<HTML> <!--This file created 15:03  01-09-30 by Claris Home Page version 3.0--> <!--This file created 15:04  01-09-30 by Claris Home Page version 3.0--> <HEAD>    <TITLE>LES 10 COMMANDEMENTS DU NOUVEAU CAPITALISME</TITLE>    <META NAME=GENERATOR CONTENT="Claris Home Page 3.0">    <X-CLARIS-WINDOW TOP=0 BOTTOM=582 LEFT=0 RIGHT=1012>    <X-CLARIS-TAGVIEW MODE=minimal> </HEAD> <BODY> <P>&nbsp;</P>  <CENTER><FONT FACE="Comic Sans MS">Le Nouvel Observateur - <DATE>27/08/1998</DATE> - N&#176;<NUMERO>1764</NUMERO></FONT>  <P><FONT FACE="Comic Sans MS"><BR> </FONT></P>  <P><FONT SIZE="+2" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#731810"><TITRE>LES 10 COMMANDEMENTS DU NOUVEAU CAPITALISME</TITRE></FONT></P>  <P><FONT FACE="Comic Sans MS"><FIRST><CHAPEAU> </FONT><FONT FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"> <B>Qui poss&egrave;de aujourd'hui les plus grandes entreprises fran&ccedil;aises&nbsp;? Les retrait&eacute;s am&eacute;ricains&nbsp;! Avec l'&eacute;pargne accumul&eacute;e sur leurs fonds de pension, ils se sont offert les actions de Pechiney, Usinor ou Rh&ocirc;ne-Poulenc. Ce qu'ils veulent&nbsp;? Tout simplement le bonheur et la tranquillit&eacute;... En clair&nbsp;: une rentabilit&eacute; s&ucirc;re et forte de leurs investissements. R&eacute;sultat&nbsp;: ils ont fait changer les r&egrave;gles de gestion des entreprises. Jamais le monde n'est apparu aussi purement capitaliste. Voici ses nouvelles lois </B></CHAPEAU></FIRST></DEBART></FONT></P></CENTER>  <P><FONT FACE="Comic Sans MS">  <HR SIZE=1 WIDTH=250 ALIGN=left NOSHADE>  </FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><TEXTE> Trois mille milliards de dollars, soit 18 000 milliards de francs. Plus de dix fois le budget de la France&nbsp;! C'est le poids estim&eacute; de l'&eacute;pargne am&eacute;ricaine plac&eacute;e en Bourse pour pr&eacute;parer les retraites des enfants de l'Oncle Sam. Enorme&nbsp;! Et ce bas de laine faramineux n'arr&ecirc;te pas de gonfler. Parce que chaque mois, les baby boomers pr&eacute;parent leurs vieux jours en achetant quelques actions de plus. Normal. La retraite par r&eacute;partition, celle qui repose sur la solidarit&eacute; entre les g&eacute;n&eacute;rations, n'existant pas aux Etats-Unis, chacun cotise pour soi, avec l'aide, ou pas, de son entreprise. Et place son argent de pr&eacute;f&eacute;rence &agrave; Wall Street - 43% des Am&eacute;ricains poss&egrave;dent des actions -, pour la plupart par l'interm&eacute;diaire des services d'une gestion collective. Ce sont les fameux fonds de pension.<BR> Ils font, tant que la Bourse monte, le bonheur des retrait&eacute;s de l'Iowa ou du Minnesota. Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'ils dictent aussi leurs lois &agrave; nos entreprises. Leurs milliards, en effet, ne sont pas tous rest&eacute;s aux Etats-Unis. Ils se r&eacute;pandent partout dans le monde et, depuis l'&eacute;clatement de la crise en Asie, surtout en Europe et notamment en France. Selon la balance des paiements, le solde net des investissements financiers venus de l'&eacute;tranger a &eacute;t&eacute; l'an dernier de 266 milliards de francs. Cet afflux d'argent a fait exploser la Bourse de Paris au cours des derniers mois &nbsp;! Selon les &eacute;valuations, entre 35 et 45% du capital boursier fran&ccedil;ais sont aujourd'hui dans les mains des fonds d'investissement &eacute;trangers. Et cette proportion est encore plus &eacute;lev&eacute;e dans les blue chips, les grandes entreprises vedettes du CAC 40.<BR> Pechiney, Rh&ocirc;ne-Poulenc, Usinor..., toutes ces stars de l'industrie fran&ccedil;aise sont aujourd'hui contr&ocirc;l&eacute;es par les fonds am&eacute;ricains. En douceur, bien s&ucirc;r, parce que leurs repr&eacute;sentants n'interviennent pas directement dans la gestion des entreprises. Mais en profondeur parce que leur influence a d&eacute;j&agrave; boulevers&eacute; totalement le capitalisme &agrave; la fran&ccedil;aise.