -&#160;dans les secteurs hospitalier, lib&eacute;ral ou scolaire&#160;- ne sont pas &eacute;pargn&eacute;es. Comment expliquer que les centres de soins, si importants en zone rurale, ne soient plus viables&#160;? Ils ferment les uns apr&egrave;s les autres&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La clarification des actes ne permet plus de payer un salaire </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">d&eacute;cent aux infirmi&egrave;res. Tout un r&eacute;seau social dispara&icirc;t. &Agrave; ce r&eacute;gime, il n'est pas &eacute;tonnant que la p&eacute;nurie d'infirmi&egrave;res devienne aussi alarmante que la p&eacute;nurie de m&eacute;decins, surtout au nord de la Loire.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Docteur Kouchner, Madame Guigou, quand cesserez-vous votre jeu de r&ocirc;les&#160;? <i>(Protestations sur les bancs du groupe socialiste) </i>Quand cesserez-vous de tergiverser&#160;? Qu'attendez-vous pour revaloriser les actes infirmiers et r&eacute;viser des quotas de soins totalement inadapt&eacute;s aux attentes de la population&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe DL, du groupe du RPR et du groupe UDF)</i> </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Pr&eacute;sident -</b> Je vous rappelle que Mme Guigou, comme M.&#160;Kouchner &agrave; qui je vais donner la parole, font partie du Gouvernement de la France <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste&#160;; hu&eacute;es sur les bancs du groupe DL, du groupe du RPR et du groupe UDF)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Un d&eacute;put&eacute; RPR&#160;-</b> C'est de la provocation&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Bernard Kouchner, <i>ministre d&eacute;l&eacute;gu&eacute; &agrave; la sant&eacute;</i>&#160;-</b> Sans sortir de mon r&ocirc;le, je peux vous dire que Mme Guigou et moi avons en commun d'&ecirc;tre au service de ce tr&egrave;s particulier th&eacute;&acirc;tre qu'est la sant&eacute; en France, qui ne va pas si mal que &ccedil;a <i>(Exclamations sur les bancs du groupe DL, du groupe du RPR et du groupe UDF).</i> Vous et moi d&eacute;non&ccedil;ons les m&ecirc;mes difficult&eacute;s, mais nous ne sommes pas d'accord sur les rem&egrave;des. Vous nous demandez ce que nous avons fait pour les g&eacute;n&eacute;ralistes et les infirmi&egrave;res. Je ne d&eacute;roulerai pas un catalogue qui pourrait &ecirc;tre d&eacute;plaisant pour certains <i>(Exclamations sur les bancs du groupe DL, du groupe du RPR et du groupe UDF)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">En amont, nous avons enti&egrave;rement revu la formation des g&eacute;n&eacute;ralistes, ce qui n'avait pas &eacute;t&eacute; fait depuis le d&eacute;but de l'internat. Celui-ci n'est plus r&eacute;serv&eacute; aux sp&eacute;cialistes, ce qui r&eacute;pondait &agrave; une revendication majeure des m&eacute;decins, et vous en verrez les r&eacute;sultats dans quelques ann&eacute;es <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>. En aval, nous avons, nous, augment&eacute; le nombre de m&eacute;decins en formation. Il s'&eacute;l&egrave;ve &agrave; 4&#160;700 cette ann&eacute;e avec, nous l'esp&eacute;rons, 1&#160;000 de plus bient&ocirc;t <i>(Interruptions sur les bancs du groupe du RPR, du groupe DL et du groupe UDF)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Sylvia Bassot -</b> Je vous ai parl&eacute; des infirmi&egrave;res&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Secr&eacute;taire d'Etat&#160;-</b> Le vacarme ne suffit pas&#160;! Il y a aujourd'hui en France 26&#160;436 infirmi&egrave;res en formation. C'est 12&#160;000 de plus que vous n'en aviez. Alors, un peu de pudeur&#160;! <i>(Rires et applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i></font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Merci d'avoir remarqu&eacute; que j'avais compris les revendications des g&eacute;n&eacute;ralistes, mais cela ne suffit pas&#160;: il faut leur apporter des r&eacute;ponses, et c'est ce qui aura lieu, je l'esp&egrave;re, ce soir. Mme Guigou et moi avons d&eacute;j&agrave; commenc&eacute; &agrave; travailler &agrave; l'apr&egrave;s-n&eacute;gociation. Demain, notre syst&egrave;me de sant&eacute;, qui est salu&eacute; partout, et notamment par les Europ&eacute;ens qui viennent se faire soigner en France, triomphera pour le bien de tous, y compris le v&ocirc;tre <i>(Rires et applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et du groupe RCV)</i>.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P85_12103"></a>AVENIR DU TEXTILE HABILLEMENT</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Monique Collange -</b> En tant que membre de la commission des affaires &eacute;trang&egrave;res, je voudrais d'abord saluer ce moment &eacute;mouvant qui vient de voir Palestine et Isra&euml;l main dans la main <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste, du groupe communiste et du groupe RCV)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La fili&egrave;re du textile habillement, qui emploie encore 200&#160;000 personnes en France, a d&eacute;j&agrave; beaucoup souffert et subit aujourd'hui le ralentissement international, la concurrence des pays &agrave; bas salaire et l'&eacute;mergence des pays asiatiques, alors que la Chine a int&eacute;gr&eacute; l'OMC. C'est un secteur innovant dont les m&eacute;tiers et les produits se renouvellent profond&eacute;ment, ce qui lui offre de formidables opportunit&eacute;s de d&eacute;veloppement. Les pouvoirs publics doivent l'accompagner &agrave; ce moment d&eacute;cisif. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">En Midi-Pyr&eacute;n&eacute;es, on compte encore 12&#160;000 salari&eacute;s dans cette fili&egrave;re. Dans le Tarn et l'Ari&egrave;ge, il s'agit de la premi&egrave;re activit&eacute; industrielle. Que compte faire le Gouvernement pour promouvoir l'innovation, soutenir l'exportation et d&eacute;fendre nos PMI contre la contrefa&ccedil;on&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i> </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Pierret, <i>secr&eacute;taire d'Etat &agrave; l'industrie&#160;</i>-</b> Le textile habillement est la deuxi&egrave;me industrie de France, en termes d'emplois offerts, pr&eacute;sente dans presque toutes les r&eacute;gions. C'est un secteur d'avenir sur lequel le Gouvernement fonde de grands espoirs et auquel il apporte son appui. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le groupe d'&eacute;tudes des probl&egrave;mes du textile et de l'habillement, anim&eacute; par le pr&eacute;sident Balduyck, a mis en lumi&egrave;re des mesures concr&egrave;tes&#160;: un renouvellement des formations et des comp&eacute;tences, la cr&eacute;ation d'un centre national &agrave; Roanne et bient&ocirc;t, au lendemain des moments &eacute;mouvants que nous avons v&eacute;cus avec Yves Saint-Laurent <i>(Exclamations sur les bancs du groupe RCV)</i>, d'une cit&eacute; de la cr&eacute;ation et de la mode &agrave; Paris, ainsi que la mise en place avec la profession, que je salue pour son dynamisme, d'un r&eacute;seau des industries du textile habillement qui associera les industriels, les centres de recherche et de formation, les PME et les grandes entreprises et les laboratoires de recherche priv&eacute;s et publics. Ce r&eacute;seau, qui aura un ancrage r&eacute;gional, permettra de soutenir les initiatives et de d&eacute;velopper les produits, les services et les proc&eacute;d&eacute;s du secteur. La r&eacute;gion Midi-Pyr&eacute;n&eacute;es y est associ&eacute;e en tant que p&ocirc;le d'excellence. Le textile a de l'avenir et le Gouvernement conduit une politique industrielle active pour le lui assurer <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P91_14614"></a>REVENDICATIONS DES PROFESSIONNELS DE LA SANT&Eacute;</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Alain Cousin -</b> Comme beaucoup, j'ai &eacute;t&eacute; indign&eacute; de constater que ce n'est que par la force que vous avez r&eacute;pondu aux infirmi&egrave;res. Aujourd'hui, ce sont les g&eacute;n&eacute;ralistes et de nombreux sp&eacute;cialistes qui ont ferm&eacute; leur cabinet. Depuis deux mois, ils n'ont en effet re&ccedil;u aucune r&eacute;ponse satisfaisante aux l&eacute;gitimes questions qu'ils vous posaient. Cela traduit le m&eacute;pris dans lequel vous tenez des professionnels qui passent jour et nuit au chevet des malades, ne comptant ni leur temps, ni leur d&eacute;vouement. Un foss&eacute; consid&eacute;rable semble se creuser entre ceux qui b&eacute;n&eacute;ficient des 35 heures et ceux qui travaillent 60 heures par semaine. Pourquoi vous obstinez-vous &agrave; ne pas entendre les travailleurs ind&eacute;pendants, commer&ccedil;ants, artisans et bien s&ucirc;r professions lib&eacute;rales&#160;? Vous donnez aux Fran&ccedil;ais le sentiment que les salari&eacute;s b&eacute;n&eacute;ficient d'un traitement particulier. Ne vous contentez pas de dire que ce n'est pas vrai, vous avez l'occasion de le d&eacute;montrer <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe du RPR)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Elisabeth Guigou, <i>ministre de l'emploi et de la solidarit&eacute;</i>&#160;-</b> Le Gouvernement a donn&eacute; aux professionnels de la sant&eacute; des moyens sans pr&eacute;c&eacute;dent, et sans faire aucune discrimination <i>(Protestations sur les bancs du groupe du RPR et du groupe UDF)</i>.<i> </i>Dans les h&ocirc;pitaux, 760&#160;000 personnes ont vu revaloriser leur carri&egrave;re et leur formation, ainsi que les infirmi&egrave;res des cliniques priv&eacute;es, qui gagnaient 20 &agrave; 30&#160;% de moins que leurs coll&egrave;gues du public. Pour les lib&eacute;raux, nous avons revaloris&eacute; les actes de la nomenclature, pour les infirmi&egrave;res en 1999 et pour les m&eacute;decins d&egrave;s 1998&#160;: nous avons augment&eacute; les tarifs des visites en urgence, des visites aux personnes &acirc;g&eacute;es d&eacute;pendantes, des visites de nuit et des actes de petite chirurgie effectu&eacute;s par les g&eacute;n&eacute;ralistes. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Bien s&ucirc;r, il faut encore faire davantage, et c'est l'objet des n&eacute;gociations actuelles. Mais on ne peut que constater un contraste flagrant entre aujourd'hui et l'&eacute;poque o&ugrave; vous exerciez les responsabilit&eacute;s <i>(Exclamations sur les bancs du groupe du RPR et du groupe UDF)</i>. En 1995, vous avez voulu passer &agrave; un syst&egrave;me coercitif avec des sanctions financi&egrave;res, qui a eu les r&eacute;sultats que vous savez. Depuis, nous avons profond&eacute;ment chang&eacute; les relations entre l'Etat et les professionnels, qui sont aujourd'hui fond&eacute;es sur la confiance et sur un contrat partag&eacute;. C'est ce que nous continuerons &agrave; faire <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste&#160;; hu&eacute;es sur les bancs du groupe du RPR et du groupe UDF)</i>.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P95_17136"></a>BLANCHIMENT D'ARGENT</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Pierre Brard -</b> Depuis 1997, des mesures tr&egrave;s utiles ont &eacute;t&eacute; adopt&eacute;es sur notre proposition contre la fraude fiscale. Des pratiques de blanchiment d'argent ont &eacute;t&eacute; mises en &eacute;vidence en Suisse, &agrave; Monaco, au Lichtenstein, au Royaume-Uni et au Luxembourg par les rapports de MM.&#160;Peillon et Montebourg. Il ne s'agit de rien moins que du recyclage de l'argent de la drogue, de la prostitution, des sectes et du vol. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Je ne peux donc que m'&eacute;tonner des paroles de compassion prononc&eacute;es par le ministre de l'&eacute;conomie et des finances &agrave; l'&eacute;gard du principal dirigeant d'un important &eacute;tablissement bancaire mis en examen. Cet &eacute;tablissement s'&eacute;tait interrog&eacute; sur les risques qu'il courait en violant les r&egrave;gles de la R&eacute;publique sur le blanchiment d'argent, et certains de ses responsables &eacute;taient all&eacute;s traiter ces affaires &agrave; l'&eacute;tranger. C'est sciemment qu'ils ont enfreint la l&eacute;gislation. J'ai vu de m&ecirc;me, en me rendant dans des paradis fiscaux...</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Un d&eacute;put&eacute; RPR&#160;-</b> Bravo&#160;! <i>(Sourires)</i></font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Pierre Brard -</b> ...pour travailler sur la fraude fiscale, que de nombreux &eacute;tablissements bancaires fran&ccedil;ais &eacute;taient pr&eacute;sents dans ces pays. </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">Notre pays doit se montrer exemplaire. Nous avons vot&eacute; la loi sur les nouvelles r&eacute;gulations &eacute;conomiques, qui contient des dispositions tendant &agrave; renforcer la lutte contre le blanchiment. Quand ses d&eacute;crets d'application seront-ils publi&eacute;s&#160;? Et comment faire pour que les &eacute;tablissements bancaires s'engagent dans cette lutte&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste et sur quelques bancs du groupe socialiste)</i> </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Florence Parly, <i>secr&eacute;taire d'Etat au budget&#160;</i>-</b> Vous venez d'&eacute;voquer le travail de MM.&#160;Peillon et Montebourg <i>(Interruptions sur les bancs du groupe du RPR, du groupe UDF et du groupe DL)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Je suis d'accord avec vous&#160;: avant de juger nos partenaires, nous devons &ecirc;tre s&ucirc;rs que la France lutte de mani&egrave;re efficace contre le blanchiment.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Vous avez soulign&eacute; l'engagement du Gouvernement dans ce domaine. Cette question a &eacute;t&eacute; une pr&eacute;occupation de la pr&eacute;sidence fran&ccedil;aise de l'Union europ&eacute;enne et nous avons jou&eacute; un r&ocirc;le actif dans la r&eacute;vision de la directive antiblanchiment. Au sein du G7, cet engagement est reconnu.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les d&eacute;crets d'application de la loi sur les nouvelles r&eacute;gulations &eacute;conomiques sont en cours de signature. Certains ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; sign&eacute;s. Ceux qui portent sur le blanchiment le seront tr&egrave;s prochainement.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">S'agissant des dirigeants du secteur bancaire mis en examen, le Gouvernement n'a pas l'habitude de commenter les proc&eacute;dures judiciaires en cours.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il faudra tirer toutes les cons&eacute;quences de cette affaire. Le cas &eacute;ch&eacute;ant, notre l&eacute;gislation sur les paiements internationaux par ch&egrave;que devra s'adapter. Une n&eacute;gociation est en cours avec la commission bancaire. Elle a pour objectif l'&eacute;tablissement d'un code de bonne conduite, qui ne n&eacute;cessitera pas d'ajustements l&eacute;gislatifs.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Je veux rappeler que le d&eacute;lit de blanchiment, comme tout d&eacute;lit, suppose une intention. On ne peut &ecirc;tre condamn&eacute; que pour avoir sciemment commis les faits incrimin&eacute;s. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La lutte contre le blanchiment requiert la coop&eacute;ration de tous. Les banques jouent un r&ocirc;le essentiel. Nous resterons vigilants <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P108_20330"></a>VALIDATION DES ACQUIS PROFESSIONNELS</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Jacques Denis -</b> Madame la secr&eacute;taire d'Etat aux droits des femmes et &agrave; la formation professionnelle, la validation des acquis de l'exp&eacute;rience est une nouvelle avanc&eacute;e qui s'ajoute aux importantes r&eacute;formes men&eacute;es depuis cinq ans.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il s'agit d'un progr&egrave;s social, puisque les int&eacute;ress&eacute;s pourront faire valider un parcours professionnel non reconnu auparavant. Dans ma circonscription, de nombreuses personnes souhaitent s'inscrire. O&ugrave; en est la pr&eacute;paration des d&eacute;crets et quand ceux-ci seront-ils publi&eacute;s&#160;? Quels moyens le Gouvernement consacrera-t-il &agrave; ce dispositif&#160;? Et comment les demandeurs seront-ils re&ccedil;us et orient&eacute;s&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i></font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Nicole P&eacute;ry, <i>secr&eacute;taire d'Etat aux droits des femmes et &agrave; la formation professionnelle&#160;</i>-</b> Je confirme que les demandes sont d&eacute;j&agrave; nombreuses.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La loi a &eacute;t&eacute; promulgu&eacute;e le 17&#160;janvier. Je n'oublie pas que je m'&eacute;tais engag&eacute;e, pendant son examen, &agrave; pr&eacute;parer les d&eacute;crets en amont. C'est bien ce qui a &eacute;t&eacute; fait. Les cinq d&eacute;crets sont pr&ecirc;ts et ils seront transmis au Conseil d'Etat la semaine prochaine.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">S'agissant des moyens, l'Assembl&eacute;e a vot&eacute; dans le budget pour 2002 un cr&eacute;dit de 4,5&#160;millions d'euros pour la constitution d'un r&eacute;seau de lieux d'accueil. Il a &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; de r&eacute;aliser un r&eacute;pertoire g&eacute;n&eacute;ral des certifications et de cr&eacute;er un site sp&eacute;cifique. L'ensemble des organismes de validation, dont l'&Eacute;ducation nationale, se pr&eacute;parent. Un responsable a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; dans chaque universit&eacute;. Un effort de promotion sera fait dans la presse r&eacute;gionale et des d&eacute;pliants seront disponibles dans les quatre mille lieux d'accueil. Je suis tr&egrave;s heureuse de cette avanc&eacute;e <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P114_22059"></a>R&Eacute;GIONALISATION DU TRANSPORT FERROVIAIRE</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Philippe Martin -</b> Monsieur le ministre des transports, de grandes incertitudes risquent de compromettre le processus de r&eacute;gionalisation des transports ferroviaires de voyageurs. Votre minist&egrave;re doit veiller au maintien des dessertes sur les grandes lignes, afin de garantir un service public de proximit&eacute; dont la disparition ferait supporter aux r&eacute;gions des charges suppl&eacute;mentaires. </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">La mise en service du TGV-Est ne doit pas se traduire par une diminution du trafic grandes lignes, ni par l'abandon de certaines dessertes. L'arriv&eacute;e du TGV-Est va imposer une profonde restructuration de l'offre en mati&egrave;re de transport express r&eacute;gional. De lourdes charges risquent d'&ecirc;tre transf&eacute;r&eacute;es aux r&eacute;gions, sur lesquelles va aussi peser le renouvellement du mat&eacute;riel v&eacute;tuste.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il faudrait aussi faire conna&icirc;tre vos d&eacute;cisions sur l'avenir des ateliers SNCF. Le personnel ne peut &ecirc;tre laiss&eacute; dans l'incertitude.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Puisque vous pouvez d&eacute;bloquer des sommes importantes pour calmer dans l'urgence certaines professions, quels moyens comptez-vous mettre &agrave; la disposition des r&eacute;gions&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe du RPR, du groupe UDF et du groupe DL)</i> </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Claude Gayssot, <i>ministre de l'&eacute;quipement, des transports et du logement&#160;</i>-</b> Vous avez raison, la d&eacute;centralisation du transport ferroviaire de voyageurs est en _uvre. Exp&eacute;riment&eacute;e, esp&eacute;r&eacute;e, souhait&eacute;e, elle se r&eacute;alise. Elle vient m&ecirc;me de franchir une nouvelle &eacute;tape, puisque cinq nouvelles r&eacute;gions sont entr&eacute;es ce matin au conseil d'administration de la SNCF. Moins de deux mois apr&egrave;s la publication des d&eacute;crets, dix r&eacute;gions sont d&eacute;j&agrave; concern&eacute;es. Leurs ex&eacute;cutifs sont en outre de sensibilit&eacute;s diff&eacute;rentes.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous avons proc&eacute;d&eacute; &agrave; une v&eacute;ritable d&eacute;centralisation&#160;: nous avons transf&eacute;r&eacute; des comp&eacute;tences et non des charges. La contribution de l'Etat a augment&eacute; de 30&#160;% en un an et de 70&#160;% par rapport &agrave; 1997&#160;: 1,5&#160;milliard d'euros est ainsi transf&eacute;r&eacute; aux r&eacute;gions.