<HTML> <HEAD>    <META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html; charset=iso-8859-1">    <TITLE>Chapitre III - C) Europe, vieille Europe (Adreba Solneman)</TITLE>     <STYLE type="text/css"> <!-- H1			{color: black; font-family: Times New roman, serif; font-size: 16pt; font-weight: bold; text-align: left; text-indent: 5%; margin-left: 5%; margin-right: 5%; margin-bottom: 3%; margin-top: 4%} H2			{color: black; font-family: Times New roman, serif; font-size: 14pt; font-weight: bold; text-align: center; text-indent: 0%; margin-left: 5%; margin-right: 5%; margin-bottom: 16%; margin-top: 3%} H3			{color: black; font-family: Times New roman, serif; font-size: 12pt; font-weight: bold; text-align: left; text-indent: 5%; margin-left: 5%; margin-right: 5%; margin-bottom: 1%; margin-top: 6%} P			{color: black; font-family: Times New roman, serif; font-size: 12pt; font-weight: normal; text-align: justify; text-indent: 5%; margin-left: 5%; margin-right: 5%} P.source	{color: black; font-family: Times New roman, serif; font-size: 10pt; font-weight: normal; text-align: left; font-style: italic; text-indent: 5%; margin-left: 5%; margin-right: 5%; margin-top: 4%} A 			{color: #FF6600; text-decoration: none} DIV 		{text-indent: 0%; margin-left: 5%; margin-right: 5%; margin-top: 10%} //--> </STYLE>  <SCRIPT type="text/javascript"> <!-- function siExiste() {if (window.opener) {return 1;}} function siOuvert() {if (window.opener.closed) {return 0;}} function checkwin(){ var existe = siExiste(); var ouvert = siOuvert(); var bName = navigator.appName; if (bName == "Netscape") { if ((existe == 1) && (ouvert != 0)) {window.opener.focus()} else {window.open('../index2.html','mainwin','toolbar=yes,location=yes,directories=no, personalbar=no,status=yes,menubar=yes,scrollbars=yes,resizable=yes')} } else {window.open('../index2.html','mainwin','width='+screen.width+',height='+screen.height+',top=0,left=0,toolbar=1,location=1,directories=0,personalbar=0,status=1,menubar=1,scrollbars=1,resizable=1')} } //--> </SCRIPT> </HEAD> <BODY BACKGROUND="fond.gif" BGCOLOR="#FFFFFF"> <h1>C) Europe, vieille Europe</h1> <br>&nbsp; <h2>7) Derni&egrave;re lutte de classes en France</h2> <h3>d) Une retraite qui se change en d&eacute;route</h3> <p>La puissance du mensonge dans notre monde a atteint ce paroxysme o&ugrave;, apr&egrave;s une bataille, la moiti&eacute; des vainqueurs nient qu'il y ait eu bataille, et l'autre moiti&eacute; se r&eacute;jouit que les vaincus soient vainqueurs. Ainsi, les vrais vaincus ignorent effectivement qu'ils le sont, et entament la pire des retraites&nbsp;: &agrave; reculons dans le silence.</P> <p>Les ouvriers sid&eacute;rurgistes &eacute;taient les vrais vaincus du 23 mars. La "marche sur Dunkerque", organis&eacute;e par la CFDT, ne r&eacute;unit plus que 2&nbsp;500 personnes, le 6 avril. Les occupations de routes, de voies ferr&eacute;es, d'usines, que maintenant l'Etat ose d&eacute;cr&eacute;ter ill&eacute;gales, ne faisaient plus vibrer leurs auteurs d&eacute;go&ucirc;t&eacute;s. Les usines non "menac&eacute;es" de licenciements (Fos, le 5 avril, Dunkerque, le 7) se mirent en gr&egrave;ve pour des revendications salariales, cassant l&agrave; une solidarit&eacute; entre sid&eacute;rurgistes d&eacute;j&agrave; bien &eacute;br&eacute;ch&eacute;e dans la division syndicale. Pour Longwy et Denain, les n&eacute;gociations ont repris, et les d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s