<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 3.2//EN"> <HTML>  <HEAD> 	<META HTTP-EQUIV="Content-Type" CONTENT="text/html;CHARSET=iso-8859-1">    <META NAME="GENERATOR" Content="Microsoft FrontPage 4.0"> 	<TITLE>Dpartement d'histoire, UL - Autres ressources - Interprtation de     tmoignage</TITLE> 	<LINK REL="stylesheet" TYPE="text/css" HREF="../style_pages.css"> </HEAD>  <BODY>  <P> <TABLE BORDER="0" WIDTH="100%"> 	<TR> 		<TD WIDTH="100%" HEIGHT="52" VALIGN="TOP"><IMG SRC="../Images/departementhistoire+laval.gif" WIDTH="267" HEIGHT="40" ALIGN="BOTTOM" BORDER="0"></TD>	</TR> 	<TR> 		<TD WIDTH="100%" VALIGN="TOP"><IMG SRC="../Images/nav_ressources-rouge.gif" WIDTH="721" HEIGHT="13" ALIGN="BOTTOM" BORDER="0" USEMAP="#nav_ressources-rouge"></TD> 	</TR> </TABLE>   <MAP Name="nav_ressources-rouge"> <AREA Shape="Rect" coords = "112,1,171,13"  HREF="../Dep/Apropos.htm" ALT=" propos du dpartement"> <AREA Shape="Rect" coords = "680,1,721,13"  HREF="../Internet/Internet.htm" ALT="Guide des ressources sur Internet"> <AREA Shape="Rect" coords = "621,1,673,13"  HREF="../Affetud/Affetud.htm" ALT="Affaires tudiantes"> <AREA Shape="Rect" coords = "549,1,613,13"  HREF="Autress.htm" ALT="Retour  la page Les autres ressources pdagogiques..."> <AREA Shape="Rect" coords = "509,1,543,13"  HREF="../Cours/Cours.htm" ALT="Les cours offerts au dpartement"> <AREA Shape="Rect" coords = "462,1,500,13"  HREF="../Etudes.htm" ALT="Les tudes au dpartement"> <AREA Shape="Rect" coords = "376,1,454,13"  HREF="../Enseign/guide_ens_00_plan.htm" ALT="L'enseignement au dpartement"> <AREA Shape="Rect" coords = "308,1,368,13"  HREF="../Rech/Rech.htm" ALT="La recherche au dpartement"> <AREA Shape="Rect" coords = "234,1,300,13"  HREF="../Profs/Profs.htm" ALT="Le corps professoral"> <AREA Shape="Rect" coords = "180,1,229,13"  HREF="../Actu/Actualite.htm" ALT="L'actualit au dpartement"> <AREA Shape="Rect" coords = "46,1,105,13"  HREF="../Disciplines.htm" ALT="Un dpartement, six disciplines"> <AREA Shape="Rect" coords = "1,1,40,13"  HREF="../Index.htm" ALT="Retour  la page d'accueil"> </MAP>  			<P ALIGN="CENTER"><B><FONT COLOR="#000099"><FONT SIZE="4" FACE="Arial, Helvetica">             EXTRAIT DU GUIDE D'TUDE DU COURS<br>             HST-18364 Lecture critique en histoire<BR>             </FONT><font face="Arial, Helvetica">(Session dautomne 2002)</font></FONT></B></P>  <P ALIGN="CENTER"><font face="Arial" color="#000099" size="4">L'INTERPRTATION DE TMOIGNAGE<br> (COMMENTAIRE DE DOCUMENT)</font></P>  			<P ALIGN="CENTER">&nbsp;</P>  			<P ALIGN="CENTER"><b><font face="Arial" color="#000099">Plan             dtaill de ce texte:</font></b></P> <p align="left"><font face="Arial"><b>A. <a href="#A">Notion de tmoignage historique</a></b></font></p> <p align="left"><font face="Arial"><b>B. <a href="#B">Objectifs spcifiques</a></b></font></p> <p align="left"><font face="Arial"><b>C. <a href="#C">Oprations intellectuelles  effectuer</a></b></font></p> <blockquote> <p align="left"><font face="Arial">1. <a href="#C1">Observation du tmoignage</a></font></p> <p align="left"><font face="Arial">2. <a href="#C2">Analyse des circonstances et conditions de production</a></font></p> <p align="left"><font face="Arial">3. <a href="#C3">Analyse critique du contenu</a></font></p>   <p align="left"><font face="Arial">4. <a href="#C4">Bilan d'interprtation du   tmoignage</a></font></p> </blockquote> <p align="left"><font face="Arial"><b>D. <a href="#D"> Exemple d'interprtation de tmoignage (document crit)</a></b></font></p> <blockquote>   <p align="left"><font face="Arial"><a href="#D">Document:&nbsp;le quotidien l'<i>Action   catholique</i> fait son bilan, 1934</a></font></p> <p align="left"><font face="Arial"><a href="#D_commentaire">Commentaire</a></font></p> </blockquote> <p align="left">&nbsp;</p> <p><font face="Arial"><b><a name="A"></a>A- NOTION DE TMOIGNAGE HISTORIQUE</b></font></p> <p><font face="Arial">L'histoire s'appuie sur les documents humains qui ont t conservs jusqu' maintenant. Ces traces peuvent se prsenter sous des <b>formes trs diverses</b>: manuscrit, tmoignage oral, rcit autobiographique, uvre d'art, objet matriel, etc. Elles permettent un contact concret (bien qu'imparfait) avec le pass, contrairement aux travaux d'historiens qui sont des interprtations de ce pass.  titre d'exemples, on peut distinguer:</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">Les <b>sources matrielles</b>. Ces productions de     l'activit humaine sont des paysages, des difices, des outils (navire,     charrue, monnaie, ustensile, chaussure, aiguille, etc.). Certains objets     portent des marques particulires: des figures, des inscriptions, des sons.</font></li>   <li><font face="Arial">Les <b>sources figuratives</b> ou iconographiques sont     graves, dessines, peintes, sculptes... Elles reprsentent des     paysages, des difices, des objets, des personnes, des plantes, des     animaux, des scnes ou des ides. Leurs supports matriels sont de     papier, de toile, de bois, de pierre... ou, depuis peu, filmique,     magntique, lectronique.</font></li>   <li><font face="Arial">Les <b>sources crites</b> prsentent une grande     diversit de types et de supports (d'une inscription grave sur la pierre     jusqu'au texte inscrit sur disque magntique). Elles ont t longtemps     les sources principales de la connaissance historique et le restent, dans     une grande mesure.</font></li>   <li><font face="Arial">Les <b>sources audiovisuelles</b> (paroles, musiques,     bruits) sont rcentes puisque leurs supports sont des disques ou des bandes     photographiques ou magntiques.