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Cette r&eacute;forme ne menace pas ce qui fait l'identit&eacute; de notre service public ferroviaire. Contrairement &agrave; ce qui s'est fait en Angleterre, il n'est pas question de le privatiser. Dans la r&eacute;gion Champagne-Ardenne, le mat&eacute;riel roulant est plus v&eacute;tuste qu'ailleurs. Aussi avons-nous relev&eacute; davantage les cr&eacute;dits de l'Etat &agrave; la r&eacute;gion. Quant aux incidences avec le TGV, la loi pr&eacute;voit des n&eacute;gociations entre la SNCF et la r&eacute;gion <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste et du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P121_24509"></a>SITUATION DE L'EMPLOI CHEZ LES JEUNES</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Marie-Fran&ccedil;oise Clergeau -</b> Madame la ministre de l'emploi, nous avons &eacute;t&eacute; surpris par les propos de l'opposition au sujet de l'acc&egrave;s des jeunes &agrave; l'emploi et de leur autonomie. Le Gouvernement a pourtant obtenu de bons r&eacute;sultats. Le ch&ocirc;mage des jeunes a &eacute;t&eacute; r&eacute;duit de moiti&eacute;&#160;! <i>(Protestations sur les bancs du groupe du RPR, du groupe UDF et du groupe DL)</i> Il &eacute;tait avant 1997 deux fois sup&eacute;rieur &agrave; la moyenne mondiale. Cette exception fran&ccedil;aise justifiait d'ailleurs qu'on parle de fracture sociale. Mais les gouvernements Balladur et Jupp&eacute; n'ont d'autre bilan en la mati&egrave;re, que la tentative d'instituer un sous-SMIC pour les jeunes, le fameux CIP, retir&eacute; suite &agrave; la mobilisation des int&eacute;ress&eacute;s.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Dans la continuit&eacute; de l'action engag&eacute;e par Martine Aubry, le Gouvernement a ouvert un vaste chantier pour aider les jeunes &agrave; entrer sur le march&eacute; du travail. Beaucoup a &eacute;t&eacute; fait&#160;: je pense &agrave; notre politique volontariste en faveur de la croissance, &agrave; la cr&eacute;ation des emplois-jeunes, au programme TRACE et &agrave; la r&eacute;cente cr&eacute;ation des bourses d'acc&egrave;s &agrave; l'emploi. Il faut continuer.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Quel est l'impact de ces mesures sur l'emploi et l'insertion des jeunes&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i> </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Elisabeth Guigou, <i>ministre de l'emploi et de la solidarit&eacute;</i>&#160;-</b> Le Premier ministre, en 1997, avait promis de prendre ce probl&egrave;me &agrave; bras le corps. Il a tenu parole <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous avons remis 210&#160;000 jeunes sur le march&eacute; du travail, alors qu'il y avait 600&#160;000 jeunes ch&ocirc;meurs en 1997. Entre ces deux chiffres, il y a une diff&eacute;rence radicale de m&eacute;thode&#160;: les pr&eacute;c&eacute;dents gouvernements n'avaient trouv&eacute; &agrave; offrir aux jeunes que le &#171;&#160;SMIC jeunes&#160;&#187; de sinistre m&eacute;moire. On sait la r&eacute;ponse qui leur a &eacute;t&eacute; apport&eacute;e. Au contraire ce gouvernement a pris des initiatives radicales en faveur de l'emploi des jeunes. Tout d'abord les 35&#160;heures, qui ont cr&eacute;&eacute; quelque 400&#160;000 emplois, ont aussi b&eacute;n&eacute;fici&eacute; aux jeunes. Ensuite le programme emplois-jeunes a profit&eacute; &agrave; 350&#160;000 d'entre eux, puisque je viens de signer avec le maire de Dijon le trois cent cinquante milli&egrave;me contrat. Les deux tiers des jeunes qui sont sortis des emplois-jeunes ont trouv&eacute; leur place sur le march&eacute; du travail. Les autres ont pass&eacute; avec succ&egrave;s des concours de la fonction publique. Vous le savez, dans notre programme de p&eacute;rennisation des emplois-jeunes, nous avons d&eacute;fini des concours de troisi&egrave;me voie dans la fonction publique nationale et locale, et, gr&acirc;ce &agrave; la validation des acquis, tous ces jeunes trouveront un d&eacute;bouch&eacute;. Et n'oublions pas le programme TRACE cr&eacute;&eacute; pour les jeunes les plus en difficult&eacute;. Nous avons d&eacute;cid&eacute; cette ann&eacute;e de doubler le nombre de ses b&eacute;n&eacute;ficiaires et de cr&eacute;er des bourses d'acc&egrave;s &agrave; l'emploi pour leur assurer une r&eacute;mun&eacute;ration.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Par ailleurs, je me rendrai vendredi &agrave; Dijon o&ugrave; se r&eacute;unissent les missions locales, dont le r&ocirc;le est fondamental. Depuis 1997, j'ai plaisir &agrave; le souligner, nous avons multipli&eacute; leurs moyens, et nous avons cr&eacute;&eacute; pour elles 410 postes cette ann&eacute;e. Car nous ne nous contentons pas de mettre en place des mesures&#160;: nous nous soucions aussi, trois ans apr&egrave;s, de leur &eacute;valuation. Et nous n'entendons pas nous arr&ecirc;ter l&agrave;&#160;: nous avons en projet un contrat d'autonomie jeunes, car, au-del&agrave; de ce que nous avons fait pour leur emploi, nous pensons que les jeunes ont droit &agrave; l'autonomie et aux moyens de celle-ci <i>(Applaudissements bancs du groupe socialiste et quelques bancs du groupe communiste).</i></font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P128_28003"></a>SITUATION DES FINANCES PUBLIQUES</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Yves Deniaud </b>- Ma question s'adressait &agrave; M.&#160;le ministre des finances&#160;: en son absence je la pose &agrave; Mme Parly. Jusqu'au dernier jour de la discussion budg&eacute;taire, vous avez affirm&eacute; comme certaine une pr&eacute;vision de croissance de 2,5&#160;% pour 2002. Aujourd'hui rien ne va plus et le discours change brutalement&#160;: vous annoncez une importante r&eacute;vision &agrave; la baisse, que vous ferez conna&icirc;tre le 4 f&eacute;vrier. Vous avez&#160;en effet r&eacute;uni la commission des comptes de la nation un mois plus t&ocirc;t qu'&agrave; l'habitude, ce qui est suspect pour ce qui est de la fiabilit&eacute; des r&eacute;sultats. Durant tout l'automne vous avez ni&eacute; l'&eacute;vidente faiblesse de la croissance fran&ccedil;aise, et b&acirc;ti un budget bidon sur des pr&eacute;visions fantaisistes. Le d&eacute;ficit pr&eacute;vu pour 2002 va exploser, comme par ailleurs le ch&ocirc;mage. Tout cela parce que vous n'avez pas &eacute;t&eacute; sinc&egrave;res. Vous avez une chance de vous rattraper&#160;: allez-vous enfin dire la v&eacute;rit&eacute; aux Fran&ccedil;ais sur l'&eacute;tat r&eacute;el de notre &eacute;conomie&#160;? Pouvons-nous &ecirc;tre assur&eacute;s, lors du grand d&eacute;bat d&eacute;mocratique du printemps, de dialoguer sur des bases statistiques certaines, comme dans tous les autres grands pays&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe du RPR)</i> </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Florence Parly, <i>secr&eacute;taire d'Etat au budget</i>&#160;-</b> Je m'avoue un peu &eacute;tonn&eacute;e. Si vous aviez pass&eacute; plus de temps avec nous lors de la discussion budg&eacute;taire, vous auriez pu m'entendre, tout comme le ministre des finances, expliquer pourquoi nous avons maintenu une pr&eacute;vision de croissance &agrave; 2,5&#160;%, avec une hypoth&egrave;se basse &agrave; 2,25&#160;%, et comment nous allions nous efforcer de mettre en place, non pas une hypoth&egrave;se, mais un objectif pour 2002&#160;: avoir la meilleure croissance possible <i>(Exclamations sur les bancs du groupe du RPR, du groupe UDF et du groupe DL).</i> Pour cette raison, nous avons annonc&eacute; le 16 octobre un plan de consolidation de la croissance, avec notamment le doublement de la prime pour l'emploi <i>(M&ecirc;mes mouvements&#160;; applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).</i> Celle-ci a contribu&eacute; &agrave; consolider la consommation des m&eacute;nages, et c'est pourquoi la France a connu en 2001 une meilleure croissance que tous les autres pays europ&eacute;ens (<i>Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste). </i>Les derniers chiffres de l'INSEE font appara&icirc;tre pour d&eacute;cembre une progression de 0,3&#160;% sur les biens de consommation, alors que cet institut pr&eacute;voyait une baisse de 0,3&#160;%. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Vous demandez quand le Gouvernement dira la v&eacute;rit&eacute;. Mais pr&eacute;cis&eacute;ment ce gouvernement dit la v&eacute;rit&eacute; sur la situation des finances publiques. Pour 2001, nous avons annonc&eacute; d&egrave;s le printemps que la croissance ne serait pas de 3,3&#160;%, et d&egrave;s juillet qu'il y aurait des moins-values de recettes fiscales. En mati&egrave;re de transparence, je ne crois donc pas que nous ayons beaucoup de le&ccedil;ons &agrave; recevoir. En revanche, si vous critiquez beaucoup, vous proposez peu <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).</i> </font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P132_30882"></a>ABATTAGE S&Eacute;LECTIF DES BOVINS</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Michel Vergnier -</b> Monsieur le ministre de l'agriculture, la commission d'enqu&ecirc;te parlementaire sur l'ESB, dont je fus le rapporteur, avait inclus dans ses recommandations l'abattage syst&eacute;matique des troupeaux, mais tous ses membres ont souhait&eacute; que cette mesure puisse &ecirc;tre revue et qu'on puisse s'orienter vers un abattage s&eacute;lectif. Les mesures mises en _uvre depuis, notamment les tests syst&eacute;matiques, nous paraissent&#160;en effet apporter une s&eacute;curit&eacute; suffisante. Nous &eacute;tions donc favorables &agrave; un abattage s&eacute;lectif, tout en mesurant les difficult&eacute;s li&eacute;es &agrave; une telle d&eacute;cision, que vous avez fait pr&eacute;c&eacute;der, comme c'est votre habitude, d'une large concertation. L'AFSSA a rendu son avis, et le Conseil national de l'alimentation s'est exprim&eacute;. Quelle est aujourd'hui la position du Gouvernement&#160;?</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous demandons d'autre part qu'une solution soit trouv&eacute;e pour les b&ecirc;tes accident&eacute;es&#160;: ici encore nous ne souhaitons pas qu'elles soient syst&eacute;matiquement abattues, mais qu'une forme de commercialisation puisse &ecirc;tre trouv&eacute;e, avec bien s&ucirc;r un avis v&eacute;t&eacute;rinaire autoris&eacute;, ou que ces b&ecirc;tes soient indemnis&eacute;es comme celles concern&eacute;es par l'ESB. Quelle est la position du Gouvernement&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i></font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --><font face="Times New Roman">M.&#160;Jean Glavany, <i>ministre de l'agriculture et de la p&ecirc;che&#160;</i>-</font></b><font face="Times New Roman"> Il y a quelques ann&eacute;es les scientifiques ont en effet recommand&eacute; l'abattage syst&eacute;matique du troupeau pour chaque cas d'ESB. Depuis nous avons progress&eacute; dans la connaissance, et constat&eacute; que dans ces troupeaux les cas d'ESB &eacute;taient peu nombreux. Nous avons interrog&eacute; les scientifiques sur la possibilit&eacute; de mesures moins traumatisantes pour les &eacute;leveurs. Le Gouvernement a toujours dit qu'il &eacute;tait pr&ecirc;t &agrave; agir ainsi, mais uniquement quand il disposerait d'un avis explicite des scientifiques en ce sens. Nous l'avons depuis quelques jours, puisque l'AFSSA pr&eacute;conise un abattage s&eacute;lectif en &eacute;pargnant les b&ecirc;tes n&eacute;es apr&egrave;s le 1<sup>er</sup>&#160;janvier 2002. Cela peut para&icirc;tre r&eacute;cent et peu s&eacute;lectif, mais il fallait int&eacute;grer dans le dispositif les mesures prises en 2001. En outre cette mesure &eacute;pargnera un nombre de b&ecirc;tes croissant &agrave; mesure que le temps passera. Ce qui signifie que la ma&icirc;trise de la situation nous permet d'entrer dans un sc&eacute;nario de sortie de crise. Nous avons consult&eacute; hier le Conseil national de l'alimentation, et d&egrave;s que nous aurons son avis nous entrerons en consultation interminist&eacute;rielle pour parvenir &agrave; une d&eacute;cision.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Quant aux animaux accident&eacute;s, nous allons aussi all&eacute;ger le dispositif.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">L'AFSSA estime que, compte tenu des tests, les animaux &acirc;g&eacute;s de moins de deux ans pr&eacute;sentent un risque quasiment nul. Elle a donc propos&eacute; qu'ils ne soient pas abattus. Un arr&ecirc;t&eacute; en ce sens est en cours de r&eacute;daction. Ainsi tous les efforts des &eacute;leveurs, des pouvoirs publics et des services v&eacute;t&eacute;rinaires font que nous allons pouvoir, avec le feu vert des scientifiques, engager un sc&eacute;nario de sortie de crise <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et du groupe RCV)</i>.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P138_33877"></a>AIDE JURIDICTIONNELLE</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Bernard Birsinger -</b> En d&eacute;cembre 2000, Madame la Garde des Sceaux, les avocats avaient fait gr&egrave;ve pour la r&eacute;forme de l'aide juridictionnelle et l'acc&egrave;s de tous &agrave; la justice. Le barreau de mon d&eacute;partement &eacute;tait en pointe dans ce mouvement. C'est qu'en Seine-Saint-Denis 55&#160;% des affaires trait&eacute;es par le barreau le sont dans ce cadre, et ce taux atteint 80&#160;% dans certains cabinets qui sont au bord du d&eacute;p&ocirc;t de bilan. Comment parler de justice pour tous si l'on n'est bien d&eacute;fendu que lorsqu'on a de l'argent&#160;? C'est une question d&eacute;mocratique essentielle. Comment parler de s&eacute;curit&eacute; quotidienne quand certains n'ont pas les moyens de faire valoir leurs droits&#160;? Depuis le mouvement de d&eacute;cembre 2000, les bar&ecirc;mes de l'aide juridictionnelle ont &eacute;t&eacute; relev&eacute;s, de sorte que 40&#160;% des familles y ont acc&egrave;s au lieu de 27&#160;%. </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">Les avocats sont &agrave; nouveau en mouvement parce que les engagements pris n'ont pas &eacute;t&eacute; tenus, &agrave; savoir un arr&ecirc;t&eacute; fixant le nouveau bar&egrave;me de leurs r&eacute;mun&eacute;rations, et le d&eacute;p&ocirc;t d'un projet de loi r&eacute;formant l'aide juridictionnelle. Comptez-vous tenir ces engagements avant la fin de la pr&eacute;sente session&#160;? <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste)</i></font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Marylise Lebranchu, <i>garde des sceaux, ministre de la justice&#160;</i>-</b> Il est vrai que le mouvement des avocats a &eacute;t&eacute; largement suivi, et qu'il l'est &agrave; nouveau. Et il est logique que votre groupe, comme l'ensemble de la majorit&eacute;, soit attentif &agrave; notre action en faveur de l'acc&egrave;s de tous au droit et &agrave; la justice&#160;; je salue M.&#160;Brunhes, rapporteur de la loi qui a ouvert la voie dans ce domaine. Un projet de loi a &eacute;t&eacute; &eacute;labor&eacute; &agrave; la suite d'un rapport de M.&#160;Bouchet, pr&eacute;sident d'ATD-Quart Monde. Un d&eacute;cret d&eacute;terminera ensuite les cl&eacute;s de r&eacute;mun&eacute;ration des avocats. Je comprends l'impatience de ces derniers&#160;; ils demandent que le d&eacute;cret soit n&eacute;goci&eacute; avant la loi, ce qui n'est pas habituel. Mais ce que nous pouvons d&eacute;j&agrave; leur dire, c'est que nous prendrons en compte exactement la situation que vous avez d&eacute;crite. Nous avons d&eacute;bloqu&eacute; quelque 60 millions d'euros en deux ans. Or nous nous rendons compte aujourd'hui que dans votre barreau, o&ugrave; 50&#160;% &agrave; 80&#160;% des affaires sont trait&eacute;es par l'aide juridictionnelle, les avocats ont beaucoup de difficult&eacute; &agrave; amortir leurs charges, alors que la situation est bien diff&eacute;rente dans les barreaux o&ugrave; 3&#160;% et 4&#160;% des affaires seulement rel&egrave;vent de l'aide juridictionnelle. Les avocats devraient prendre avec nous le temps de se dire qu'entre eux aussi l'&eacute;galit&eacute; et la justice devraient pr&eacute;valoir. Pour bien soutenir les populations en difficult&eacute;, les avocats doivent &ecirc;tre bien r&eacute;mun&eacute;r&eacute;s, mais en tenant compte aussi de la sociologie des d&eacute;partements. C'est ce que je leur propose, dans une n&eacute;gociation difficile mais ouverte. L'acc&egrave;s au droit et &agrave; la justice vaut aussi pour les barreaux et les avocats eux-m&ecirc;mes <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Pr&eacute;sident -</b> Nous avons termin&eacute; les questions au Gouvernement.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">La s&eacute;ance, suspendue &agrave; 16 heures, est reprise &agrave; 16 heures 15 sous la pr&eacute;sidence de Mme Lazerges. </font></u></p align="justify"><p align="center"><b><font>PR&Eacute;SIDENCE de Mme CHRISTINE LAZERGES</font></b></p><p align="center"><font size="1">vice-pr&eacute;sidente</font></p>            <blockquote><blockquote><blockquote><blockquote><blockquote><ul><p align="center"><a name="P145_36980"></a><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><font size="1"><a name="P145_36980"></a>SONDAGES D'OPINION</font></b></p></ul></blockquote></blockquote></blockquote></blockquote></blockquote><p align="justify"><font face="Times New Roman"><u>L'ordre du jour appelle</u> la discussion, apr&egrave;s d&eacute;claration d'urgence, du projet de loi modifiant la loi du 19 juillet 1977 relative &agrave; la publication et &agrave; la diffusion de certains sondages d'opinion. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Pr&eacute;sidente -</b> Le rapport de la commission des lois porte &eacute;galement sur la proposition de loi de M.&#160;Bernard Derosier et plusieurs de ses coll&egrave;gues relative aux conditions de publicit&eacute; des r&eacute;sultats de sondages de nature &eacute;lectorale. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Daniel Vaillant, <i>ministre de l'int&eacute;rieur&#160;-</i></b> L'article 11 de la loi du 19 juillet 1977 interdit la publication, la diffusion et le commentaire de tout sondage d'opinion ayant un rapport direct ou indirect avec une &eacute;lection ou un r&eacute;f&eacute;rendum pendant la semaine qui pr&eacute;c&egrave;de chaque tour de scrutin ainsi que pendant le d&eacute;roulement de celui-ci. Cette interdiction, assortie d'une sanction p&eacute;nale, est cependant de plus en plus fr&eacute;quemment d&eacute;tourn&eacute;e. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Tout d'abord, la loi de 1977 ne s'applique pas aux organes de presse situ&eacute;s hors du territoire national. Ceux-ci peuvent diffuser sur leurs sites Internet les r&eacute;sultats de sondages effectu&eacute;s dans la semaine pr&eacute;c&eacute;dant le scrutin. Ce fut le cas lors de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle de 1995, </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">o&ugrave; fut diffus&eacute; un sondage portant sur le second tour du scrutin. Lors des l&eacute;gislatives de 1997, certains m&eacute;dias indiqu&egrave;rent m&ecirc;me &agrave; leurs lecteurs les adresses de sites Internet &eacute;trangers livrant les r&eacute;sultats de ces sondages.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">&Agrave; ces situations de fait s'est ajout&eacute;e une difficult&eacute; juridique. Saisis de recours fond&eacute;s sur l'incompatibilit&eacute; de l'article 11 de la loi du 19 juillet 1977 et de l'article 10 de la convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme et des libert&eacute;s fondamentales - qui consacre le droit de toute personne &agrave; la libert&eacute; d'expression, celui-ci incluant la libert&eacute; de recevoir et de communiquer des informations ou des id&eacute;es -, le Conseil d'Etat en 1995 et 1999 et la Cour de cassation en 1996 avaient jusqu'alors d&eacute;bout&eacute; les requ&eacute;rants.