<HTML> <HEAD> <TITLE>13. Postface. La politique du vide (Au Front, 1987)</TITLE>  <style> <!-- 	a {text-decoration: none; } 	A:Hover {text-decoration: underline;} 	.form {width: 150; background-color: #FFFFFF; padding: 3; border-style: solid ; border-width: 1; border-color: #E86519; color: #E86519} 	.forml {width: 450; background-color: #FFCC66; background-position: center bottom; float: none; color: #000000} 	.formo {width: 450; background-color: #970038; background-position: center bottom; float: none; color: #FFFFFF} 	.formlc {width: 200; background-color: #FFCC66; background-position: center bottom; float: none; color: #000000} 	.formoc {width: 200; background-color: #970038; background-position: center bottom; float: none; color: #FFFFFF} 	.formcc {width: 150; background-color: #FFCC66; background-position: center bottom; float: none; color: #000000} 	.cadre {border-style: solid ; border-width: 2; border-color: #6E003A} 	.formcadre {width: 200; background-color: #970038; background-position: center bottom; float: none; color: #FFFFFF; font-family: helvetica, arial; font-size: 10} --> </style>  </HEAD> <BODY BGCOLOR="#FFFFFF" VLINK="#006666" LINK="#00AAAA">   <CENTER> <BR><BR>   <img src="IMG2/logo-haut.gif" alt="***** VACARME *****" width="731" height="44" border="0" usemap="#maphaut">  <map name="maphaut">    <area shape="rect" coords="250,26,314,43" href="rubrique10.html">     <area shape="rect" coords="328,26,380,42" href="rubrique13.html">     <area shape="rect" coords="1,1,169,43" href="index.html">     <area shape="rect" coords="168,-1,313,22" href="index.html">     <area shape="rect" coords="170,26,234,42" href="rubrique15.html">   <area shape="rect" coords="395,25,458,42" href="rubrique11.html">   <area shape="rect" coords="472,25,547,42" href="rubrique12.html">   <area shape="rect" coords="563,25,657,42" href="rubrique16.html">   <area shape="rect" coords="667,25,751,42" href="rubrique19.html"> </map><P>        <TABLE WIDTH=720 BORDER=0 CELLPADDING=0 CELLSPACING=0> <TR> <TD WIDTH=420>  	<font face="Arial,Helvetica" SIZE=3> 	 	</font> 	  </TD> <TD WIDTH=50></TD> <TD WIDTH=250 VALIGN="bottom"> 	<BR><BR> 	<font face="Arial,Helvetica" SIZE=3> 		AVRIL 2002 	</font> 	<font face="Arial,Helvetica" SIZE=4> 		<BR>par Anne Tristan 	</font> </TD> </TR> <TR> <TD WIDTH=720 COLSPAN=3> <BR><BR> 	<font face="Arial,Helvetica" SIZE=4> 	 	<BR><FONT SIZE=6>Postface. La politique du vide (Au Front, 1987)</FONT> 	 	</font> 	<P><BR><BR> </TD> </TR> <TR> <TD WIDTH=420 VALIGN="top">  	<font face="Arial,Helvetica" SIZE=3> 	<p class='spip' align='justify'>24 avril 1988. Au soir du premier tour de l'lection prsidentielle, je ne retiens qu'un rsultat&nbsp;: 14,4% pour Jean-Marie Le Pen. Comme bien d'autres, je suis sous le choc. Pourtant je ne devrais pas. Car ce chiffre, 14%, un an auparavant je l'avais entendu  maintes reprises parmi les militants marseillais du Front national. Ils y croyaient.. Intrieurement, je haussais les paules. Ce soir du 24 avril, je les courbe. </p> <p class="spip" align='justify'>Il y a une anne que j'ai mis fin  mon voyage d'infiltre au Front, et huit mois se sont couls depuis la premire dition de ce livre. Mais si je voulais oublier, tourner la page, changer d'air, la chronique des vnements courants m'en empcherait. Comment en est-on arriv l&nbsp;? Les souvenirs qui commenaient  s'estomper reviennent maintenant par bouffes. </p> <p class="spip" align='justify'>Et d'abord, mon insistance, au cours de cette enqute,  ne pas croire,  refuser d'enregistrer ce qui me gnait. Dans mon carnet de bord, je me contraignais  inscrire des phrases, des attitudes que j'aurais prfr oublier. Je ne cessais de ddramatiser&nbsp;: &nbsp;Ce n'est pas possible, ils ne sont pas tous comme cela, pas aussi violents&nbsp;. Ou encore&nbsp;: &nbsp;Ils ne savent pas ce qu'ils font, ils dchireront leur carte ds qu'ils le sauront&nbsp;. Cette propension  la mthode Cou tournait parfois au ridicule&nbsp;: il suffisait qu'un militant ne prsente pas, au premier abord, le suppos profil type des supporters de Le Pen, et je me prenais  rver&nbsp;: &nbsp;Et si c'tait un infiltr comme moi&nbsp;?...