</font></li>   <li><font face="Arial">Il existe aussi des <b>documents historiques construits</b>     par les historiens  partir des sources. Ces documents ne sont pas,      proprement parler, des sources historiques; mais ils sont souvent     rvlateurs: maquettes ou mlodies reconstitues, cartes     go-historiques, courbes et tableaux statistiques...</font></li> </ul> <p><font face="Arial">Une mme source peut appartenir  plusieurs types. Par exemple, un vase figuratif est d'abord un vase, mais il porte un dessin et parfois mme une inscription; ou encore, un film porte des marques  la fois figuratives et sonores et, souvent, de l'criture. Nous n'accdons bien souvent aux sources que par l'intermdiaire de reproductions, gnralement rcentes: des photos ou textes transcrits, parfois traduits, presque toujours imprims. Il ne faut pas confondre la source et sa reproduction.</font></p> <p><font face="Arial">La connaissance historique ne se construit pas seulement par l'analyse et la critique de telle ou telle source, mais surtout par la comparaison et la mise en relation de sources nombreuses et varies, et, quand c'est possible, de sries de sources; car toute source est par elle-mme incomplte. De plus, l'historien slectionne les types de tmoignages en fonction des interrogations qui sous-tendent sa recherche. Mais dans le cadre des exercices de premier cycle, nous utilisons, la plupart du temps, des fragments isols ou des extraits, prcieux pour l'apprentissage et l'tude, mais insuffisants pour la recherche.</font></p> <p><a href="#top"><font face="Arial" size="2">retour au haut de la page</font></a></p> <p><font face="Arial"><b><a name="B"></a>B- OBJECTIFS SPCIFIQUES</b></font></p> <ul>   <li><font face="Arial">tre sensibilis au rle fondamental des     tmoignages dans le travail de l'historien.</font></li>   <li><font face="Arial">Prendre conscience de la diversit des tmoignages     accessibles.</font></li>   <li><font face="Arial">Connatre les principes gnraux d'interprtation     de ces tmoignages et tre conscient des problmes particuliers poss     par diffrents types de sources.</font></li>   <li><font face="Arial">tre capable de commenter de faon sommaire un     tmoignage historique crit ou figur en le replaant dans son contexte.</font></li>   <li><font face="Arial">Pouvoir dgager ce que la source analyse nous     apprend sur la socit dont elle mane.</font></li>   <li><font face="Arial">Savoir prparer et prsenter par crit un     commentaire de document historique selon des rgles convenues.</font></li> </ul> <p><font face="Arial"><b><a name="C"></a>C- OPRATIONS INTELLECTUELLES  EFFECTUER</b></font></p> <p><font face="Arial">L'historien interprte normalement un tmoignage historique dans le cadre d'un projet ou d'une recherche, donc avec un questionnement en tte. C'est dire que le prsent exercice est acadmique, en ce sens qu'il est une occasion d'initier  la mthodologie gnrale du commentaire de document. Il faut garder en tte que les sources historiques ne s'interprtent valablement que dans la perspective d'une recherche o elles constitueraient des pices  un dossier en laboration, pices jetant leur clairage particulier, le plus souvent partiel, sur une question historique  l'tude. La varit des types de documents, leur nombre, leur complmentarit et l'application d'un questionnement de recherche peuvent conduire au dveloppement de connaissances nouvelles en histoire.</font></p> <p><font face="Arial">Que l'on soit en prsence d'un texte crit, d'une compilation statistique, d'une illustration, d'une carte d'poque ou reconstitue, d'un enregistrement audiovisuel ou d'un objet, il faut appliquer des rgles lmentaires communes qui tablissent solidement les fondements de l'interprtation. Ce cheminement comprend quatre tapes principales:</font></p> <ol>   <li><font face="Arial"><a href="#C1">observation du tmoignage</a></font></li>   <li><font face="Arial"><a href="#C2">analyse des circonstances et conditions de production</a></font></li>   <li><font face="Arial"><a href="#C3">analyse critique du contenu</a></font></li>   <li><font face="Arial"><a href="#C4">bilan d'interprtation du tmoignage</a></font></li> </ol> <p><font face="Arial"><b><a name="C1"></a>1- <i>Observation du tmoignage</i></b></font></p> <p><font face="Arial">Quel que soit le type de source tudie, il faut commencer par en prendre une connaissance complte et prcise, en discerner les parties principales, le sens gnral et tous les lments. Cette opration permet de fixer ce qui est clair et de dterminer sur quoi devront porter une enqute plus approfondie et des vrifications particulires.</font></p> <p><font face="Arial"><i>Pour un document crit:</i></font></p> <blockquote>   <p><font face="Arial">Dans la mesure du possible, replacer <b>d'abord</b>   l'extrait ou le passage  commenter dans l'uvre entire ou l'ensemble plus   vaste dont il fait partie, en retournant par exemple  une   dition-traduction intgrale pour vrifier s'il est complet, tronqu ou   interpol, typique ou atypique dans sa famille documentaire, et le raccorder    son environnement d'origine. <b>Puis</b> dgager le sens gnral du   texte et ses diffrentes parties constitutives, sa structure ou son plan;   cette opration permet d'identifier les grands domaines d'activit humaine   concerns par le document. <b>Enfin</b>, effectuer un premier reprage des   vocables ou parties du texte qui appelleront un claircissement historique:</font></p>   <ul>     <li><font face="Arial">noms de lieu ou de personne  identifier,</font></li>     <li><font face="Arial">allusions ou circonstances particulires        lucider,</font></li>     <li><font face="Arial">mots incompris ou incertains ou qui semblent avoir un       sens diffrent du sens actuel :  dfinir historiquement, c'est--dire        lui donner le sens qu'il a dans le contexte du document.