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Un r&eacute;cent revirement de jurisprudence de la Cour de cassation est toutefois intervenu. Par un arr&ecirc;t rendu le 4 septembre 2001, celle-ci a en effet jug&eacute; qu'&#171;&#160;en interdisant la publication, la diffusion et le commentaire, par quelque moyen que ce soit, de tout sondage d'opinion en relation avec l'une des consultations vis&eacute;es par l'article premier de la loi du 19 juillet 1977, les textes fondant la poursuite instaurent une restriction &agrave; la libert&eacute; de recevoir et de communiquer des informations qui n'est pas n&eacute;cessaire &agrave; la protection des int&eacute;r&ecirc;ts l&eacute;gitimes &eacute;num&eacute;r&eacute;s par l'article 10-2 de la convention&#160;&#187;. Il en r&eacute;sulte que la m&eacute;connaissance des dispositions de l'article 11 de la loi du 19 juillet 1977 ne peut plus, aujourd'hui, faire l'objet d'une sanction p&eacute;nale, quel que soit le moment de la diffusion du sondage.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le Conseil sup&eacute;rieur de l'audiovisuel a, pour sa part, fait observer dans sa recommandation du 23 octobre 2001, que la diffusion de sondages interdits pourrait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e par le Conseil constitutionnel comme de nature &agrave; alt&eacute;rer la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin et avoir donc d'importantes cons&eacute;quences &eacute;lectorales. Le juge de l'&eacute;lection est en effet naturellement attentif &agrave; tout ce qui peut affecter le comportement des &eacute;lecteurs et la diffusion de sondages pendant la p&eacute;riode d'interdiction pourrait, en cas de faible &eacute;cart de voix notamment, valablement motiver l'annulation d'un scrutin.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le pr&eacute;sent projet de loi substitue &agrave; l'interdiction d'une dur&eacute;e d'une semaine pr&eacute;vue par l'article 11 de la loi du 19 juillet 1977, une interdiction qui ne commencera &agrave; courir qu'&agrave; compter de la veille du scrutin, soit le vendredi &agrave; minuit. Cette interdiction s'appliquera &eacute;galement aux sondages ayant d&eacute;j&agrave; fait l'objet d'une publication, d'une diffusion ou d'un commentaire avant la veille de chaque tour de scrutin.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Cette r&eacute;duction &agrave; deux jours de l'interdiction conjugue les deux exigences fondamentales de la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin et de la libert&eacute; d'expression en ob&eacute;issant, mieux que pr&eacute;c&eacute;demment, au principe de proportionnalit&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Par ailleurs, la date limite de l'autorisation de publication des sondages ainsi retenue correspond &agrave; la cl&ocirc;ture de la campagne audiovisuelle. En effet, l'article L.&#160;49 du code &eacute;lectoral interdit &#171;&#160;&agrave; partir de la veille du scrutin &agrave; z&eacute;ro heure, de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen audiovisuel tout message ayant le caract&egrave;re de propagande &eacute;lectorale&#160;&#187;. Cette date correspond &eacute;galement &agrave; la fin de la campagne de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle. Il serait paradoxal, si toute interdiction disparaissait, qu'en publiant et en commentant des sondages, les m&eacute;dias puissent poursuivre le d&eacute;bat &eacute;lectoral alors m&ecirc;me que les candidats seraient priv&eacute;s de tout droit de r&eacute;ponse.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Pour des raisons &eacute;videntes, notamment pratiques, la diffusion des publications parues ou des donn&eacute;es mises en ligne avant le vendredi &agrave; minuit pourra continuer. L'objet de la loi n'est en effet ni de contraindre les gestionnaires de sites Internet &agrave; supprimer de leurs archives accessibles au public des informations relatives &agrave; des sondages, ni de faire cesser la mise en vente des publications, hebdomadaires par exemple, parues les jours pr&eacute;c&eacute;dents.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Enfin, la notice que l'organisme sondeur doit adresser &agrave; la commission des sondages devra d&eacute;sormais lui &ecirc;tre transmise avant publication ou diffusion, alors que jusqu'&agrave; pr&eacute;sent, il suffisait qu'elle le soit &agrave; l'occasion de celles-ci. En effet, en l'absence de toute condition de d&eacute;lai pos&eacute;e par la loi, les instituts de sondage ont naturellement tendance &agrave; d&eacute;poser cette notice apr&egrave;s la publication. Cette pratique, qui ne facilitait pas l'intervention &eacute;ventuelle de la commission pour faire publier en temps utile une mise au point ou une rectification, l'emp&ecirc;cherait totalement dans les 48 heures pr&eacute;c&eacute;dant le scrutin.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">En d&eacute;posant ce projet, le Gouvernement n'ignore pas les travaux parlementaires qui l'ont pr&eacute;c&eacute;d&eacute;. Plusieurs propositions de loi ont &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;es, certaines m&ecirc;me adopt&eacute;es en premi&egrave;re lecture dans chacune des deux chambres. Elles visaient souvent le m&ecirc;me objectif, en des termes diff&eacute;rents. Je pense notamment &agrave; la proposition de votre rapporteur, Bernard Derosier. Tous ces travaux ont nourri notre r&eacute;flexion.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Ce projet de loi, s'il diff&egrave;re de ces propositions, a pour seule ambition de r&eacute;soudre dans un consensus que j'esp&egrave;re le plus large possible et des d&eacute;lais compatibles avec la proximit&eacute; des &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales, un probl&egrave;me dont tout le monde convient et qui rend indispensable l'intervention urgente du l&eacute;gislateur <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --><font face="Times New Roman">M.&#160;Bernard Derosier, <i>rapporteur de la commission des lois</i> -</font></b><font face="Times New Roman"> Par ce texte, le Gouvernement nous propose de mettre en conformit&eacute; le droit et la r&eacute;alit&eacute;. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Qui douterait de l'importance des sondages dans notre soci&eacute;t&eacute;&#160;? Qu'il s'agisse de la qualit&eacute; d'un produit, d'un fait de soci&eacute;t&eacute;, de la n&eacute;cessit&eacute; ou non d'un &eacute;quipement collectif, l'opinion comme les d&eacute;cideurs souhaitent &ecirc;tre confort&eacute;s par un sondage. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les sondages &eacute;lectoraux sont bien s&ucirc;r ceux qui retiennent le plus l'attention du monde politique et des m&eacute;dias. Personne n'en nie la valeur indicative... sauf peut-&ecirc;tre lorsqu'ils ne sont pas favorables. Ils permettent les commentaires des sp&eacute;cialistes - ou pr&eacute;tendus tels - au point qu'on se demande parfois s'il est vraiment n&eacute;cessaire que le vote ait lieu tant les conclusions p&eacute;remptoires de certains arrivent &agrave; convaincre certains de nos concitoyens que les r&eacute;sultats sont acquis. Il nous faut donc trouver le point d'&eacute;quilibre entre la n&eacute;cessaire libert&eacute; d'information et l'exercice de la d&eacute;mocratie. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La loi du 19 juillet 1977 a eu le m&eacute;rite d'instaurer un r&eacute;gime d'ensemble en ce domaine. La commission des sondages a ainsi v&eacute;rifi&eacute; si les m&eacute;thodes utilis&eacute;es par les instituts &eacute;taient rigoureuses et objectives, propres &agrave; aider, dans la s&eacute;r&eacute;nit&eacute;,&#160;les &eacute;lecteurs &agrave; se d&eacute;terminer.&#160;En cas de manquements aux r&egrave;gles de d&eacute;ontologie, elle </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">avait le pouvoir de faire publier des mises au point dans les m&eacute;dias. Des sanctions p&eacute;nales pouvaient &eacute;galement &ecirc;tre mises en _uvre.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Cependant, l'&eacute;volution des technologies de l'information a rendu n&eacute;cessaire une modification de la l&eacute;gislation. La diffusion de sondages sur Internet dans la derni&egrave;re semaine pr&eacute;c&eacute;dant les &eacute;lections a marqu&eacute; les esprits lors de la derni&egrave;re &eacute;lection pr&eacute;sidentielle. Elle a fait appara&icirc;tre une in&eacute;galit&eacute; entre les &eacute;lecteurs dans la connaissance de l'information et a port&eacute; atteinte &agrave; la sinc&eacute;rit&eacute; des &eacute;lections.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">C'est d'ailleurs cette derni&egrave;re analyse qui a &eacute;t&eacute; retenue par la Cour de cassation dans sa d&eacute;cision du 4&#160;septembre 2001. La Cour de cassation a ainsi pris le contre-pied de la position encore aujourd'hui d&eacute;fendue par le Conseil d'Etat qui faisait pr&eacute;valoir strictement les dispositions de la loi de 1977, au risque de conduire &agrave; une annulation de certaines &eacute;lections lorsqu'un sondage a &eacute;t&eacute; diffus&eacute; au cours de la derni&egrave;re semaine pr&eacute;c&eacute;dant les &eacute;lections. Ces positions antinomiques ne doivent pas perdurer&#160;; le l&eacute;gislateur est ainsi appel&eacute; &agrave; intervenir. Le S&eacute;nat, en proposant d'introduire un nouveau dispositif dans le projet de loi &#171;&#160;D&eacute;mocratie de proximit&eacute;&#160;&#187; n'a pas justifi&eacute; autrement cette adaptation.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Cependant, la diffusion des sondages pose d'autres probl&egrave;mes, plus fondamentaux.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Quel est le r&ocirc;le des sondages dans le fonctionnement de la d&eacute;mocratie, dans l'information juste et objective de nos concitoyens&#160;?</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La Cour de cassation s'est fond&eacute;e, pour repousser les poursuites intent&eacute;es contre un quotidien national, sur l'article&#160;10 de la convention europ&eacute;enne de sauvegarde des droits de l'homme qui garantit la libert&eacute; d'opinion et la libert&eacute; de recevoir et de communiquer des informations ou des id&eacute;es.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La d&eacute;mocratie repose sur la transparence. Or, de nombreux sondages sont r&eacute;alis&eacute;s dans la derni&egrave;re semaine pr&eacute;c&eacute;dant un scrutin consid&eacute;r&eacute;. Ils circulent, et contribuent &agrave; favoriser certains au d&eacute;triment du plus grand nombre. N'&eacute;tant pas publics, ils autorisent toutes les interpr&eacute;tations et alimentent tous les d&eacute;bordements. Pour &eacute;viter qu'il en aille ainsi, il faut rendre aux m&eacute;dias &eacute;crits et audiovisuels la pl&eacute;nitude de leur droit d'informer</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La question de savoir si le sondage influence le citoyen n'est donc pas la bonne. Il faut d&eacute;tecter, tr&egrave;s en amont, le r&ocirc;le qu'ils jouent sur les responsables politiques, faiseurs et suiveurs d'opinion. Les comp&eacute;tences bien d&eacute;finies et les missions importantes de la commission des sondages sont autant de garanties qui permettent cette ouverture.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Mais les sondages ne font pas l'&eacute;lection. Que le r&eacute;sultat des votes populaires nous plaise ou nous d&eacute;plaise, la confrontation finale avec la d&eacute;cision des citoyens est le seul exercice de sant&eacute; d&eacute;mocratique qui vaille. C'est ce dernier aspect que le projet de loi qui vous est pr&eacute;sent&eacute; tend &agrave; faciliter, en repoussant la date d'interdiction de publication des sondages et en am&eacute;liorant les conditions d'intervention de la commission des sondages.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Quelques amendements seront propos&eacute;s, inspir&eacute;s par les travaux du S&eacute;nat et par la proposition de loi dont je suis l'auteur. Ils ont un objectif essentiel&#160;: renforcer la transparence et donc prot&eacute;ger davantage la d&eacute;mocratie.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La commission des lois a adopt&eacute; le projet du Gouvernement &agrave; l'unanimit&eacute;. C'est ce que je vous invite &agrave; faire <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --><font face="Times New Roman">M.&#160;Maxime Gremetz -</font></b><font face="Times New Roman"> Nous sommes amen&eacute;s &agrave; modifier la loi du 19&#160;juillet 1977 aux termes de laquelle &#171;&#160;pendant toute la semaine qui pr&eacute;c&egrave;de chaque tour de scrutin ainsi que pendant son d&eacute;roulement sont interdits par quelque moyen que ce soit la publication, la diffusion et le commentaire de tout sondage&#160;&#187;. Le pr&eacute;sent projet de loi repousse cette interdiction au vendredi minuit, veille du scrutin.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La situation &eacute;tait en effet devenu ubuesque et la r&eacute;glementation quelque peu hypocrite puisque l'av&egrave;nement des nouvelles technologies de communication avait multipli&eacute; les moyens de la tourner. Une modification s'imposait donc.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Avant de se pencher &agrave; nouveau sur l'opportunit&eacute; du maintien d'un tel d&eacute;lai - ou de sa suppression -, je rappelle que la loi de 1977 avait &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute;e par les d&eacute;put&eacute;s communistes comme une loi de circonstance. Auparavant, les sondages pouvaient &ecirc;tre publi&eacute;s jusqu'au samedi soir minuit. En 1977, les d&eacute;put&eacute;s communistes avaient exprim&eacute; leur attachement &agrave; toutes les libert&eacute;s et s'&eacute;taient oppos&eacute;s &agrave; &#171;&#160;toute mesure d'interdiction constituant une entrave &agrave; la libert&eacute; d'expression et au droit &agrave; l'information&#160;&#187;. Nous maintenons cette appr&eacute;ciation.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les sondages participent &agrave; l'information des &eacute;lecteurs, au m&ecirc;me titre que les autres sources d'information. Ils ont un impact sur l'&eacute;lecteur dont on peut penser qu'il va les utiliser et non &ecirc;tre utilis&eacute; par eux si l'on reconna&icirc;t sa maturit&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les ann&eacute;es ayant pass&eacute;, nous b&eacute;n&eacute;ficions d'un certain recul pour appr&eacute;cier l'utilisation des sondages et leurs effets. Pensons notamment aux derni&egrave;res &eacute;lections municipales... Nous sentons tous que la mani&egrave;re dont les questions sont formul&eacute;es, appelle, par exemple, une rigueur d&eacute;ontologique. Il importe que les instituts de sondages respectent les r&egrave;gles qui s'imposent qu'il s'agisse de la publication des informations ayant trait au nom du commanditaire, la m&eacute;thode de constitution des panels, des conditions dans lesquelles sont pos&eacute;es les questions ainsi que de leur diffusion dans leur int&eacute;gralit&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Je rappelle toutefois que la commission des sondages a soulign&eacute; combien elle est plac&eacute;e dans une situation difficile faute de moyens suffisants.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Par ailleurs, les sondages ont &eacute;t&eacute; d&eacute;sacralis&eacute;s aupr&egrave;s d'un public conscient de leur utilisation parfois intempestive&#160;: ils n'ont pas de valeur absolue, le risque d'erreur existe. La commission des sondages reconna&icirc;t l'existence d'une marge d'erreur pouvant atteindre 3 &agrave; 4&#160;%.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Pour nous, au-del&agrave; des sondages, la question importante est celle de la d&eacute;mocratie, de la pratique du pluralisme, des conditions dans lesquelles l'&eacute;galit&eacute; de traitement entre les diff&eacute;rents partis politiques est assur&eacute;e.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les sondages participent &agrave; la vie d&eacute;mocratique&#160;; ils doivent continuer &agrave; remplir leur r&ocirc;le de photographie de l'opinion &agrave; un moment donn&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il ne s'agit donc pas de les diaboliser, mais bien plut&ocirc;t de veiller au bon usage que l'on en fait. Il ne faut pas faire dire aux sondages plus qu'ils n'en disent&#160;; l'interpr&eacute;tation que l'on en donne, en revanche, pose probl&egrave;me&#160;: un point gagn&eacute; ne signifie pas une hausse de popularit&eacute;, mais si la m&ecirc;me personne gagne un point chaque mois pendant une longue p&eacute;riode, la courbe ainsi form&eacute;e devient alors significative.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les sondages appara&icirc;tront d'autant moins comme un moyen de manipulation que les autres supports d'information gagneront en pluralisme - je veux &eacute;voquer ici les passages dans les m&eacute;dias en dehors des temps r&eacute;glementaires &eacute;dict&eacute;s pendant la campagne officielle.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Au demeurant, si ce n'est pas le sondage en soi qui influence l'&eacute;lecteur, une r&eacute;glementation demeure n&eacute;cessaire afin de respecter son libre choix, principalement le jour du scrutin.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Aujourd'hui, &eacute;voquer l'influence des sondages pour reculer la date &agrave; partir de laquelle ils sont interdits, c'est reconna&icirc;tre leur utilit&eacute; pour l'&eacute;lecteur qui souhaiterait &eacute;mettre un vote strat&eacute;gique. Nous ne voyons pas d'objection &agrave; ce que l'on retienne comme date la fin de la campagne &eacute;lectorale officielle, qui se cl&ocirc;t le vendredi &agrave; minuit. Toutefois, le Conseil d'Etat a point&eacute; les difficult&eacute;s d'application de ce texte&#160;: hebdomadaires publi&eacute;s en milieu de semaine encore en vente le week-end, sites Internet conservant l'affichage jusqu'au jour du scrutin, discrimination en province entre quotidiens du soir et du matin.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">N'y-a-t-il pas l&agrave; un risque de discrimination d'autant que la campagne officielle une fois termin&eacute;e, les candidats n'ont plus le droit de r&eacute;pondre&#160;? La r&eacute;duction de la dur&eacute;e de l'interdiction peut-elle d'ailleurs suffire &agrave; rendre le texte compatible avec la convention europ&eacute;enne&#160;? N'y-a-t-il pas des risques de transgression de m&ecirc;me nature qu'avec le texte de 1977&#160;?</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous pensons qu'un temps de r&eacute;flexion est n&eacute;cessaire. Respecter l'&eacute;lecteur, c'est cr&eacute;er toutes les conditions d'une bonne circulation de l'information et provoquer des d&eacute;bats sur les vraies questions qui touchent sa vie quotidienne. Dans une telle d&eacute;marche, d&egrave;s lors qu'elle est pluraliste, le sondage retrouverait une place &agrave; sa juste mesure.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --><font face="Times New Roman">M.&#160;Francis Delattre -</font></b><font face="Times New Roman"> Ce projet a pour vocation &agrave; la fois de valider une pratique et de nous mettre en conformit&eacute; avec la jurisprudence de la Cour de cassation et avec la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La loi du 19&#160;juillet 1977, qui interdit la publication, la diffusion et le commentaire de sondages d'opinion dans la semaine pr&eacute;c&eacute;dent une &eacute;lection, visait &agrave; mettre tous les candidats &agrave; &eacute;galit&eacute;. Elle n'a plus aujourd'hui la m&ecirc;me utilit&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le d&eacute;veloppement des nouvelles technologies de la communication, et notamment d'Internet, fait que l'on peut consulter des sondages en ligne. Ils peuvent aussi figurer dans la presse &eacute;trang&egrave;re, qui publie ces informations jusqu'au jour m&ecirc;me de l'&eacute;lection.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Par ailleurs, l'interdiction de diffusion des sondages a &eacute;t&eacute; jug&eacute;e incompatible avec les articles&#160;10 et 14 de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme par la Cour de cassation.