<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN"             "http://www.w3.org/TR/REC-html40/loose.dtd"> <HTML> <HEAD><TITLE>La sidrurgie de 1850  nos jours</TITLE> <META http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset= ISO-8859-1"> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" TEXT=black>    <H1 ALIGN=center>La sidrurgie de 1850  nos jours</H1>    <Ol> <li> <a href="#or">L'ge d'or de la sidrurgie: 1850--1918</a>  <ol> <li> <a href="#innovations">Les innovations du XIXe sicle</a>  <ol> <li> <a href="#Nouveaux">Nouveaux procds et suprmatie britannique</a> <li> <a href="#1880">Une nouvelle donne  partir des annes 1880</a> <li> <a href="#Italie">L'Italie</a> </ol>   <li> <a href="#France">L'volution de la sidrurgie en France</a>  <ol> <li> <a href="#geo">Bases gographiques</a> <li> <a href="#structures">Modification des structures industrielles</a> </ol>  <li> <a href="#guerre">Un secteur-cl de l'effort de guerre</a>  <ol> <li> <a href="#1914France">En France</a> <li> <a href="#1914Europe">Les autres pays europens</a>  </ol> </ol>  <P> <li> <a href="#Modernisations">Modernisations et crises (1918--1940)</a>  <p> Passage manquant pour le moment<p>  <li> <a href="#Glorieuses">Les Trente Glorieuses</a>  <ol> <li> <a href="#tournant">1945: le tournant dcisif pour la modernisation</a>  <li> <a href="#crise">Une industrie peu  peu en crise: 1960-1980</a>  <ol> <li> <a href="#solutions">Premiers problmes et solutions</a> <li> <a href="#mondiale">La crise mondiale et ses rpercussions</a> </ol>  <li> <a href="#pays">Les pays europens</a>  </OL> </ol>  <p>  <div align=center> <table width=70% bgcolor="#DDDDDD">  <tr> <td align=center colspan=2> <a href="../index-contemp.html">Retour aux cours d'histoire contemporaine</a></td> </tr>  <tr> <td align=center> <a href="../index.html" target="_top">Page d'histoire avec frames</a> </td>  <td align=center> <a href="../double.html" target=_top>Page d'histoire sans frames</a> <br></td>  </tr> </table>    <p> <img src="../../pics/desert.jpg" alt="[-------------------]"> </div> <p>   <div align="justify"> La sidrurgie est l'activit industrielle de transformation du minerai en mtal; on dsigne couramment sous ce terme l'art de fabriquer et de travailler le fer, la fonte, l'acier. La sidrurgie a connu en France un essor fulgurant  partir de la seconde moiti du XIXe&nbsp;sicle: les amliorations constantes des techniques ferroviaires ont entran le triomphe du chemin de fer sur la route et la voie d'eau. D'autre part l'quipement maritime se perfectionne avec l'apparition de la coque en fer.   <p> Les besoins croissants en acier (machines, infrastructures, btiments...) sont  l'origine du dveloppement de la sidrurgie.  Elle est la clef de vote du systme industriel et le secteur moteur des annes 1870-1914. </div>  <p> <hr> <H2 align="Center"><a name="or">1&nbsp;&nbsp; L'ge d'or de la sidrurgie: 1850--1918</a></H2>  <hr>  <H3><a name="innovations">1.1&nbsp;&nbsp; Les innovations du XIXe sicle</a></H3>   <H4><a name="nouveaux">1.1.1&nbsp;&nbsp; Nouveaux procds et suprmatie britannique</a></H4>    <div align="justify"> <UL> <LI>Le <B>puddlage</B> est une opration de brassage qui spare le carbone de la fonte. Il existe depuis la fin du XVIIIe&nbsp;sicle. Cette mthode pnible et coteuse en nergie requiert des ouvriers trs expriments.  Elle assure la supriorit britannique pour les aciers jusqu'aux annes 1860.  <p> <LI>Le <B>haut-fourneau  coke</B> triomphe aux dpens du haut-fourneau  charbon de bois. La France est plus lente que la Grande-Bretagne, qui a trs vite adopt les fourneaux au coke.  <p> <LI>En 1856, l'introduction du <B>procd Bessemer</B> (violent courant d'air froid balayant une grosse masse de fonte et rduit le carbone) amliore les rendements. La conversion ne ncessite plus que 25  30 minutes contre 24 heures au moins pour les mthodes traditionnelles. Elle permet galement de produite de 5  10 tonnes d'acier en une seule opration au lieu des petits lingots de 20&nbsp;kg au maximum obtenus par puddlage. Le procd Bessemer ne ncessite pratiquement aucune nergie et peut utiliser une fonte de qualit moyenne.  <p> <LI> la fin des annes 1860 est introduit le four <B>Siemens-Martin</B>, moins rapide mais plus facile  contrler que le convertisseur Bessemer. On peut galement l'approvisionner en ferraille.</UL>Ces deux procds ncessitent de minerais de haute qualit, non phosphoreux. L'Allemagne, la Belgique et la France, qui n'en possdent que peu, en importent d'Espagne, de Galicie autrichienne, de l'le d'Elbe et d'Algrie.  <p> Les premiers convertisseurs sont construits  Imphy, Terrenoire, Als, Firminy, Commentry, Le Creusot. L'essor de la production est parallle a ces innovations: 30&nbsp;000 tonnes d'acier en 1860, 330&nbsp;000 en 1880 (1 million en Grande-Bretagne, environ 500&nbsp;000 en Allemagne, 110&nbsp;000 en Belgique).  <p> <B>En Grande-Bretagne</B>, grce  d'importantes ressources en minerais et en charbon, et  une forte demande, la sidrurgie reprsente plus de 10% du revenu national, 40% de la main d'oeuvre industrielle masculine au dbut des annes 1870. La fonte et le fer marchand constituent la plus grande partie de la production. La Grande-Bretagne s'engage de manire prioritaire dans la filire Siemens-Martin. Elle compte sur ses propres ressources en minerai de qualit, et importe des minerais espagnols et sudois,  moindre cot  cause de ses exportations de charbon.  <p> La supriorit anglaise est inconteste au dbut des annes 1880: dominante sur l'acier, crasante sur l'ensemble des productions lies au fer. Elle produit 2,2 fois plus de fonte que l'Allemagne et les tats-Unis runis.  <p>  <BLOCKQUOTE> <img src="../../pics/a_right.gif" alt="[Conclusion]"> Une rorganisation complte de la sidrurgie rsulte de l'adoption de ces procds. Les installations deviennent beaucoup plus importantes et les investissements, en particulier pour les convertisseurs Bessemer, sont considrables. Paralllement, l'acier entre dans une logique de banalisation et de baisse continue de son prix.  </BLOCKQUOTE>	 </div>  <H4><a name="1880">1.1.2&nbsp;&nbsp; Une nouvelle donne  partir des annes 1880</a></H4> 	 	<div align="justify"> Le <B>procd Thomas-Gilchrist</B> permet la dphosphorisation des minerais.  Cela bouleverse les donnes fondamentales qui rgissaient la sidrurgie. Cela permet l'utilisation des minerais lorrains, libre les industriels de la contrainte d'approvisionnement en minerai et leur permet de choisir entre la filire Bessemer et la filire Siemens-Martin.  <p> L'Allemagne et la France orientent la majeure partie de leur dveloppement sidrurgique sur le procd Thomas-Gilschrist. Les aciries britanniques prfrent poursuivre dans la filire Siemens-Martin, o leurs investissements taient dj trs importants. L'Italie, qui ne possde pas de minerai phosphoreux, dont les capitaux sont limits et qui souhaite utiliser au maximum la ferraille, se rallie galement  ce procd.  <p>  <BLOCKQUOTE> <img src="../../pics/a_right.gif" alt="[Conclusion]"> L'acier Bessemer a ds l'origine la rputation de produire de l'acier de mauvaise qualit, tandis que le procd Siemens-Martin, avec un four ouvert, permet aux ouvriers d'intervenir. L'acier Martin rpond aux exigences de qualit et peut tre vendu  un prix lev. Mais peu  peu le prix de l'acier Bessemer-Thomas baisse et concurrence le fer marchand, alors que la demande nouvelle concerne surtout des aciers de moyenne et bonne qualit, et pas seulement de haute qualit. L'offre britannique n'est bientt plus en mesure de satisfaire cette demadne. </BLOCKQUOTE>  Le <B>recul britannique</B> est spectaculaire.  la veille de la Ire guerre mondiale, elle produit un peu plus de 8 millions de tonnes de fonte, contre 15,6 pour l'Allemagne. Les entrepreneurs britanniques sont galement dpasss par les mthodes allemandes de commercialisation sur les marchs europens. La production britannique augmente cependant, et la part de l'acier Thomas augmente. La multiplication des aciers spciaux et l'apparition des alliages offrent d'autre part de relles possibilits aux sidrugistes et  leur main d'oeuvre trs qualifie. Cependant, trop dispers, le capital semble avoir t utilis de manire peu efficace dans le secteur sidrurgique.  <p> La <B>sidrurgie allemande</B> matrise le procd Thomas, et ses installations, plus rcentes que les britanniques, sont plus grandes et mieux intgres. Ce dynamisme est li au bassin houillier de la Ruhr, beaucoup plus importants que les autres gisements allemands (Sarre, Aix-la-Chapelle, Silsie). C'es tle plus grand gisement d'Europe occidentale.  <p> Ce dynamisme repose aussi sur un intense effort de recherche. Krupp met au point la production d'acier fondu, puis celle des bandages sans soudure, puis celle des aciers au silicium qui deviennent une de ses spcialits. Thyssen et Mannesman rivalisent dans la mise au point de procds pour la production de tubes sans soudure. C'est le second qui l'emporte  la fin du XIXe&nbsp;sicle. </div>  <H4><a name="Italie">1.1.3&nbsp;&nbsp; L'Italie</a></H4> 	 	<div align="justify"> La sidrurgie italienne est stimule par la baisse du cot du charbon import, li  la baisse du cot du fret. Les importations de charbon quadruplent dans la dcennie 1880. Une activit sidrurgique moderne nat alors, en particulier  Gnes.   <p> Comme en Grande-Bretagne, c'est le procd Martin qui est adopt; c'est sans doute la part importante des chantiers navals dans les achats qui explique ce choix.  De plus, la main d'oeuvre n'a pas besoin d'tre trs qualifie et l'investissement de dpart est bien plus faible.  <p> Les implantations sont d'emble trs disperses sur le territoire, ce qui interdit les investissements groups et les conomies d'chelle.  <p> <UL> <LI>La Ligurie se dveloppe en liaison avec la construction navale;  <p> <LI>La Lombardie de dveloppe avec les construction mcaniques;  <p> <LI>L'Ombrie connat un essor grce  des subventions publiques. Se dveloppent les <B>Aciries de Terni</B>, nes de la transformation en socit anonyme de l'entreprise du belge Cassian Bon. Parmi les actionnaires, on trouve l'industriel Stphane Breda (Socit vnitienne de Construction et de Travaux Publics), des banquiers et des hommes d'affaires vnitiens et des banques. L'tat s'engage  lui adresser des commandes que le gouvernement doit fixer dans le cadre d'un programme de rarmement naval et militaire. Il lui accorde galement des avances financires pour lui permettre de lancer la production d'acier. Le nouvel tablissement est inaugur en 1886 et bnficie de l'assistance technique de Scheider.  <p> <LI>La Toscane est mise en valeur pour utiliser les ressources en minerai de l'le d'Elbe.  <p> <LI>Naples enfin est promue au dbut du XXe&nbsp;sicle pour favoriser, avec des crdits publics, le dveloppement du Sud.  </UL>  Cette monte en puissance s'appuie sur des importations de charbon.  la fin du XIXe&nbsp;sicle, l'Italie produit majoritairement de la fonte, et sa production d'acier est presque inexistante. La sidrurgie est durement touche par les effets de la crise des annes 1890, qui voit la disparition de ses s deux banques actionnaires.   <p> En 1913, grce au protectionnisme et au soutien de l'tat, l'Italie produit un peu moins d'un million de tonnes d'un acier coteux, ce qui reporte l'effort financier sur les autres secteurs industriels. L'industrie mcanique est ainsi trs pnalise par les surcots entrans par les achats d'acier national. </div>  <H3><a name="France">1.2&nbsp;&nbsp; L'volution de la sidrurgie en France</a></H3>   <blockquote> <img src="../../pics/a_right.gif" alt="[Voir aussi]"> <strong>Sites en rapport</strong> <br>  <a href="http://www.altern.com/moulinafer/" target=_top>Les moulins  fer de Savoie</a> <br> <a href="http://archives.republicain-lorrain.fr/XX_siecle/" target=_top>La sidrurgie en Lorraine (images d'archives)</a>  </blockquote>   <H4><a name="geo">1.2.1&nbsp;&nbsp; Bases gographiques</a></H4> 	 	<div align="justify"> Au milieu du XIXe&nbsp;sicle, les bastions sont les vieux sites charbonniers tt exploits:   <p> <UL> <LI>Loire;  <LI>Sane-et-Loire (Le Creusot);  <LI>Gard (Als);  <LI>Allier (Commentry, Montluon);  <LI>Nivre (Imphy).