Le système F en logique linéaire
Christian RETORÉ
Mémoire de DEA ( Diplôme d’Études Approfondies) de mathématiques
Sous la direction de Jean-Yves Girard
Equipe de logique, UFR de mathématiques, Université Paris 7
(Aujourd'hui Equipe de logique, Institut de Mathématiques de
Jussieu-Paris Rive Gauche, Université Paris Cité et
Université Paris Sorbonne)
Septembre 1987
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English translation below
Mettre en ligne mon mémoire de DEA (1987) est pour moi assez
gênant, quand bien même quelques collègues (un peu dérangés
?) me l'auraient demandé récemment (2025): mise en
page rudimentaire issue des premiers traitements de texte,
notations parfois ésotériques, impression sur une imprimante à
aiguille d’époque, avec en prime quelques ajouts manuscrits ; et
ce n’est pas qu’un problème de forme : bibliographie
inexistante, rédaction excessivement détaillée de passages
évidents, rédaction elliptique voire obscure de passages
nettement plus compliqués, sans parler des probables erreurs,
qui vu la forme passent plus facilement sous les radars.
Plusieurs plateformes de diffusion (HAL, arXiv) ont d’ailleurs
refusé sa mise en ligne, au motif — difficilement contestable —
que le document est trop « crado » pour les standards actuels,
ou que ce n’est qu’un mémoire de DEA, en français de surcroît.
Et pourtant, ce texte contient quelques observations sur les
schémas de réduction autres que l'élimination des coupures, qui,
manifestement, ne sont mentionnés nulle part ailleurs et
continuent d’intéresser de drôles de gens. Qu’on se rassure : il
ne s’agit en rien de contributions majeures — plutôt des
observations modestes mais originales, dont la seule
particularité est d’être restées inaccessibles. Et merci à
Vincent Danos d’avoir très correctement cité ce torchon dans sa
thèse (Une application de la logique linéaire…, Paris 7, 1990),
geste que je me permets de lui rendre, quarante ans plus tard
;-)
En dépit de l’évidente indigence de la forme — et par
endroits du contenu — la présence, malgré tout, de
quelques remarques pertinentes et éventuellement utiles, ne
serait ce que pour se moquer, me conduit à rendre ce
mémoire disponible tel quel.
Cette situation me rappelle une scène de David Lodge : lors
d’une soirée bien arrosée entre universitaires, chacun est prié
de révéler une action ou un propos dont il a honte. Un jeune
universitaire en langue et littérature anglaise avoue qu’il n’a
jamais lu d'oeuvre de Shakespeare. Sur le moment, les autres
sont épatés par son culot et rigolent; mais ensuite, les mêmes
collègues lui tiennent rigueur de cet aveu pour son avancement.
Je pense que chacun d'entre nous a déjà vu ou vécu une
situation similaire.
Comme tout cela m'énerve, plutôt que de réécrire, lisser ou
maquiller ce travail ancien pour le conformer aux attentes
acutelles — et, plus simplement, par fainéantise ;-) — je rends
le dit rapport public tel quel, avec ses défauts bien visibles.
Étant aujourd’hui en fin de carrière, et même émérite, le risque
est minime ; et il me plaît d’en profiter pour rappeler que les
travaux non professionnels, peuvent aussi contenir
remarques pertinentes longtemps après alors que la production de
haut niveau appréciée des comités d'évaluations conduit assez
souvent, hélas, à des publications qui cessent rapidement
d’intéresser qui que ce soit.
Et
puisque le ridicule, pas plus que la honte, ne tue, c’est par
ici.
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Putting my DEA
dissertation (1987) online is, for me, rather embarrassing —
even if a few colleagues (slightly unhinged?) have recently
(2025) encouraged me to do so: rudimentary formatting produced
by early word processors, occasionally esoteric notation, output
from a period dot‑matrix printer, and, for good measure, a few
handwritten additions. Nor is this merely a question of
appearance: there is no bibliography, an excessively detailed
treatment of obvious points, an elliptical — at times obscure —
handling of considerably more difficult ones, not to mention the
likely errors, which, given the presentation, have every chance
of slipping unnoticed under the radar.
Several dissemination platforms (HAL, arXiv) have in fact
refused to host it, on the — hardly disputable — grounds that
the document is too “scruffy” by current standards, or simply
that it is only a DEA dissertation, in French at that.
And yet the text does contain a number of observations on
reduction schemes other than cut‑elimination which, apparently,
are mentioned nowhere else and continue to interest some rather
odd people. Let there be no misunderstanding: these are not
major contributions — merely modest but original remarks, whose
sole distinction is to have remained inaccessible. My thanks to
Vincent Danos for having quite properly cited this piece of
rubbish in his thesis (Une application de la logique
linéaire…, Paris 7, 1990); I am pleased to return the
favour forty years on ;-)
Despite the evident poverty of the form — and, in places, of the
content — the persistence of a few remarks that are at least
pertinent, and occasionally useful, if only as material for
mockery, is enough to justify making the dissertation available
as it stands.
The situation reminds me of a scene from David Lodge: at a
well‑lubricated gathering of academics, each guest is invited to
confess some act or remark of which they are ashamed. A young
lecturer in English literature admits that he has never read
Shakespeare. At the time, his colleagues admire the cheek and
laugh; later, the very same colleagues quietly hold it against
him when it comes to promotion. Most of us will have seen some
version of this.
As all this irritates me, rather than rewriting, smoothing, or
dressing up this early work to meet contemporary expectations —
and, more simply, out of laziness ;-) — I am making the document
public exactly as it is, flaws plainly visible.
Now that I am at the end of my career — indeed emeritus — the
risk is minimal; and I take the opportunity to point out that
non‑professional work can also contain remarks of lasting
relevance, sometimes more so than the polished productions that
circulate officially — the high-standard sort of output favoured
by evaluation committees all too often resulting, regrettably,
in publications that very quickly cease to interest anyone at
all.
And
since neither ridicule nor embarrassment is fatal, here it is.