de l'Etat &agrave; la t&ecirc;te d'Usinor et Sacilor expliquent maintenant pos&eacute;ment qu'il n'est pas question de changer quoi que ce soit au plan de licenciements pr&eacute;vu&nbsp;: toutes les suspensions de licenciements, promesses de recyclages, &eacute;tudes de plans moins radicaux, toutes les graves discussions sur l'avenir de la r&eacute;gion, de l'industrie sid&eacute;rurgique, de l'&eacute;conomie fran&ccedil;aise, toutes les commis&eacute;rations de l'information, les vitup&eacute;rations des syndicats, les temporisations du gouvernement n'avaient de sens que contre l'avance des ouvriers dans la rue. Mais apr&egrave;s la bataille d&eacute;cisive qu'ils y ont perdue, &agrave; quoi bon leur servir encore ces boniments, ces concessions &agrave; la fois co&ucirc;teuses et insatisfaisantes&nbsp;? Les sid&eacute;rurgistes de Longwy se mettent en gr&egrave;ve. Le 1er mai a lieu la troisi&egrave;me attaque du commissariat de cette ville, mais tout y sent le cr&eacute;puscule&nbsp;: il n'y a que 150 manifestants contre 150 policiers. "A 17 heures, apr&egrave;s dix bonnes heures de si&egrave;ge, il n'y avait, &agrave; notre connaissance, pas un bless&eacute; ni d'un c&ocirc;t&eacute; ni de l'autre." Enfin les gr&eacute;vistes sont oblig&eacute;s de reprendre le travail &agrave; Usinor, le 9 mai. "J'ai perdu environ 1&nbsp;000&nbsp;F sur mon salaire d'avril et 1&nbsp;500&nbsp;F sur mon salaire de mai. Je ne peux plus continuer." Alors qu'&agrave; Denain, les ouvriers se prononcent contre l'occupation de l'usine (15 mai), le gouvernement, d&eacute;molissant la retraite, va reprendre Longwy &agrave; la CGT. Dans la nuit du 17 au 18 mai, la radio-pirate de la CGT est brouill&eacute;e, 1&nbsp;500 c&eacute;g&eacute;tistes, qui jusqu'&agrave; pr&eacute;sent s'&eacute;taient tenus hors de tous les affrontements, manifestent &agrave; 22h15 "contre la pr&eacute;sence des CRS &agrave; Longwy, et contre le programme de licenciements confirm&eacute; par le minist&egrave;re du travail". Ils prennent la Banque de France, la gare routi&egrave;re, le syndicat d'initiative (triste boutade), l'h&ocirc;tel des imp&ocirc;ts. A 23h15, les CRS chargent, puis sont oblig&eacute;s de reculer dans le commissariat. Des commandos de jeunes (18-20 ans), dernier &eacute;clair dans cette nuit d&eacute;j&agrave; bien noire, &eacute;chappant "&agrave; tout contr&ocirc;le", s'en prennent aux vitrines. Ce n'est qu'&agrave; 3 heures du matin que l'ordre public revient d&eacute;finitivement &agrave; Longwy. 15&nbsp;policiers sont bless&eacute;s et 5 manifestants arr&ecirc;t&eacute;s. "Contrairement &agrave; ce qui s'&eacute;tait pass&eacute;, en mars dernier notamment, les heurts n'ont pas provoqu&eacute; une mobilisation de la population." La classe ouvri&egrave;re mondiale, repr&eacute;sent&eacute;e par la vieille classe ouvri&egrave;re de la vieille Europe, repr&eacute;sent&eacute;e par la classe ouvri&egrave;re fran&ccedil;aise, repr&eacute;sent&eacute;e par les ouvriers sid&eacute;rurgistes de Longwy, a&nbsp;d&eacute;j&agrave; pratiquement disparue dans ce petit matin.