</font></li>   </ul> </blockquote> <p><font face="Arial"><i>Pour un document figur:</i></font></p> <blockquote>   <p><font face="Arial"><b>D'abord</b>, comme pour un document crit, il faut   tablir l'origine du document  commenter et les circonstances de son   tablissement, afin d'tre en mesure d'valuer son degr de   reprsentativit par rapport  la ralit reprsente. <b>Puis</b>,   l'analyser d'une faon approprie, afin que l'identification des aspects de   la ralit historique voque permette de dterminer les points qui   requirent une enqute plus approfondie.</font></p>   <blockquote>     <p><font face="Arial"><b>Dessin ou image</b><br>     Il faut d'abord identifier le type de document - peinture, photographie,     caricature, difice, pice de monnaie, vase, etc. -, identifier le moyen     par lequel il nous est parvenu - presse, fouilles archologiques, etc. - et     indiquer sa localisation actuelle. Puis, on doit diviser le document par     plan ou par champ et en identifier tous les lments.</font></p>     <p><font face="Arial"><b>Tableau statistique ou courbe graphique</b><br>     Une statistique n'est pas quelque chose d'isol. Elle a trait  un pays,     elle concerne une produit, elle voque une situation. Il faut les     identifier. On y trouve toujours une ou plusieurs dates qui nous fournissent     des indications sur le document et permettent de bien le situer dans le     temps. Vous devez la retenir. Par ailleurs, vous devez vous demander si la     srie  analyser est complte et uniforme ou si elle comporte des     ruptures ou des trous.<br>     Il faut ensuite en dresser la courbe graphique et voir sa tendance     gnrale. Est-elle ascendante ou descendante? Elle peut aussi se diviser     en un certain nombre de phases et montrer des accidents. Il faut les     identifier afin de les expliquer dans votre commentaire.</font></p>     <p><font face="Arial"><b>Plan ou carte</b><br>     Il faut bien observer le document et en indiquer l'auteur, l'poque et le     lieu de production. Il faut ensuite en tudier toutes les dimensions et     vous poser toutes les questions pertinentes.</font></p>   </blockquote> </blockquote> <p><font face="Arial">Cette premire tape ne donne pas directement naissance  une rdaction spcifique faisant partie du commentaire de document  remettre; mais elle permet dj d'identifier les points sur lesquels il faudra ensuite travailler, et, partant, de planifier les oprations suivantes. En effet, ds cette tape initiale, on dcouvre les principaux points sur lesquels va ensuite porter l'effort d'explicitation historique et de remise en contexte; il devient alors possible de planifier le programme pertinent d'exploration bibliographique.</font></p> <p><font face="Arial">La phase d'observation du tmoignage mrite d'tre excute avec attention (le crayon  la main), car elle permet de crer les conditions d'une approche mthodique et rationnelle de la tranche d'histoire reflte par le document  commenter. Escamoter cette tape sous prtexte de gagner du temps ne peut que rallonger la route et rendre les rsultats plus alatoires et incertains.</font></p> <p><font face="Arial"><b><a name="C2"></a>2- <i>Analyse des circonstances et conditions de production</i></b></font></p> <p><font face="Arial">Un tmoignage historique (source) ne peut se comprendre sans une connaissance adquate du contexte auquel il appartient, c'est--dire de l'ensemble des circonstances qui contribuent  expliquer son existence, son contenu, son rle, sa manire d'tre. Avant de prtendre saisir correctement sa porte historique, il convient donc de bien identifier:</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">dans un <b>premier temps</b>, son contexte gnral de     production: le cadre spatio-temporel, les circonstances sociales,     culturelles, politiques, conomiques, idologiques, etc. qui existaient au     moment de sa production;</font></li>   <li><font face="Arial">dans un <b>second temps</b>: les conditions     particulires et prcises dans lesquelles le tmoignage a t produit,     utilis et transmis jusqu' nous : auteur, but poursuivi, destinataire ou     commanditaire conditions de conservation, etc.</font></li> </ul> <p><font face="Arial">L'valuation de la valeur et de la crdibilit du tmoignage ne peut se raliser sans cette connaissance de base,  acqurir par des <u>lectures d'ordre gnral</u>. Un tel programme de lectures personnalises en fonction des particularits d'un document donn se btit  l'aide d'un instrument d'orientation comme <i><a href="http://www.h-h.ca"><b>Histoire-Hypermdia</b></a></i><sup></sup>.  ces lectures d'initiation, des questions doivent tre poses relativement aux trois aspects suivants:</font></p> <p><font face="Arial">a) <i>Le contexte gnral et particulier</i>:</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">dans quel pays, rgion ou ville le tmoignage a-t-il     t produit ?</font></li>   <li><font face="Arial"> quelle poque ou date prcise?</font></li>   <li><font face="Arial">quel domaine d'activit humaine est particulirement     reflt ou reprsent par ce document?</font></li>   <li><font face="Arial">quel trait d'actualit ou tendance caractristique de     l'poque se manifeste ou se laisse apprhender par ce document?</font></li>   <li><font face="Arial"> quel genre littraire, catgorie de texte, groupe     de tmoignages ou srie documentaire appartient le tmoin examin?</font></li>   <li><font face="Arial">quelles circonstances particulires ont entran la     rdaction de ce texte ou la fabrication de cet objet ?</font></li> </ul> <p><font face="Arial">b) <i>L'auteur</i>:</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">qui est l'auteur du tmoignage (individu, anonyme,     groupe, collectivit)?</font></li>   <li><font face="Arial">quels sont les lments de sa vie, de sa pense, de     sa formation, de son style ou de sa carrire qui peuvent aider  mieux     comprendre son tmoignage? (pas de biographie passe-partout, s.v.p.!). N.B.     