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Dans son arr&ecirc;t du 4&#160;septembre 2001, celle-ci la juge discriminatoire dans la mesure o&ugrave; les modes modernes de diffusion permettent &agrave; des organes de presse situ&eacute;s hors du territoire national de diffuser des sondages alors que les organes nationaux se le voient interdire. La Cour se fonde sur l'article&#160;14 de la convention, aux termes duquel la jouissance des droits et libert&eacute;s doit &ecirc;tre assur&eacute;e &#171;&#160;sans distinction aucune&#160;&#187;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">De son c&ocirc;t&eacute;, l'article 10 de la convention garantit la libert&eacute; d'expression, sauf exceptions justifi&eacute;es telles que la protection d'une personne mise en cause ou l'impartialit&eacute; de la justice par exemple. La diffusion des sondages d'intentions de vote ne fait &agrave; l'&eacute;vidence pas partie de ces exceptions.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Cette d&eacute;cision est un v&eacute;ritable revirement jurisprudentiel. La Cour, comme le Conseil d'Etat, soutenait jusque-l&agrave; la position inverse. Ce revirement va dans le sens de la libert&eacute; d'information.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">Int&eacute;ressons-nous maintenant au fond.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les sondages tentent de rendre compte avant les &eacute;lections des intentions de vote. Ils mesurent la disposition d'esprit de la population. M&ecirc;me si des tentatives de manipulation sont possibles, ils constituent un outil d&eacute;mocratique tr&egrave;s important dans la mesure o&ugrave; ils permettent d'appr&eacute;hender la situation dans son ensemble et les rapports de force, conduisant chacun &agrave; mesurer l'impact de son r&ocirc;le et &agrave; assumer sa responsabilit&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le calme qu'a voulu instituer le l&eacute;gislateur en 1977 avait pour but de m&eacute;nager &agrave; l'&eacute;lecteur une p&eacute;riode propice &agrave; la r&eacute;flexion personnelle. Vingt-cinq ans plus tard, ce d&eacute;lai para&icirc;t trop long. C'est pourquoi le texte d'aujourd'hui entend interdire toute publication d'intentions de vote au-del&agrave; du vendredi minuit pr&eacute;c&eacute;dant le jour du scrutin.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il conviendra toutefois de rester vigilants. Certains directeurs de grands instituts de sondages nationaux ont d&eacute;j&agrave; annonc&eacute; leur intention de passer outre, au nom de la libert&eacute; d'expression et en vertu de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme. Se verront-ils condamner ou assistera-t-on &agrave; l'&eacute;tablissement d'une nouvelle jurisprudence contredisant la loi&#160;?</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Aujourd'hui, en effet, la cons&eacute;quence de l'arr&ecirc;t de la Cour de cassation est que l'infraction &agrave; la loi n'entra&icirc;ne plus de sanction. Il faut faire en sorte que le nouveau texte ne coure pas le m&ecirc;me risque et soit appliqu&eacute;. Un temps de &#171;&#160;silence m&eacute;diatique&#160;&#187; est en effet n&eacute;cessaire pour permettre &agrave; nos concitoyens de faire leur choix en conscience.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">Par ailleurs, il est toujours tr&egrave;s dommageable de voter des lois inapplicables, qui d&eacute;cr&eacute;dibilisent le l&eacute;gislateur comme les institutions.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le choix du vendredi minuit comme date butoir vise &agrave; concilier le souci de la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin et les exigences de l'article 10 de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous approuvons totalement l'interdiction de publication et de diffusion des sondages &agrave; partir de cette date, et soutiendrons l'amendement du rapporteur visant &agrave; ce que chaque citoyen puisse v&eacute;rifier la qualit&eacute; des questions et des r&eacute;ponses, qui peuvent parfois pr&ecirc;ter &agrave; discussion. En revanche, nous sommes plus r&eacute;serv&eacute;s en ce qui concerne les commentaires. Cette interdiction risquerait de cr&eacute;er une distorsion entre les m&eacute;dias de type Internet qui pourraient les garder en ligne, et les m&eacute;dias classiques. Nous avons donc d&eacute;pos&eacute; un amendement tendant &agrave; ce que ceux-ci puissent continuer &agrave; commenter les sondages parus avant la date l&eacute;gale d'interdiction.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les grands patrons de presse ont averti les pr&eacute;sidents de groupe&#160;: nous devons &eacute;laborer une loi applicable&#160;! Si cette in&eacute;galit&eacute; est maintenue, le texte sera attaqu&eacute;, au titre de la libert&eacute; d'expression, devant le Conseil d'Etat ou la Cour de cassation. Le rejet de notre amendement nous ferait donc r&eacute;viser notre position en ce qui concerne le vote de la loi. Celle-ci a besoin d'un consensus, tant sur ces bancs qu'avec les groupes de presse, pour ne pas &ecirc;tre vid&eacute;e de sa substance. Je vous propose d'en faire un texte durable <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe UDF)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --><font face="Times New Roman">M.&#160;Gilbert Gantier -</font></b><font face="Times New Roman"> Ce texte, relativement consensuel, ne semble pas devoir soulever les passions.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La question de l'interdiction de publier des sondages la semaine pr&eacute;c&eacute;dant un scrutin n'est pas nouvelle. Elle resurgit &agrave; la m&ecirc;me fr&eacute;quence que les &eacute;lections. Cette r&egrave;gle fut longtemps la cause d'une certaine in&eacute;galit&eacute; au profit de ceux qui parvenaient &agrave; se procurer ces sondages &#171;&#160;sous le manteau&#160;&#187;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Cette question se pose toutefois avec une nouvelle acuit&eacute; aujourd'hui, en raison du d&eacute;veloppement des nouveaux moyens de communication. Nous sommes entr&eacute;s dans un monde nouveau, compl&egrave;tement ouvert.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Un seul clic de souris nous ouvre les portes de tous les instituts de sondages, de tous les quotidiens, de tous les commentaires. Cette interdiction para&icirc;t donc aujourd'hui d&eacute;su&egrave;te, ainsi que contestable en droit puisqu'elle est contraire &agrave; l'article 10 de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">L'article 11 de la loi de 1977 interdit la publication, la diffusion et le commentaire de tout sondage d'opinion pendant la semaine qui pr&eacute;c&egrave;de chaque tour de scrutin. Cette interdiction est assortie d'une amende de 500&#160;000&#160;F.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Alors que durant de longues ann&eacute;es, le Conseil d'Etat et la Cour de cassation n'avaient pas voulu trancher en faveur du texte europ&eacute;en, le 4 septembre dernier, la Cour de cassation a op&eacute;r&eacute; un revirement. Elle a en effet jug&eacute; que cet article instaurait une restriction &agrave; la libert&eacute; de recevoir et de communiquer des informations qui ne sont pas n&eacute;cessaires &agrave; la protection des int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;num&eacute;r&eacute;s par la convention.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il r&eacute;sulte de cette d&eacute;cision que la m&eacute;connaissance de cet article ne peut plus faire l'objet d'une sanction p&eacute;nale. Le contexte juridique est d&eacute;sormais incertain et le risque est grand de voir des sondages diffus&eacute;s la veille et le jour m&ecirc;me du scrutin. Modifier la l&eacute;gislation est donc in&eacute;luctable.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le Conseil sup&eacute;rieur de l'audiovisuel, dans sa recommandation du 23 octobre 2001, et le Conseil constitutionnel ont consid&eacute;r&eacute; que la diffusion de sondages la veille ou le jour m&ecirc;me d'un scrutin pourrait alt&eacute;rer la sinc&eacute;rit&eacute; de celui-ci, notamment en cas de faible &eacute;cart de voix, et amener le juge de l'&eacute;lection &agrave; prononcer de ce fait son annulation.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Tout en tirant les cons&eacute;quences de l'arr&ecirc;t rendu par la Cour de cassation, le projet maintient donc le principe de l'interdiction en vue de pr&eacute;server la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">D&eacute;sormais, l'interdiction ne commencera &agrave; courir qu'&agrave; compter de la veille du scrutin, soit le vendredi &agrave; minuit. Elle s'appliquera &agrave; tous les sondages, y compris &agrave; ceux qui auraient fait l'objet d'une publication, d'une diffusion ou d'un commentaire avant cette date. Mais elle ne fera pas obstacle &agrave; la poursuite de la diffusion des publications parues ou des donn&eacute;es mises en ligne avant le vendredi &agrave; minuit.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le groupe D&eacute;mocratie lib&eacute;rale souscrit pleinement &agrave; cette &eacute;volution l&eacute;gislative salutaire, encore qu'on aurait pu aller plus loin en levant toute interdiction, d'autant que le projet soul&egrave;ve quelques difficult&eacute;s d'application.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">En effet, le samedi et le dimanche, l'interdiction de publication et de commentaire porte &eacute;galement sur les sondages ant&eacute;rieurs&#160;: le projet impose donc un silence complet sur les sondages la veille et le jour du scrutin. Or les hebdomadaires publi&eacute;s en milieu de semaine sont encore en vente le week-end. Des sites Internet peuvent afficher jusqu'au jour du scrutin les r&eacute;sultats de sondages r&eacute;alis&eacute;s avant le vendredi minuit. Il y a en outre un risque de discrimination, en province, entre quotidiens du matin et du soir.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Malgr&eacute; ces risques, vous recevrez le soutien du groupe D&eacute;mocratie lib&eacute;rale.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> La loi du 19 juillet 1977 a pour objet de r&eacute;guler la r&eacute;alisation et la publication des sondages d'opinion afin de sauvegarder la libert&eacute; de choix des &eacute;lecteurs. Elle interdit, dans la semaine pr&eacute;c&eacute;dant le scrutin, la publication, la diffusion ou le commentaire de tels sondages par quelque moyen que ce soit. Elle cr&eacute;e en outre une commission charg&eacute;e de veiller &agrave; l'objectivit&eacute; et &agrave; la qualit&eacute; des sondages.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">La loi est actuellement contourn&eacute;e, en raison du d&eacute;veloppement des nouveaux moyens de communication.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Cette situation pose le probl&egrave;me de l'&eacute;galit&eacute; des citoyens devant l'information. En effet, tous n'ont pas acc&egrave;s aux sondages pr&eacute;&eacute;lectoraux.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">L'arr&ecirc;t de la Cour de cassation du 4 septembre 2001 est lourd d'incertitudes, car l'interdiction contenue dans la loi de 1977 serait incompatible avec la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme, dont les articles 11 et 14&#160;n'admettent de restrictions &agrave; la libert&eacute; d'information qu'en cas de &#171;&#160;mesures n&eacute;cessaires r&eacute;pondant &agrave; un besoin social imp&eacute;rieux&#160;&#187;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La commission des sondages a reconnu &ecirc;tre plac&eacute;e dans une situation difficile. Elle a demand&eacute; une modification rapide de la loi de 1977.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Dans son rapport annuel, le CSA s'est inqui&eacute;t&eacute; de ces difficult&eacute;s, qui pourraient mener le Conseil constitutionnel &agrave; consid&eacute;rer comme alt&eacute;r&eacute;e la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin. Pour Yves Gu&eacute;na, le pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel, le risque est grand que, dans le nouveau contexte juridique cr&eacute;&eacute; par l'arr&ecirc;t de la Cour de cassation un sondage soit publi&eacute; le jour m&ecirc;me du scrutin. Il a donc souhait&eacute; une modification de la l&eacute;gislation qui reste fid&egrave;le &agrave; l'esprit de la loi de 1977.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il s'agit de porter une atteinte limit&eacute;e &agrave; la libert&eacute; d'expression en vue de sauvegarder la libert&eacute; de choix des &eacute;lecteurs. Les m&eacute;dias ne pourront plus diffuser de sondages &agrave; partir du vendredi minuit. Les sites pourront maintenir les donn&eacute;es ant&eacute;rieures &agrave; cette limite et les revues sorties avant cette date pourront continuer &agrave; &ecirc;tre vendues.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La commission, selon la proc&eacute;dure de l'article 88, a repris un amendement au projet relatif &agrave; la d&eacute;mocratie de proximit&eacute; adopt&eacute; au S&eacute;nat, amendement qui lui-m&ecirc;me s'inspire d'une proposition adopt&eacute;e par le S&eacute;nat en mai dernier.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La disposition propos&eacute;e permettrait &agrave; la commission des sondages d'exiger une mise au point en cas de violation de la loi, selon des modalit&eacute;s proches du droit de r&eacute;ponse. L'amendement pr&eacute;voit aussi la possibilit&eacute; d'une mise au point en cas de r&eacute;ception en France d'un sondage publi&eacute; &agrave; l'&eacute;tranger.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">D'autres amendements ont &eacute;t&eacute; d&eacute;pos&eacute;s par mon coll&egrave;gue Devedjian pour autoriser, au-del&agrave; du d&eacute;lai, le commentaire d'informations publi&eacute;es ant&eacute;rieurement. La commission ne les a pas retenus. Je souhaite qu'elle revoie sa position <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe du RPR et du groupe UDF).</i></font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> Ce projet r&eacute;pond aux observations du pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel, qui vient de faire savoir au Gouvernement que des mesures l&eacute;gislatives claires lui semblaient souhaitables. Certes, ce dispositif ne peut nous pr&eacute;server de toute tentative de transgression, nous n'en tirons pas argument pour supprimer toute interdiction. Chacun attend une loi claire garantissant la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Je ne partage pas l'analyse des orateurs qui ont invoqu&eacute; le risque d'une rupture d'&eacute;galit&eacute;. Si la presse quotidienne ne peut pas apporter de commentaires &agrave; des sondages d&eacute;j&agrave; publi&eacute;s, il en ira de m&ecirc;me pour les autres publications ou les sites en ligne.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">J'ai &eacute;t&eacute; attentif aux suggestions du rapporteur. Les amendements qu'il a d&eacute;pos&eacute;s ne sont pas contraires &agrave; l'esprit du texte. Ils tendent &agrave; l'am&eacute;liorer en pr&eacute;voyant le r&egrave;glement de certains probl&egrave;mes concrets.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Ce projet ne vise qu'&agrave; tirer les cons&eacute;quences d'une d&eacute;cision de justice et &agrave; r&eacute;pondre &agrave; la double interpellation du Conseil constitutionnel et du CSA. Il est urgent de l&eacute;gif&eacute;rer &agrave; la veille d'&eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales importantes. Mais il ne peut s'agir, dans ces conditions, d'une refonte du droit des sondages.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Vos suggestions, toutefois, m&eacute;ritent de retenir l'attention. Ces amendements auraient justifi&eacute; un travail d'expertise et une consultation, mais je comprends vos pr&eacute;occupations. En outre, consid&eacute;rant l'anciennet&eacute; et la qualit&eacute; des travaux parlementaires &agrave; ce sujet, je ne peux me r&eacute;soudre &agrave; opposer des avis d&eacute;favorables &agrave; vos amendements. Leur examen me donnera l'occasion d'apporter les pr&eacute;cisions n&eacute;cessaires. Je pense que, de la sorte, nous pourrons l&eacute;gif&eacute;rer dans un large consensus.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">La discussion g&eacute;n&eacute;rale est close.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Pr&eacute;sidente -</b> J'appelle maintenant, dans les conditions pr&eacute;vues par l'article 91, alin&eacute;a 9, du R&egrave;glement, les articles du projet de loi dans le texte du Gouvernement.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P235_66349"></a>AVANT L'ARTICLE PREMIER</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> L'amendement 3 de la commission vise &agrave; rendre plus transparentes les conditions d'&eacute;laboration des sondages. L'article 2 de la loi de 1977 &eacute;num&egrave;re une s&eacute;rie d'obligations. Je propose d'en ajouter une&#160;: mentionner le droit de toute personne &agrave; consulter la notice d&eacute;pos&eacute;e &agrave; la commission des sondages.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> Je comprends l'int&eacute;r&ecirc;t de l'amendement du point de vue de la transparence. Mais je m'interroge sur l'usage que l'on pourrait en faire, au risque de se substituer &agrave; la commission des sondages elle-m&ecirc;me. J'aimerais que le rapporteur &eacute;lucide ce point. En tout &eacute;tat de cause je m'en remettrai &agrave; la sagesse de l'Assembl&eacute;e.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> La commission des sondages a un r&ocirc;le, qu'elle remplit bien, et qu'il n'est pas question de remettre en cause. Mais par ailleurs les citoyens, et les journalistes, peuvent souhaiter en savoir plus sur les conditions d'&eacute;laboration des sondages&#160;: ce sera un surcro&icirc;t de transparence.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 3, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><i><!--  . --><b><font size="1"><a name="P240_67365"></a>ARTICLE PREMIER</font></b></i></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Dans le m&ecirc;me esprit, je propose par l'amendement&#160;4 de poser en principe le droit de toute personne &agrave; consulter les notices m&eacute;thodologiques aupr&egrave;s de la commission des sondages.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> C'est un amendement de coh&eacute;rence. Sagesse.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 4, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'article premier ainsi modifi&eacute;, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P245_67733"></a>APR&Egrave;S L'ARTICLE PREMIER</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> L'amendement 5 a pour but de garantir une bonne information des citoyens. Il dispose qu'&agrave; l'occasion de la diffusion d'un sondage les questions pos&eacute;es ne peuvent faire l'objet d'une nouvelle formulation, mais doivent &ecirc;tre reproduites int&eacute;gralement.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> Ici encore je comprends votre objectif, sans sous-estimer les difficult&eacute;s que peut comporter cette obligation pesant sur les organes de presse. Son int&eacute;r&ecirc;t me semble toutefois l'emporter sur ses inconv&eacute;nients&#160;: avis favorable.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 5, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> L'amendement 6 a pour objet d'&eacute;largir un peu la composition de la commission des sondages. Elle comporte aujourd'hui d'&eacute;minents membres du Conseil d'Etat, de la Cour de cassation et de la Cour des comptes. Je propose de leur ajouter deux personnalit&eacute;s qualifi&eacute;es d&eacute;sign&eacute;es en Conseil des ministres.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> La composition actuelle de la commission apporte toutes les garanties en fait de comp&eacute;tence et d'ind&eacute;pendance. En outre, la commission peut d&eacute;j&agrave; d&eacute;signer des personnalit&eacute;s qualifi&eacute;es comme rapporteurs. Et, compte tenu de la nature quasijuridictionnelle de ses d&eacute;cisions, il est pr&eacute;f&eacute;rable qu'elle ne soit compos&eacute;e que de magistrats. Sagesse.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 6, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P252_69023"></a>ART. 2</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Francis Delattre -</b> Avec l'amendement 1 nous souhaitons &eacute;viter des distorsions entre m&eacute;dias, notamment entre Internet et la presse &eacute;crite, en particulier celle qui para&icirc;t le samedi. Le texte actuel lui interdit tout commentaire, m&ecirc;me sur un sondage publi&eacute; avant le vendredi &agrave; minuit. Il faut &eacute;viter que demain la loi soit battue en br&egrave;che, et que les errements que nous avons connus se reproduisent dans quelques semaines.