&nbsp; </p> <p class="spip" align='justify'>Le besoin de se rassurer, bien plus que le bon sens, est la chose la mieux partage&nbsp;: ne rptons-nous pas que le Front national est un phnomne passager... depuis maintenant cinq ans&nbsp;? En 1983, ses premiers rsultats lectoraux sont interprts comme un sursaut, une flambe. L'anne suivante, l'extrme-droite recueille 11% aux Europennes, mais le scrutin - nous dit-on - est marginal, les Franais n'ont pas ressenti le besoin de voter utile. Pour un peu, ces 11 % ne seraient que l'expression d'un petit coup de folie, une fantaisie. Quatre ans ont pass, de passager le phnomne est devenu... volatile. Entre la prsidentielle et les lgislatives de 1988, deux millions d'lecteurs lepnistes se sont reports sur d'autres candidats. </p> <p class="spip" align='justify'>Tout  la joie de ce premier reflux, nous jubilons. Oublis les deux millions d'lecteurs restants&nbsp;! Dj, nous les rayons de la future carte lectorale. Cette fois, c'est sr, la dynamique de succs de Le Pen est brise, le Front va s'effondrer de lui-mme&nbsp;!... Et, pour se rassurer dfinitivement, une subtile contorsion nous permet de voir l'horizon &nbsp;ouvert&nbsp; et dgag&nbsp;: somme toute, le 24 avril, 86 % des lecteurs n'ont pas choisi Le Pen. Au passage, nous oublions que cet &nbsp;chec&nbsp; du Front aura aussi t sa conscration, un vnement sans prcdent depuis 1945&nbsp;: la reconnaissance de l'extrme-droite comme alli durable et partenaire respectable par les tats-majors de droite. </p> <p class="spip" align='justify'>L'optimisme confine au cynisme. Il est des problmes que l'on rpugne  regarder en face. On y rpugne tant qu'au pire, on consent  leur jeter un coup d'oeil  travers le prisme dformant de nos prjugs, au mieux,  leur apporter d'hypocrites solutions. Le Front national est de ceux-l. Il fascine ou fait peur, ce qui revient au mme. Il voque les heures les plus sombres de notre sicle, et pourtant nous refusons d'appeler le chat par son nom... Nous faisons valser les tiquettes, nous jouons  cache-cache avec les mots. </p> <p class="spip" align='justify'>En 1983, le mouvement de Le Pen est peru comme &nbsp;poujadiste&nbsp;. Or les faits nous donnent dj tort. Ds cette poque, dans son lectorat, des voix ouvrires et mme rurales se mlent  celles des petits artisans et commerants. Le Front est  Paris, on l'aperoit ensuite  Aulnay-sous-Bois, faubourg rouge de la capitale, puis  La Trinit-sur-Mer, village du Morbihan dont Le Pen est natif. Enfin, n'est-ce pas  Dreux, ville dshrite de l'Eure, qu'il bat, cette anne-l, son propre record en attirant 16,72% des lecteurs&nbsp;? </p> <p class="spip" align='justify'>Aujourd'hui, les lepnistes seraient des &nbsp;protestataires&nbsp;. Exprimant un malaise social profond, ils seraient les rleurs de cette fin de sicle. La thse n'est ni tout  fait vraie, ni tout  fait fausse, et les personnages de ce livre la confirment et l'infirment  la fois. Ils se disent &nbsp;contre&nbsp;, &nbsp;contre tout&nbsp;, mais ils savent aussi ce qu'ils veulent&nbsp;: exclure cet autre qui les gne, cet autre qui autrefois s'appelait d'abord &nbsp;juif&nbsp;, qui aujourd'hui se nomme d'abord &nbsp;arabe&nbsp;. </p> <p class="spip" align='justify'>Poujadiste, protestataire, lecteurs paums, brebis gares, les mots rassurent, les mots endorment. Un seul rveille et fait sursauter, le seul qui ose nommer ce  quoi chacun pense confusment&nbsp;: &nbsp;fascisme&nbsp;. Cette tiquette-l, les lepnistes la rejettent avec vigueur. Certains argumentent en se vantant de leur pass de rsistants. D'autres s'appuient sur des tudes d'historiens. Qu'on leur explique que le fascisme proprement dit n'a jamais exist en France, et ils s'exclament&nbsp;: &nbsp;C'est bien la preuve que nous n'en sommes pas, puisque nous sommes Franais&nbsp;!&nbsp; Les sympathisants de Le Pen ne sont pas les seuls  ergoter, d'autres les rejoignent qui y ont intrt, dans leurs troubles jeux d'alliance. </p> <p class="spip" align='justify'>Certes, le Front n'est la rplique ni des ligues antiparlementaires d'avant guerre, ni des fasci, ni des sections d'assaut...