<BR> Ces fonds de pension ont en effet des exigences. Ou plut&ocirc;t, une exigence&nbsp;: de la valeur, encore de la valeur, toujours de la valeur. C'est-&agrave;-dire, plus d'argent pour les actionnaires, donc plus de rentabilit&eacute; pour les capitaux investis dans l'entreprise. Cela peut sembler &eacute;vident, mais jusqu'&agrave; maintenant le capitalisme europ&eacute;en - et notamment le capitalisme fran&ccedil;ais - avait v&eacute;cu &agrave; l'abri de cette contrainte.<BR> <BR> Dans son stade d'apr&egrave;s-guerre, le capitalisme fran&ccedil;ais &eacute;tait rest&eacute; fortement familial et faiblement capitalis&eacute;. En 1981, affaibli par les crises p&eacute;troli&egrave;res, il entrait avec les nationalisations dans l'&egrave;re du capitalisme d'Etat. L&agrave; non plus, le but premier n'&eacute;tait pas la rentabilit&eacute;. Il s'agissait de sauver des emplois, de faire cro&icirc;tre le chiffre d'affaires, de servir de vitrine sociale ou politique... Puis est arriv&eacute;e l'&eacute;poque balladurienne des privatisations. Ce fut le temps des noyaux durs et des prises de participation crois&eacute;es, que l'on a surnomm&eacute;es depuis les &#171;&nbsp;barbichettes&nbsp;&#187;. La BNP achetait un morceau de l'UAP, qui prenait un bout de Suez, qui entrait &agrave; la Lyonnaise, qui allait chez Saint-Gobain, etc. Au bout de cette farandole, des milliards de capitaux &eacute;taient immobilis&eacute;s, peu rentables et servaient uniquement &agrave; assurer la tranquillit&eacute; des barons de l'establishment fran&ccedil;ais.Tout cela est fini&nbsp;! Termin&eacute;. Aujourd'hui, m&ecirc;me le plus puissant des PDG tremble sur son fauteuil. &#171;&nbsp;Le pouvoir &eacute;conomique a chang&eacute; de mains&nbsp;&#187;, confirme Colette Neuville, la pr&eacute;sidente de l'Adam, Association de D&eacute;fense des Actionnaires minoritaires. M&ecirc;me les investisseurs fran&ccedil;ais s'y mettent. L'Association des G&eacute;rants de sicav, sous la houlette de Jean-Pierre Hellebuyck, du groupe Axa (num&eacute;ro deux mondial de la sp&eacute;cialit&eacute;), forte de ses 2 000 milliards de francs g&eacute;r&eacute;s, vient de s'aligner sur les positions am&eacute;ricaines.<BR> <BR> Ce nouveau capitalisme a de beaux jours devant lui. Question de d&eacute;mographie&nbsp;: plus il y aura de vieux, plus les entreprises devront &ecirc;tre rentables&nbsp;! &#171;&nbsp;Un retrait&eacute; est oblig&eacute; de placer son &eacute;pargne dans une action qui va lui assurer ses vieux jours&nbsp;&#187;, rappelle Colette Neuville. Autant savoir alors ce qui nous attend et conna&icirc;tre les nouvelles lois du capitalisme. Voici ses dix commandements.<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>1. - De la richesse pour tes actionnaires, tu cr&eacute;eras.</B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"> C'est le nouveau credo de l'entrepreneur&nbsp;: la valeur&nbsp;! Les capitaux investis dans l'entreprise par les actionnaires doivent rapporter le plus possible. C'est la seule finalit&eacute; de l'entreprise, l'objectif unique de l'&eacute;quipe dirigeante. Chaque ann&eacute;e, afin de valoir plus, l'entreprise doit innover et cr&eacute;er. Et comment &eacute;value-t-on cette valeur&nbsp;? Par toute une batterie de nouveaux ratios, dont les plus connus sont le ROI (return on investment, ou retour sur investissement), qui mesure la rentabilit&eacute; des fonds propres utilis&eacute;s par l'entreprise, et l'EVA (economic value added, ou valeur ajout&eacute;e &eacute;conomique), qui &eacute;value la richesse suppl&eacute;mentaire cr&eacute;&eacute;e chaque ann&eacute;e par l'entreprise. Pour les groupes fran&ccedil;ais, historiquement peu rentables, ces mesures ont &eacute;t&eacute; un traumatisme. Depuis trois ans, ils ne pensent qu'&agrave; une chose&nbsp;: am&eacute;liorer leur ROI. Toutes les activit&eacute;s qui ne sont pas assez rentables sont vendues. Exemple&nbsp;? Danone a c&eacute;d&eacute; ses c&eacute;l&egrave;bres p&acirc;tes Panzani, pour gagner quelques dixi&egrave;mes de ROI, et son action a grimp&eacute; de 50% en Bourse depuis le d&eacute;but de l'ann&eacute;e. Le roi de l'aluminium Pechiney, un chouchou des investisseurs anglo-saxons a &eacute;galement r&eacute;vis&eacute; sa strat&eacute;gie&nbsp;: &#171;&nbsp;Apr&egrave;s deux ans d'efforts, toutes nos activit&eacute;s atteindront une rentabilit&eacute; sur fonds propres de 11% &agrave; la fin de l'ann&eacute;e&nbsp;&#187;, explique un dirigeant. Stressant pour tout le monde&nbsp;!