</P> <p>Les autonomes, ultimes id&eacute;ologues du prol&eacute;tariat, s'av&eacute;r&egrave;rent n'&ecirc;tre que les prol&eacute;taires de l'id&eacute;ologie, c'est-&agrave;-dire les plus pauvres en la mati&egrave;re. Aussi peu que les ouvriers, ils ne comprirent leur d&eacute;faite, le soir du 23 mars. C'est que, malgr&eacute; qu'ils se disaient la pointe de l'iceberg, ils s'en croyaient le coeur. Cette vanit&eacute; leur interdit de voir l'iceberg fondre sous leurs pieds. Ils mesuraient leur destin, non pas au mouvement dont ils &eacute;taient l'apparition ali&eacute;n&eacute;e, mais &agrave; la c&eacute;l&eacute;brit&eacute; que leur accordait le spectacle. Ainsi, alors que le 23 mars terminait leur ascension, ils crurent qu'il la commen&ccedil;ait. Cette soci&eacute;t&eacute; changerait d&eacute;sormais selon leur ignorance, son pur produit, dont souvent ils s'affirmaient fiers. Ils eurent un journal. Et leur prochaine sortie fut une ruse. Ils avaient refus&eacute; de participer au 1er mai unitaire des syndicats, se pr&eacute;tendant d&eacute;sormais trop forts pour se greffer sur les autres et parce que contrairement au 23 mars ils n'avaient plus aucun espoir de rencontrer des ouvriers radicaux comme les sid&eacute;rurgistes et parce qu'enfin ils ne voulaient plus donner d'"otages" &agrave; la justice. Mais la nuit suivante, &agrave; Toulouse et Paris, ils organisent une "nuit bleue", c'est-&agrave;-dire que quelques bombes simultan&eacute;es endommagent banques, commissariats de police, si&egrave;ges de patronat. Cette action id&eacute;ologique, &agrave; mi-chemin entre la spontan&eacute;it&eacute; de la rue et le terrorisme d'Etat, n'&eacute;veilla de sympathie d'aucun c&ocirc;t&eacute;. En juin, apr&egrave;s six num&eacute;ros, cessa la parution d'"Autonomie", l&agrave; aussi visiblement faute de sympathie. Jamais depuis, ces cabotins du ruisseau n'ont retrouv&eacute; la parole&nbsp;: gris&eacute;s par la louange, n&eacute;gative, de la publicit&eacute;, ils ont endoss&eacute;, en dupes, le faux-nez du radicalisme ouvrier, et en bravaches le panache blanc de la violence pr&eacute;pens&eacute;e. Ainsi, ils n'ont servi que leurs flatteurs, et ne les auront servi que le bref instant o&ugrave; il fallait d&eacute;go&ucirc;ter les ouvriers de leur propre radicalisme, et les diviser de leur propre violence spontan&eacute;e. </P> <p>Les syndicats fran&ccedil;ais ont aussi peu compris qu'admis ce que leur co&ucirc;tait la d&eacute;faite de la classe ouvri&egrave;re le 23 mars. Habitu&eacute;s, en un demi-si&egrave;cle de perte progressive de conscience historique, &agrave; craindre plus d'&ecirc;tre engloutis par le soul&egrave;vement de leur base que de s'ass&eacute;cher par sa d&eacute;crue, ils continuent &agrave; oeuvrer &agrave; une paix sociale aussi infinie qu'illusoire, comme s'il ne s'&eacute;tait rien pass&eacute;. Quand le dernier ouvrier aura &eacute;t&eacute; transform&eacute; en pauvre moderne, il existera encore des syndicats ouvriers qui pr&eacute;tendront que puisqu'ils existent, il existe une classe ouvri&egrave;re. Ces camps retranch&eacute;s aux fronti&egrave;res de l'Empire ne savent donc pas qu'en contribuant si d&eacute;cisivement &agrave; battre les ouvriers, ils inaugurent maintenant leur propre inutilit&eacute;. En France, les syndicats n'ont jamais publi&eacute; le nombre de leurs adh&eacute;rents, et depuis le 23 mars 1979, ils ont enfin raison de le faire&nbsp;: camoufler la d&eacute;saffection peut en effet la ralentir. D&egrave;s le 27 mars, CGT et CFDT inversent leur parodie de division en parodie de r&eacute;conciliation. Tout n'est plus qu'unitaire. La CGT participe &agrave; la marche sur Dunkerque, ce flop unitaire. Le 1er mai, jour