<HTML>   <HEAD>   <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Adobe PageMill 3.0 Mac">   <TITLE>Entre angoisse et culpabilit&eacute;</TITLE> </HEAD> <BODY BGCOLOR="#ffffff">  <H1><TABLE WIDTH="216" BORDER="0" CELLSPACING="2" CELLPADDING="0" HEIGHT="35">   <TR>     <TD WIDTH="100%" BGCOLOR="#ffd22e">       <H1><CENTER><FONT COLOR="#000000">Bouleversements</FONT></CENTER></H1>     </TD>   </TR> </TABLE></H1>  <H3><I>Apr&egrave;s la fermeture d'Usinor-Thionville</I></H3>  <H1>Entre angoisse et culpabilit&eacute;</H1>  <H3><I>En 1977, Usinor d&eacute;cidait la fermeture du site de Thionville. Jean-Claude Gael, qui y travaillait depuis 22 ans, se souvient du traumatisme qui en a d&eacute;coul&eacute; tant sur le plan social que familial.</I></H3>  <P><IMG SRC="images/thionville.jpg" WIDTH="350" HEIGHT="240"  ALIGN="LEFT" HSPACE="4" VSPACE="4" NATURALSIZEFLAG="3" BORDER="1"><B><I>Les familles enti&egrave;res se retrouvaient devant le portier de l'usine pour manifester col&egrave;re et inqui&eacute;tude.</I></B></P>  <P>La fermeture d'un site, c'est un monde qui s'effondre pour tous les salari&eacute;s de l'usine concern&eacute;e. C'est aussi la famille toute enti&egrave;re qui traverse la crise. Ars&egrave;ne Hastatt et Jean-Claude Gael travaillaient tous les deux &agrave; Usinor-Thionville au moment o&ugrave; les installations ont &eacute;t&eacute; d&eacute;finitivement ferm&eacute;es en 1977. Si pour le premier, les choses se sont relativement bien pass&eacute;es (<B>&laquo; Je travaillais &agrave; la forge, explique-t-il, et cette installation n'a pas &eacute;t&eacute; touch&eacute;e. J'ai pu y terminer ma carri&egrave;re, mais ce fut une p&eacute;riode tr&egrave;s perturb&eacute;e... &raquo;</B>), pour le second cette fermeture a &eacute;t&eacute; une v&eacute;ritable cassure dans sa vie : <B>&laquo; C'est difficile d'imaginer un tel bouleversement, surtout lorsque cela vous tombe dessus de fa&ccedil;on aussi brutale. C'est la vie familiale et la vie sociale qui sont remises en cause. Et on ressent un profond malaise. Imm&eacute;diatement apr&egrave;s l'annonce de la fermeture, il y a la volont&eacute; de se battre pour qu'on en arrive pas &agrave; une telle extr&eacute;mit&eacute;. Mais rapidement, on se rend compte que l'on ne pourra pas inverser le cours des choses. &raquo;</B></P>  <P>Apr&egrave;s les premiers d&eacute;parts et les premi&egrave;res propositions de reclassement, on se r&eacute;sout &agrave; l'in&eacute;luctable : <B>&laquo; Et au moment de mon licenciement en avril 1979, apr&egrave;s 22 ann&eacute;es de pr&eacute;sence dans l'entreprise, j'en &eacute;tais arriv&eacute; &agrave; pousser un &quot;Ouf&quot; de soulagement &raquo;</B> reconna&icirc;t Jean-Claude Gael. &laquo; Et &agrave; partir de ce moment-l&agrave;, c'est un peu la spirale avec un contexte familial qui se d&eacute;grade, des journ&eacute;es qui se suivent et se ressemblent. Manger, boire, dormir : le cycle infernal. Heureusement ma femme travaillait, mais cette situation a dur&eacute; deux ans avant que je ne retrouve un emploi, en l'occurrence aux Boulonneries d'Ars-sur-Moselle. &raquo;</P>  <P>Et &agrave; l'angoisse du lendemain se m&ecirc;le un sentiment de culpabilit&eacute; : <B>&laquo; L'usine fermait et l'on voulait que cela soit encore de notre faute. On nous disait, plus ou moins ouvertement, que l'on avait trop tir&eacute; sur la corde. Tous ces &eacute;l&eacute;ments ont fait que la p&eacute;riode a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s p&eacute;nible sur le plan moral. &raquo;</B></P>  <P>Cette fermeture aura permis de constater, si besoin en &eacute;tait, que l'usine &eacute;tait le catalyseur de toute l'existence des salari&eacute;s : <B>&laquo; Les familles &eacute;taient regroup&eacute;es dans des cit&eacute;s, les enfants suivaient la fili&egrave;re normale qui les faisaient passer par les centres d'apprentissage avant d'entrer &agrave; l'usine. Tout a bascul&eacute; avec la fin d'Usinor : ceux qui sont rest&eacute;s dans la sid&eacute;rurgie ont dans bien des cas d&ucirc; quitter la r&eacute;gion, les autres ont r&eacute;ussi &agrave; se recaser dans les domaines les plus divers. Les familles ont souvent &eacute;clat&eacute;, et rien n'a plus jamais &eacute;t&eacute; comme avant... &raquo;</B></P>  <P>&nbsp;</P>  <P>&nbsp;</P>  <P>&nbsp;  <img SRC="/RealMedia/ads/adstream_nx.cgi/stat.republicain-lorrain.fr/loisirs" WIDTH="1" HEIGHT="1"> <img SRC="/RealMedia/ads/adstream_nx.cgi/stat-rl.republicain-lorrain.fr/XX_siecle" WIDTH="1" HEIGHT="1"> </body> </HTML> 