Il ne faut retenir que les lments antrieurs ou contemporains  la     production du tmoignage.</font></li>   <li><font face="Arial">quelle est sa comptence particulire par rapport      son sujet?</font></li>   <li><font face="Arial">est-ce que le tmoignage constitue un reflet direct ou     une reprsentation indirecte de la ralit historique qu'il voque?</font></li> </ul> <p><font face="Arial">c) <i>L'intention du document</i>:</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">quelles raisons ou motivations ont amen l'auteur      produire ce texte ou  fabriquer cet objet?</font></li>   <li><font face="Arial">quel tait le but poursuivi par l'auteur du document?</font></li>   <li><font face="Arial"> qui et  quoi devait-il servir?</font></li>   <li><font face="Arial">quel tait le destinataire ou le public vis?</font></li> </ul> <p><font face="Arial"><b><a name="C3"></a>3- <i>Analyse critique du contenu</i></b></font></p> <p><font face="Arial"> cette tape, il faut porter attention aux lments particuliers du contenu du tmoignage en tenant compte de la comprhension acquise par l'examen des circonstances et conditions de production (section 2). Il s'agit maintenant de passer  l'tude dtaille du contenu. Cette opration vise  mieux comprendre le document en lui-mme, par rapport  son contexte immdiat; pour ce faire, il faut souvent aller plus loin que la consultation de publications  caractre gnral et recourir  des monographies et des articles de revue, d'ouvrages collectifs ou de dictionnaires scientifiques.</font></p> <p><font face="Arial"> l'aide de ces lectures, on cherchera notamment  effectuer les oprations suivantes:</font></p> <p><font face="Arial">a) <i>Pour un document crit</i>:</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">Rsoudre les difficults de vocabulaire: expliquer     les termes techniques, clarifier les mots obscurs, archaques ou     spcialiss, traduire les termes en langue trangre. (Il s'agit bien     entendu de retrouver leur sens historique, et non seulement d'en donner une     dfinition linguistique passe-partout; les mots aussi ont une histoire!).</font></li>   <li><font face="Arial">lucider les allusions, les indications partielles, en     s'appuyant</font>     <ul>       <li><font face="Arial">soit sur le contexte historique gnral,</font></li>       <li><font face="Arial">soit sur le reste du document d'o a t tir         l'extrait  commenter.</font></li>     </ul>   </li>   <li><font face="Arial">Identifier les personnes, les fonctions, les     institutions.</font></li>   <li><font face="Arial">Clarifier la gographie historique de l'pisode ou     des phnomnes historiques reflts par le texte (noms de lieux, de     rgions, d'espaces politiques, conomiques ou culturels).</font></li>   <li><font face="Arial">Commenter les situations, les vnements et les     processus historiques voqus par le tmoignage.</font></li> </ul> <p><font face="Arial">b) <i>Pour une reprsentation graphique</i>:</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">Identifier et nommer adquatement les diffrentes     parties de l'objet ou de la scne reprsents.</font></li>   <li><font face="Arial">Replacer l'objet ou la scne dans son contexte     historique afin de rendre comprhensible son articulation  l'histoire de     son temps. Ce contexte s'entend d'une manire particulire, par rapport      des circonstances ou vnements ponctuels de l'histoire de l'objet, mais     aussi d'une manire gnrale par rapport  des tendances ou processus     historiques  plus long terme.</font></li>   <li><font face="Arial">Identifier les personnes, fonctions, institutions qui     sont lies  l'histoire de l'objet.</font></li>   <li><font face="Arial">Clarifier la gographie historique des pisodes ou     des phnomnes historiques reflts par le document (noms de lieux, de     rgions, d'espaces politiques, conomiques ou culturels).</font></li>   <li><font face="Arial">Commenter les situations, les vnements ou les     processus historiques voqus par le tmoignage.</font></li> </ul> <p><font face="Arial">Afin d'viter les rptitions et recoupements inutiles, il est gnralement avantageux de regrouper les commentaires de l'analyse critique autour de quelques thmes essentiels. Pour un document crit, il est galement acceptable de procder  l'examen de dtail en suivant simplement la progression du texte - les lments discuts tant identifis par rfrence aux lignes du texte.</font></p> <p><font face="Arial">Toutes ces oprations sont dites critiques dans la mesure o il s'agit de chercher  voir, <b>au-del</b> des apparences superficielles, en quoi consiste au juste le tmoignage rendu par un document donn. Un document est porteur de plusieurs niveaux de signification, qui ne sont ni simples ni univoques; ce qui est arriv dans le pass n'tait ni automatique ni invitable. Si cela tait, on n'aurait pas besoin d'historiens, car une machine serait capable d'extraire tout le sens d'un tmoignage; il s'en faut de beaucoup!</font></p> <p><font face="Arial">L'analyse critique ne vise pas seulement  surprendre les fraudes ou mensonges du tmoin; elle requiert plus encore une attitude d'esprit dynamique et non passive face au texte et  ses messages, un esprit de curiosit toujours en veil qui porte  s'interroger sans cesse sur les relations du tmoignage avec son contexte. Avancer vers l'inconnu, dcouvrir petit  petit ce qui n'tait pas apparent au premier coup d'il, ramener  la lumire ce qui tait obscur au premier contact: voil l'enjeu d'un travail patient d'analyse critique.