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> La commission n'a pas retenu cet amendement. Ce n'est pas que nous repoussions une id&eacute;e qui irait &agrave; l'encontre des grands principes que nous d&eacute;fendons. Mais faut-il l&eacute;gif&eacute;rer pour autoriser le commentaire&#160;? Celui-ci est libre par nature, dans une d&eacute;mocratie, et il n'y a pas lieu d'inscrire cette &eacute;vidence dans la loi.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> L'article 11 de la loi du 19 juillet 1977, ainsi que le projet du Gouvernement, a pris soin de ne pas distinguer entre publication, diffusion et commentaire d'un sondage. Certes un commentaire peut porter sur des informations d&eacute;j&agrave; connues, sans en apporter de nouvelles. Mais il peut &ecirc;tre malais&eacute; dans la pratique de distinguer diffusion et commentaire. On ne peut commenter des chiffres sans les citer. Or ils peuvent &ecirc;tre d&eacute;j&agrave; connus, mais pass&eacute;s inaper&ccedil;us&#160;: en pareil cas le commentaire est le pr&eacute;texte de la diffusion. Je suis donc d&eacute;favorable, d'autant que, je le crois, les organes de presse sont &agrave; &eacute;galit&eacute; dans la mesure o&ugrave; l'information publi&eacute;e les jours pr&eacute;c&eacute;dents n'est pas diff&eacute;rente de celle qui est publi&eacute;e le samedi.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 1, mis aux voix, n'est pas adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --><font face="Times New Roman">M.&#160;Patrick Devedjian -</font></b><font face="Times New Roman"> Vous d&icirc;tes, Monsieur le rapporteur, que le commentaire est libre par nature. Pourtant votre texte l'interdit express&eacute;ment&#160;: je lis au II de l'article 2 que &#171;&#160;cette interdiction est &eacute;galement applicable aux sondages ayant fait l'objet d'une publication, d'une diffusion ou d'un commentaire avant la veille de chaque tour de scrutin&#160;&#187;&#160;: comprenne qui pourra&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Mais je veux revenir sur ce paragraphe II, dont je propose la suppression par l'amendement 2. Tout d'abord, nous devons &ecirc;tre reconnaissants envers la Cour de cassation pour son revirement de jurisprudence, sans lequel immanquablement nous aurions &eacute;t&eacute; condamn&eacute;s par la Cour de Strasbourg. Mais avec votre texte je crains fort que nous soyons derechef condamnables. En effet, l'article 10 de la convention europ&eacute;enne, qui pose le principe de la libert&eacute; d'expression, de communication et de r&eacute;ception, </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">admet des limites &agrave; ce principe. Il &eacute;num&egrave;re ces limites&#160;: cette &eacute;num&eacute;ration est limitative, et nul ne peut y ajouter. Qu'y trouve-t-on&#160;? La s&eacute;curit&eacute; nationale&#160;; l'int&eacute;grit&eacute; du territoire&#160;; la s&ucirc;ret&eacute; publique&#160;; la d&eacute;fense de l'ordre&#160;; la pr&eacute;vention des crimes&#160;; la protection de la sant&eacute; et de la morale&#160;; la protection de la r&eacute;putation et des droits d'autrui, relativement &agrave; la diffusion d'informations confidentielles ou aux garanties d'autorit&eacute; et d'impartialit&eacute; du pouvoir judiciaire. Aucun de ces items ne s'applique &agrave; votre interdiction, de sorte que nous allons nous acheminer &agrave; nouveau vers une condamnation. J'esp&egrave;re que la Cour de cassation le dira avant la Cour de Strasbourg, car ce serait moins humiliant. Mais le plus raisonnable serait que nous-m&ecirc;mes ne nous mettions pas en infraction en l&eacute;gif&eacute;rant de la sorte.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">J'ajoute qu'une fois de plus nous sommes dans l'exception fran&ccedil;aise. Il est absurde de vouloir emp&ecirc;cher la r&eacute;it&eacute;ration de ce qu'a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; &eacute;crit&#160;! On en est presque &agrave; br&ucirc;ler des livres... Vous pourrez le lire sur Internet, et dans tous les journaux &eacute;trangers diffus&eacute;s en France. Ferez-vous saisir <i>La Gazette de Lausanne, </i>Monsieur le ministre&#160;? Votre mesure est donc discriminatoire &agrave; l'encontre de la presse fran&ccedil;aise, et conduira notre pays &agrave; subir une humiliation &agrave; Strasbourg.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> La commission n'a pas retenu l'amendement 2. Il est vrai que je suis all&eacute; un peu vite en disant que le commentaire &eacute;tait libre. J'ai voulu parler du commentaire g&eacute;n&eacute;ral produit par un commentateur. Reste le probl&egrave;me d'un sondage particulier et de son commentaire. C'est ce que le I de l'article interdit la veille et le jour du scrutin, et M.&#160;Devedjian ne remet pas en cause cette disposition. Que peut-il se passer dans la presse fran&ccedil;aise le samedi, voire le dimanche&#160;? Qu'un quotidien du samedi ou du dimanche publie et commente un sondage. Il tombe alors sous le coup du dispositif que nous examinons. Il peut aussi arriver qu'un quotidien paru le samedi - et non pas dat&eacute; de ce jour mais paru la veille - publie un commentaire sur un sondage d&eacute;j&agrave; publi&eacute;. Ce fait-l&agrave; ne tombe pas sous le coup du I de l'article 2. En revanche, autoriser la publication de sondages le samedi et le dimanche au pr&eacute;texte que les journaux concern&eacute;s seraient parus le vendredi ou seraient d'origine &eacute;trang&egrave;re, comme la <i>Gazette de Lausanne</i>, nous conduirait pour finir &agrave; ne pas l&eacute;gif&eacute;rer et &agrave; laisser la jurisprudence faire le droit. Monsieur Estrosi, vous faites des gestes qui me font croire que je suis confus. Je m'en tiens donc au rejet de l'amendement.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> La loi du 19 juillet 1977, dans son article, interdit la publication, la diffusion et le commentaire de tout sondage. Nous pourrions consid&eacute;rer que cette formulation suffit &agrave; tout, puisqu'elle a une valeur absolue. Le Gouvernement estime pourtant pr&eacute;f&eacute;rable de pr&eacute;ciser la port&eacute;e de cette interdiction. C'est pourquoi le II de l'article 2 dispose que l'interdiction s'applique &eacute;galement aux sondages d&eacute;j&agrave; publi&eacute;s, diffus&eacute;s ou comment&eacute;s avant le d&eacute;but de la p&eacute;riode d'interdiction. Il s'agit bien d'appliquer aux sondages et &agrave; leurs commentaires des r&egrave;gles analogues &agrave; celles qui valent pour l'expression publique des candidats dans la presse. Votre amendement, Monsieur Devedjian, a pour effet de remettre en cause l'interdiction elle-m&ecirc;me. Ce serait s'&eacute;carter de la proportionnalit&eacute; entre la libert&eacute; d'expression et la sinc&eacute;rit&eacute; du scrutin. L'interdiction sur deux jours fix&eacute;e par le projet pr&eacute;serve cette proportionnalit&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Enfin, votre r&eacute;daction ne respecte pas la pr&eacute;conisation exprim&eacute;e par le pr&eacute;sident du Conseil constitutionnel. Le Gouvernement rejette donc votre amendement.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Ren&eacute; Dosi&egrave;re -</b> D'autant plus que la <i>Gazette de Lausanne</i> n'existe plus&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> Les sondages en ligne resteront possibles, mais sans aucun commentaire nouveau apr&egrave;s vendredi minuit. De m&ecirc;me, les p&eacute;riodiques publi&eacute;s au plus tard le vendredi soir et comportant des sondages pourront rester &agrave; </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">la disposition des &eacute;lecteurs comme pour l'Internet. Nous assurons ainsi l'&eacute;quilibre n&eacute;cessaire entre la libert&eacute; et l'&eacute;quit&eacute;. Restons-en l&agrave;.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 2, mis aux voix, n'est pas adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> L'amendement 7 adopt&eacute; par la commission s'inspire fortement des positions exprim&eacute;es par le S&eacute;nat, au cours de la discussion du projet relatif &agrave; la d&eacute;mocratie de proximit&eacute; que vous d&eacute;fendez actuellement, Monsieur le ministre.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> Eh oui&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Ce dispositif trouve bien sa place dans le texte que nous examinons.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Ministre -</b> Il s'agit en effet de pr&eacute;ciser les conditions de publication et de diffusion des mises au point demand&eacute;es par la commission des sondages. Pourquoi en r&eacute;server l'application aux quinze jours pr&eacute;c&eacute;dant le scrutin&#160;? Mieux vaudrait allonger le d&eacute;lai.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Le Gouvernement fait voir ainsi sa capacit&eacute; &agrave; bien gouverner le pays&#160;! <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste&#160;; rires sur les bancs du groupe du RPR, du groupe UDF et du groupe DL)</i> Il serait sage en effet de porter de deux semaines &agrave; deux mois la p&eacute;riode d'application du dispositif. C'est ce que je propose, convaincu que les s&eacute;nateurs y seraient favorables.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 7, rectifi&eacute;, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'article 2, modifi&eacute;, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">Les articles 3 et 4, successivement mis aux voix, sont adopt&eacute;s.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'ensemble du projet, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">La s&eacute;ance, suspendue &agrave; 17 heures 35, est reprise &agrave; 17 heures 50.</font></u></p align="justify">  <blockquote><p align="center"><a name="P276_76895"></a><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><font size="1"><a name="P276_76895"></a>PROPOSITION DE LOI COMPL&Eacute;TANT LA LOI DU 15 JUIN 2000 (suite)</font></b></p></blockquote><p align="justify"><font face="Times New Roman"><u>L'ordre du jour appelle</u> la suite de la discussion, apr&egrave;s d&eacute;claration d'urgence, de la proposition de loi de M.&#160;Jean-Marc Ayrault et plusieurs de ses coll&egrave;gues compl&eacute;tant la loi du 15&#160;juin 2000. </font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P278_77149"></a>MOTION DE RENVOI EN COMMISSION</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Pr&eacute;sidente -</b> J'ai re&ccedil;u de M.&#160;Jean-Louis Debr&eacute; et des membres du groupe RPR une motion de renvoi en commission d&eacute;pos&eacute;e en application de l'article&#160;91, alin&eacute;a&#160;6, du R&egrave;glement.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> Apr&egrave;s votre petite loi sur la s&eacute;curit&eacute; quotidienne, apr&egrave;s quelques mesures de lutte contre le terrorisme propos&eacute;es en catimini, apr&egrave;s un ch&egrave;que en blanc sign&eacute; aux gendarmes et aux policiers pour masquer votre absence de politique, vous nous proposez aujourd'hui de modifier la loi Guigou relative &agrave; la pr&eacute;somption d'innocence. Toutes les mesures contenues dans ces textes ne sont pas contestables, nous en avons d'ailleurs approuv&eacute; certaines. Mais &ocirc; combien d&eacute;risoires sont-elles par rapport &agrave; la gravit&eacute; de la situation&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Certes, votre discours sur la s&eacute;curit&eacute; a &eacute;volu&eacute; mais dans le m&ecirc;me temps, le foss&eacute; n'a cess&eacute; de se creuser entre vos propositions, votre politique et les attentes des Fran&ccedil;ais en ce domaine. La s&eacute;curit&eacute; constitue en effet la premi&egrave;re des libert&eacute;s. Ce droit fondamental n'est malheureusement plus garanti aujourd'hui dans notre pays, et ce sont les plus modestes, les plus fragiles de nos concitoyens qui en sont les premiers priv&eacute;s&#160;: les jeunes, victimes des violences scolaires, les personnes &acirc;g&eacute;es, les habitants des cit&eacute;s, otages de v&eacute;ritables gu&eacute;rillas urbaines... Tout comme celui des voitures incendi&eacute;es qui depuis des mois &eacute;clairent les nuits de nos villes, le front de l'ins&eacute;curit&eacute; progresse, sapant chaque jour davantage notre pacte r&eacute;publicain. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La mont&eacute;e de l'ins&eacute;curit&eacute; angoisse nos concitoyens. Or, qu'avez-vous fait pour endiguer cette &eacute;volution&#160;? Rien ou presque. Votre bilan, fruit d'une politique p&eacute;nale laxiste, est accablant. En cinq ans, la violence s'est banalis&eacute;e et plus aucune parcelle du territoire nationale n'est &eacute;pargn&eacute;e, avec plus de cinq millions d'actes de d&eacute;linquance par an. Les zones de non-droit se sont multipli&eacute;es&#160;; le taux d'affaires class&eacute;es sans suite atteint 80&#160;% quand celui des affaires &eacute;lucid&eacute;es plafonne avec difficult&eacute; &agrave; 25&#160;%&#160;; les d&eacute;cisions de justice ne sont pas ex&eacute;cut&eacute;es.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La loi sur la pr&eacute;somption d'innocence n'est pas &eacute;trang&egrave;re &agrave; cette situation. &Agrave; la veille d'&eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales d&eacute;cisives pour notre pays, vous avez certes organis&eacute; un grand tapage m&eacute;diatique autour des propositions de M.&#160;Dray pour tenter de faire croire que trois mesurettes, comme un coup de baguette magique, suffiraient &agrave; r&eacute;tablir la s&eacute;curit&eacute;. La situation &eacute;tait d&eacute;j&agrave; catastrophique au 1<sup>er</sup> janvier 2001, date d'entr&eacute;e en application de la loi. Et depuis, la d&eacute;linquance a encore progress&eacute; de 11&#160;%, comme les statistiques l'&eacute;tabliront bient&ocirc;t. Ne laissons donc pas croire &agrave; nos concitoyens que les mesurettes que vous nous proposez aujourd'hui inverseront la tendance. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La loi sur la pr&eacute;somption d'innocence n'est certes pas responsable de tous les maux de notre soci&eacute;t&eacute;. Mais elle a ajout&eacute; &agrave; votre absence de d&eacute;termination &agrave; proposer une politique p&eacute;nale sans concession. Toutes les proc&eacute;dures suppl&eacute;mentaires inutiles que vous avez impos&eacute;es aux forces de l'ordre ont &eacute;t&eacute; ressenties par elles comme un profond sentiment de d&eacute;fiance &agrave; leur &eacute;gard dans le m&ecirc;me temps qu'elles renfor&ccedil;aient chez les d&eacute;linquants, non pas m&ecirc;me un sentiment, mais bien une culture de l'impunit&eacute;. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">L'application de cette loi a provoqu&eacute; un grand d&eacute;sordre judiciaire depuis un an. Plus de soixante-dix &#171;&#160;dysfonctionnements&#160;&#187; ont &eacute;t&eacute; recens&eacute;s, dont certains ont eu des cons&eacute;quences dramatiques. Ce que d'aucuns nomment pudiquement &#171;&#160;dysfonctionnements&#160;&#187; n'est autre qu'un grave manquement de la justice &agrave; son devoir de prot&eacute;ger les citoyens. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Face &agrave; des lib&eacute;rations en cha&icirc;ne de d&eacute;linquants, &agrave; Bordeaux, Lyon, Marseille..., l'opposition n'a cess&eacute; de r&eacute;clamer que cette loi soit substantiellement modifi&eacute;e. Celle-ci a en effet profond&eacute;ment d&eacute;s&eacute;quilibr&eacute; le rapport de forces entre les d&eacute;linquants et les forces de l'ordre. Policiers et gendarmes ont ressenti comme une offense &agrave; leur dignit&eacute; ce texte dont certaines dispositions constituent de v&eacute;ritables messages de d&eacute;fiance &agrave; leur &eacute;gard. Leur action s'est trouv&eacute;e entrav&eacute;e, jusqu'&agrave; en &ecirc;tre paralys&eacute;e. Obligation d'enregistrement des gardes &agrave; vue de mineurs, droit au silence pour les personnes gard&eacute;es &agrave; vue, nouvelles contraintes de proc&eacute;dure en d&eacute;but de garde &agrave; vue, autant de dispositions inacceptables pour nos policiers et nos gendarmes. J'ai visit&eacute; ce matin encore des locaux de garde &agrave; vue. Tous les policiers que j'ai rencontr&eacute;s m'ont dit leur col&egrave;re devant ce qu'ils consid&egrave;rent comme des dispositions vexatoires &agrave; leur encontre. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Comment ne pas &ecirc;tre choqu&eacute; par l'obligation d'enregistrer les gardes &agrave; vue de mineurs alors m&ecirc;me que le parquet n'est pas &eacute;quip&eacute; du syst&egrave;me ad&eacute;quat de d&eacute;cryptage de ces enregistrements&#160;? </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Bernard Roman, <i>pr&eacute;sident de la commission des lois -</i></b> L'enregistrement n'a pas &eacute;t&eacute; pr&eacute;vu pour cela&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> Comment ne pas &ecirc;tre choqu&eacute; par l'interdiction faite aux policiers de menotter les mineurs pendant la garde &agrave; vue, fussent-ils des colosses&#160;? Imaginez-vous une jeune officier de police, fluette, dont seuls les galons &agrave; son &eacute;paule mais non le physique peuvent &eacute;ventuellement impressionner... <i>(Murmures sur les bancs du groupe socialiste)</i>. Il peut en &ecirc;tre de m&ecirc;me d'un officier de sexe masculin. Les imaginez-vous, disais-je, face &agrave; un ca&iuml;d de 14 ou 15 ans, colosse d'un m&egrave;tre quatre-vingt-dix ou plus, d'une violence inou&iuml;e, qu'ils n'ont pas le droit de menotter&#160;? Je ne sais si vous avez l'occasion, Madame la Garde des sceaux, de visiter des locaux de garde &agrave; vue...</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Marylise Lebranchu, <i>garde des sceaux, ministre de la justice&#160;-</i></b> Oh, si&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> Mais telle est la situation que vivent aujourd'hui les policiers. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Comment ne pas &ecirc;tre choqu&eacute; de la v&eacute;ritable course contre la montre qui leur est impos&eacute;e pendant la premi&egrave;re heure de garde &agrave; vue&#160;? </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">En une heure, les policiers doivent r&eacute;diger dix proc&egrave;s-verbaux pour prouver leur bonne foi&#160;! J'ai ressenti, chez eux, l'angoisse de commettre une erreur de proc&eacute;dure. Quinze minutes de retard apr&egrave;s l'heure fatidique de transmission de la ratification de garde-vue au parquet ont r&eacute;cemment conduit &agrave; lib&eacute;rer un cambrioleur, auquel les policiers ont &eacute;t&eacute; contraints de restituer son butin&#160;! On peut s'interroger sur la d&eacute;liquescence de notre &Eacute;tat de droit face &agrave; de telles absurdit&eacute;s proc&eacute;durales...</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il est scandaleux que l'&#171;&#160;outrage &agrave; un policier ne soit pratiquement plus jamais sanctionn&eacute; par une proc&eacute;dure p&eacute;nale alors m&ecirc;me que, selon les chiffres de votre minist&egrave;re, ce genre d'infraction a augment&eacute; de 116&#160;% depuis 1991&#160;! Une lettre d'excuse type, &agrave; l'usage des d&eacute;linquants, reproduite &agrave; des milliers d'exemplaires, vient narguer les policiers victimes de ces outrages quotidiens. Ce n'est plus supportable&#160;! Nous devons d&eacute;clarer la guerre &agrave; la d&eacute;linquance&#160;: alors, &eacute;vitons de d&eacute;courager chaque jour un peu plus ceux qui luttent contre elle&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">D'autre part, cette loi ne s'accompagne pas d'effectifs suppl&eacute;mentaires. La possibilit&eacute; d'interjeter appel de d&eacute;cisions de cours d'assise impliquerait pourtant pour chaque session d'assises dix policiers suppl&eacute;mentaires par jour&#160;! Si l'on ajoute les effets d&eacute;vastateurs des 35&#160;heures, qui co&ucirc;teront l'&eacute;quivalent de 10&#160;000 fonctionnaires de police par an, on mesure la faiblesse des moyens dont dispose la police.