<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>2. - Dans tes m&eacute;tiers tu te sp&eacute;cialiseras.</B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><B> </B>C'est la cons&eacute;quence de la loi pr&eacute;c&eacute;dente&nbsp;: pour &ecirc;tre rentable, et convenablement appr&eacute;ci&eacute; par les analystes boursiers, il faut se consacrer &agrave; quelques m&eacute;tiers bien pr&eacute;cis. Du coup, Pernod-Ricard a vendu Orangina &agrave; Coca-Cola&nbsp;: les experts estiment que le march&eacute; des sodas n'est pas le m&ecirc;me que celui de l'alcool. Et Rh&ocirc;ne-Poulenc s'est s&eacute;par&eacute; de son activit&eacute; de chimie pour se consacrer &agrave; la pharmacie.<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>3. - Toute la plan&egrave;te de tes produits tu inonderas.</B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><B> </B>Il faut &ecirc;tre le plus gros possible, pour abaisser au maximum ses co&ucirc;ts fixes. D'o&ugrave; la multiplication des fusions, qui aboutissent &agrave; cr&eacute;er des entreprises de plus en plus grosses et de plus en plus mondiales. Dernier exemple en date&nbsp;: les groupes p&eacute;troliers BP et Amoco. Les deux soci&eacute;t&eacute;s supprimeront 6 000 emplois sur 100 000 et d&eacute;gageront ainsi 2 milliards de dollars de profits suppl&eacute;mentaires par an, &agrave; partir de l'an 2000. On attend maintenant l'in&eacute;vitable r&eacute;plique des p&eacute;troliers fran&ccedil;ais ; certains parient d&eacute;j&agrave; sur une fusion entre Elf et l'am&eacute;ricain Conoco.<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>4. - Les r&eacute;mun&eacute;rations en actions tu d&eacute;velopperas. </B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><B> </B>Comment pousser un PDG &agrave; faire grimper son action en Bourse, plut&ocirc;t qu'il n'investisse dans des projets qui flattent son ego&nbsp;? En lui permettant d'acheter des actions &agrave; un prix privil&eacute;gi&eacute; (stock options). Aux Etats-Unis, tous les cadres dirigeants sont multimillionnaires gr&acirc;ce &agrave; cette pratique. On peut l'&eacute;tendre aussi &agrave; tous les salari&eacute;s, gr&acirc;ce &agrave; des plans d'int&eacute;ressement. Avantage pour l'actionnaire&nbsp;: moins d'augmentations de salaire &agrave; distribuer. Avantage pour le salari&eacute;&nbsp;: si la Bourse ne craque pas, il peut lui aussi empocher des plus-values, bien sup&eacute;rieures &agrave; la valeur de son salaire.<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>5. - La flexibilit&eacute; tu maximiseras.</B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"> Les chefs d'entreprise ne r&ecirc;vent que de flexibilit&eacute;. Licencier quand ils veulent, modifier les horaires et le temps de travail, transf&eacute;rer les usines dans les pays &agrave; bas salaires...Avec toujours le m&ecirc;me objectif&nbsp;:maximiser les profits pour faire le bonheur de ses actionnaires, qui souvent sont aussi - en tout cas aux Etats-Unis - ses... salari&eacute;s (voir commandement ci-dessus).