<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 3.2//EN"> <HTML> <HEAD>    <TITLE></TITLE>    <META NAME="Author" CONTENT="">    <META NAME="GENERATOR" CONTENT="Microsoft FrontPage 4.0"> </HEAD> <BODY>  <P><FONT SIZE=+1>Retour au chapitre &quot;<A HREF="../leman/naissance.htm">la naissance du L&eacute;man</A>&quot;</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+1>Retour &agrave; <A HREF="../leman/home.htm">la page d'acceuil</A></FONT></P>  <CENTER><P><BR> <B><FONT SIZE=+4>INTRODUCTION</FONT></B></P></CENTER>  <P><FONT SIZE=+2>Une partie de mes recherches sur le lac L&eacute;man concerne les &eacute;v&egrave;nements extraordinaires qui ont pr&eacute;sid&eacute; et profond&eacute;ment marqu&eacute; sa cr&eacute;ation aux pieds des Pr&eacute;alpes.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>J'ai abord&eacute; le sujet en utilisant l'une des m&eacute;thodes de la g&eacute;ophysique moderne : la gravim&eacute;trie.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Malheureusement, en relisant mes publications de l'&eacute;poque (de 1963 &agrave; 1969), je m'aper&ccedil;ois que leur style est beaucoup trop charg&eacute; de math&eacute;matiques et de physique pour &ecirc;tre propos&eacute; tel quel au public. J'ai donc pris la peine de les re&eacute;crire plus simplement et de les nettoyer de tout vocabulaire sp&eacute;cialis&eacute;.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Je ne puis que conseiller aux lecteurs qui critiqueraient cette nouvelle r&eacute;daction de consulter les articles originaux qui se trouvent, en g&eacute;n&eacute;ral, dans les biblioth&egrave;ques universitaires.</FONT></P>  <CENTER><P><FONT SIZE=+2>* * *</FONT></P></CENTER>  <P><FONT SIZE=+2>Textes originaux:</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>- Les anomalies de la gravit&eacute; dans le canton de Vaud.</FONT><FONT SIZE=+1> Olivier Gonet, 1968, Bull.Soc.Vaud.Sc.Nat: vol 68, no 311</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>- Etude gravim&eacute;trique de la plaine du Rh&ocirc;ne. </FONT><FONT SIZE=+1>Olivier Gonet, 1965, Zurich, Offsetdruck :Schmidberger &amp; M&uuml;ller </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>-Etude gravim&eacute;trique du lac L&eacute;man &agrave; bord du m&eacute;soscaphe Auguste Piccard. </FONT><FONT SIZE=+1>Olivier Gonet, Mat. G&eacute;ol. Suisse, G&eacute;ophysique no 6, 1969</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+1>Ces recherches ont &eacute;t&eacute; faites et publi&eacute;es gr&acirc;ce &agrave; l'aide de la Commission G&eacute;otechnique Suisse, Organe de la Soci&eacute;t&eacute; Helv&eacute;tique des Sciences Naturelles, subventionn&eacute;e par la Conf&eacute;d&eacute;ration Suisse.</FONT></P>  <CENTER><P><FONT SIZE=+2>* * *</FONT></P></CENTER>  <CENTER><P><B><FONT SIZE=+3>Etude du lac L&eacute;man &agrave; bord du sous-marin Auguste Piccard</FONT></B></P></CENTER>  <CENTER><P><FONT SIZE=+2>par</FONT></P></CENTER>  <CENTER><P><FONT SIZE=+2>Olivier Gonet </FONT></P></CENTER>  <CENTER><P><FONT SIZE=+1>Docteur es Sciences</FONT></P></CENTER>  <CENTER><P><FONT SIZE=+2>(textes r&eacute;sum&eacute;s et simplifi&eacute;s)</FONT></P></CENTER>  <P><B><FONT SIZE=+2>1) Le probl&egrave;me</FONT></B></P>  <P><FONT SIZE=+2>Toute cette r&eacute;gion de la vall&eacute;e du Rh&ocirc;ne et du lac a &eacute;t&eacute; admirablement &eacute;tudi&eacute;e par des g&eacute;n&eacute;rations de grands savants. Ils en ont m&ecirc;me fait l'un des hauts lieux de l'histoire de la g&eacute;ologie moderne.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Leur vie durant, ces savants ont arpent&eacute; les Pr&eacute;alpes en tous sens, un chapeau tyrolien sur la t&ecirc;te et un gros sac de cailloux-&eacute;chantillons dans le dos. Ensuite, avec g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;, ils ont publi&eacute; toutes leurs observations, d&eacute;ductions, hypoth&egrave;ses et conclusions. Je pense, en particulier, &agrave; M.Lugeon qui fut peut &ecirc;tre le plus g&eacute;nial, &agrave; E.Gagnebin, le plus cultiv&eacute;, &agrave; H.Badoux qui fut mon professeur respect&eacute; et admir&eacute;. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Ces g&eacute;ologues de g&eacute;nie (et d'autres encore) ont pu reconstituer l'histoire des extraordinaires cataclysmes qui, au cours de temps, ont boulevers&eacute; le paysage des Alpes. (C'est d'ailleurs, en m'appuyant sur leur vision des choses que j'ai r&eacute;dig&eacute; le chapitre I de ce site Internet). </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Mais, comme toujours dans le domaine des Sciences Naturelles, certains points restaient &agrave; pr&eacute;ciser : C'est ainsi que l'existence m&ecirc;me de la plaine du Rh&ocirc;ne et de la cuvette l&eacute;manique reste, aujourd'hui encore, un sujet de controverses scientifiques. En effet, il n'existe pas de ph&eacute;nom&egrave;ne naturel capable de creuser une d&eacute;pression allong&eacute;e aussi volumineuse et aussi profonde. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Il y a, bien s&ucirc;r, de nombreux lacs manifestement creus&eacute;s par les glaciers. Mais ils sont petits et peu profonds. Il y a aussi des vall&eacute;es brusquement barr&eacute;es par des &eacute;boulements. Mais ce n'est pas la cas du L&eacute;man. La ville de Gen&egrave;ve n'est pas construite sur un barrage naturel.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Or, la cuvette l&eacute;manique est &eacute;norme : le fond actuel du lac se trouve &agrave; peu pr&egrave;s &agrave; l'altitude z&eacute;ro. Si on lui enl&egrave;ve encore les s&eacute;diments meubles qui la remplissent partiellement, on arrive &agrave; la profondeur incroyable de 300 m&egrave;tres au-dessous du niveau de la mer ! </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Pour un lac d'un peu plus de 100 kilom&egrave;tres de long, c'est fantastique et tout porte &agrave; penser que le creusement de cette formidable d&eacute;pression est l'effet de l'un de ces dramatiques &eacute;pisode g&eacute;ologique qui ont marqu&eacute;s l'histoire des Pr&eacute;alpes.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Reste &agrave; savoir lequel !</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Pour aborder le sujet, j'ai utilis&eacute; une technique classique de la G&eacute;ophysique : la Gravim&eacute;trie. Cette technique donne parfois des r&eacute;sultats assez flous mais ils d&eacute;bouchent souvent sur une vue des choses tr&egrave;s synth&eacute;tique.</FONT></P>  <P><B><FONT SIZE=+2>2) La m&eacute;thode gravim&eacute;trique</FONT></B></P>  <P><FONT SIZE=+2>La gravim&eacute;trie mesure les variations de l'attraction terrestre. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Pour parler simplement, il est &eacute;vident qu'au-dessus d'un pont cette attraction diminue alors qu'elle augmente au-dessus d'une mine de plomb. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>En principe, un appareil capable de mesurer la gravit&eacute; est aussi simple qu'un jouet d'enfant au berceau : Un simple peson suspendu &agrave; un ressort ! En le promenant &agrave; travers le paysage, il suffit d'observer les variations de l'allongement du ressort pour mesurer les variations de la gravit&eacute; et obtenir, ainsi, une image du sous-sol. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Malheureusement, les difficult&eacute;s apparaissent tout de suite : Ces variations sont infimes. A peu pr&egrave;s la valeur d'un pfennig allemand lorsque, dans les ann&eacute;es 20, il fallait un trillons de marks pour acheter une allumette ! Il faut donc disposer d'un appareil capable de mesurer l'&eacute;paisseur d'un cheveu d'ange coup&eacute; en quatre. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Or, ce genre d'appareil existe. Ils comportent, bien s&ucirc;r, toutes sortes de malices techniques qui permettent &agrave; un vulgaire peson et &agrave; un trivial ressort de mesurer des variations de la gravit&eacute; dix millions de fois plus petite qu'elle-m&ecirc;me. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Pour cette &eacute;tude, j'ai utilis&eacute; un excellent appareil am&eacute;ricain : le gravim&egrave;tre Worden.</FONT></P>  <CENTER><P><FONT SIZE=+2>* * *</FONT></P></CENTER>  <P><FONT SIZE=+2>A ce niveau de pr&eacute;cision, toutes sortes d'effets parasites viennent polluer les mesures : </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>- La lune et les &eacute;toiles font varier la gravit&eacute; terrestre (mar&eacute;es). Il faut donc calculer leur effet et le soustraire. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>- On sait, depuis Newton, que deux corps s'attirent en fonction de leur masse et de leur <B>distance</B>. Il faut donc conna&icirc;tre l'altitude pr&eacute;cise des points de mesure et faire encore des calculs de correction.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>- Pour les m&ecirc;mes raisons, les montagnes environnantes attirent le peson vers le haut. Les vall&eacute;es font de m&ecirc;me par absence de masse. Encore des calculs.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>- Il y a aussi des variations dues &agrave; la temp&eacute;rature du ressort. Il faut encore corriger. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>- D'autres proviennent du simple vieillissement du ressort, de ses myst&eacute;rieuses recristallisations intimes etc... Il faut corriger encore.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Et tous ces calculs sont horriblement longs et ennuyeux. Je le sais parce que je les ai fait des centaines de fois ... et &agrave; la main ! A l'&eacute;poque, dans les ann&eacute;es 60, les ordinateurs n'existaient qu'&agrave; l'&eacute;tat rudimentaire. Ils &eacute;taient gros comme un ch&acirc;teau, chers comme un transatlantique et fragiles comme une rose d&eacute;faillante.</FONT></P>  <P><B><FONT SIZE=+2>3) les mesures sous-lacustres</FONT></B></P>  <P><FONT SIZE=+2>Sur terre ferme, les mesures de la gravit&eacute; ne pr&eacute;sentaient pas de difficult&eacute;s particuli&egrave;re. En revanche, sur le lac, elles &eacute;taient impossibles : Les plus petites vagues, m&ecirc;me par calme plat, affolaient l'appareil de mesure qui ne donnait plus que des r&eacute;sultats illisibles. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>A cette &eacute;poque, justement, s'achevait, &agrave; Lausanne, les c&eacute;l&eacute;brations d'une exposition nationale. Parmi les attractions de cette manifestation, il y avait un gros sous-marin capable de plonger jusqu'au fond du lac et que Jacques Piccard avait construit pour les visiteurs.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>C'&eacute;tait exactement ce qu'il me fallait.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>J'ai esp&eacute;r&eacute;, tout d'abord, qu'il suffirait de s'enfoncer de quelques dizaines de m&egrave;tres sous la surface pour trouver des couches d'eau assez stables. Mais, d&egrave;s les premiers essais, je me suis aper&ccedil;u que je me trompais. D'imperceptibles courants obligeait le pilote &agrave; d'incessant r&eacute;glages d'assiette qui affolaient les aiguilles du gravim&egrave;tre. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Il fallait poser la coque sur le fond du lac. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Mais, pour des raisons techniques que j'ignore, les constructeurs avaient rajout&eacute; au-dessous de la quille une grosse cloche pro&eacute;minente contenant un m&eacute;canisme stabilisateur. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Cet accessoire, non pr&eacute;vu sur les plans, avait d'ailleurs, d&eacute;clench&eacute; la col&egrave;re de Piccard qui le consid&eacute;rait comme totalement inutile. Le style des bathyscaphes de la famille Piccard est inspir&eacute; des ballons libres ou des avions et un tel stabilisateur, seulement utile &agrave; un objet immobile, lui paraissait aberrant.