</font></p> <p><font face="Arial">Enfin, la dmarche critique qui est demande ici ne va pas jusqu' porter un jugement de valeur sur le document, lui faire des compliments ou lui adresser des reproches; il s'agit plutt de la ncessit o se trouve l'historien de toujours chercher  discerner l'intrt et les limites de la valeur d'un tmoignage.</font></p> <p><font face="Arial"><b><a name="C4"></a>4- <i>Bilan d'interprtation du tmoignage</i></b></font></p> <p><font face="Arial">Aprs avoir scrut le document en dtail et l'avoir analys dans son fonctionnement et dans chacune de ses parties constitutives, il faut enfin reprendre de l'altitude et passer  une tape plus synthtique: identifier et prsenter les enseignements gnraux que le tmoignage apporte sur le milieu historique dont il mane et par lesquels il permet de le mieux connatre et comprendre. Le bilan rappelle les principales informations objectives fournies par le document, mais il ne s'en tient pas aux seules donnes explicites, car un commentaire de document est plus qu'une paraphrase. Le bilan fait aussi place aux aspects implicites; par exemple:</font></p> <p><font face="Arial">a) <i>Pour un document crit</i>:</font></p> <p><font face="Arial">Les minutes d'un procs donneront des renseignements</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">explicites sur les parties en cause, la procdure, le     systme de droit en vigueur, mais peut-tre aussi</font></li>   <li><font face="Arial">implicites sur la conjoncture conomique, les murs,     le cadre de la vie quotidienne...</font></li> </ul> <p><font face="Arial">b) <i>Pour une reprsentation graphique</i>:</font></p> <p><font face="Arial">Une pe trouve dans une spulture donnera des renseignements</font></p> <ul>   <li><font face="Arial">explicites sur le savoir-faire en matire     mtallurgique, l'tat de l'armement et de sa dcoration ou les pratiques     funraires  un moment de l'histoire, mais peut-tre aussi</font></li>   <li><font face="Arial">implicites sur la place des guerriers dans une     socit donne, sur l'origine ethnique du dfunt ou sur les croyance     relatives  l'au-del...</font></li> </ul> <p><font face="Arial">Il revient  la dmarche historienne de mettre aussi en valeur la seconde dimension d'interprtation, et non seulement la premire. Dans cette opration de bilan, l'anecdotique (information ponctuelle, prcision de dtail...) doit donc cder le pas  ce qui permet une meilleure comprhension de la socit et de son volution dans la dure.  cette fin, on peut se poser des questions comme les suivantes:</font></p> <ul>   <li><font face="Arial"> quel moment particulier de l'volution historique     appartient ce document?</font></li>   <li><font face="Arial">quel aspect de la ralit passe illustre-t-il de     manire spciale?</font></li>   <li><font face="Arial">de quel processus historique est-il un tmoin     privilgi?</font></li> </ul> <p><font face="Arial">Enfin, la connaissance de l'auteur, des circonstances et du processus de cration du tmoignage, de mme que l'analyse de son contenu permettent de conclure sur la crdibilit et la reprsentativit du tmoin, donc sur la valeur de son tmoignage comme source historique.</font></p> <p><font face="Arial">a) <i>Pour un document crit</i>:</font></p> <p><font face="Arial">Par exemple, dans le cadre de l'analyse d'un dbat politique, les limites d'un tmoignage sont bien perceptibles face au discours manant d'un membre d'un parti; un tel discours peut tre excellent pour illustrer les intrts ou les ides de ce parti, mais probablement inadquat pour informer de manire quilibre sur les positions des autres intervenants. Cette sorte de tmoignage servira donc  clairer une partie du dbat, mais devra tre complte par celui d'autres tmoins afin d'tablir une prsentation complte des enjeux.</font></p> <p><font face="Arial">b) <i>Pour une reprsentation figure</i>:</font></p> <p><font face="Arial">Ou encore une enluminure de manuscrit reprsentant le sige d'une ville: si l'artiste reprsente quelques canons entre les mains des combattants, il n'a pas d les inventer compltement ( moins qu'il ne s'agisse de la conqute des Gaules par Csar!). Mais leur dessin est-il fidle jusque dans les moindres dtails? Et les murailles de la ville assige? Tours et portes ont peut-tre une valeur plus symbolique que documentaire et il faudra vrifier par d'autres moyens (archologiques notamment) pour contrler leur nombre et leur emplacement exacts.</font></p> <p><font face="Arial">Il est donc possible et ncessaire,  cette tape finale du travail, d'valuer la porte et l'intrt historique des principales donnes fournies ou refltes par le document. On prsente ses qualits et son originalit (relative). Il faut cependant en identifier galement les limites et les faiblesses, ce qui ne signifie pas mettre des jugements de valeur personnels, en ramenant aux normes actuelles le tmoignage d'tres humains ne possdant pas la mme vision du monde.</font></p> <p align="left"><a href="#top"><font face="Arial" size="2">retour au haut de la page</font></a></p> <p align="left"><font face="Arial"><b><a name="D"></a>D- EXEMPLE D'INTERPRTATION DE TMOIGNAGE (DOCUMENT CRIT)</b></font></p> <table border="0" width="100%">   <tr>     <td width="100%"><img border="0" src="gauche_lignes.gif" width="32" height="605"><img border="0" src="gauche.gif" width="401" height="609"><img border="0" src="droite.gif" width="400" height="609"><img border="0" src="droite_lignes.gif" width="60" height="609"></td>   </tr> </table> <p><font face="Arial" size="2"><u>Extrait de</u> : Nive Voisine, dir., <i>Histoire du catholicisme qubcois</i>, vol. 3, Jean Hamelin et Nicole Gagnon, <i>Le XX<sup>e</sup> sicle</i>, t. 1, <i>1898-1940</i>, Montral, Boral Express, 1984, p. 402- 403.<br> Source : <i>Guide d'tude. Exercices pratiques d'histoire I-II-III</i>, Dpartement d'histoire (Universit Laval), 1992-1993, pp. 66-71; 1996-1997, pp. 67-68, 72-78.