<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>6. - Tous tes actionnaires, tu respecteras &eacute;galement. </B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"> Cela s'appelle en jargon de PDG la corporate governance, ou, en fran&ccedil;ais, gouvernement d'entreprise. C'est le nouveau th&egrave;me &agrave; la mode des colloques. Il s'agit d'apprendre aux dirigeants &agrave; respecter les droits de tous leurs actionnaires et pas seulement ceux des plus gros. Pour &eacute;viter que les patrons n'agissent comme si l'entreprise leur appartenait, des comit&eacute;s constitu&eacute;s par des administrateurs ind&eacute;pendants sont mis en place. Ils surveillent le PDG, donnent leur feu vert aux investissements en fonction de leur rentabilit&eacute; estim&eacute;e et d&eacute;cident des r&eacute;mun&eacute;rations de l'&eacute;quipe dirigeante en fonction de ses performances. C'est ainsi que Canal+, frapp&eacute; du soup&ccedil;on de privil&eacute;gier les int&eacute;r&ecirc;ts de son actionnaire principal Vivendi, a &eacute;t&eacute; oblig&eacute; de cr&eacute;er quatre comit&eacute;s (finances, investissements, conventions et r&eacute;mun&eacute;rations) cens&eacute;s faire respecter l'&eacute;quilibre. Tractebel, la filiale belge de Lyonnaise-Suez a m&ecirc;me obtenu des garanties particuli&egrave;res pour assurer son ind&eacute;pendance en cas de conflits d'int&eacute;r&ecirc;ts avec sa maison m&egrave;re. Une premi&egrave;re en Europe qui devrait faire &eacute;cole.<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>7. - La transparence tu d&eacute;velopperas. </B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><B> </B>Aux Etats-Unis, les r&eacute;mun&eacute;rations de tous les dirigeants sont publi&eacute;es chaque ann&eacute;e dans les rapports annuels tandis qu'en France on en reste toujours au secret le plus absolu. En Allemagne, c'est encore pire et en Italie pas mieux... &#171;&nbsp;Les Europ&eacute;ens ne sont pas encore pr&ecirc;ts &agrave; accepter les publications des hauts salaires&nbsp;&#187;, estime Jean-Pierre Hellebuyck, qui dirige la gestion collective du groupe AXA. Mais le d&eacute;veloppement d'une v&eacute;ritable d&eacute;mocratie &eacute;conomique passe in&eacute;vitablement par plus de transparence.<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>8. - Tes propres actions tu rach&egrave;teras.</B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><B> C</B>'est le commandement le plus contest&eacute;. Plut&ocirc;t que d'investir dans des machines, de nouvelles activit&eacute;s ou de racheter leurs concurrents, les entreprises utilisent leur tr&eacute;sorerie pour racheter leurs propres actions. Moins d'actions, c'est plus de dividende vers&eacute; &agrave; chacun, donc des actionnaires plus heureux. Cela co&ucirc;te tr&egrave;s cher&nbsp;: Total a d&eacute;pens&eacute; 7 milliards de francs pour racheter (et d&eacute;truire&nbsp;!) 6,2% de son capital. Danone, le BHV ou Elf sont en train d'appliquer le m&ecirc;me programme. Au d&eacute;but les boursiers ont pl&eacute;biscit&eacute; l'id&eacute;e, mais ils y regardent maintenant &agrave; deux fois&nbsp;: &agrave; long terme, ces rachats d'actions sont pr&eacute;judiciables &agrave; la valeur de l'entreprise, puisqu'elles brident sa capacit&eacute; &agrave; se d&eacute;velopper.<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>9. - Des administrateurs ind&eacute;pendants tu choisiras.</B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"> Dans la tradition fran&ccedil;aise, le PDG est tout-puissant et le conseil d'administration n'est encore souvent qu'une chambre d'enregistrement. Cela va changer. Les conseils d'administration vont devenir des organes responsables, demandant des comptes au PDG et veillant aux int&eacute;r&ecirc;ts de tous les actionnaires. En cons&eacute;quence, les administrateurs doivent se professionnaliser, et n'accepter que trois, quatre ou cinq postes, au maximum. Un drame pour certains patrons fran&ccedil;ais qui collectionnent les conseils et les... jetons de pr&eacute;sence.<BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#F20000"><B>10. - Dans le hit-parade boursier tu grimperas.