&nbsp;; tout au plus prsente-t-il un air de famille. Mais on pourra numrer les diffrences, les ressemblances, cette bataille de dfinitions autour du Front national n'en gardera pas moins l'aspect d'un pas de deux&nbsp;: refuser le mot fasciste revient souvent  tolrer Le Pen,  le &nbsp;comprendre&nbsp; et l'accepter. A l'inverse, I'utiliser ne signifie pas forcment qu'on le combatte vraiment. </p> <p class="spip" align='justify'>L'tiquette a en effet cette particularit de susciter autant de clart que de confusion. On pense au marchal Ptain,  Hitler,  Mussolini, on y pense pour mieux se convaincre que Le Pen n'a le profil ni putschiste ni totalitaire. La dmocratie, cette fois, ne sera pas renverse. L'histoire, n'est-ce pas, ne peut se rpter... Dans la foule, d'ailleurs, est entonn un couplet  la gloire du progrs et de la modernisation de la vie politique. Le glas aurait sonn pour les totalitarismes de tous bords. Les clivages idologiques seraient en voie de disparition, et le Front ne serait que le dernier sursaut d'une France archaque, rtive au changement, qui finira bien par consentir  mourir. </p> <p class="spip" align='justify'>Ces dtours dans le temps ressemblent fort  des manoeuvres dilatoires. On se soucie de demain, on s'en inquite pour se rassurer aussitt, mais, en attendant, le sablier continue d'grener le prsent, inluctablement. Pendant que nous bavardons, pesons et soupesons les risques de son arrive au pouvoir, le Front national se dmne, colle ses affiches&nbsp;: &nbsp;Trois millions de chmeurs = trois millions d'immigrs&nbsp;. Dans les cafs, les rues, les foyers,  l'habituel &nbsp;Je ne suis pas raciste, mais...&nbsp; a succd &nbsp;Je suis raciste, etalors&nbsp;?&nbsp; Les interdits sautent, la chasse  l'tranger a dj commenc, physique, relle, meurtrire. Nous frissonnons pour demain, mais le racisme au quotidien tue, aujourd'hui. </p> <p class="spip" align='justify'>Personne ne veut se reconnatre dans cette image que les lepnistes nous renvoient. Chacun rejette sur l'autre la responsabilit de son apparition dans le miroir. Et, dans cette foire d'empoigne, o l'emportent les faux dbats, les ides fausses parce qu'en partie vraies, l'essentiel est sacrifi sur l'autel de l'esquive. </p> <p class="spip" align='justify'>Les mdias - miroir s'il en est - ont naturellement t les premiers sous la ligne de feu. Accuss de donner une tribune  Le Pen, ils se justifirent&nbsp;: sauf  changer de rle, ils ne pouvaient taire ce qui existait. Aprs l'entre  l'Assemble en 1986, grce au scrutin proportionnel, de trente-quatre dputs du Front national, les socialistes adoptrent la mme ligne de dfense. La dmocratie exigeait la transparence de la socit&nbsp;; et si celle-ci n'tait pas belle, la droite en tait seule fautive&nbsp;! L'accord pass  Dreux, ds 1983, endpit des appels de Simone Veil, entre le RPR et le FN marquait, seul, le commencement de la fin. </p> <p class="spip" align='justify'>Caricaturales dans la sphre politicienne, les querelles n'en sont pas moins passionnes ds qu'on la quitte. Il n'aurait pas fallu laisser pousser ces ghettos de bton, ces banlieues o fleurit aujourd'hui la dsesprance. Il n'aurait pas fallu laisser s'effilocher le tissu associatif, ces rseaux de convivialit qui, nagure, irriguaient la vie des quartiers. Si la droite avait su rester populaire, si le gaullisme n'avait pas sombr dans la technocratie, son lectorat ne se serait pas prcipit dans les bras du camelot Le Pen. Si la gauche ne s'tait pas convertie au ralisme conomique, Billancourt ne serait pas dsespr. Si les communistes n'avaient pas dboussol leur lectorat par des virages  180, les protestataires ne se rfugieraient ni au Front ni dans l'abstention. </p> <p class="spip" align='justify'>Enfin, le grand coupable, ce serait le chmage. Il nourrit l'angoisse, exaspre les individualismes, mine les syndicats, les associations, tous ces lieux o pourrait tre pratique une solidarit radicalement oppose  la logique d'exclusion. Et cette crise aurait