saint-dycal, est unitaire. Mais m&ecirc;me &agrave; Paris, la procession unit moins de fid&egrave;les qu'au 23 mars (peut-&ecirc;tre 60&nbsp;000). L'abstention annonc&eacute;e des autonomes laisse &agrave; la police muscl&eacute;e des trotskystes de la LCR la charge du SO de la CGT le 23 mars d'attaquer les 300 autonomes tout de m&ecirc;me pr&eacute;sents. Dans cette attribution des basses oeuvres &agrave; des valets universellement consid&eacute;r&eacute;s comme encore inf&eacute;rieurs, se lit la d&eacute;ch&eacute;ance entre les deux manifestations. Et comme apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; prot&eacute;g&eacute;e par la CGT le 23 mars, la police ne peut qu'en vouloir &agrave; la CGT, la modeste mais fayote LCR ne sera, le 1er mai, que m&eacute;pris&eacute;e par la CGT qu'elle courtise et charg&eacute;e &agrave; son tour par une police &agrave; la fois craintive et surexcit&eacute;e. Mais l'&eacute;tendue de la casse de la classe ouvri&egrave;re fran&ccedil;aise va se mesurer, quoique approximativement, aux scores &eacute;lectoraux du parti ouvrier, le PC. Ce parti, devenu incapable de d&eacute;noncer son propre show d&eacute;mocratico-&eacute;lectoral, le voit maintenant l'accuser. Alors que pendant des d&eacute;cennies, chaque dogme mensonger suppl&eacute;mentaire semblait la renforcer, chaque contorsion id&eacute;ologique de cette ob&egrave;se bureaucratie l'&eacute;puise maintenant davantage qu'elle ne la requinque&nbsp;: l'abandon r&eacute;cent du concept de "dictature du prol&eacute;tariat" (comme si ce moment dialectique chez Marx &eacute;tait une question de vocabulaire) pue la grosse roublardise politicienne&nbsp;; l'adoption de mots qui r&eacute;sonnent, eurocommunisme, crise, restructuration, provocation, &eacute;cologie, f&eacute;minisme, pacifisme, autogestion m&ecirc;me, pue le racolage tardif. Les pauvres pr&eacute;f&egrave;rent voter pour le PS, plus flou, plus souple, plus pute, parce que, ayant &eacute;migr&eacute; du prol&eacute;tariat dont ils n'entendent plus la dictature que contre eux, ils sont eux-m&ecirc;mes plus flous, plus souples, plus putes que les rigides bataillons ouvriers qu'ils d&eacute;sertent en masse. Le projet d'une soci&eacute;t&eacute; pour ouvriers fait maintenant horreur, et le petit emploi, tout mis&eacute;rable qu'il est, ne peut pas croire au projet d'une soci&eacute;t&eacute; pour petits employ&eacute;s. En peu d'ann&eacute;es, ce PC impuissant va perdre la moiti&eacute; des 22&nbsp;% d'&eacute;lecteurs qui lui restaient au soir des &eacute;lections cantonales du 25 mars 1979. </P> <p>Le gouvernement fran&ccedil;ais, stupide et hautain jusqu'&agrave; ce que l'&eacute;meute le menace, pleutre autruche ensuite, se vengea, &agrave; nouveau stupide et hautain, non pas de l'affront qui lui avait &eacute;t&eacute; fait, mais de la peur qu'il avait eu. Ce changement d'humeur, car jamais la conduite de ce corps responsable de l'Etat ne s'&eacute;leva m&ecirc;me &agrave; une politique, se p&egrave;se &agrave; la lourdeur du bras. D&egrave;s le 23 mars, la loi, non seulement g&eacute;n&eacute;ralise l'inflexibilit&eacute; qu'elle r&eacute;servait jusque-l&agrave; aux seuls autonomes, mais, tout particuli&egrave;rement contre gr&eacute;vistes et ouvriers, s'augmente de quelques additifs odieux. A l'issue du Conseil des ministres du 29 mars, une circulaire pr&eacute;sidentielle aux pr&eacute;fets leur demande d'interdire