</font></p> <p><font face="Arial"><a name="D_commentaire"></a>1- <i>Identification du document</i>:</font></p> <p><font face="Arial">Le tmoignage analys ici s'intitule: Le quotidien <i>L'action catholique</i> fait son bilan, 1934. On peut le retrouver dans l'<i>Almanach de l'Action catholique</i>, 1935, p. 81-82, duquel cet extrait est repris dans l'ouvrage de Jean HAMELIN et Nicole GAGNON, <i>Histoire du catholicisme qubcois</i>, sous la direction de Nive VOISINE, vol. 3, <i>Le XX<sup>e</sup> sicle</i>, t. 1, <i>1898 - 1940</i>, Montral, Boral Express, 1984, p. 402-403.</font></p> <p><font face="Arial">2- <i>Circonstances et conditions de production</i>:</font></p> <p><font face="Arial">Ce tmoignage nous projette au cur de la socit qubcoise en 1934. La crise conomique mondiale (1929-1939), caractrise par un drglement du systme conomique capitaliste, touche durement l'conomie du Canada-Qubec. En raison de la forte dpendance conomique du pays, accentue par la pousse d'investissements trangers (7,6 milliards de dollars en 1930, dont 61% d'origine amricaine) durant la dcennie prcdente et la concentration des entreprises, des milliers de petits propritaires sont dpossds, alors que le quart de la population canadienne (prs du tiers au Qubec) se trouve en chmage en 1933 <a href="#note1">[1]</a>.</font></p> <p><font face="Arial">Les effets de la crise entranent une instabilit sociale et politique. On a tt fait de dnoncer le peu d'actions concrtes du premier ministre du Qubec, Louis-Alexandre Taschereau (1920-1936), dont les politiques s'inspirent du modle libral de dveloppement: non-interventionnisme de l'tat, soutien au dveloppement industriel li  l'exploitation, par des trangers, des richesses naturelles de la province, encouragement  la modernisation du systme scolaire en fonction des nouvelles ralits conomiques, etc. <a href="#note2">[2]</a> Une varit d'organisations proposent un train de rformes pour transformer en profondeur le systme capitaliste (notamment par le corporatisme) ou, plus rarement, pour le renverser (par le communisme). Les intellectuels catholiques, pour leur part, rejettent dos  dos le grand capitalisme monopolistique et le communisme qui supprime la proprit prive et nie l'existence de Dieu <a href="#note3">[3]</a>. L'cho de la monte du fascisme et du communisme  l'chelle internationale favorise un foisonnement idologique quelquefois teint de violence. La socit est traverse par de forts courants d'anticommunisme, de xnophobie et mme d'antismitisme <a href="#note4">[4]</a>.</font></p> <p><font face="Arial">Cette priode de contestation pour les uns en est une de rsignation pour les autres. La religion offre quelque espoir, une chappatoire  la misre quotidienne. Les annes 1930 sont marques par un regain de ferveur religieuse au Qubec (lignes 4-5). Les mouvements d'action catholique, particulirement actifs depuis les annes 1920, trouvent un climat favorable  leur expansion. Le nationalisme traditionaliste, qui associe la population canadienne-franaise  une race (par ses origines franaise, catholique et rurale) menace par l'industrialisation et l'urbanisation, ne peut faire oublier que la socit qubcoise est devenue une socit industrielle et urbaine (dans une proportion de plus de 50%) au cours des annes 1920. Ce nationalisme jouit d'une influence non ngligeable, toutefois, car l'glise catholique en fait sa doctrine officielle (d'o l'expression de clrico-nationalisme). En postulant alors la supriorit du spirituel sur le temporel, cette idologie justifie l'intervention des dirigeants catholiques dans toutes les sphres de la socit.</font></p> <p><font face="Arial">C'est dans ce contexte que s'inscrit le tmoignage du journal <i>L'Action catholique</i> qui, en 1935, fait paratre un bilan de ses interventions. Ce quotidien principalement diffus dans la rgion de Qubec et comptant 24,564 abonn/es en 1934 <a href="#note5">[5]</a>, sert d'organe de presse  l'Action sociale catholique, une organisation cre en 1907 par Mgr Bgin et rorganise en 1932 par Mgr Villeneuve pour coordonner tous les mouvements d'action catholique dans le diocse de Qubec. Cette fondation s'accompagne d'une uvre de la presse catholique qui prend la premire place dans les activits et le financement du mouvement. Le 21 dcembre 1907 parat le premier numro de l'<i>Action sociale</i> qui deviendra l'<i>Action catholique</i> en 1915 pour viter la confusion avec le mouvement, bien que ce journal diffuse des ides prnes par ce dernier.  partir de 1917, parat l'<i>Almanach</i> de l'Action sociale catholique s'adressant aux familles, avec des articles diversifis donnant  la fois un bilan des activits de l'glise et de courts rcits  saveur clrico-nationaliste.</font></p> <p><font face="Arial">Le bilan de 1934 est sign J.D. (initiales qui n'apparaissent pas dans la reproduction du texte joint  cet exemple, mais qu'une consultation de l'original permet d'identifier), qui n'est nul autre que Jules Dorion, journaliste catholique trs connu dans la socit qubcoise et ditorialiste rgulier du quotidien l'<i>Action catholique</i>. Ancien mdecin, J. Dorion s'est galement fait connatre par sa lutte acharne mene, au cours des annes 1920, contre l'alcoolisme.</font></p> <p><font face="Arial">Journal d'opinion, l'<i>Action catholique</i> cherche  dfendre l'glise catholique et la socit canadienne-franaise des menaces du monde moderne. Dans un premier temps, nous analyserons celles qui psent sur le systme conomique; nous verrons ensuite comment l'glise catholique et l'ordre moral sont attaqus; enfin nous tudierons les dfenses dont disposent les catholiques pour riposter  ces attaques selon Jules Dorion.