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous nous devons d'apporter aux forces de s&eacute;curit&eacute; toute la consid&eacute;ration qu'elles m&eacute;ritent. On attendait donc une grande loi, exprimant une r&eacute;elle prise de conscience&#160;; on attendait au moins une r&eacute;forme profonde des articles les plus contestables de la loi du 15 juin 2000. H&eacute;las, une fois de plus, il n'en est rien. &Agrave; lire les journaux, on aurait pu croire que les six articles de cette proposition de loi allaient rendre la t&acirc;che des policiers plus facile. H&eacute;las... Malgr&eacute; le tapage m&eacute;diatique que vous avez orchestr&eacute; autour du rapport de M.&#160;Julien Dray, le compte n'y est pas. Vous appliquez un caut&egrave;re sur une jambe de bois. Ce rapport a &eacute;t&eacute; command&eacute; dans l'urgence&#160;; pour colmater les br&egrave;ches, vous avez appliqu&eacute; une rustine au lieu d'entamer des travaux durables de consolidation.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Sur les seize propositions du rapport Dray, ce texte n'en retient que quatre - et la cinqui&egrave;me, relative &agrave; l'appel des acquittements par le parquet, vous a &eacute;t&eacute; impos&eacute;e.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous avons propos&eacute; d'&eacute;tendre cette possibilit&eacute; &agrave; tous les arr&ecirc;ts d'acquittement et la commission des lois l'a accept&eacute;. C'est une avanc&eacute;e consid&eacute;rable pour l'&eacute;galit&eacute; des armes&#160;; pour le reste, il y a tromperie sur la marchandise.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Ces menus am&eacute;nagements ne changent rien &agrave; la situation actuelle, car ils ne proposent rien pour l'autre c&ocirc;t&eacute; de la cha&icirc;ne p&eacute;nale&#160;: la justice, dans cette proposition, brille par son absence. Ces modifications ne vont-elles pas provoquer un goulot d'&eacute;tranglement&#160;? Sans moyens suppl&eacute;mentaires, les parquets ne pourront pas absorber plus que les 590&#160;000 affaires actuelles.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Quelles solutions, pour que la police et la justice remplissent leur r&ocirc;le aupr&egrave;s des citoyens&#160;? Quatre priorit&eacute;s doivent &ecirc;tre d&eacute;gag&eacute;es.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">La premi&egrave;re serait de r&eacute;viser en profondeur la loi du 15&#160;juin 2000, en particulier sur trois points. Tout d'abord, il faut, dans un premier temps, confier au procureur de la R&eacute;publique la responsabilit&eacute; de la demande de mise en d&eacute;tention afin d'&eacute;viter que le magistrat instructeur demeure juge et partie. Robert Badinter avait d'ailleurs soulign&eacute; les dangers que pr&eacute;sentait le syst&egrave;me institu&eacute; par la loi initiale.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Ensuite, il est imp&eacute;ratif d'allonger de quelques mois les d&eacute;lais butoirs dans les enqu&ecirc;tes. C'est ce que nous vous proposerons afin de ne pas se trouver en contradiction avec la jurisprudence de la Cour europ&eacute;enne.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Enfin, il faut simplifier les contraintes proc&eacute;durales pour faciliter la t&acirc;che des policiers. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La deuxi&egrave;me priorit&eacute; consiste &agrave; r&eacute;affirmer l'autorit&eacute; de l'Etat, &agrave; l'inverse de Jack Lang, qui d&eacute;clarait il y a quelques mois &#171;&#160;j'appartiens &agrave; une g&eacute;n&eacute;ration qui a contribu&eacute; &agrave; remettre en cause l'autorit&eacute;&#160;&#187;. Pour ce faire, appliquons un principe simple&#160;: aucune infraction ne doit demeurer impunie. Ce principe se justifie en vertu d'une profonde exigence r&eacute;publicaine, non d'une id&eacute;ologie s&eacute;curitaire. C&eacute;sar&eacute; Beccaria, dans son trait&eacute; &#171;<i>Des d&eacute;lits et des peines</i>&#160;&#187; souhaitait que &#171;&#160;la peine soit prompte et suive de pr&egrave;s le d&eacute;lit, afin qu'elle soit juste et utile&#160;&#187;. De m&ecirc;me, la Cour europ&eacute;enne des droits de l'homme condamne les d&eacute;lais excessifs de notre justice, en raison &#171;&#160;d'une lenteur injustifi&eacute;e ou sans motif plausible&#160;&#187;, c'est-&agrave;-dire au motif qu'un dossier est rest&eacute; sans actes de proc&eacute;dure pendant de longs mois.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">C'est pourquoi nous vous proposons d'&eacute;tendre la comparution imm&eacute;diate aux mineurs de 16&#160;ans et au trafic de stup&eacute;fiants.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La troisi&egrave;me priorit&eacute; consiste &agrave; mener une politique p&eacute;nale transparente, efficace et surtout uniforme en tous points du territoire. Or, trop de petites infractions ne sont pas poursuivies dans certains d&eacute;partements, alors que dans d'autres, elles donnent lieu &agrave; des condamnations p&eacute;nales - si bien qu'aujourd'hui, les d&eacute;linquants ne craignent ni la loi, ni le juge.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">L'exemple de la consommation de cannabis en est r&eacute;v&eacute;lateur. Selon que vous &ecirc;tes un consommateur lorrain, catalan, proven&ccedil;al ou breton, vous serez ou non poursuivi.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">De m&ecirc;me, les classements sans suite varient trop selon les tribunaux, au point que les Fran&ccedil;ais ne sont pas &eacute;gaux selon leur lieu de r&eacute;sidence. &Agrave; l'&eacute;chelle nationale, le taux de classement sans suite s'&eacute;l&egrave;ve &agrave; 32,1&#160;% pour les affaires poursuivables, - qui repr&eacute;sentent d&eacute;j&agrave; moins de 20&#160;% du total des proc&egrave;s-verbaux dress&eacute;s -, mais il n'est que de 6,6&#160;% dans la Creuse contre 67,9&#160;% dans la Dordogne. Ce taux est de 81,9&#160;% pour le tribunal de Grasse, mais de 68,2&#160;% pour celui de Nice.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Une telle situation est inacceptable. Il appartient au Garde des Sceaux d'assurer une application uniforme de la loi, conform&eacute;ment au principe d&eacute;mocratique d'&eacute;galit&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il devient donc imp&eacute;ratif d'organiser un d&eacute;bat annuel sur la politique p&eacute;nale </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">de notre pays, afin que nous puissions envisager des mesures ad&eacute;quates.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La quatri&egrave;me priorit&eacute; a trait &agrave; la prise en consid&eacute;ration des victimes. Toute l'ambigu&iuml;t&eacute; de la loi sur la pr&eacute;somption d'innocence est de prot&eacute;ger les droits de la d&eacute;fense plut&ocirc;t que de rechercher l'indispensable am&eacute;lioration de la cha&icirc;ne p&eacute;nale. Certes, l'objectif est noble pour toute d&eacute;mocratie, mais il ne peut en aucun cas pr&eacute;valoir sur la lutte contre la d&eacute;linquance.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Redonner une pleine efficacit&eacute; &agrave; notre proc&eacute;dure p&eacute;nale suppose de l'envisager sous les angles judiciaire et policier. Ils ne peuvent se concevoir s&eacute;par&eacute;ment. Toute la proc&eacute;dure p&eacute;nale doit tendre au juste &eacute;quilibre entre la protection de la soci&eacute;t&eacute; et des victimes d'infraction et le n&eacute;cessaire respect des droits de la d&eacute;fense, sans privil&eacute;gier ces derniers.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La loi du 15 juin 2000 n'a pas pris en compte les droits des victimes. Avec un taux d'&eacute;lucidation inf&eacute;rieur &agrave; 25&#160;%, des milliers de victimes n'obtiendront jamais la moindre r&eacute;paration. Pour y rem&eacute;dier, il conviendrait d'&eacute;tendre &agrave; tous les crimes et d&eacute;lits la saisine de la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions, qui ne concerne aujourd'hui que les infractions sur mineurs et les infractions sexuelles.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Voyez le d&eacute;s&eacute;quilibre existant dans le traitement r&eacute;serv&eacute; &agrave; une victime et &agrave; son agresseur&#160;: celui-ci, d&egrave;s la premi&egrave;re heure de garde &agrave; vue, a droit &agrave; un m&eacute;decin et &agrave; un avocat, alors que la victime est laiss&eacute;e dans un total isolement qui confine au m&eacute;pris.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">En conclusion, soyez attentifs aux propositions de l'opposition au lieu de les rejeter en bloc sans oser les examiner de peur de voir tout votre &eacute;difice id&eacute;ologique s'&eacute;crouler.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Cette proposition de loi ne tient pas compte des pr&eacute;occupations profondes des Fran&ccedil;ais qui ressentent l'ins&eacute;curit&eacute; avant tout comme une d&eacute;tresse. Les mesures que vous pr&eacute;conisez et qui ne concernent qu'un c&ocirc;t&eacute; de la cha&icirc;ne p&eacute;nale ne sont pas &agrave; la hauteur d'une situation insupportable.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">Pour enrayer les ph&eacute;nom&egrave;nes de violence, il est indispensable de lancer un grand chantier de la s&eacute;curit&eacute; regroupant les minist&egrave;res de l'int&eacute;rieur, de la justice, de l'&eacute;ducation nationale et de la ville mais aussi les parlementaires, les &eacute;lus locaux et tous ceux qui concourent au maintien du dialogue. Cette proposition de loi est loin de pouvoir apaiser les craintes l&eacute;gitimes des Fran&ccedil;ais. Le groupe RPR vous demande de la renvoyer en commission pour lui donner une tout autre consistance. Notre pays a besoin d'une grande loi pour le r&eacute;tablissement du pacte r&eacute;publicain, mais en aucun cas d'une somme de demi-mesures <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe du RPR). </i></font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> M.&#160;Estrosi a bien montr&eacute; ce d&eacute;s&eacute;quilibre, profond&eacute;ment ressenti par la population, qui est apparu dans le pays, et qui fait que le droit des victimes est n&eacute;glig&eacute; au profit de la d&eacute;fense des pr&eacute;sum&eacute;s coupables. M.&#160;Dray et Mme Lazerges ont reconnu que des ajustements devaient &ecirc;tre faits, sans remettre en cause l'id&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale de la loi qui est de concilier protection des victimes et pr&eacute;somption d'innocence. Je crois que nous aurions pu y parvenir si nous ne nous &eacute;tions pas trouv&eacute;s dans un tel contexte d'urgence, engendr&eacute; par de r&eacute;elles difficult&eacute;s d'application de la loi, bien s&ucirc;r, mais qui nous g&egrave;ne pour &eacute;laborer des propositions. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">La majorit&eacute; a souvent rappel&eacute; que les d&eacute;bats sur la pr&eacute;somption d'innocence n'avaient pas &eacute;t&eacute; agit&eacute;s et que nous avions particip&eacute; &agrave; certaines propositions. Nous aurions, de m&ecirc;me, pu apporter notre contribution &agrave; ce r&eacute;ajustement pour aboutir &agrave; un meilleur &eacute;quilibre de la loi. Mais l'urgence, ou alors peut-&ecirc;tre le sentiment de d&eacute;tenir la v&eacute;rit&eacute; unique, a fait que les propositions de l'opposition ont &eacute;t&eacute; entendues, mais sans suite, je pense par exemple au conseil de la r&eacute;paration, ou alors ne l'ont pas &eacute;t&eacute; du tout. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous avons encore beaucoup &agrave; faire pour aboutir &agrave; un texte efficace, et le RPR soutiendra donc avec enthousiasme cette motion de renvoi en commission <i>(Rires sur les bancs du groupe socialiste).</i> Pourquoi donc doutez-vous de notre enthousiasme&#160;? Avez-vous vraiment l'impression que le travail est termin&eacute; et que vos petits ajustements vont faire retrouver sa s&eacute;r&eacute;nit&eacute; au pays&#160;? </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;G&eacute;rard Gouzes -</b> Pas vous&#160;? </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> Monsieur Gouzes, vous ne suivez pas ma pens&eacute;e, non pas qu'elle soit complexe, mais parce que vos capacit&eacute;s d'&eacute;coute sont r&eacute;duites <i>(M.&#160;Estrosi applaudit).</i> Si vous aviez accept&eacute; que nous participions &agrave; ce travail de r&eacute;forme, nous aurions pu &ecirc;tre efficaces. En l'&eacute;tat, cette loi reste mauvaise et la r&eacute;forme, loin de la corriger, vous a oblig&eacute;s &agrave; vous renier. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Pascal Cl&eacute;ment -</b> Si la motion de renvoi en commission peut parfois &ecirc;tre une formalit&eacute;, elle s'imposait aujourd'hui. Pouss&eacute;s par les &eacute;v&eacute;nements, vous dites avoir eu le courage -&#160;bien que ce f&ucirc;t une obligation politique&#160;- de remettre sur le m&eacute;tier cet ouvrage et consid&eacute;rez que le toilettage de cinq articles est suffisant. Mais les &eacute;v&eacute;nements ont montr&eacute; combien la loi initiale &eacute;tait le fruit d'une id&eacute;ologie plut&ocirc;t que d'une analyse, et combien elle est loin de l'&eacute;quilibre recherch&eacute; par la convention des droits de l'homme. L'&eacute;galit&eacute; des armes est toujours rompue, au d&eacute;triment une fois du parquet, une autre de la d&eacute;fense ou encore du juge d'instruction. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Bien s&ucirc;r qu'il est n&eacute;cessaire d'affiner ce texte, si ce n'est de repenser la proc&eacute;dure p&eacute;nale tout enti&egrave;re&#160;! La pr&eacute;somption d'innocence est certes un principe directeur, mais elle ne doit pas servir &agrave; tromper les esprits avec des titres accrocheurs tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;s de la r&eacute;alit&eacute;. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti - </b>Tr&egrave;s bien&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Pascal Cl&eacute;ment -</b> Le groupe DL se joint donc au RPR pour souhaiter le renvoi de ce texte, non pas pour compl&eacute;ter quelques articles mais pour repenser l'ensemble d'un syst&egrave;me arriv&eacute; aux limites de l'irr&eacute;alisme, comme les &eacute;v&eacute;nements le d&eacute;montrent h&eacute;las quotidiennement. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Marie Bockel -</b> Ce texte fait appara&icirc;tre un d&eacute;faut bien fran&ccedil;ais, que nous avions d&eacute;j&agrave; rencontr&eacute; dans le d&eacute;bat sur l'ordonnance de 1945&#160;: celui de laisser penser que de grands textes de loi vont r&eacute;gler des probl&egrave;mes quotidiens. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> C'est votre conception, pas la n&ocirc;tre&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Marie Bockel -</b> Notre d&eacute;marche, modeste et concr&egrave;te, vise &agrave; surmonter les difficult&eacute;s que nous avons rencontr&eacute;es sur le terrain, et elle est d'ailleurs comprise par ceux qui mettront ces dispositions en _uvre. Julien Dray, de fa&ccedil;on extr&ecirc;mement pragmatique, a su s'inscrire dans la philosophie de la loi sur la pr&eacute;somption d'innocence tout en la rendant mieux applicable. Ses propositions ont &eacute;t&eacute; compl&eacute;t&eacute;es par Mme Lazerges et personne ne comprendrait qu'elles fassent maintenant l'objet d'une proc&eacute;dure dilatoire. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le dialogue que nous menons dans les contrats locaux de s&eacute;curit&eacute; avec les policiers et les magistrats est aujourd'hui compliqu&eacute; par les difficult&eacute;s d'application de la loi. D&egrave;s qu'elles seront surmont&eacute;es, le climat s'am&eacute;liorera. Il est urgent de travailler ensemble sur le terrain plut&ocirc;t que d'exploiter le probl&egrave;me de l'ins&eacute;curit&eacute;. Il est important de rester modeste devant les probl&egrave;mes actuels, mais des pistes existent, et nous devons nous donner les moyens de les suivre. Des d&eacute;marches innovantes peuvent &ecirc;tre mises en place pour faire reculer l'impunit&eacute; et apaiser la souffrance sociale de nos concitoyens. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le vote de ce bon petit texte est donc une urgente n&eacute;cessit&eacute;. Le d&eacute;bat qui a eu lieu en commission des lois a &eacute;t&eacute; approfondi. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> Il a &eacute;t&eacute; b&acirc;cl&eacute; et id&eacute;ologique&#160;! </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Marie Bockel -</b> Le renvoi en commission ne nous permettrait pas d'avancer plus loin. Il faut adopter ces ajustements techniques pour les mettre en _uvre au plus vite <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Lionnel Luca -</b> S'il est des textes qui m&eacute;ritent d'&ecirc;tre approfondis, c'est bien ceux qui sont pris dans une telle pr&eacute;cipitation. Ainsi, un mois avant la fin de la l&eacute;gislature, vous nous proposez des &#171;&#160;petits&#160;&#187; textes...</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme Nicole Bricq -</b> Mais bons&#160;! </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Lionnel Luca -</b> C'est l'aveu de leur insignifiance et de leur insuffisance. Il ne s'agit que d'un caut&egrave;re sur une jambe de bois, que d'un rapi&eacute;&ccedil;age, d'un bricolage -&#160;M.&#160;Estrosi ayant &eacute;num&eacute;r&eacute; la succession des textes concern&eacute;s, on peut m&ecirc;me parler de saucissonnage&#160;! </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Ces mesures ne r&eacute;solvent rien. Elles ne r&eacute;pondront pas aux attentes de nos concitoyens, ni &agrave; celles de la police et de la justice. Elles ne sont que l'aveu de votre impuissance &agrave; appliquer ce que vous vouliez &ecirc;tre une &#171;&#160;grande loi&#160;&#187;, avant de pr&eacute;f&eacute;rer &eacute;laborer de &#171;&#160;petits textes&#160;&#187;. Nous avions d&eacute;nonc&eacute; en leur temps ces difficult&eacute;s d'application. Aujourd'hui, c'est la pression des &eacute;v&eacute;nements qui vous dicte votre conduite. La police et la gendarmerie sont dans la rue. C'est l&agrave; que les Fran&ccedil;ais les voulaient, mais pas pour des manifestations&#160;! Les faire d&eacute;filer est une performance qui ne figure pas &agrave; l'actif de tous les gouvernements et des slogans tels que &#171;&#160;loi Guigou, loi pour les voyous&#160;&#187; devraient attirer votre attention. </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">Pour les forces de l'ordre, la loi Guigou &eacute;tait vexatoire. &Agrave; l'approche des &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales, vous tentez de la rafistoler.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Vous avez fait appel &agrave; un rapporteur qu'on avait un peu oubli&eacute; dans vos rangs et qui, avec l'ardeur des nouveaux convertis, s'est mis &agrave; faire l'apologie des forces de l'ordre, lui dont le pass&eacute; &eacute;tait plut&ocirc;t contestataire. Quel retournement&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Mieux vaut avoir &eacute;t&eacute; trotskiste que facho&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Lionnel Luca -</b> Les dispositions de sa proposition sont partielles et d&eacute;risoires. Elles risquent en outre de se r&eacute;v&eacute;ler inconstitutionnelles, si bien que vous avez essay&eacute; hier de rectifier le tir, en commission.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Plus grave, vous oubliez les victimes, alors que la loi sur la pr&eacute;somption d'innocence devait aussi porter sur leurs droits. L'association des parents d'enfants victimes n'a m&ecirc;me pas &eacute;t&eacute; re&ccedil;ue par le rapporteur. Elle rassemble pourtant une centaine de familles dont les enfants ont &eacute;t&eacute; assassin&eacute;s. Il est dommage que vous ne les ayez pas entendues, mais cela montre la fa&ccedil;on dont vous avez travaill&eacute;. Enfin, rien n'est dit des moyens &agrave; mettre en _uvre <i>(Interruptions sur les bancs du groupe socialiste).</i> Vous voulez une session de rattrapage, mais votre copie n'est pas bonne et elle doit &ecirc;tre revue en commission <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe du RPR et du groupe UDF).</i> </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Andr&eacute; Gerin -</b> Le groupe communiste ne votera pas cette motion de renvoi en commission.