une complice, la modernisation prcipite de notre socit. Le passage rapide d'une France rurale  une France urbaine a boulevers les modles culturels, religieux, familiaux. Les Franais dsaronns n'aspirent qu' une remise en ordre d'un monde chamboul. </p> <p class="spip" align='justify'>Tout cela, on a raison de le dire mais, en le disant, qu'a-t-on dit&nbsp;? On peut, des annes durant, noncer ces belles vrits empreintes d'un apaisant fatalisme, les personnages de ce livre n'en ont cure. Ils continueront de se ruer dans les bras de ce leader qui avive leurs blessures avant de leur offrir la haine pour salut. Ici, I'exclusion tient lieu d'unique programme. C'est la faiblesse du Front, croit-on&nbsp;; lui, sait que c'est sa force. Avant guerre, tandis que les intellectuels antifascistes pluchaient les incohrences de Mein Kampf, un dirigeant nazi crivait&nbsp;: &nbsp;La nation allemande est une colonne en marche, et peu importe vers quelle destination et pour quelle fin cette colonne est en marche&nbsp;!&nbsp; </p> <p class="spip" align='justify'>Le Front national avance en versant du sel sur les plaies qu'il dbusque. Le Pen le dit, le martle&nbsp;: le monde de demain ne sera pas meilleur. &nbsp;C'est le dclin, la dcadence&nbsp;. Oublions, dtruisons le prsent et le futur, rvons ensemble  un &nbsp;avant&nbsp; mythique,  cet ge d'or perdu que chacun imagine au gr de ses plus secrets dsirs. C'est un monde sans immigrs, c'est un monde, surtout, sans l'autre qui drange et perturbe, un monde entre soi. Et ce repli, loin d'tre frileux, est l'offensive mme. Le Front national nous rtrcit et nous envahit  la fois. </p> <p class="spip" align='justify'>L'horreur des conflits est peut-tre le trait de caractre qui m'a le plus frapp, chez les lepnistes. Paradoxal&nbsp;? Non. Ils souhaitaient ardemment une socit consensuelle, o &nbsp;tout le monde serait pour Le Pen&nbsp;. En attendant, ils militaient en secret, jouissant d'tre entre eux, agressifs pour autrui, et aspirant  ce jour o ils sortiraient en pleine lumire pour dcouvrir un monde totalement acquis  leurs ides. </p> <p class="spip" align='justify'>Quand Laurent Fabius estime que Le Pen pose les bonnes questions en y apportant de fausses rponses, quand Charles Pasqua dclare partager les mmes valeurs que le Front national, quand les candidats de l'URC se retirent pour ceux du FN, leur geste dpasse de loin le simple compromis lectoral. Ils consentent  une vision du monde, ils acquiescent  un dsir. </p> <p class="spip" align='justify'>Le Front national serait-il en train de contaminer l'ensemble de la socit, en passe de subjuguer ses adversaires&nbsp;? Ce serait lui faire beaucoup d'honneur&nbsp;! Et si sa force tait inversement proportionnelle  notre faiblesse&nbsp;? Et s'il profitait de nos multiples renoncements, des vides que nous ne nous sommes pas soucis de combler&nbsp;? Nous ne cessons de rpondre  Le Pen, comme si nous avions perdu tout terrain sur lequel nous puissions tre autonomes. </p> <p class="spip" align='justify'>Le 1er mai 1988, le Front national convie ses troupes  dfiler dans les rues en l'honneur  la fois du travail et de la Pucelle. Le traditionnel dfil des syndicats se mtamorphose aussitt en manifestation antifasciste. Entre les rangs des syndiqus, une jeune femme chevauche un destrier et porte haut une banderole&nbsp;: &nbsp;Non, Le Pen, Jeanne d'Arc n'est pas  toi&nbsp;. Quelques jours plus tard, le socialiste Jean-Pierre Chevnement raffirmait une ide qui lui est chre&nbsp;: &nbsp;C'est une grave erreur d'avoir abandonn  Le Pen le drapeau tricolore&nbsp;. Il faudrait &nbsp;redonner  la France le sens de son destin&nbsp;. Querelle d'piciers autour de symboles, dans un jeu de miroirs renverss o deux nationalismes s'affrontent. Que l'un soit rpublicain et l'autre pas suffit-il, aujourd'hui,  faire la diffrence&nbsp;? </p> <p class="spip" align='justify'>La guerre des valeurs ne date pas de 1983. Tombs voici longtemps, l'universalisme et l'internationalisme semblent des ides inconnues,  la mmoire desquelles nulle flamme n'est entretenue. Dans les annes soixante-dix, I'cole dite de la Nouvelle Droite leur opposa l'idologie de la diffrence. Le racisme identitaire vint renouveler un racisme biologique frapp d'infamie. C'est  cette source-l que les admirateurs de Le Pen puisent encore, quand ils disent&nbsp;: &nbsp;On n'a rien contre les Arabes, il ne faut pas se mlanger, c'est tout...