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Bref, cette cloche existait et nous empoisonnait la vie. Elle rendait impossible l'atterrissage en douceur sur le fond du lac. On ne peut pas poser un grand bateau sur une boule sans que tout se renverse.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Il fallut donc imaginer le moyen d'enfoncer cette maudite cloche dans la vase : Le pilote commen&ccedil;ait par examiner, en rase-mottes, la surface pr&eacute;vue pour faire la mesure. Il v&eacute;rifiait qu'il n'y ait ni grosse pierre ni &eacute;pave. Puis il &eacute;levait le sous-marin d'une dizaine de m&egrave;tres et l'alourdissait brusquement pour qu'il arrive sur le sol avec force et s'enfonce un peu dans la vase. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Une fois bien plant&eacute;e, la coque &eacute;tait enfin parfaitement immobile et je pouvais faire mes mesures aussi bien que sur terre ferme.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Avec cette m&eacute;thode, les trois premi&egrave;res mesures furent parfaites. J'&eacute;tais enchant&eacute; du r&eacute;sultat. C'est &agrave; la quatri&egrave;me que les choses se sont g&acirc;t&eacute;es.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Au moment de d&eacute;gager le sous-marin pour aller plus loin, j'ai senti la nervosit&eacute; augmenter dans la cabine de pilotage. Le capitaine, qui &eacute;tait un vrai professionnel, s'effor&ccedil;ait de rester calme et souriant mais, du coin de l'oeil, je le voyais s'agiter avec de plus en plus de brusquerie sur ses manettes et ses robinets. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Sans aucun r&eacute;sultat. Tout restait immobile.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Nous &eacute;tions coll&eacute;s dans la vase. A l'ext&eacute;rieur, les nuages soulev&eacute;s &agrave; l'arriv&eacute;e, achevaient de se dissiper en neige finissante. Peu &agrave; peu, on d&eacute;couvrait, &agrave; travers les hublots, une surface sinistre et gris&acirc;tre, piquet&eacute;e de quelques crat&egrave;res. Un univers glauque et froid. Il fait toujours froid et humide dans un sous-marin. Et, par trois cent m&egrave;tres de fond, il n'y avait aucune aide &agrave; esp&eacute;rer. Rien ni personne ne pouvait nous sortir de ce mauvais pas.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>En fait, ce qui nous retenait est bien simple. Il suffit d'avoir march&eacute;, chauss&eacute; de bottes, dans de la vase pour en avoir l'exp&eacute;rience. La botte qui s'est enfonc&eacute;e sans r&eacute;sistance apparente se trouve brusquement retenue comme dans du ciment. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Les scientifiques appellent cela &laquo; la thixotropie &raquo;. Ils le disent de certaines mati&egrave;res apparemment solides qui se liqu&eacute;fient lorsqu'on les agite et se resolidifient au repos.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Pour ne pas attrister mes amis italiens, je me retiens d'&eacute;voquer la fameuse burette remplie du sang de San Jennaro &agrave; Naples.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Toujours retenu sur le fond sinistre du lac, le pilote a fait des marches avant, marches arri&egrave;re de plus en plus brutales. En vidant les water-ballast, il a crach&eacute; d'&eacute;normes bouillonnements.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Et... tout &agrave; coup... brusquement... la vase s'est liqu&eacute;fi&eacute;e et le sous-marin lib&eacute;r&eacute; s'est envol&eacute; dans l'eau du lac.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>A bord, naturellement, le soulagement a fait refleurir les sourires et les plaisanteries. Mais apr&egrave;s cette exp&eacute;rience tr&egrave;s inqui&eacute;tante, l'&eacute;quipage n'a plus jamais plant&eacute; la coque aussi profond&eacute;ment et je me suis d&eacute;brouill&eacute; pour faire quand m&ecirc;me les mesures. La pr&eacute;cision en a un peu souffert mais je n'ai pas beaucoup protest&eacute; !