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">L'opposition oublie les avanc&eacute;es de la loi sur la pr&eacute;somption d'innocence&#160;: le droit de garder le silence, l'interdiction de placer les t&eacute;moins en garde &agrave; vue, la pr&eacute;sence d'un avocat d&egrave;s la premi&egrave;re heure...</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Par ailleurs, vous m&eacute;langez tout, de mani&egrave;re d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e. De quoi parlez-vous&#160;? De la petite d&eacute;linquance, du terrorisme, du trafic de stup&eacute;fiants&#160;? <i>(&#171;&#160;De tout&#160;!&#160;&#187; sur les bancs du groupe du RPR et du groupe UDF)</i></font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Voici ce que proclame la loi en cause&#160;: la libert&eacute; est la r&egrave;gle et la d&eacute;tention, l'exception. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">S'il est vrai que le d&eacute;bat sur les moyens doit s'ouvrir, son enjeu fondamental est d'&eacute;viter une justice &agrave; deux vitesses <i>(&#171;&#160;C'est le cas&#160;!&#160;&#187; sur les bancs du groupe du RPR et du groupe UDF). </i>Il faut pr&eacute;server l'essentiel du texte initial et am&eacute;liorer le travail d'investigation. Ce n'est pas ce que vous proposez <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste et du groupe socialiste).</i></font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Selon M.&#160;Estrosi, cette proposition ne r&eacute;pond pas aux pr&eacute;occupations, mais je n'ai pas compris s'il s'agissait de celles des policiers ou de celles de la population. Connaissant son exp&eacute;rience, je ne pourrai m'emp&ecirc;cher de faire devant lui l'&eacute;loge de la justice&#160;: de nombreux champions y ont eu recours avec succ&egrave;s <i>(Rires).</i></font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> Ne d&eacute;rapez pas.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> M.&#160;Estrosi indique que cette proposition ne retient que quatre points de mon rapport. C'est exact, le reste &eacute;tant d'ordre r&eacute;glementaire ou relevant de l'organisation du travail. Nous ne reprenons ici que les mesures du domaine l&eacute;gislatif.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Vous dites avoir rencontr&eacute; de nombreux policiers. Tant mieux&#160;: cela vous a sans doute permis de prendre la mesure des enjeux.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> Nous ne vous avions pas attendu pour cela.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Vous dites que la loi Guigou avait choqu&eacute; les policiers. Je n'ai pas fait le m&ecirc;me constat. Je n'ai pas rencontr&eacute; de policiers qui mettent en cause les proc&eacute;dures. Ils les consid&egrave;rent m&ecirc;me comme utiles, en ce qu'elles leur apportent des garanties.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Il y avait en effet de nombreuses contestations sur les proc&egrave;s-verbaux de garde &agrave; vue. La pr&eacute;sence de l'avocat et &eacute;ventuellement d'un m&eacute;decin, l'obligation d'informer la famille sont des garanties pour l'officier de police judiciaire, car il ne sera plus possible de contester la valeur des proc&egrave;s-verbaux qu'il r&eacute;dige.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le probl&egrave;me r&eacute;side dans la vitesse d'ex&eacute;cution des proc&eacute;dures. C'est pourquoi nous proposons un d&eacute;lai de latence. Quant aux proc&eacute;dures elles-m&ecirc;mes, elles ne sont pas remises en question, si ce n'est le droit au silence, que nous proposons de revoir. Mais je rappelle que ce droit pr&eacute;existait &agrave; la loi Guigou.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Au sujet de l'enregistrement des mineurs, je note que, pour une fois, les policiers saluent la qualit&eacute; du mat&eacute;riel qui leur a &eacute;t&eacute; fourni. Ils ont certes protest&eacute; contre la lourdeur des formalit&eacute;s et le manque de locaux, mais pas contre l'enregistrement, qui est pour eux une protection.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Vous avez raison de regretter qu'on ne prenne pas assez en consid&eacute;ration les victimes. Toutefois, cela ne doit pas relever du minist&egrave;re de la justice, </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">mais d'une organisation nouvelle dot&eacute;e de moyens sp&eacute;cifiques. Je souhaite pour ma part qu'il y ait des &#171;&#160;correspondants-victimes&#160;&#187; dans tous les commissariats.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> Quel dommage d'y penser si tard&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Monsieur Leonetti, je suis certain qu'en tant que maire vous seriez heureux de travailler avec les forces de police pour mettre en place une telle organisation. Je souhaite que la r&eacute;gion vous en donner les moyens, comme elle le fait en Ile-de-France, tandis que vos amis ne font rien&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> Ma r&eacute;gion est dirig&eacute;e par les socialistes.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> C'est pourquoi je pense que vous disposez des moyens n&eacute;cessaires <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>. Nous avons pr&eacute;par&eacute; ce texte rapidement, mais nous l'avons fait sans confondre vitesse et pr&eacute;cipitation. Un de vos amis, qui a &eacute;t&eacute; ministre de l'int&eacute;rieur, l'a d'ailleurs approuv&eacute; <i>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</i>.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">La motion de renvoi en commission, mise aux voix, n'est pas adopt&eacute;e.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Pr&eacute;sidente -</b> J'appelle maintenant, dans les conditions pr&eacute;vues par l'article&#160;91, alin&eacute;a&#160;9, du R&egrave;glement, les articles de la proposition.</font></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P362_103605"></a>AVANT L'ARTICLE PREMIER</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> Mon amendement&#160;31 vise &agrave; ins&eacute;rer un article additionnel pour tenir compte de la recommandation du Conseil de l'Europe sur l'intimidation des t&eacute;moins et les droits de la d&eacute;fense. Elle pr&eacute;conise des mesures particuli&egrave;res en faveur de la protection des t&eacute;moins en mati&egrave;re de criminalit&eacute; organis&eacute;e ou dans le cas o&ugrave; le crime a &eacute;t&eacute; commis au sein de la famille.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le t&eacute;moignage joue un grand r&ocirc;le dans la recherche de la preuve. Mais de nombreuses personnes ayant des informations sur ce type d'affaires h&eacute;sitent &agrave; les communiquer &agrave; la justice par crainte de pressions &eacute;ventuelles sur elle-m&ecirc;me ou leur famille. Il semble donc opportun d'ins&eacute;rer dans l'article pr&eacute;liminaire du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale une disposition reconnaissant de fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale les droits des t&eacute;moins &agrave; &ecirc;tre prot&eacute;g&eacute;s contre toutes tentatives de nature &agrave; entraver leur t&eacute;moignage. C'est l'objet de mon amendement&#160;31.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> La question ici pos&eacute;e est d&eacute;j&agrave; pour partie r&eacute;solue&#160;: elle a &eacute;t&eacute; trait&eacute;e, &agrave; l'initiative de notre coll&egrave;gue Le&#160;Roux, lors du d&eacute;bat sur la loi relative &agrave; la s&eacute;curit&eacute; quotidienne. Il n'est donc pas souhaitable que l'amendement soit retenu dans la pr&eacute;sente loi, qui a un objet pr&eacute;cis.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> Le Gouvernement a montr&eacute; son int&eacute;r&ecirc;t pour la protection des t&eacute;moins en introduisant dans la loi sur la s&eacute;curit&eacute; quotidienne des dispositions &agrave; ce sujet, pr&eacute;voyant notamment la possibilit&eacute; de d&eacute;poser anonymement. La r&eacute;flexion se poursuit, en particulier sur la possibilit&eacute; pour le t&eacute;moin, dans des cas tr&egrave;s graves, de changer d'identit&eacute;. Mais il me semble excessif d'introduire une telle disposition dans l'article pr&eacute;liminaire du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale. Avis d&eacute;favorable.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 31, mis aux voix, n'est pas adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Patrick Devedjian -</b> M.&#160;Roman me demandait hier quels points de la loi du 15&#160;juin 2000 me semblaient poser probl&egrave;me au regard de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme&#160;: l'amendement&#160;64 porte sur l'un de ces points. Le troisi&egrave;me alin&eacute;a de l'article&#160;11 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale confie au procureur de la R&eacute;publique le soin de rendre publics des &eacute;l&eacute;ments objectifs tir&eacute;s de la proc&eacute;dure et ne comportant aucune appr&eacute;ciation. Cette disposition est contraire &agrave; la convention europ&eacute;enne, et tout d'abord &agrave; son article pr&eacute;liminaire, puisqu'elle ne respecte pas la s&eacute;paration des autorit&eacute;s charg&eacute;es de l'action publique et des autorit&eacute;s charg&eacute;es du jugement. En effet, le soin de publier des &eacute;l&eacute;ments objectifs est confi&eacute; &agrave; l'autorit&eacute; charg&eacute;e de l'action publique. En outre, cette disposition est contraire au principe d'&eacute;galit&eacute; des armes. L'accusation n'est en effet qu'une des parties en proc&egrave;s. Dans toute proc&eacute;dure o&ugrave; le procureur aura rendu publics des &eacute;l&eacute;ments qu'il consid&eacute;rait comme objectifs, la partie condamn&eacute;e pourra aller se plaindre &agrave; Strasbourg de n'avoir pas b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'un proc&egrave;s &eacute;quitable. Je comprends bien la n&eacute;cessit&eacute; d'ouvrir des fen&ecirc;tres - m&ecirc;me si des fen&ecirc;tres dans un blockhaus, cela s'appelle des meurtri&egrave;res... Mais je propose de remplacer le procureur par le juge d'instruction. C'est lui qui repr&eacute;sente l'objectivit&eacute;, et si, au regard des n&eacute;cessit&eacute;s de l'enqu&ecirc;te, quelqu'un doit en publier certains &eacute;l&eacute;ments, c'est bien lui.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --><font face="Times New Roman">M.&#160;le Rapporteur&#160;-</font></b><font face="Times New Roman"> Je ne suis pas d'accord. Si le juge d'instruction &eacute;tait conduit &agrave; diffuser des &eacute;l&eacute;ments, m&ecirc;me objectifs, il serait fragilis&eacute; par les commentaires et les contestations qui ne manqueraient pas d'en r&eacute;sulter. C'est pour pr&eacute;server son impartialit&eacute; qu'il vaut mieux maintenir ce r&ocirc;le au procureur.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> Il est normal que ce soit le procureur qui puisse faire des communiqu&eacute;s sur une instruction en cours, pour r&eacute;pondre aux communiqu&eacute;s de la d&eacute;fense, et non le juge d'instruction, qui risquerait de perdre sa position d'impartialit&eacute; s'il doit s'exprimer sur le fond. Il en r&eacute;sulterait aussi un risque de dessaisissement. La disposition actuelle ne porte pas atteinte &agrave; l'&eacute;galit&eacute; des armes&#160;: la d&eacute;fense peut en effet faire des communiqu&eacute;s quand elle veut, puisque le secret de l'instruction ne s'applique aux avocats que sous r&eacute;serve des int&eacute;r&ecirc;ts de la d&eacute;fense. Je souhaite donc que M.&#160;Devedjian retire son amendement.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 64, mis aux voix, n'est pas adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Pascal Cl&eacute;ment -</b> A l'initiative de l'Assembl&eacute;e, la loi Guigou a pr&eacute;vu l'obligation pour le procureur de la R&eacute;publique de visiter une fois par trimestre les locaux de garde &agrave; vue de son ressort. Mais la loi doit rester la loi. De quoi se m&ecirc;le-t-on&#160;? Les effets de cette disposition sont &eacute;videmment d&eacute;sastreux. Ce que j'aurais vraiment voulu proposer, c'est la suppression de cette disposition. Mais, comme vous semblez attach&eacute;s &agrave; ce type de pr&eacute;cision qui n'a rien &agrave; faire dans la loi, mais rel&egrave;ve de la circulaire, je propose de remplacer la visite trimestrielle par une visite annuelle&#160;: c'est l'objet de l'amendement&#160;10 rectifi&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> La commission l'a rejet&eacute;, peut-&ecirc;tre un peu vite. Nombre de procureurs, notamment en province, m'ont dit qu'il leur fallait dix &agrave; quinze jours pour faire le tour chaque trimestre de tous les locaux de garde &agrave; vue, ce qui pose un probl&egrave;me.&#160;&Agrave; la diff&eacute;rence de M.&#160;Cl&eacute;ment, toutefois, je crois bon que la loi fasse obligation au procureur d'aller voir ce qui se passe dans ces locaux. D'autant que les relations ne sont pas toujours idylliques entre les parquets et les officiers de police judiciaire&#160;: ces visites permettent &agrave; chacun de mieux comprendre les conditions de travail de l'autre. &Agrave; titre personnel, l'id&eacute;e de fixer &agrave; un an la p&eacute;riodicit&eacute; de ces visites me semble bonne.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> Le procureur peut aller quand il veut dans les locaux de garde &agrave; vue. La loi lui fait obligation d'y aller une fois par trimestre, ce qui est peut-&ecirc;tre beaucoup. Nous cr&eacute;ons de nombreux postes, mais pas autant que nous le voudrions... Une visite annuelle me semble raisonnable, mais il faut que la loi pose cette obligation. Sagesse.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Patrick Devedjian -</b> Je souhaite une pr&eacute;cision. Le texte mentionne le &#171;&#160;procureur&#160;&#187;&#160;: cela s'entend-il aussi des substituts&#160;?</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> Le parquet est indivisible.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Fran&ccedil;ois Colcombet -</b> J'ai &eacute;t&eacute; magistrat du parquet, et je sais combien il est utile d'obliger les magistrats &agrave; aller contr&ocirc;ler les gardes &agrave; vue. Ce n'est pas une de leurs t&acirc;ches les plus agr&eacute;ables, mais cela fait partie de leur m&eacute;tier. D'autre part les procureurs ont des substituts&#160;; parfois m&ecirc;me, dans les grandes juridictions, ils en ont suffisamment. Le probl&egrave;me se pose plut&ocirc;t dans les petites juridictions, o&ugrave; ce contr&ocirc;le est plus difficile. Mais il permet d'entrer en contact avec les officiers de police judiciaire, ce qui b&eacute;n&eacute;ficie au fonctionnement de l'institution. Je ne crois pas que ce soit une contrainte &eacute;norme, et je la crois utile. Il y a tant de magistrats qui ne vont dans les tribunaux de commerce, par exemple, que pour les audiences solennelles... On a esp&eacute;r&eacute; &eacute;largir cette obligation dans la loi que le S&eacute;nat vient de saborder. Puisqu'ils n'iront pas dans les tribunaux de commerce, ils peuvent au moins aller dans les locaux de garde &agrave; vue&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;G&eacute;rard Gouzes -</b> Ne faisons pas tout un fromage de cette affaire. On demande aux procureurs cette visite trimestrielle. Mais une circulaire, que cite M.&#160;Cl&eacute;ment lui-m&ecirc;me dans son expos&eacute; sommaire, pr&eacute;cise qu' &#171;&#160;en tout &eacute;tat de cause, le fait que les circonstances locales ne permettent pas &agrave; certains parquets de respecter &agrave; la lettre la p&eacute;riodicit&eacute; des contr&ocirc;les pr&eacute;vus (...) ne saurait constituer une cause de nullit&eacute; des gardes &agrave; vue effectu&eacute;es&#160;&#187;. C'est-&agrave;-dire que les procureurs sont incit&eacute;s, encourag&eacute;s par le l&eacute;gislateur &agrave; visiter ces locaux une fois par trimestre, ce qui est raisonnable. Je suis oppos&eacute; &agrave; l'amendement.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Pascal Cl&eacute;ment -</b> Pourtant Mme la Garde des Sceaux a sembl&eacute; comprendre la n&eacute;cessit&eacute; d'&ecirc;tre r&eacute;aliste. Je n'ose croire que votre attitude est syst&eacute;matiquement n&eacute;gative parce que l'amendement vient de l'opposition, ce serait indigne de vous. Si cette disposition reste dans la loi, elle servira &agrave; certains pour former des recours. Ne soyez donc pas plus royaliste que le roi&#160;! Vous avez fait de la convention europ&eacute;enne une transcription sottement litt&eacute;rale&#160;: n'y persistez pas. J'en appelle au bon sens de mes coll&egrave;gues.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 10 rectifi&eacute;, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --><font face="Times New Roman">M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</font></b><font face="Times New Roman"> Je ne cesserai de le dire, l'impunit&eacute; doit &ecirc;tre combattue d&egrave;s le stade des petits et moyens d&eacute;lits. Or il r&egrave;gne pour eux une totale impunit&eacute;. Comme vous affectionnez les petits textes, je ferai avec l'amendement 73 rectifi&eacute; une petite proposition. Elle reprend une proposition de loi de l'UDF qui avait rencontr&eacute; une &eacute;coute attentive de la majorit&eacute;. M.&#160;G&eacute;rin me para&icirc;t s'&ecirc;tre prononc&eacute; lui aussi dans ce sens.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous pensons que toute infraction doit recevoir une sanction syst&eacute;matique, proportionn&eacute;e et rapide, en particulier pour les jeunes d&eacute;linquants. C'est une fa&ccedil;on de les &eacute;duquer et de les conduire &agrave; int&eacute;grer la citoyennet&eacute;. Cette jeunesse, si on ne l'encourage pas si elle fait bien, si on ne la sanctionne pas si elle fait mal, on la m&eacute;prise.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Aussi sans me lasser et, je l'esp&egrave;re, sans vous lasser, je d&eacute;fends &agrave; nouveau cette proposition, et comme vous m'avez d&eacute;j&agrave; dit &#171;&#160;oui&#160;&#187;, Madame, je suis port&eacute; &agrave; vous demander &#171;&#160;quand&#160;?&#160;&#187;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Tel est l'objet de notre amendement 73 rectifi&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> L'Assembl&eacute;e a d&eacute;j&agrave; examin&eacute; la proposition de M.&#160;Leonetti. La r&eacute;paration est une question capitale. Des avanc&eacute;es ont d&eacute;j&agrave; eu lieu&#160;: d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s du procureur, m&eacute;diation p&eacute;nale, maisons de la justice et du droit..., d'autant mieux que les r&eacute;gions s'y investissent davantage, n'est-ce pas, Monsieur Devedjian&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> Pour l'instant, c'est la ville d'Antibes qui s'implique&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Bref, tout un dispositif existe et commence &agrave; fonctionner. Il faudra aller plus loin. Mais il est difficile de d&eacute;velopper les travaux de r&eacute;paration, parce que de nombreuses collectivit&eacute;s locales ne sont pas candidates, parce que des administrations sont r&eacute;ticentes face &agrave; l'encadrement qu'il faut fournir. Pourtant, pour beaucoup de primo-d&eacute;linquants, la r&eacute;paration me para&icirc;t bien pr&eacute;f&eacute;rable &agrave; l'enfermement. On travaille dans ce sens, et il ne me semble pas utile de cr&eacute;er, comme M.&#160;Leonetti le propose, des conseils de r&eacute;paration p&eacute;nale. Rejet.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> Rendre obligatoires des maisons de justice et du droit ne me para&icirc;t pas opportun. En effet, l'article 21 de la loi du 11 d&eacute;cembre 1998 permet, mais n'oblige pas, de cr&eacute;er des maisons de justice dans le ressort des tribunaux de grande instance, les autorit&eacute;s locales ayant &agrave; se prononcer sur ce point. En 2001, il existait 82 maisons de justice. Suite aux entretiens de Vend&ocirc;me, 50 autres devraient s'y ajouter dans les deux ans.