les manifestations "d&egrave;s lors que celles-ci ne pr&eacute;sentent pas des garanties absolues de s&eacute;curit&eacute;" (aucune manifestation au monde, pas m&ecirc;me dans la cour d'un jardin d'enfants, ne pr&eacute;sente des garanties absolues de s&eacute;curit&eacute;) et en cons&eacute;quence "de refuser d&eacute;sormais les autorisations de manifestations dans les centre-villes". Ce d&eacute;cret, unique en "d&eacute;mocratie", qui n'autorise les manifestations que dans les villages, &agrave; condition que la s&eacute;curit&eacute; y soit <I>absolument</I> garantie d'avance, n'est jamais rest&eacute; que l'intention rancuni&egrave;re de ses auteurs. Les inculp&eacute;s du 23 mars furent exag&eacute;r&eacute;ment condamn&eacute;s d&egrave;s le 26 mars, puis par charrettes, certains voyant leur peines aggrav&eacute;es en appel, les derniers, fin mai, commen&ccedil;ant cependant &agrave; b&eacute;n&eacute;ficier de la certitude de victoire du gouvernement. Le PC fit son cheval de bataille du caract&egrave;re effectivement arbitraire des arrestations, et des t&eacute;moignages policiers effectivement faux dans les proc&egrave;s subs&eacute;quents. Cet avocat de fortune, qui avait pour but de prouver la "provocation" polici&egrave;re, desservit plus les inculp&eacute;s qu'il ne les servit, tant le PC est g&eacute;n&eacute;ralement consid&eacute;r&eacute; comme le plus menteur de tous les partis. Ensuite furent frapp&eacute;s les h&eacute;sitants ex-gr&eacute;vistes de la radio et de la t&eacute;l&eacute;vision, qui s'&eacute;taient trop avanc&eacute;s dans leur gr&egrave;ve pour ne pas irriter le gouvernement, et trop peu pour le renverser. Dans la nuit du 26 au 27 avril, l'Assembl&eacute;e nationale adopte le projet de loi Vivien&nbsp;: "Ce texte oblige les personnels charg&eacute;s de la diffusion &agrave; assurer la continuit&eacute; du service public et laisse aux pr&eacute;sidents des soci&eacute;t&eacute;s de t&eacute;l&eacute;vision le soin d'appr&eacute;cier, en cas de gr&egrave;ve des personnels charg&eacute;s de la programmation, si le programme minimum doit &ecirc;tre appliqu&eacute;." En d'autres termes, si les pr&eacute;sidents de cha&icirc;ne n'estiment pas justifi&eacute; le recours au programme minimum, les personnels de la diffusion sont alors requis, n'ont pas le droit de faire gr&egrave;ve. Voil&agrave; qui interdit d&eacute;finitivement au personnel et au public l'acc&egrave;s direct de l'instrument, que la gr&egrave;ve permettait encore d'envisager jusque-l&agrave;. Et par la r&eacute;quisition, la t&eacute;l&eacute;vision est &eacute;lev&eacute;e au rang de service indispensable&nbsp;: les observateurs attentifs ne manqueront pas d'appr&eacute;cier la co&iuml;ncidence entre la Berezina du mouvement ouvrier et ce progr&egrave;s de l'ali&eacute;nation. Apr&egrave;s la nervosit&eacute; polici&egrave;re du 1er mai, le gouvernement admet seulement que l'inqui&eacute;tude n'est plus n&eacute;cessaire&nbsp;: les 5 inculp&eacute;s de ce jour-l&agrave; seront remis en libert&eacute; provisoire, et leur d&eacute;fense, en s'appuyant sur la presse essayera m&ecirc;me de faire valoir que ce sont les CRS qui ont troubl&eacute; l'ordre public&nbsp;! Qu'un tel d&eacute;bat soit tol&eacute;r&eacute; n'est pas signe de libert&eacute;, mais de tranquillit&eacute;. Enfin, toutes les objections contre le plan de la sid&eacute;rurgie, qui avaient, lorsqu'il