</UL>  Ces localisations affirment la souverainet de l'est du Massif central sur tout ce qui regarde l'acier. Cependant l'on voit aussi la faillite des rgions autrefois attaches  la mtallurgie au bois: Haute-Marne, Haute-Sane, Doubs, Cte d'Or, Jura (qui constituaient la premire rgion sidrurgique sous la monarchie de Juillet), Normandie, Dauphin, Savoie (sauf Allevard). Enfin, le Nord et la Lorraine commencent  s'emparer de la primaut.   <p> En 1879, de Wendel et Schneider rachtent les droits des brevets Thomas-Gilschrist et ouvrent ainsi une nouvelle tape technologique qui dplace l'industrie vers les gisements lorrains. C'est le dclin du Centre au profit du Nord et surtout de la Meurthe-et-Moselle (Nancy-Joeuf). En 1913, le Centre produit moins de 4% de la fonte, contre plus du tiers en 1870. On trouve quelques hauts-fourneaux disperss autour de Caen et au Boucau prs de Bayonne.  <p> Au dbut du XXe&nbsp;sicle, on teste les premiers fours lectriques  Montluon.  La mise au point en 1886 du procd lectrolytique pour la production d'aluminium par Hroult, qui peu  peu supplante les procds prcdents, permet le dveloppement d'entreprises de rang interntional.  <p> La production nationale en 1913 est de 4,6 millions de tonnes d'acier, 5,2 tonnes de fonte et 22 tonnes de minerai de fer. La Lorraine produit alors 90% du minerai et 50% de l'acier. La productionf franaise ne reprsente cependant que le quart de la production allemande. </div>  <H4><a name="structures">1.2.2&nbsp;&nbsp; Modification des structures industrielles</a></H4> 		 			 			<div align="justify"> La petite mtallurgie rurale, presque familiale (en particulier autour de Saint-Dizier) cde le pas aux grandes entreprises concentres, dont l'exemple classique est Le Creusot avec Schneider:   <p> <UL> <LI>160 fours  coke, 14 hauts-fourneaux produisant 30 tonnes de fonte par jour;   <p> <LI>Une production de 60&nbsp;000 tonnes de rails, 30&nbsp;000 tonnes de fer marchands, 120 locomotives chaque anne;   <p> <LI>10000 employs plus les terrassiers et manoeuvres occasionnels; 10 instituteurs, 1 chirurgien, 3 mdecins.</UL>L'intgration, le paternalisme et le gigantisme se retrouvent chez Wendel.  </div>  <H3><a name="guerre">1.3&nbsp;&nbsp; Un secteur-cl de l'effort de guerre</a></H3>  <H4><a name="1914France">1.3.1&nbsp;&nbsp; En France</a></H4>  <div align="justify"> La sidrurgie franaise, fortement sollicite pour accrotre la production d'armes et de munitions, est cependant trs affaiblie avec le dbut du conflit:  <p> <UL> <LI> cause de la mobilisation, les effectifs de la sidrurgie tombent de 400&nbsp;000 hommes  130&nbsp;000. La crise du matriel clate ds l'automne 1914 et conserve un caractre aigu jusqu'en janvier 1915. Progressivement les effectifs se redressent: 500&nbsp;000 ouvriers  l't 1916.  <p> <LI>Tout le nord de la France est occup; cela reprsente 75% de la production de charbon, 81% de la fonte et 63% de l'acier. Pour combler ces manques l'on a recours aux importations, en mme temps que le Massif Central voit ses ressources mobilises. Le conflit donne un nouvel lan aux mines normandes.  </UL>  Le pouvoir du Comit des Forges s'accrot considrablement pendant le conflit.  En instituant, en aot 1917, le rgime de l'acheteur unique, l'tat en fait l'interlocuteur obligatoire pour toutes les entreprises travaillant pour la Dfense nationale.  <p> Avec l'effort de guerre (en 1918, 261&nbsp;000 obus sont produits par jour) la sidrurgie reoit un formidable coup de fouet. Cela ne se traduit pas par des innovations techniques, mais par l'introduction de la production en srie et du taylorisme.  </div>  <H4><a name="1914Europe">1.3.2&nbsp;&nbsp; Les autres pays 	europens</a></H4>   <div align="justify"> --- <B>L'Allemagne</B> --- Ayant dpass la Grande-Bretagne comme puissance industrielle, produisant les plus grandes quantits d'acier et d'explosifs d'Europe, l'Allemagne a rellement les moyens d'affirmer sa suprmatie. Depuis la guerre de 1870, elle dispose du plus puissant corps de bataille terrestre du monde. L'artillerie lourde dont Krupp a dot l'arme allemande constitue, par la prcision et la porte de ses tirs, une force redoutable.  <p> C'est seulement  partir de juillet 1918 que l'Allemagne enregistre ses premires dfaites dans la course aux armements, au prix de gros sacrifices pour la population civile. Les tats-Unis ont produit peu d'armements, mais ils soutiennent l'Entente par des prts bancaires, des navires marchands et des envois de matires premires.  <p> --- <B>L'Italie</B> --- L'industrie sidrurgique bnficie d'apports massifs de capitaux qui permettent l'extension et la modernisation des units de production. La production d'acier et de fonte augmente pendant le conflit, pour retomber  son niveau de 1914.  cause des difficults du commerce maritime, l'Italie doit limiter les importations de charbon et de minerai de fer, ce qui stimule l'utilisation des ferrailles et le recours aux importations d'acier et de fonte.  <p> L'Ilva (aciries de Terni) et l'Ansaldo russissent  s'accaparer la quasi-totalit des commandes de l'tat. Ces deux trusts poursuivent une stratgie d'intgration verticale: l'<B>Ilva</B> constitue une grande compagnie de navigation et contrle de nombreuses entreprises de constructions mcaniques. L'<B>Ansaldo</B> des frres Perrone met en place les bases d'un vaste groupe industriel  cycle complet fond sur trois secteurs (sidrurgie, constructions mcaniques et navales) associs  l'extraction du minerai de fer  Cogne  partir de 1918, aux industries aronautique, lectrique et chimique.   <p> --- <B>La Belgique</B> --- La Belgique est occupe par l'Allemagne. Dj en 1915--1916, 11% seulement des hauts fourneaux fonctionnaient. En 1917, il n'y en a plus qu'un, arrt en 1918. Ds 1917, les entreprises de plus de 12 ouvriers ne peuvent poursuivre leur activit sans l'autorisation des autorits d'occupation. Les quipements industriels les plus vtustes sont donns  la ferraille, les plus rcents sont emports en Allemagne. La main d'oeuvre est soumise au rgime du travail obligatoire en Allemagne ou est envoye sur le front franais. En 1919, la sidrurgie et les constructions mcaniques doivent donc reconstruire ou rparer une bonne part de leurs installations.  <p> --- <B>Le Luxembourg</B> --- Depuis les annes 1870, le Luxembourg fait partie du Zollverein. Il s'en retire en dcembre 1918. En juillet 1921 est signe l'Union conomique belgo-luxembourgeoise; l'UEBL entre en vigueur l'anne suivante. Des conditions ingales de production opposent les sidrugistes luxembourgeois et belges: les premiers disposent sur place du minerai de fer, tandis que les Belges jouissent de tarifs prfrentiels sur le rseau ferroviaire. De plus, la sidrurgie perd les vastes dbouchs allemands et se heurte  la fermeture du march franais (droits de douane). Des consortiums internationaux sont crs pour racheter les vastes usines allemandes implantes au Luxembourg. </div>  <p> <BLOCKQUOTE><HR  SIZE=2> <DIV ALIGN=center>  <TABLE BORDER=3 CELLSPACING=3 CELLPADDING=3> <TR><TD  ALIGN=center NOWRAP>Anne</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>Production de fonte</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>Production d'acier</TD> </TR> <TR><TD  ALIGN=center NOWRAP>1914</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>1&nbsp;900&nbsp;000</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>1&nbsp;000&nbsp;000</TD> </TR> <TR><TD  ALIGN=center NOWRAP>1919</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>600&nbsp;000</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>350&nbsp;000</TD> </TR> <TR><TD  ALIGN=center NOWRAP>1926</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>2&nbsp;500&nbsp;000</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>2&nbsp;150&nbsp;000</TD> </TR> <TR><TD  ALIGN=center NOWRAP>1929</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>2&nbsp;900&nbsp;000</TD> <TD  ALIGN=right NOWRAP>2&nbsp;700&nbsp;000</TD> </TR></TABLE> </DIV>  <p>  <DIV ALIGN=center>Figure 1&nbsp;: La production sidrurgique du Luxembourg dans les annes 1920</DIV> <HR  SIZE=2></BLOCKQUOTE>  <div align="justify"> De 1919  1923, la sidrurgie luxembourgeoise affronte de nombreuses difficults conomiques et sociales, avec beaucoup de licenciements et de multiples grves. N'affectant pas vraiment les autres branches industrielles, le mouvement social qui clate au printemps 1921 choue, car il rencontre une dure rpression militaire et patronale.  </div>   <p> <hr> <H2 align="Center"><a name="Modernisations">2&nbsp;&nbsp; Modernisations et crises (1918--1940)</a></H2> <hr>  <em>Pour le moment, ce passage est embryonnaire... a va venir!</em>  <p> <div align="justify"> 		 Pendant la premire guerre mondiale, tout le nord de la France est occup; cela reprsente 75% de la production de charbon, 81% de la fonte et 63% de l'acier. Pour combler ces manques l'on a recours aux importations, en mme temps que le Massif Central voit ses ressources mobilises. Avec l'effort de guerre (en 1918, 261000 obus sont produits par jour) la sidrurgie reoit un formidable coup de fouet. Cela ne se traduit pas par des innovations techniques, mais par l'introduction de la production en srie et du taylorisme. Les annes 1920 voient l'panouissement de la sidrurgie:  en 1929 la France est au 3erang mondial pour la fonte et l'acier, derrire les Etats-Unis et l'Allemagne, et    galit avec la Grande-Bretagne. Paralllement elle stimule la production de charbon.   <p> La sidrurgie est en outre trs fortement integre dans  le systme capitaliste:  les industries mtallurgiques tendent   contrler leurs approvisionnements (Renault possde ses propres fonderies et forges   partir des annes 1930); d'autre part les grands patrons de la sidrurgie se sont regroups depuis 1864 dans le Comit des Forges, organisme professionnel et puissant groupe de pression.    <p> En raison des difficiles conditions de travail les ouvriers sont plus ports   l'action directe; pour cette raison la CGTU recrute plus que la CGT dans la sidrurgie. La combativit ouvrire s'mousse cependant avec la crise de 1929.Le ralentissement des activits conomiques touche de plein fouet la sidrurgiequi dpend du dynamisme de l'aval. Une certaine reprise se fait cependant jour    la fin de la dcennie 1930 avec le rarmement progressif de la France.   </div>   <p> <hr> <H2 align="Center"><a name="Glorieuses">3&nbsp;&nbsp; Les Trente Glorieuses</a></H2> <hr>  <H3><a name="tournant">3.1&nbsp;&nbsp; 1945: le tournant dcisif pour la modernisation</a></H3>   <div align="justify"> En 1945 le charbon et l'acier sont au coeur de la bataille de la production.  L'industie sidrurgique voit la demande s'accrotre considrablement par rapport  ses capacits de production d'avant-guerre. Mais jusqu'en 1948, le patronat n'investit gure, par crainte de la nationalisation et dand un climat social trs difficile (grves de l'automne 1947).   <p> Cependant les socits les plus dynamiques usent  fond des possibilits du Plan Monnet de modernisation et d'quipement (1947). Ainsi, la Societ des Forges et aciries du Nord et de l'Est, et la Societ des hauts-fourneaux, forges et acieries de Denain et Anzin fusionnent en 1948 pour former Usinor.  Ds 1947 l'on modernise et la sidrurgie peut ainsi rattraper son retard sur ses concurrents europens quand la CECA est lane.   <p> Cependant on ne se hisse pas  la hauteur des tats-Unis en 1929. Les objectifs du Plan sont atteints  environ 86%, mais les rendements sont plus faibles que prvu et les restructurations se font lentement. En 1948, la constitution de la SOLLAC (societ lorraine de laminage continu) par le groupe De Wendel vite aux societs les plus faibles de se restructurer. Ds 1950 30% de la production est exporte, selon la politique traditionnelle d'exportation de produits semi-ouvrs.   <p> L'insertion dans la CECA (en fvrier 1953 pour la sidrurgie) facilite les ncesaires importations de coke allemand. Dans les annes 1950 les concentrations se multiplient, avec en particulier:   <p>  <UL> <LI>Sidelor, autour de la societ de Pont--Mousson, en 1950; 13% de l'acier;  <p> <LI>De Wendel et Cie, en 1951; 15% de l'acier;  <LI>Lorraine-Escaut, en 1953; 12% de l'acier.  </UL>  Sidelor, De Wendel, SOLLAC et Usinor matrisent les prix et les marchs, et fournissent environ 70% de la production. C'est une dcennie globalement positive pour la sidrurgie franaise: l'extraction de minerai de fer double (de 30  60 millions de tonnes), le taux d'expansion est de 60% entre 1954 et 1960 grce  la modernisation,  l'amlioration des transports (train, canaux),  la paix sociale, aux aides de l'tat. Cependant cela n'empche ni la concurrence ni la crise: en 1958 l'endettement d'Usinor reprsente 37% de son chiffre d'affaires.  </div>  <H3><a name="crise">3.2&nbsp;&nbsp; Une industrie peu  peu en crise: 1960-1980</a></H3>  <H4><a name="solutions">3.2.1&nbsp;&nbsp; Premiers problmes et 	solutions</a></H4> 	 	 	<div align="justify"> En 1965 la France est le 3e exportateur mondial de fonte et d'acier, avec un sixime de la production exporte. La CECA a d'abord permis d'abaisser le prix du coke, mais des problmes se posent:   <p> <UL> <LI> Prix imbattables des nouveaux producteurs donc marchs extrieurs moins srs. En mme temps le prix trop bas de l'acier limite les bnfices donc les investissements;  <p> <LI>Manque de transports  bon march.  </UL>  La baisse du fret maritime et la possibilit d'importer du minerai africain (Mauritanie) en grande quantit produisent une grave crise dans le bassin lorrain  partir de 1960. Les importations de coke en provenance des tats-Unis  des cours infrieurs aux prix europens interviennent galement et aggravent la crise.   <p> Les solutions apportes sont le dplacement vers la mer (Usinor  Dunkerque en 1962), la production d'acier  l'oxygne pur, la fermeture d'usines du Massif Central. On favorise aussi la concentration des entreprises: en juillet 1966 une convention est passe entre l'tat et la Chambre syndicale de la sidrurgie pour faciliter la modernisation du serteur moyennant des prts avantageux.  Cependant la sidrurgie demeure lie au fer pauvre de Lorraine.   <p> En revanche, l'aluminium prend un bon dpart avec la bauxite de Provence et l'hydrolectricit alpine; mais il souffre justement du prix de la bauxite et du courant  trs haute tension. Pour cette raison Pchiney installe ses nouvelles usines  l'tranger, et fusionne en 1971 avec Ugine-Kuhlmann. Mais les gants nord-amricains bnficiant de ressources hydrolectriques  bon march restent des concurrents redoutables.  <p> Le march de l'acier est irrgulier. La demande n'est pas satisfaite, faute de capacits de production suffisantes: avec les demandes intrieures et celles de la CECA, non prvues et importantes, la limite des capacits de production est atteinte ds 1956. Cendant la production augmente: 20 millions de tonnes en 1968, 27 en 1974. Pour accrotre la production, il est ncessaire, aux dpens de la Lorraine, de se rapprocher des ports (Fos en 1973).  </div>  <H4><a name="mondiale">3.2.2&nbsp;&nbsp; La crise mondiale et ses rpercussions</a></H4>   	 	<div align="justify"> La crise de la sidrurgie est le rsultat de la conjonction de plusieurs facteurs:   <p> <UL> <LI>Avec le ralentissement des activits conomiques, la consommation de produits mtallurgiques baisse (navires, industrie automobile...);  <p> <LI>Apparition de nouveaux matriaux (plastique);  <p> <LI>Des pays en voie de dveloppement deviennent  leur tour producteurs d'acier, d'o la concurrence au niveau mondial et mme dans la CEE: tats-Unis, Japon, Chine, URSS, Inde, Brsil;  <p> <LI>Erreurs de prvision et de gestion: malgr un endettement de 38 milliards de francs, la modernisation est insuffisante et la productivit infrieure  celle des concurrents.  </UL>  Pour rsoudre les problmes est vot au niveau europen le plan Davignon qui fixe des quotas de production et dcide la rduction de la capacit de production de chaque pays: celle de la France passerait de 33  27 millions de tonnes en 1985. Les nationalisations de 1981-1982 ne touchent pas la sidrurgie, mais l'tat contrle Usinor-Sacilor (67&nbsp;000 salaris).  </div>  <H3><a name="pays">3.3&nbsp;&nbsp; Les pays europens</a></H3>  <div align="justify"> --- <B>La Grande-Bretagne</B> --- Les rductions d'effectifs rsultent d'une mcanisation accrue et ne sont pas synonymes de crise de reconversion avant la fin des annes 1970. La production d'acier double, les prix britanniques sont comptitifs et le cot de la main d'oeuvre relativement faible, ce qui permet la survie d'installations plus petites et moins mcanises que sur le continent. On retrouve ici une tendance longue de l'industrie britannique  s'appuyer sur une main d'oeuvre peu coteuse et abondante qui al dispense en partie d'une mcanisation pousse  l'image de la sidrurgie amricaine.  <p> --- <B>La Belgique</B> --- On assiste  un mouvement de concentration des entreprises afin de leur donner une dimension europenne. En 1945, Cockerill absorbe Angleur-Athus. En 1955, il fusionne avec Ougre-Marihaye et devient Cockerill-Ougre. En 1966 nat la SA Cockerill-Ougre-Providence. En 1981, le groupe Cockerill-Sambre s'rige, aprs d'autres acquisitions dans les annes 1970.   <p> --- <B>Le Luxembourg</B> --- Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, les besoins en acier ne cessent de crotre, sur les marchs europens et internationaux. Cependant, le jeu de la concurrence se renforce, avec de nouveaux producteurs (Japon, et bientt la Core). De 1947  1973, la production est en constante augmentaiton,  peine perturbe par de petits creux passagers. Un record historique est atteint en 1974 avec 6,5&nbsp;millions de tonnes d'acier. Presque toute la production est exporte, 3% sont consomms par le march intrieur. Elle est avant tout vendue dans les autres pays de la CEE (RFA et Belgique), aux tats-Unis, et  la fin des annes 1960, en Europe de l'Est.  <p> Plusieurs facteurs expliquent cette russite: l'approvisionnement rgulier et croissant en matires premires grce  la CECA, le dveloppement des moyens de transport (extension de l'aroport, canalisation de la Moselle, modernisation et lectrification du rseau ferroviaire, rnovation des installations portuaires). Pour rester comptitive, la sidrurgie luxembourgeoise fait d'normes investissements de modernisation, et tente de rduire la consommation de combustible (le coke de la Ruhr est de plus en plus coteux). Les sidrurgistes essaient de pallier les augmentations du prix de l'nergie en employant du minerai  teneur leve en fer, qui doit tre import de plus loin.  <p> En 1960, l'ARBED s'associe  Cockerill et Schneider pour la fondation de Sidmar, grand complexe sidrurgique maritime implant  proximit de Gand, sur la mer du Nord.  <p>   <p> <BLOCKQUOTE> La sidrurgie qui au XIXe&nbsp;sicle  tait le moteur de la IIe Rvolution industrielle est dsormais un secteur en crise; cette volution est de  la IIIe Rvolution industrielle (ptrole et lectronique),  l'volution des structures industrielles et  la mondialisation des marchs et de la rpartition du travail. </BLOCKQUOTE> <p> </div>  <div align=center> <table width=70% bgcolor="#DDDDDD">  <tr> <td align=center colspan=2> <a href="../index-contemp.html">Retour aux cours d'histoire contemporaine</a></td> </tr>  <tr> <td align=center> <a href="../index.html" target="_top">Page d'histoire avec frames</a> </td>  <td align=center> <a href="../double.html" target=_top>Page d'histoire sans frames</a> <br></td>  </tr>  <tr> <td align=center colspan=2> <a href="/home/robin/" target=_top>Ma page personnelle</a> </td> </tr> </table>  </div>  <p>   <!--FOOTER--> <HR  SIZE=2> <BLOCKQUOTE><EM>Ce document a t traduit de L<sup>A</sup>T<sub>E</sub>X par </EM><A HREF="http://para.inria.fr/~maranget/hevea/index.html"><EM>H</EM><EM><FONT SIZE=2><sup>E</sup></FONT></EM><EM>V</EM><EM><FONT SIZE=2><sup>E</sup></FONT></EM><EM>A</EM></A><EM>. </EM></BLOCKQUOTE></BODY> </HTML>  