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Proposer de cr&eacute;er un conseil de r&eacute;paration p&eacute;nale repose sur l'id&eacute;e que l'impunit&eacute; r&egrave;gne et que les infractions demeurent sans r&eacute;ponse p&eacute;nale. Il n'en est rien, et il n'y a donc pas lieu de substituer un conseil de la r&eacute;paration au procureur de la R&eacute;publique. En effet, le taux de r&eacute;ponse p&eacute;nale s'est &eacute;lev&eacute; en 2000 &agrave; 70&#160;% au total, et &agrave; 80&#160;% pour les mineurs, les classements sans suite &eacute;tant motiv&eacute;s par des raisons juridiques ou par la tr&egrave;s faible gravit&eacute; des faits.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les procureurs de la R&eacute;publique font donc leur travail, et un conseil de r&eacute;paration ne r&eacute;ussirait pas mieux. De plus, les mesures de r&eacute;paration se sont &eacute;lev&eacute;es &agrave; 12&#160;000 en 2000, et les alternatives aux poursuites &agrave; 247&#160;000.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">L'essentiel serait en fait d'am&eacute;liorer la coop&eacute;ration entre les &eacute;lus </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">locaux, les associations et la justice afin que cette derni&egrave;re dispose de suffisamment de postes de r&eacute;paration p&eacute;nale. Sur ce point, le d&eacute;cret du 1<sup>er</sup> avril 1992 sera modifi&eacute; afin de pr&eacute;ciser que le conseil d&eacute;partemental de pr&eacute;vention de la d&eacute;linquance aura pour but d'encourager des mesures alternatives aux poursuites et que tout conseil municipal peut cr&eacute;er un conseil local de pr&eacute;vention pour &#171;&#160;proposer aux autorit&eacute;s judiciaires comp&eacute;tentes les modalit&eacute;s concr&egrave;tes de mise en _uvre des mesures de r&eacute;paration p&eacute;nales pour les mineurs&#160;&#187;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Ce que propose le Gouvernement me para&icirc;t r&eacute;pondre aux vraies questions. Vous avez en fait satisfaction, Monsieur Leonetti, mais vous ne voulez pas le voir.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> Contrairement &agrave; ce qu'a dit le rapporteur, la proposition de M.&#160;Leonetti n'a pas encore &eacute;t&eacute; examin&eacute;e ici, puisque la majorit&eacute; a refus&eacute; de passer &agrave; la discussion des articles. Nous avions donc l&agrave; une formidable occasion de montrer que le Gouvernement et la majorit&eacute; avaient pour pr&eacute;occupation majeure d'apaiser l'inqui&eacute;tude de nos concitoyens sur la culture de l'impunit&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">L'amendement de M.&#160;Leonetti comporte des mesures dont l'addition apporterait de r&eacute;elles garanties &agrave; nos concitoyens. Faire suivre syst&eacute;matiquement chaque faute d'une punition par r&eacute;paration correspond vraiment &agrave; ce qu'attendent les Fran&ccedil;ais aux prises avec la petite d&eacute;linquance, celle qui cr&eacute;e le plus de difficult&eacute;s parce qu'elle sait qu'elle demeure impunie. En effet cette petite d&eacute;linquance d&eacute;passe rarement le stade du proc&egrave;s-verbal, ce qui emp&ecirc;che de faire appara&icirc;tre le statut de multir&eacute;cidiviste. On vole une fois, on arrache un sac une seconde fois, on bouscule une vieille dame une troisi&egrave;me fois, et on lui casse le col du f&eacute;mur... et on en reste au proc&egrave;s-verbal, sans la moindre sanction. Il n'y a donc pas de multir&eacute;cidivistes, mais ce que les policiers appellent des r&eacute;it&eacute;rants. La vraie solution est dans la r&eacute;paration syst&eacute;matique. Le rapporteur a l'air de douter que les collectivit&eacute;s locales soient pr&ecirc;tes &agrave; s'impliquer, tout en faisant r&eacute;f&eacute;rence aux initiatives du conseil r&eacute;gional d'Ile-de-France. Or le conseil g&eacute;n&eacute;ral des Alpes-Maritimes finance des b&acirc;timents et des &eacute;quipements de police et de gendarmerie, et construit exclusivement aux frais du contribuable local un centre d'&eacute;ducation renforc&eacute;e pour le tribunal de Nice et un autre pour celui de Grasse, ce qui est sans exemple.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">L'amendement de M.&#160;Leonetti permet de mieux sanctionner la petite d&eacute;linquance et d'associer plus &eacute;troitement les &eacute;lus locaux &agrave; cette d&eacute;marche. Laisser passer cette opportunit&eacute; ne serait pas compris de nos concitoyens.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> O&ugrave; allez-vous chercher qu'il y a une culture de l'impunit&eacute;&#160;? Votre proc&eacute;d&eacute; n'est pas loyal&#160;! J'ai toujours dit ici que, chaque fois qu'un jeune &#171;&#160;casse la loi&#160;&#187;, il faut r&eacute;pondre par une sanction.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> Ce n'est pas ce qui se passe&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> C'est reconna&icirc;tre la responsabilit&eacute; et la dignit&eacute; de ce jeune. J'ai toujours tenu ce langage. Vous dites qu'un jeune qui aurait cass&eacute; le col du f&eacute;mur d'une vieille dame ne subirait qu'une mesure de r&eacute;paration. Nous ne vivons pas dans le m&ecirc;me pays&#160;! Il n'existe pas un magistrat qui s'en tiendrait l&agrave; face &agrave; un acte aussi grave&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> Cela se produit tous les jours&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> Le probl&egrave;me n'est pas dans la sanction prononc&eacute;e pour un petit d&eacute;lit, mais dans l'absence de moyens pour la faire ex&eacute;cuter dans de bonnes conditions. De nombreux juges des enfants nous le disent. Il faut que les collectivit&eacute;s territoriales et les associations joignent leurs efforts pour trouver des lieux ad&eacute;quats. Voil&agrave; ce que nous leur demandons. En revanche, il est hors de question que le pouvoir de prononcer la sanction soit transf&eacute;r&eacute; aux &eacute;lus locaux&#160;; vous en &ecirc;tes tous d'accord.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Si un jeune commet un acte grave, je n'ai aucun tabou, y compris sur la prison. N'essayez pas d'insinuer que nous regardions sans d&eacute;plaisir les jeunes commettre des d&eacute;lits dans la rue. C'est une id&eacute;e folle&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Soyez r&eacute;alistes, et travaillez avec les associations...</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> Elles sont souvent foireuses&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> Je vous laisse la responsabilit&eacute; de cette appr&eacute;ciation&#160;! Agissons tous ensemble pour trouver des lieux de r&eacute;paration ad&eacute;quats. Prenez garde &agrave; ne pas d&eacute;river de la r&eacute;alit&eacute; vers de la politique tr&egrave;s politicienne.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> Ne dites pas cela. Nous cherchons simplement &agrave; combler un hiatus, qui a pour cons&eacute;quence que les mesures de r&eacute;paration ne s'appliquent pas.</font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">Je ne peux pas vous laisser dire que je ferais semblant de ne pas voir que nous avons d&eacute;j&agrave; satisfaction, car ce n'est pas vrai. J'ai l'impression que vous n'adopterez jamais les mesures simples et efficaces que nous pr&eacute;conisons. Eh bien, nous les prendrons, nous, d&egrave;s que nous serons revenus au pouvoir. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Si le probl&egrave;me &eacute;tait aussi simple &agrave; r&eacute;gler que vous le pr&eacute;tendez, il l'aurait &eacute;t&eacute; depuis longtemps&#160;! </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Alors, M.&#160;Estrosi nous dit que les associations sont &#171;&#160;foireuses&#160;&#187;...</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> Certaines d'entre elles, d'ailleurs plut&ocirc;t celles qui sont proches de vous. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;- </b>Le probl&egrave;me tient &agrave; la surcharge de travail des magistrats et surtout &agrave; la difficult&eacute; de trouver des personnes qualifi&eacute;es pour encadrer les TIG, afin que ceux-ci servent vraiment &agrave; &eacute;duquer la personne qui a commis une faute. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Les associations ne sont que marginalement concern&eacute;es par les peines de r&eacute;paration, du moins pour l'instant car &agrave; l'avenir devraient se d&eacute;velopper en leur sein des &#171;&#160;adultes-relais&#160;&#187;. Des enseignants &agrave; la retraite pourraient ainsi parfaitement assurer un tutorat aupr&egrave;s de jeunes condamn&eacute;s &agrave; un TIG. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Ne tombons pas dans un d&eacute;bat r&eacute;ducteur. Il y a un vrai probl&egrave;me, de moyens mais aussi de culture car il est en effet plus facile d'envoyer quelqu'un en prison que de lui proposer une peine de r&eacute;paration. </font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 73 rectifi&eacute;, mis aux voix, n'est pas adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Jean-Antoine Leonetti -</b> L'amendement 14 rectifi&eacute; est d&eacute;fendu. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Christian Estrosi -</b> L'amendement 32, identique, &eacute;galement. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> La commission a repouss&eacute; ces deux amendements qui proposent que le procureur de la R&eacute;publique puisse si n&eacute;cessaire doubler la dur&eacute;e d'une enqu&ecirc;te de flagrance, actuellement limit&eacute;e &agrave; huit jours. Les officiers de police judiciaire disposent de pr&eacute;rogatives &eacute;tendues dans le cadre des enqu&ecirc;tes de flagrance pr&eacute;cis&eacute;ment parce que celles-ci sont plus courtes. Avec une dur&eacute;e de seize jours, on changerait de cadre. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;- Avis d&eacute;favorable &eacute;galement. </font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">Les amendements 14 rectifi&eacute; et 32, mis aux voix, ne sont pas adopt&eacute;s.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Patrick Devedjian -</b> L'amendement 66 pr&eacute;voit que la dur&eacute;e de garde &agrave; vue d'un t&eacute;moin r&eacute;calcitrant, qui refuserait d'apporter son concours &agrave; la police, soit normale, alors que dans le cadre d'une enqu&ecirc;te de flagrance, un t&eacute;moin ne peut pas &ecirc;tre retenu plus de quatre heures, ce qui est tout &agrave; fait normal. Mais un t&eacute;moin r&eacute;calcitrant, sans &ecirc;tre un suspect, n'est n&eacute;anmoins pas un t&eacute;moin tout &agrave; fait ordinaire. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Ce n'est pas tout &agrave; fait ce que propose votre amendement. En effet, celui-ci permet qu'une personne susceptible de prot&eacute;ger les auteurs d'un d&eacute;lit puisse &ecirc;tre plac&eacute;e en garde &agrave; vue. Il est satisfait car dans le cas que vous &eacute;voquez, il y a &#171;&#160;des raisons plausibles&#160;&#187; de penser que ce t&eacute;moin r&eacute;calcitrant qui prot&egrave;ge l'auteur d'un d&eacute;lit a particip&eacute; au d&eacute;lit, et notre texte permet d&eacute;sormais sur ce seul fondement &agrave; l'officier de police judiciaire de le placer en garde &agrave; vue. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Patrick Devedjian -</b> Si la Garde des sceaux confirme cette interpr&eacute;tation, je suis pr&ecirc;t &agrave; retirer mon amendement. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;<b>-</b> Votre amendement est inutile compte tenu de la nouvelle d&eacute;finition, moins restrictive que la pr&eacute;c&eacute;dente, de la notion &#171;&#160;d'indice&#160;&#187; r&eacute;sultant de l'article premier de la proposition de loi. Sa r&eacute;daction pourrait laisser penser qu'il serait possible de placer en garde &agrave; vue toutes les personnes qui, de pr&egrave;s ou de loin, connaissent l'auteur d'un d&eacute;lit. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Patrick Devedjian -</b> Mon amendement ne sera satisfait que lorsque nous aurons vot&eacute; l'article premier, ce qui n'est pas encore le cas. Mais je le retire bien volontiers. </font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 66 est retir&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'article premier, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="center"><a href="#TopOfPage"><img src="haut.gif" alt="Top Of Page" border="0"></a><p align="center"><b><i><font size="1"><a name="P426_123298"></a>ART. 2</font></i></b></p><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;le Rapporteur&#160;-</b> Que le procureur soit averti d&egrave;s la premi&egrave;re heure de garde &agrave; vue constituait assur&eacute;ment un progr&egrave;s, tant pour le suivi du d&eacute;roulement de la proc&eacute;dure que pour la garantie des droits de la personne gard&eacute;e &agrave; vue. Mais en raison du manque de magistrats -on sait &agrave; qui il est imputable-, cette disposition a cr&eacute;&eacute; de grosses difficult&eacute;s aux officiers de police judiciaire, les parquets &eacute;tant bien souvent injoignables. L'id&eacute;al serait bien s&ucirc;r qu'ils puissent &ecirc;tre joints sans d&eacute;lai 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 car le dialogue entre police et parquet est indispensable, ne serait-ce que pour qualifier les faits parfois. Mais il para&icirc;t impossible d'imposer aux officiers de police judiciaire de r&eacute;ussir &agrave; informer le parquet en une heure. Dans l'immense majorit&eacute; des cas, ils remplissent aujourd'hui cette obligation en adressant une t&eacute;l&eacute;copie, mais des contestations sont toujours possibles. Afin de lever cette difficult&eacute;, nous proposons donc par l'amendement 75 rectifi&eacute; que les officiers soient tenus d'informer le parquet &#171;&#160;le plus rapidement possible&#160;&#187;. Cette proposition raisonnable est de nature &agrave; satisfaire aussi bien la police que le parquet, qui n'aura pas l'impression de passer apr&egrave;s l'avocat, et &eacute;carte tout risque de nullit&eacute; de la proc&eacute;dure du fait du non-respect d'une obligation, quasiment impossible &agrave; remplir dans les faits. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Garde des Sceaux</b>&#160;- Avis favorable. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Patrick Devedjian -</b> Nous n'avons pas d&eacute;battu de l'article premier, qui est pourtant essentiel. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Pr&eacute;sidente -</b> Nous sommes &agrave; l'article 2. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Patrick Devedjian -</b> L'article premier a des incidences majeures sur l'article 2. &Ecirc;tes-vous bien conscients qu'en substituant &agrave; la notion &#171;&#160;d'indice apparent&#160;&#187; la formule de la convention europ&eacute;enne des droits de l'homme, c'est-&agrave;-dire en rempla&ccedil;ant un &eacute;l&eacute;ment concret par une consid&eacute;ration abstraite, vous avez consid&eacute;rablement &eacute;largi la notion de &#171;&#160;suspect&#160;&#187;, partant, les possibilit&eacute;s de placement en garde &agrave; vue, et donc adopt&eacute; une mesure beaucoup plus r&eacute;pressive&#160;?</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;G&eacute;rard Gouzes -</b> Vouliez-vous le contraire&#160;? </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Patrick Devedjian -</b> Non, mais je souhaite que l'Assembl&eacute;e soit &eacute;clair&eacute;e. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Le contr&ocirc;le du procureur de la R&eacute;publique est donc d'autant plus indispensable, et pour cette raison m&ecirc;me. </font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Vous mesurez ce soir tout l'int&eacute;r&ecirc;t de laisser m&ucirc;rir les textes pour parvenir &agrave; la r&eacute;daction la plus adapt&eacute;e -&#160;car, aujourd'hui, nous sommes d'accord avec vos propositions sur ce point&#160;- et apportez vous-m&ecirc;mes la preuve qu'h&eacute;las, la loi du 15 juin 2000, improvis&eacute;e, posait plus de probl&egrave;mes qu'elle n'en r&eacute;solvait. </font></p align="justify"><p align="justify"><b><!--  . --><font face="Times New Roman">M.&#160;le Rapporteur&#160;-</font></b><font face="Times New Roman"> Je vois bien combien la d&eacute;marche de M.&#160;Devedjian est intelligente&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Je ne suis pas d'accord avec le terme &#171;&#160;r&eacute;pressif&#160;&#187;&#160;: la garde &agrave; vue n'est pas une mesure de r&eacute;pression. On est rapidement habill&eacute; en devenant &#171;&#160;le premier flic de France&#160;&#187; ou le &#171;&#160;Monsieur R&eacute;pression&#160;&#187;&#160;!</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Je ne consid&egrave;re pas que l'on durcisse les choses&#160;: on favorise le travail de clarification. Nous savons tous que les probl&egrave;mes &eacute;voqu&eacute;s sont li&eacute;s &agrave; la d&eacute;linquance urbaine, &agrave; ce que les policiers appellent les &#171;&#160;vols de moineaux&#160;&#187;&#160;: la police intervient, tous se dispersent, on ne sait pas qui est qui. La loi nous emp&ecirc;chait de pouvoir r&eacute;pondre &agrave; ces situations - mais sur le fond, sans toucher &agrave; la loi, on aurait pu trouver des solutions&#160;: possibilit&eacute; de proc&eacute;der &agrave; des contr&ocirc;les d'identit&eacute;, garder les gens pendant quatre heures avant la clarification. </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">Mais il est pr&eacute;f&eacute;rable que l'officier de police judiciaire ait la responsabilit&eacute; des choses. La pr&eacute;sence du parquet &agrave; ses c&ocirc;t&eacute;s est utile&#160;: il appr&eacute;cie la situation, il dialogue, et c'est lui, l'officier de police, qui poursuit son entretien avec la personne qui lui fait face.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Nous arrivons &agrave; une proc&eacute;dure &eacute;quilibr&eacute;e&#160;; nous red&eacute;finissons mieux la notion de &#171;&#160;suspect&#160;&#187;.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>M.&#160;Fran&ccedil;ois Colcombet -</b> Nous touchons l&agrave; un probl&egrave;me int&eacute;ressant. Chacun sait que nous sommes arriv&eacute;s &agrave; cette formulation - &eacute;quilibr&eacute;e en effet - apr&egrave;s maintes discussions. Je pense, Madame la ministre, qu'il faudra dire &agrave; vos procureurs, dans les circulaires que vous leur adressez, que quand on pr&eacute;vient un avocat, il faut en m&ecirc;me temps avertir le procureur, de mani&egrave;re &agrave; ce qu'il n'y ait pas de d&eacute;s&eacute;quilibre.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">En r&eacute;alit&eacute;, tout le monde &eacute;tait d'accord sur l'ancienne jurisprudence </font><b><!--  . --></b><font face="Times New Roman">de la Cour de cassation&#160;: l'effet de d&eacute;s&eacute;quilibre vient de ce que l'on avertit l'avocat dans la premi&egrave;re heure. Vous savez tr&egrave;s bien que si l'on pr&eacute;vient l'avocat, seul, on en arrive &agrave; d&eacute;manteler des proc&eacute;dures en cours. Le policier, en pr&eacute;venant une autorit&eacute;, doit pouvoir se couvrir en cas de probl&egrave;me quelconque -&#160;ainsi, le procureur peut intervenir.</font></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman">Comme je suis de ceux qui ont cri&eacute; &#171;&#160;casse-cou&#160;&#187; sur ce sujet, je tiens &agrave; r&eacute;affirmer publiquement que l'&eacute;quilibre trouv&eacute; est tout &agrave; fait satisfaisant. Je serais heureux, Monsieur Devedjian, que nous votions ce texte tous ensemble.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">L'amendement 75 rectifi&eacute;, accept&eacute; par le Gouvernement, mis aux voix, est adopt&eacute;.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><font face="Times New Roman"><b>Mme la Pr&eacute;sidente -</b> A l'unanimit&eacute;.</font></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">La suite du d&eacute;bat est renvoy&eacute;e &agrave; la prochaine s&eacute;ance qui aura lieu ce soir, &agrave; 21 heures.</font></u></p align="justify"><p align="justify"><u><font face="Times New Roman" color="#000099">La s&eacute;ance est lev&eacute;e &agrave; 19 heures 35.</font></u></p align="justify"><ul><ul><ul><ul><ul><ul><ul><ul><ul><ul><p align="center"><font size="1">Le Directeur du service<br> des comptes rendus analytiques,<b><br> <br> Louis REVAH</b></font></p></ul></ul></ul></ul></ul></ul></ul></ul></ul></ul>  </td>  </tr> </table> </div> <!-- TRANSIT - TEXTBAR -->  <hr size="1" noshade> <p align="left"><font size="1"> Assemble nationale</font></p><!-- TRANSIT - INFOAFTER --> </body> </html> 