</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>D'ailleurs, je savais d&eacute;j&agrave;, gr&acirc;ce aux mesures faites sur terre ferme, que l'anomalie gravim&eacute;trique li&eacute;e au lac L&eacute;man &eacute;tait &eacute;norme, ce qui diminuait l'importance des petits d&eacute;tails. D'autre part, la localisation pr&eacute;cise du sous-marin sous trois cent m&egrave;tres d'eau &eacute;tat, elle aussi, approximative et entra&icirc;nait une diminution de la pr&eacute;cision. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Alors, un peu plus...un peu moins... </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>A condition de d&eacute;finir exactement les marges d'erreurs et de ne pas pousser l'interpr&eacute;tation finale des r&eacute;sultats au-del&agrave; de cette marge, l'int&eacute;r&ecirc;t de ces mesures restait tr&egrave;s important.</FONT></P>  <CENTER><P><FONT SIZE=+2>* * *</FONT></P></CENTER>  <P><B><FONT SIZE=+2>4) Pr&eacute;sentation des r&eacute;sultats</FONT></B></P>  <P><FONT SIZE=+2>L'ensemble des mesures de gravit&eacute; faites sur terre ferme et dans l'eau se pr&eacute;sentait comme une longue liste de chiffres sans beaucoup de signification apparente.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Pour la faire parler, j'ai report&eacute; chacun de ces chiffres sur une carte g&eacute;ographique. Puis, comme un topographe trace des lignes de niveau, j'ai dessin&eacute; tr&egrave;s facilement les courbes le long des quelles la gravit&eacute; terrestre reste constante.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>C'est alors que la silhouette des entrailles profondes de la vall&eacute;e du Rh&ocirc;ne et du lac est apparue.</FONT></P>  <CENTER><P><IMG SRC="gif/figa.gif" HEIGHT=227 WIDTH=300></P></CENTER>  <CENTER><P><FONT SIZE=+1>Fig 1) L'anomalie gravim&eacute;trique totale</FONT></P></CENTER>  <CENTER><P><FONT SIZE=+1>(&eacute;quidistance des courbes 5 milligals)</FONT></P></CENTER>  <P><B><FONT SIZE=+2>5) L'interpr&eacute;tation</FONT></B></P>  <P><FONT SIZE=+2>Le hasard et la chance m'avait fait d&eacute;couvrir une &eacute;norme anomalie gravim&eacute;trique, inconnue jusqu'alors. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>En plus d'une profonde d&eacute;pression qui s'&eacute;tend depuis St Maurice, dans la vall&eacute;e du Rh&ocirc;ne, jusqu'&agrave; mi-lac, il y a quantit&eacute; d'arrondis, de creux, de bosses... tout &agrave; fait admirables pour un g&eacute;ophysicien.</FONT></P>  <P><B><FONT SIZE=+2><I>- a) L'isostasie</I> .</FONT></B></P>  <P><FONT SIZE=+2>La premi&egrave;re chose qui saute aux yeux est que la gravit&eacute; diminue r&eacute;guli&egrave;rement au fur et &agrave; mesure qu'on se d&eacute;place du lac L&eacute;man en direction du centre des Alpes. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Il s'agit l&agrave; d'un ph&eacute;nom&egrave;ne expliqu&eacute; depuis longtemps par deux v&eacute;ritables g&eacute;nies scientifiques, Airy et Vening Meinesz. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Leur vision des choses est lumineuse :</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Pour que la cro&ucirc;te terrestre puisse flotter sur l'enfer plus ou moins liquide des grandes profondeurs &agrave; la fa&ccedil;on d'un iceberg sur de l'eau (</FONT><FONT SIZE=+1>Attention, cette image est tr&egrave;s simplifi&eacute;e</FONT><FONT SIZE=+2>), sa densit&eacute; est forc&eacute;ment un peu plus faible.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Sinon, elle coulerait !