</B></FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"> C'est la r&eacute;compense de tous ceux qui respectent les neuf premiers commandements. C'est aussi une motivation&nbsp;: avec l'euro, il n'y aura plus qu'une seule Bourse &agrave; l'&eacute;chelle du continent. Seules les meilleures entreprises seront retenues pour entrer dans l'indice de cette euro-Bourse. Elles savent que, si elles en font partie, leurs actions entreront dans le portefeuille de tous les retrait&eacute;s de la terre. Un Graal. &#171;&nbsp;La comp&eacute;tition entre elles est tr&egrave;s forte. Toutes veulent y &ecirc;tre. Mais il y aura peu d'&eacute;lues&nbsp;&#187;, constate Monique Bourven, pr&eacute;sidente de State Street Banque.<BR> <BR> Sachez donc que, pour d&eacute;crocher des m&eacute;dailles &agrave; ces jeux Olympiques du capitalisme mondial, les entreprises feront tout pour appliquer ces nouveaux commandements. Qui gagnera? On le sait dej&agrave;. Ce sont les pays, les entreprises, les hommes susceptibles de faire fructifier au mieux les capitaux. Ceux qui perdront? Tous ceux qui n'arriveront pas &agrave; s&eacute;duire ces investisseurs, les nouveaux ma&icirc;tres du monde. </TEXTE></FONT></P>  <P><FONT FACE="Comic Sans MS"><DIV ALIGN="right"></FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><SIGNATURE>CLAUDE SOULA</SIGNATURE></FONT></P>  <P><FONT FACE="Comic Sans MS"></DIV></FONT></P>  <P><FONT SIZE="+2" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#731810"><TITRE></FONT><FONT SIZE="+2" FACE="Comic Sans MS" COLOR="#0000CC">LES R&Egrave;GLES DE FIDELITY</TITRE></FONT><FONT FACE="Comic Sans MS">  <HR SIZE=1 WIDTH=250 ALIGN=left NOSHADE>  </FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><TEXTE> Compar&eacute;s &agrave; l'am&eacute;ricain Fidelity, les plus grands milliardaires ne sont que des va-nu-pieds&nbsp;: le leader mondial des fonds d'investissement g&egrave;re depuis Boston 4 000 milliards de francs, que lui ont confi&eacute;s ses 12 millions de clients. A lui de les valoriser au mieux dans ses Sicav.<BR> <BR> G&eacute;rer de l'&eacute;pargne, c'est un m&eacute;tier que toutes les banques et toutes les compagnies d'assurances du monde entier savent faire. Et notamment les fran&ccedil;aises, puisque AXA-UAP est le num&eacute;ro deux mondial de la profession. Toutefois, Fidelity est un de ceux qui a le mieux impos&eacute; mondialement la notion de shareholder value&nbsp;: autrement dit, les entreprises doivent &ecirc;tre g&eacute;r&eacute;es dans l'int&eacute;r&ecirc;t de leurs actionnaires. Avant d'investir dans une soci&eacute;t&eacute;, ses analystes et ses g&eacute;rants font un travail minutieux&nbsp;: ils rencontrent longuement le PDG en t&ecirc;te-&agrave;-t&ecirc;te, alors que les analystes traditionnels se contentent d'un compte-rendu annuel et de quelques questions &agrave; l'assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale. Ils visitent les usines du groupe pour v&eacute;rifier leur &eacute;tat. Ils discutent avec les salari&eacute;s... C'est un vrai travail d'enqu&ecirc;te qui peut prendre plusieurs mois. Au bout du compte, les 400 g&eacute;rants et analystes connaissent dans chaque secteur les plus belles entreprises de la plan&egrave;te. Ils d&eacute;terminent ensuite celles qui deviendront les plus performantes. &#171;&nbsp;Leurs questions sont infiniment plus pointues que celles des analystes fran&ccedil;ais&nbsp;&#187;, reconna&icirc;t-on chez Usinor. C'est peut-&ecirc;tre cette connaissance en profondeur qui autorise les g&eacute;rants &agrave; ne pas forc&eacute;ment acheter les entreprises les plus profitables&nbsp;: &#171;&nbsp;Nous faisons plus confiance &agrave; des hommes et &agrave; une strat&eacute;gie qu'&agrave; des bilans financiers&nbsp;&#187;, explique un des dirigeants de Fidelity. C'est une philosophie qui &eacute;vite donc la courte vue&nbsp;: les entreprises peuvent avoir de pires actionnaires. </TEXTE></FONT></P>  <P><FONT FACE="Comic Sans MS"><DIV ALIGN="right"></FONT></P>  <P><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><SIGNATURE>CLAUDE SOULA</SIGNATURE></FONT></P>  <P><FONT FACE="Comic Sans MS"></DIV></FONT></P>  <P><FONT FACE="Comic Sans MS"><BR> <BR> </FONT><FONT SIZE="-1" FACE="Comic Sans MS"><PUBLICATION>Nouvel Observateur</PUBLICATION> - N&#176;1764 - page <FOLIO>52</FOLIO> - <MOTS>2211</MOTS> mots.</FONT></P> </BODY> </HTML> 