&nbsp; </p> <p class="spip" align='justify'>En 1974, les frontires ont t fermes aux non-Europens, avec l'aval des partis communiste et socialiste. Alors que les nationalistes veillaient  la cohrence de leur idologie, la gauche, face  la monte de la crise, a par au plus press. Elle a assum, une fois de plus dans son histoire, une contradiction qui la handicape aujourd'hui. Et ce n'est pas le discours de Cancun, tout gnreux qu'il ft, qui aura bris cette logique du chacun chez soi. </p> <p class="spip" align='justify'>Le terrain d'en face tant dsert, un nationalisme franais, longtemps marqu par l'opprobre, a pu alors ressurgir. Aujourd'hui le ptainisme est moins honteux. De loin en loin, des leaders politiques reprennent, sous une forme  peine travestie, la trilogie de l'poque&nbsp;: &nbsp;Travail, famille, patrie&nbsp;. Les nostalgiques de la France coloniale sortent de leur tanire. Lors d'un meeting de campagne,  Paris, en avril 88, un immense portrait de Raoul Salan tait accroch derrire la tribune de Le Pen. Les tenants de l'Algrie franaise tentent une revanche sur leur guerre perdue. </p> <p class="spip" align='justify'>Pour toutes ces raisons, depuis mon retour de Marseille, je n'ai jamais pu dire&nbsp;: &nbsp;J'ai quitt le Front national&nbsp;. Loin d'tre une excroissance incongrue, dont il suffirait d'arracher les racines pour s'en dbarrasser, ce mouvement n'est que l'expression la plus nue, la plus crue de l'ensemble de nos choix, de notre prsent. Quel que soit le mot choisi pour les qualifier, les lepnistes ne sont ni des protestataires, ni des fascistes. Ils resteront dans l'histoire comme nos protestataires, nos fascistes&nbsp;! </p> <p class="spip" align='justify'>Paris, le 13 juin 1988.</p> 	 	 	</font> 	  </TD> <TD WIDTH=50></TD> <TD WIDTH=250 VALIGN="top"> 	<font face="Arial,Helvetica" SIZE=2> 	 	 	 	<BR><BR> 	<B> 	<P><A HREF="sommaire.html">SOMMAIRE</A> 	 	<P><A HREF="rubrique82.html">ACTUALIT&Eacute;</A> 	 	 	<P><A HREF="rubrique84.html">AU FRONT (1987)</A> 	 	 	</B> 	 	<TABLE WIDTH=250 CELLPADDING=0 CELLSPACING=0 BORDER=0> 	<TR><TD WIDTH=20>&nbsp;</TD> 	<TD> 	<font face="Arial,Helvetica" SIZE=1> 	 		- <A HREF="article300.html">L'histoire vridique d'Anne G., chmeuse  Marseille (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article301.html">I. L'ennemi, c'est gentil (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article302.html">II. Un Arabe au Japon (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article303.html">III. La fille de la famille (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article304.html">IV. A quoi a sert qu'on vote&nbsp;? (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article305.html">V. Les places seront pour nous (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article306.html">VI. Un calibre dans le sac (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article307.html">VII. Les gens sont des moutons (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article308.html">VIII. La fte ne finira jamais (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article309.html">IX. Jeanne d'Arc, demi-star (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article310.html">X. Se mfier du Juif (Au Front, 1987)</A><BR> 	 		- <A HREF="article311.html">Lettre ouverte  Vronique, Denis, Alessandro et les autres... (Au Front, 1987)</A><BR> 	 	</font> 	</TD></TR> 	</TABLE> 	 	</font>	 	 </TD> </TABLE>            <P> <BR><BR> <img src="IMG2/logo-bas.gif" alt="email" width="731" height="26" border="0" usemap="#map_bas">  <map name="map_bas">   <area shape="rect" coords="694,6,730,24" href="mailto:vacarme@lalune.org">   <area shape="rect" coords="630,5,687,23" href="rubrique40.html"> </map>  </CENTER> </BODY> </HTML> 