</font></p> <p><font face="Arial">3- <i>Analyse et critique de contenu</i>:</font></p> <p><font face="Arial">a) <u>Un systme conomique menac</u></font></p> <p><font face="Arial">Quelques passages du texte font rfrence  des lments qui peuvent tre identifis  des menaces au systme conomique. Citons la mention de la crise et des syndicats catholiques (ligne 12), des trusts ou des profiteurs de l'accaparement (lignes 18-19), de mme que les allusions au communisme (lignes 21-23).</font></p> <p><font face="Arial">Le journal vient  la dfense du syndicalisme catholique, peru comme un bon rempart contre les excs patronaux susceptibles de conduire les travailleurs  des extrmes redouts. Ces syndicats, branls par la crise et craints par les patrons catholiques, subissent, en 1933, une remise en question de la tutelle trop forte des clercs sur le mouvement et plusieurs quittent la Confdration des travailleurs catholiques (C.T.C.C.) <a href="#note6">[6]</a>. Le document s'en prend ensuite aux trusts et  leurs scandaleux profits comme source d'injustice sociale dangereuse. La concentration des entreprises est effectivement une des caractristiques principales de l'histoire conomique des premires dcennies du XX<sup>e</sup> sicle au Canada <a href="#note7">[7]</a>. Des secteurs trs varis sont affects par ce mouvement, secteurs qui seront caractriss par des tarifs levs (par exemple la Montreal Light, Heat and Power) et des profits considrables (par exemple la Dominion Textile). Le rgime de la concurrence n'en demeure pas moins majeur, car la forte croissance des monopoles stimule la multiplication des PME  l'chelle rgionale. Derrire ces dernires prises de position pointe, chez l'auteur, la crainte du communisme.</font></p> <p><font face="Arial">Le communisme apparat en effet, dans ce texte, comme une menace qui pse sur la socit qubcoise et Jules Dorion prend bien la peine de dmarquer le syndicalisme catholique de toute assimilation  cette philosophie sociale. Les mouvements d'action catholique ont organis la lutte contre le communisme, au demeurant peu puissant au Qubec. Dans les annes trente, l'cole sociale populaire organise des semaines anticommunistes, pendant lesquelles sont prsentes des expositions et organises des confrences. Jules Dorion s'y rfre (lignes 21-24). En 1933, l'piscopat canadien condamnait le communisme sovitique <a href="#note8">[8]</a>. Durant cette anne-l et en 1934, la rpression policire contre les sympathisants communistes est  son plus fort.</font></p> <p><font face="Arial">b) <u>Un ordre social menac dans son glise et sa morale</u></font></p> <p><font face="Arial">Quatre lments du texte se rfrent  ce thme: la crainte du paganisme, de l'alcoolisme, des coles mixtes et des Juifs. Jules Dorion rappelle les menaces qui psent sur l'ordre social, avec la dgnrescence de la morale citadine et la vague de paganisme (lignes 34-37). L'auteur s'en prend ici aux vtements lgers, aux loisirs urbains comme le cinma mais aussi aux divertissements traditionnels comme la danse qui affaiblissent la moralit des jeunes gens et des jeunes filles. La Ligue catholique fminine, un des mouvements d'action catholique, mne des campagnes annuelles de moralisation. Des pressions s'exercent sur l'tat pour qu'il lgifre. L'alcoolisme anantit le ressort moral des individus et des familles; l'<i>Action catholique</i> a soutenu et encourag la prohibition. Jules Dorion, ancien mdecin, en avait fait son cheval de bataille. L'intervention a t trs forte entre 1917 et 1921, date  laquelle L.-A. Taschereau cre la Commission des liqueurs pour les villes essentiellement. L'vque de Qubec interdira la cration de ces magasins dans certaines paroisses. En 1934, ces problmes ne se posent plus d'une manire aussi aigu et la lutte contre l'alcoolisme a subi, depuis le dbut des annes vingt, beaucoup d'checs.</font></p> <p><font face="Arial">Des menaces beaucoup plus pressantes dans les annes trente concernent les coles catholiques. Ils veulent glisser le lacisme dans l'cole (lignes 44-45). Jules Dorion fait allusion ici aux critiques exprimes par des intellectuels  l'gard des collges classiques. Ils estimaient que l'enseignement y tait beaucoup trop tourn vers les humanits au dtriment des sciences pourtant de plus en plus ncessaires dans le monde moderne. Le dbat le plus houleux auquel Dorion fait rfrence concerne le problme des coles juives de Montral qui demandaient un rseau spar, ide contre laquelle luttera son journal  partir de 1932, en raison des risques d'instauration d'un secteur scolaire neutre (lignes 42-45). En fait cette crainte  l'gard des coles juives est d'autant plus forte qu'un antismitisme profond anime les journalistes de l'<i>Action catholique</i>. Les Juifs semblent comploter  l'chelle internationale contre les catholiques et de nombreux journaux qubcois seraient  leur solde (lignes 25-28). La menace est ici diffuse. On ne sait trop ce qui est reproch aux Juifs, mais visiblement leur prsence drange (crainte religieuse, nationale ou conomique?).</font></p> <p><font face="Arial">c) <u>Les armes des catholiques</u></font></p> <p><font face="Arial">Face  ces difficults, les catholiques doivent serrer les rangs. Les douze premires et huit dernires lignes du texte se rfrent aux organisations dont ils disposent pour offrir la riposte. Il s'agit tout d'abord des mouvements d'action catholique: Ils se multiplient dans tous les domaines, c'est une consolation de le constater (lignes 4-5). Ce sont des regroupements comme les Ligue catholique fminine, Ligue du Sacr-Cur et l'Association catholique de la jeunesse canadienne-franaise (A.C.J.C.).</font></p> <p><font face="Arial">Sur le plan social, c'est le syndicalisme catholique qui s'oppose aux trusts et au communisme. La C.T.C.C. est ne en 1921 pour s'opposer  la progression des syndicats neutres. Les syndicats catholiques sont fortement reprsents dans la rgion de Qubec <a href="#note9">[9]</a> mais beaucoup moins  Montral, malgr la forte industrialisation de celle-ci.