gagnait du temps, fait discuter et r&eacute;fl&eacute;chir le gouvernement jusqu'&agrave; le suspendre, sont maintenant balay&eacute;es avec m&eacute;pris&nbsp;; et alli&eacute;e au d&eacute;couragement, la r&eacute;pression, si longtemps muette, se signale d&eacute;sormais face aux occupations de routes et d'usines, de voies ferr&eacute;es et de b&acirc;timent publics. Les ouvriers fran&ccedil;ais cessent, en quelques semaines, de renverser des tonnes de m&eacute;tal sur les autoroutes, de d&eacute;fenestrer dans les h&ocirc;tels d'imp&ocirc;ts, d'attaquer les commissariats de police. Ce sont des victoires du spectacle dominant, que les sid&eacute;rurgistes se r&eacute;duirent &agrave; enlever telle vedette de rock (Johnny Hallyday pr&eacute;tendit bien s&ucirc;r que cela &eacute;tait justifi&eacute;, et t&eacute;moigna sa commis&eacute;ration), ou tel autre troph&eacute;e de l'esclavage pl&eacute;biscit&eacute; (la coupe de France de football fut &eacute;galement restitu&eacute;e intacte).</P> <p>La casse de la classe ouvri&egrave;re ne m&eacute;ritait pas tant de d&eacute;tails, si on compare son importance dans l'histoire &agrave; la r&eacute;volution iranienne. Mais d'abord, elle est beaucoup plus prolixe en informations, et s'&eacute;tale donc en des mensonges plus nombreux et plus d&eacute;taill&eacute;s, auxquels il faut r&eacute;pondre. </P> <p>Ensuite, cette d&eacute;bauche de publicit&eacute; domestique, sur les malheurs des domestiques, servit dans chaque Etat &agrave; repousser dans un lointain inessentiel la r&eacute;volution iranienne et le reste du monde&nbsp;: les derni&egrave;res luttes de classe furent ainsi des embryons de contre-offensive par rapport aux &eacute;v&eacute;nements subversifs simultan&eacute;s. Enfin, si les deux grandes offensives de 1979 ont fait moins de bruit, leurs &eacute;chos sont si durables que depuis, ils continuent, sous les formes les plus vari&eacute;es, &agrave; crever cette ceinture d'informations tapageuses et fausses qui les isolent&nbsp;; et c'est manifestement l'inverse pour la casse de la classe ouvri&egrave;re qui fit plus de bruit en son temps, mais qui disparut des m&eacute;moires aussi vite que la classe ouvri&egrave;re de la soci&eacute;t&eacute;. C'est que, dans un d&eacute;luge d'assertions fausses, la r&eacute;volution iranienne n'en a pas moins &eacute;t&eacute; conceptualis&eacute;e en tant que telle, &eacute;v&eacute;nement historique&nbsp;; alors que les convulsions, au m&ecirc;me moment, de la classe ouvri&egrave;re dans la vieille Europe, n'ont jamais &eacute;t&eacute; reconnues comme son agonie effective dans ce monde qui se veut &eacute;ternel.</P> <div> <hr size="1"> <table border="0" width="90%" cellspacing="0" cellpadding="0"> <tr> <td valign="top" align="left"> <FONT FACE="Arial,Helvetica" SIZE=-2 COLOR="#666666"><B><A HREF="http://www.teleologie.org" target=_blank>teleologie.org</A>&nbsp;/&nbsp;</B></FONT><FONT FACE="Arial,Helvetica" SIZE=-2 COLOR="#666666"><B>&eacute;v&eacute;nements&nbsp;/&nbsp;offensive 1978-1982&nbsp;/ Adreba&nbsp;Solneman&nbsp;/ De&nbsp;l'Iran&nbsp;au&nbsp;Nicaragua&nbsp;/</B> </FONT> </td> <td valign="top" align="right"> <FONT FACE="Arial,Helvetica" SIZE=-2 COLOR="#666666"><B> <a href="3c7c.htm" target =_self alt="Pr&eacute;c&eacute;dent">&lt;&lt;</a>&nbsp;&nbsp; <a href="3d1.htm" target =_self alt="Suivant">&gt;&gt;</a></font></b> </td> </tr> </table> </div> </BODY> </HTML> 