</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Et pour que le couple se trouve en &eacute;quilibre, il faut qu'&agrave; chaque massif montagneux corresponde d'&eacute;normes racines. Une sorte de relief en n&eacute;gatif beaucoup plus spectaculaire que le relief visible. Exactement comme la partie immerg&eacute;e de l'iceberg qui a assassin&eacute; le Titanic. Au-dessous des continents, il y a donc des &eacute;paississements consid&eacute;rables de la cro&ucirc;te terrestre. A l'inverse, les oc&eacute;ans correspondent &agrave; des amincissements.</FONT></P>  <CENTER><P><IMG SRC="gif/figb.gif" HEIGHT=231 WIDTH=300></P></CENTER>  <CENTER><P><FONT SIZE=+1>Fig 2) L'isostasie ou anomalie r&eacute;gionale</FONT></P></CENTER>  <CENTER><P><FONT SIZE=+1>(&eacute;quidistance des courbes 5 milligals)</FONT></P></CENTER>  <P><FONT SIZE=+2>On conna&icirc;t &agrave; peu pr&egrave;s la densit&eacute; moyenne de cette cro&ucirc;te. On conna&icirc;t &agrave; peu pr&egrave;s la densit&eacute; moyenne des masses en fusion sur les quelles elle &quot;flotte&quot;. On peut donc calculer l'anomalie gravim&eacute;trique que devraient provoquer les Alpes si elles &eacute;taient en &eacute;quilibre parfait sur leur racine.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Or, il se trouve que cette anomalie est l&eacute;g&egrave;rement trop importante.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Il faut donc admettre que l'&eacute;mergence du bubon alpin n'est pas compl&egrave;tement achev&eacute;e! Les Alpes doivent grandir encore un petit peu. S&ucirc;rement beaucoup moins vite que l'&eacute;rosion ne les rabote, mais enfin, elles grandissent et on peut dire que nous vivons, en ce moment, l'extr&ecirc;me fin du dernier &eacute;pisode de l'histoire de l'&eacute;rection des Alpes.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Il est relativement facile de soustraire l'effet de l'isostasie sur une carte gravim&eacute;trique d'extension locale car elle ne provoque que des anomalies &agrave; tr&egrave;s grands rayons. Pour cela, diff&eacute;rentes techniques de pure math&eacute;matique sont &agrave; disposition mais, leur description n'a pas sa place ici.</FONT></P>  <P><B><I><FONT SIZE=+2>b) Les anomalies locales </FONT></I></B></P>  <P><FONT SIZE=+2>Pour cerner au plus pr&egrave;s l'effet des seules h&eacute;t&eacute;rog&eacute;n&eacute;it&eacute;s locales du sous-sol sur ma carte gravim&eacute;trique, j'ai donc encore effac&eacute; tout ce qui est provoqu&eacute; par les racines des Alpes.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>A partir de l&agrave;, je me suis trouv&eacute; face &agrave; une nouvelle difficult&eacute;!</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>En effet, une grosse boule profonde et l&eacute;g&egrave;re a le m&ecirc;me effet sur le peson du gravim&egrave;tre qu'une petite superficielle. Cela donne une &eacute;quation &agrave; plusieures inconnues et c'est &eacute;quivalent &agrave; un chemin sans issue.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Il fallait donc absolument trouver le moyen de reconna&icirc;tre l'effet des s&eacute;diments meubles &agrave; faible densit&eacute; (1,9 &agrave; 2,0) qui remplissent la cuvette, de celui des masses pr&eacute;alpines (2,67) et du substratum sur le quel ces derni&egrave;res reposent (variable de 2,4 &agrave; 2,6). Or j'ignorais l'&eacute;paisseur de ces diff&eacute;rentes masses. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Heureusement, je disposais, une fois de plus, des nombreuses donn&eacute;es apport&eacute;es par mes pr&eacute;d&eacute;cesseurs g&eacute;ologues.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Voici ce que j'ai utilis&eacute; de leurs tr&egrave;s nombreuses observations : </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Lorsque les gigantesques masses pr&eacute;alpines ont gliss&eacute; sur les pentes du coeur granitique des Alpes, elles se sont d&eacute;chir&eacute;es en deux formidables masses ind&eacute;pendante l'une de l'autre. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Entre elles, une vaste fente : la plaine du Rh&ocirc;ne. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>De part et d'autre de la vall&eacute;e, les nappes en glissement se plient et se tordent de mani&egrave;re ind&eacute;pendante mais les m&ecirc;mes causes ayant les m&ecirc;mes effets, on reconna&icirc;t vaguement des pliures semblables sur les deux flancs de la vall&eacute;e.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Bien s&ucirc;r, les l&egrave;vres de l'immense d&eacute;chirure n'&eacute;taient pas rectilignes. Il y avait des creux, des asp&eacute;rit&eacute;s qui, en d&eacute;pit de l'&eacute;rosion, se devinent encore aux pieds des deux masses montagneuses. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>L'une de ces asp&eacute;rit&eacute;s m'a &eacute;t&eacute; sp&eacute;cialement utile :</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>La petite colline de St Triphon.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Aujourd'hui, c'est un endroit ravissant, couvert de vignes et d'ombrages. Et pourtant, c'est ici que s'est pass&eacute; l'un de ces &eacute;pisodes dramatique qui fourmille dans l'histoire des Pr&eacute;alpes.</FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Cette colline &eacute;tait &agrave; l'origine une assez grosse pro&eacute;minence de la vaste d&eacute;chirure qui s&eacute;pare les deux masses pr&eacute;alpines. Entra&icirc;n&eacute;e, depuis Dieu sait o&ugrave;, par sa montagne m&egrave;re, elle s'est tellement frott&eacute;e sur le fond de la vall&eacute;e qu'elle a finit par se casser et s'en d&eacute;tacher. Ses derniers liens avec la montagne en mouvement, l'ont bouscul&eacute;e et partiellement couch&eacute;e sur le flanc comme l'&eacute;pave d'un navire englouti. </FONT></P>  <P><FONT SIZE=+2>Cette &eacute;pave m'a int&eacute;ress&eacute; parce qu'elle repose directement sur le vieux fond de la vall&eacute;e, &agrave; peu pr&egrave;s comme il &eacute;tait avant son remplissage par les s&eacute;diments du Rh&ocirc;ne. Et j'ai vu l&agrave; une occasion de me d&eacute;barrasser d'une inconnue, au moins, de l'&eacute;quation qui m'emp&ecirc;chait d'avancer dans mes interpr&eacute;tations : l'&eacute;paisseur des s&eacute;diments meubles. J'ai donc calcul&eacute; les effets que produiraient diff&eacute;rentes &eacute;paisseurs de s&eacute;diments sur la zone de cette colline. Et, vu en coupe, j'ai obtenu le graphique suivant :</FONT></P>  <CENTER><P><IMG SRC="gif/figc.gif" HEIGHT=234 WIDTH=400></P></CENTER>  <CENTER><P><FONT SIZE=+1>Fig 3) Coupes sch&eacute;matiques de la vall&eacute;e du Rh&ocirc;ne, au niveau de St Triphon</FONT></P></CENTER>  <CENTER><P><B>En A: coupe topographique, sous la surface, 3 hypoth&egrave;ses de profondeur d'alluvions.</B></P></CENTER>  <CENTER><P><B>En B: une s&eacute;rie de coupes d'anomalies gravim&eacute;trique. La courbe 4 repr&eacute;sente l'anomalie mesur&eacute;e. Les courbes 1, 2, 3, repr&eacute;sentent les coupes de l'anomalie gravim&eacute;trique, d&eacute;duction faite de l'une ou l'autre des profondeurs suppos&eacute;e en A. La densit&eacute; du Quaternaire &eacute;tant &eacute;valu&eacute;e &agrave; la densit&eacute; de 2,0</B></P></CENTER>  <P><FONT SIZE=+2>Puisque la colline de St Triphon repose directement sur le fond rocheux de la vall&eacute;e, seule la deuxi&egrave;me hypoth&egrave;se peut &ecirc;tre est juste. </FONT></P>  <CENTER><P><FONT SIZE=+2><A HREF="bulletin4b.htm">Voire la suite de l'article</A></FONT></P></CENTER>  <!--DEBUT GOLD WEBORAMA-->  <script language="javascript">  WEBO_ZONE=2;  WEBO_PAGE=4;  webogold_ok=0;</script>  <script language="javascript" src="http://script.weborama.fr/gold.js"></SCRIPT>  <SCRIPT>  if(webogold_ok==1){webogold_zpi(WEBO_ZONE,WEBO_PAGE,48792);}</script>  <NOSCRIPT><A HREF="http://www.weborama.com">Mesure d'audience et statistiques</A><BR>  <A HREF="http://www.weborama.fr">Classement des meilleurs sites, chat, sondage</A>  </NOSCRIPT><!--FIN GOLD WEBORAMA-->    </BODY> </HTML> 