</font></p> <p><font face="Arial">Finalement, le journal lui-mme constitue une arme efficace, avec d'autres publications, comme la <i>Semaine religieuse de Qubec</i> (ligne 31), organe de l'archevch. Elle dfend les organismes catholiques tels que les mouvements d'action catholique (lignes 1-3) ou les syndicats catholiques. Mais le but ultime du quotidien est de refaire la mentalit catholique chez une foule de gens qui n'ont pas mme conscience de l'avoir perdue (lignes 9-11). Le quotidien s'applique donc  suivre de prs tout ce qui constitue des menaces,  ses yeux, pour le catholicisme canadien-franais et agit comme moyen de pression  l'gard du gouvernement pour l'amener  des politiques compatibles avec ses exigences (lignes 39-41).</font></p> <p><font face="Arial">4- <i>Bilan d'interprtation</i>:</font></p> <p><font face="Arial">Ce texte, faisant tat des activits du quotidien l'Action catholique pendant l'anne 1934, prsente un intrt historique certain. Il est en effet trs loquent quant aux attitudes et mentalits de catholiques influents disposant alors de tribunes importantes pour diffuser leurs ides. Derrire ces catholiques lacs, c'est la position des autorits religieuses de l'poque que nous pouvons percevoir. Le document nous rvle par ailleurs jusqu' quel point le discours catholique de ces annes dborde le cadre spirituel pour toucher tous les aspects de la vie sociale. Le texte permet enfin d'identifier quelques grands dbats des annes 1930 et laisse entrevoir certaines divisions parmi les catholiques sur ces questions. On peut galement constater que, malgr son isolement, le Qubec d'alors subit l'influence des courants idologiques circulant dans le monde occidental. Malgr ses qualits, ce document comporte cependant des limites facilement identifiables. Les propos alarmants de Dorion, d'ailleurs ancrs dans une tradition dj ancienne au journal et encore bien enracine chez de nombreux catholiques, prsentent la ralit du Qubec sous un angle nettement dform. Le texte donne en effet l'impression que le Qubec est sur le point de s'effondrer et qu'il est menac par des dangers qui le rongent au point qu'il faille mener un combat de tous les instants pour le sauver. Des lectures diffrentes de l'volution de la socit qubcoise s'avrent ncessaires afin de relativiser la vision prsente dont l'utilit principale demeure de montrer l'influence et la mentalit de certains catholiques au Qubec dans la premire moiti du XX<sup>e</sup> sicle.</font></p> <p><font face="Arial" size="2"><a name="note1"></a>[1] Paul-Andr Linteau <i>et al.</i>, <i>Histoire du Qubec contemporain</i>, t. II, <i>Le Qubec depuis 1930</i>, Montral, Boral, 1989, p. 14.</font></p> <p><font face="Arial" size="2"><a name="note2"></a>[2] Antonin Dupont, <i>Les relations entre l'glise et l'tat sous Louis-Alexandre Taschereau, 1920-1936</i>, Montral, Gurin, 1973, 366p.</font></p> <p><font face="Arial" size="2"><a name="note3"></a>[3] Gilles Routhier, L'ordre du monde. Capitalisme et communisme dans la doctrine de l'cole sociale populaire, <i>Recherches sociographiques</i>, vol. XXII, no 1 (janvier-avril 1981), p. 7-47.</font></p> <p><font face="Arial" size="2"><a name="note4"></a>[4] Linteau <i>et al.</i>, <i>op. cit.</i>, p. 17.</font></p> <p><font face="Arial" size="2"><a name="note5"></a>[5] Richard Jones, <i>L'idologie de l'Action catholique (1917-1939)</i>, Qubec, P.U.L., 1974, p. 30.</font></p> <p><font face="Arial" size="2"><a name="note6"></a>[6] Nive Voisine dir., <i>Histoire du catholicisme qubcois</i>, vol. 3, Jean Hamelin et Nicole Gagnon, <i>Le XX<sup>e</sup> sicle</i>, t. 1, <i>1898 - 1940</i>, p. 408.</font></p> <p><font face="Arial" size="2"><a name="note7"></a>[7] Les informations qui suivent sur les trusts proviennent du volume de Paul-Andr Linteau <i>et al.</i>, <i>Histoire du Qubec contemporain</i>, t. 1, <i>De la Confdration  la crise (1867-1929)</i>, Montral, Boral, 1989, p. 437-447.</font></p> <p><font face="Arial" size="2"><a name="note8"></a>[8] Voisine dir., <i>op. cit.</i>, p. 380.</font></p> <p><font face="Arial" size="2"><a name="note9"></a>[9] <i>Ibid.</i>, p. 286.</font></p> <p align="center"><font face="Arial"><b>BIBLIOGRAPHIE</b></font></p> <p><font face="Arial">DUPONT, Antonin. <i>Les relations entre l'glise et l'tat sous Louis-Alexandre Taschereau, 1920 - 1936</i>. Montral, Gurin, 1973, XXXII-366p. tudes et documents, sciences humaines.</font></p> <p><font face="Arial">JONES, Richard. <i>L'idologie de l'Action catholique (1917 - 1939)</i>. Qubec, P.U.L., 1974, 359p. Histoire et sociologie de la culture, 9.</font></p> <p><font face="Arial">LINTEAU, Paul-Andr <i>et al</i>. <i>Histoire du Qubec contemporain</i>, t. 1: <i>De la Confdration  la crise (1867 - 1929)</i>, t. 2: <i>Le Qubec depuis 1930</i>. Montral, Boral, nouv. d. 1989 (1979), XXXp. Boral Compact, 15.</font></p> <p><font face="Arial">ROUTHIER, Gilles. L'ordre du monde. Capitalisme et communisme dans la doctrine de l'cole sociale populaire, <i>Recherches sociographiques</i>, vol. XXII, no 1 (janvier-avril 1981), p. 7-47.</font></p> <p><font face="Arial">VOISINE, Nive, dir. <i>Histoire du catholicisme qubcois</i>, t. 3, Jean HAMELIN et Nicole GAGNON, <i>Le XX<sup>e</sup> sicle</i>, t. 1: <i>1898 - 1940</i>, Montral, Boral Express, 1984, 504p.</font></p> <p align="left"><a href="#top"><font face="Arial" size="2">retour au haut de la page</font></a></p> <p align="center"><font face="Arial"><a href="Autress.htm">Retour  la page <i>LES AUTRES RESSOURCES PDAGOGIQUES</i></a></font></p> 			<CENTER>             <P ALIGN="center"><FONT face="Arial" SIZE="2">Dernire modification             de cette page: 20 aot 2002</FONT></P> </CENTER>  </BODY>  </HTML> 
